SCÈNE L
DAMIS,DORINB.
DAMIS
t Que la foudre, sur Theure, achève ynes destins, i Qu'on me traite par- tout du plus grand des faquins « S'il est aucun respect ni pouvoir qui m'arrête, Et si je ne fais pas quelque coup de ma tête!
DOHINE.
De (rrace, modérez un tel emportement : Votre père n'a fait (^'en parler simplement.
j 0n n'exécute pas tout ce qui se propose;
'> £1 le chemin est long du projet à la chose.
DAMIS
Il faut que de ce fat j'arrête les complots , Et qu'à ToreilJe un peu je lui dise deux mots.
OORINE.
Ah! tout doux! envers lui, comme envers votre père^
Laissez agir les soins de votre belle-mère.
Sur l'esprit de Tartufe elle a quelque crédit ; • Il se rend complaisant à tout ce qu'elle dit , , ' Et pourroitbien avoir douceur de cœur pour elle.
Plût à Dieu qu'il fût vrai ! la chose seroit belle.
i48 LE TARTUFE.
Enfin, votre intérêt Toblige à le mander : Sur l'hymen qui tous trouble elle wetit le sonder. Savoir ses sentiments, et lui faire connoître Quels fâcheux démêlés il pourra faire naître. S'il faut qu'à ce dessein il prête quelque espoir. >*8on valet dit qu'il prie; et je n'ai pu le voir : Mais ce valet m'a dit qu'il s'en alloit descendre. Sortez donc, je vous prie, et me laissez l'attendre.
^ DAMIS
Je puis être présent à tout cet entrelien. )
DORINE
Point. Il faut qu'ils soient seuls.
DAMIS
Je ne lui dirai rien.
DORINE
Vous vous moquez : on sait vos transports ordinaires; Et c'est le vrai moyen de gâteries affaires. Sortie. •
DAMIS
Non ; je veux voir, sans me mettre en courra».
. DORlNE.
/ Que vous êtes fâcheux! Il vient. Retirez- vous. ( Damis va se cacher dans un cabinet qui est au fond ' du théâtre. )