‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 485 sur 520 · ACTE II, SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE II

Tout le souci que son impatience Pour le retour s'étoit donné; Et jamais votre amour, en pareille occurrence, Ne me parut si tendre et si passionné.

AMPHITRYON, à part. /»

Peut-on plus vivement se voir assassiné ! /

ALCMBNE. /

Tous ces transports, toute cette tendresse, Comme vous croyez bien, ne me déplaisoient pas;

Et, s'il faut que je le confesse, Mon cœur. Amphitryon , y tronvoit mille appas.

AMPHITRYON

Ensuite, s'il vous plait?

ALCMÈNE

Nous nous entrecoupâmes De mille questions qui pouvoient nous toucher. On servit. Tète à tête ensemble nous soupâmes ; Et, le souper fini, nous nous fûmes coucher.

AMPHITRYON

Ensemble ?

ÀLiïMÊNE.

Assurément. Quelle est cette demande?

AMPHITRYON, à part.

Ah ! c'est ici le coup le plus cruel de tous , Et dont à s'assurer trembloit mon feu jaloux.

ALCMBNE.

D*où vous vient, à ce mot, une rougeur si grande ? Ai-je fait quelque mal de coucher avec vous?

AMPHITRYON

Non , ce n*étoit pas moi, pour ma do«leur sensible ;

364 AMPHITRYON

El qui dit qu'hier ici mes pas se sont portés Dit de toutes les faussetés ha fausseté la plus horrible.

ALCMÈNE

Amphitryon !

AMPHITRYON

Perfide!

ALCMÈNE

Ah! quel emportement!

Non , non , plus de douceur et plus de déférence. Ce revers vient à bout de toute ma constance; Et mon cœur ne respire , en ce fatal moment , Et que fureur et que vengeance.

ALCMÈNE

De qui donc vous venger? et quel manque de foi Vous fait ici me traiter de coupable ?

AMPHITRYON

Je ne %ais pas, mais ce n*étoit pas moi : Et c'est un désespoir qui de tout rend capable.

ALCMÈNE

Allez, indigne époux, le fait parle de soi, Et l'imposture est effroyable.

Q*est trop me potlsser là-dessus.

Et d'infidélité me voir trop condamnée.

Si vous cherchez, dans ces transports confus, Un prétexte à briser les nœuds d'un hyménée . Qui me tient à vous enchaînée.

Tous ces détours sont superflus; Et me voilà déterminée

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