‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 496 sur 520 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

La jalousie a des impressions Dont bien souvent la force nous entraine , Et Tame la plus sage, en ces occasions, Sans doute avec assez de peine Répond de ses émotions.

L'emportement d'un cœur qui peut s'être abusé A de quoi ramener une ame qu'il offense ;

Et, dans l'amour qui lui donne naissance, Il trouve au moins, malgré toute sa violence.

Des raisons pour être excusé.

De semblables transports contre un ressentiment Pour défense toujours ont ce qui les fait naître; Et l'on donne grâce aisément A ce dont on n*est pas le maitre.

Mais que , die gaieté de cœur, On passe aux mouvements d'une fureur extrême ; Que , sans cause , l'on vienne, avec tant de rigueur, Blesser la tendresse et l'honneur D'un cœur qui chèrement nous aime; Ah ! c'est un coup trop cruel en lui-même , Et que jamais n'oubliera ma douleur.

JUPITER

Oui , vous avez raison, Àlcméne; il se faut rendre. Cette action, sans doute , est un crime odieux;

Je ne prétends plus la défendre :

Mais souffrez que mon cœur s'en défende à vos yeux , Et donne au vôtre à qui se prendre De ce transport injurieux.

A vous en faire un aveu véritable , L'époux, Alcraéne, a commis tout ie mal;

3fê JkMPniTRTOR.

Cest réponx qu'il votts fottt regarder en oonpabie : L'amant n'a point de part 4 ce transport brutal , Et de vous offenser son oœar n'est point capable. Il a pour vous, ce cceur , pour jamais y penser.

Trop de respect et de tendresse; Et, si de Cura rien à vons pouvoir blesser

Il avoit eu la coupable ioiblesse.

De cent coups à vos yeux il voudroit le percer. Mais l'époux est sorti de ce respect soumis

Ou pour vous Ton doit toujours être:

A son dur procédé l'époux s'est fait connottre , Et par le droit d'bymeu il s'est cru tout pennis. Oui , c'est lui qui , sans doute, est criminel vers vous, Lui seul a maltraité vôtre aimable personne ;

Haisses, détestas l'époux,

J*y consens, et vous l'abandonna :

Mais , Alcméne , sauves famant de ce courroux

Qu'une telle offense vous donne;

M'eb jetct pas sur lui l'effirt,

Démélea-le un peu du coupable;

Et, pour être enfin équitable.

Ne le punissez point de ce qu'il n*a pas fait

ALCMBIfB.

Ab ! toutes ces subtilités NV>Bt que des excuses frivoles ; Et, pour les esprits irrités.

Ce sont des contre-temps que de tdies paroles.

Ce détour ridicule est en vain pris par vous.

Je ne distingue rien en celui qui m*ofEense; Tout y devient l'objet de mon coonoox;

Page 1