‹ Répertoire du théâtre français (volume 3)Chapitre 497 sur 520 · ACTE II, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE VI

Et , dans sa juste Ttoience , Sont confondus et Tamant et Tépoiix.

Tous deux de même sorte occupent ma pensée, Et des mêmes coulears par mon ame blessée

Tous deux ils sont peints à mes yeux : Tous deux sont criminels, tous deux m'ont offensée,

Et tous deux me sont odieux.

JUPITER

Hé bien ! puisque vous le voulez.

Il faut donc me charger du crime.

Oui , vous avez raison lorsque vous m'immoles A vos ressentiments en coupable victime. Un trop juste dépit contre moi vous anime; Et tout ce grand courroux qu'ici vous étalez Ne me fait endurer qu'un tourment légitime.

Cest avec droit que mon abord vous chasse , .

Et que de me fuir en tous lieux

Votre colère me menace.

Je dois vous être un objet odieux; Vous devez me vouloir un mal prodigieux. Il n'est aucune horreur que mon forfiit ne passe.

D'avoir offensé vos beaux yeux; Cest UD crime à blesser les hommes et les dieux; Et je mérite enfin , pour punir cette audace , Que contre moi votre haine ramasse

Tous ses traits les plus furieux.

Mais mon cœur vous demande grâce :

Pour vous la demander je me jette à genoux, Et la demande au nom de la plus vive flamme ,

Du plus tendre amour dont ubc ame

3do AMPHITRYON.

Puisse jamais brûler ponr vous.

Si votre cœur, charmaDte Âlcméne, Me refuse la grâce où j'ose recourir,

Il faut qu'une atteinte soudaine M*arrache, en me faisant mourir.

Aux dures rigueurs d'une peine Que je ne saurois plus souffrir.

Oui , cet état me désespère.

Alcméne, ne présumez pas Qu*aimant, comme je fais, vos célestes appas, Je puisse vivre un jour avec votre colère. Déjà de ces moments la barbare longueur Fait sous des atteintes mortelles Succomber tout mon triste cœur; Et de mille vautours les blessures cruelles N*ont rien de comparable à ma vive douleur. Alcméne, vous n'avez qu'à me le déclarer: S'il n est point de pardon que je doive espérer. Cette épée aussitôt, par un coup favorable, Va percer à vos yeux le cœur d'un misérable; Ce cœur, ce traître cceur, trop digne d'expirer. Puisqu'il a pu fâcher un objet adorable : Heureux, en descendant au ténébreux séjour. Si de votre courroux mon trépas vous ramène. Et ne laisse en votre ame, après ce triste jour. Aucune impression de haine Au souvenir de mon amour!

Cest tout ce que j'attends pour faveur souveraine.

ALCMÈNP.

Ah ! trop cruel époux!

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