‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 152 sur 465 · ACTE II. SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II. SCÈNE IV

Qu'au gré de mes désirs leur valeurtoi^oun pfréte , lis n'entreprennent tout , si je maïKche à leur tête. Je viens donc vous offrir leurs armes gpnon pouvoir. Le ciel, qui me condamne à ne jamais ▼«os voir, Qui'me fait étouffer une flamme si belle , Ne sauroit, pour le moins , s'offenser de mon zélé, s'il défend à mon oœur des sentiments trop doux , Il permet à mon bras de combattre pcmr vous ; Et si jamais ce bras vous étoit nécessaire , Ou pour aller servir l'empereur votre père, Ou pour faire périr, ou chasser de ces lieux Ceux de qui la présence a pu blesser vos yeux, Appelez-moi, madame, et je pourrai tout faire. Je ne veux que la gloire ou la mort pour salaire; A vous donner mon sang je borne mon bonheur. Puisqu'il m'est défendu de vous donner mon cœur.

IRÈNE

En vain vous me flattez de ces fameux services : Mes vœux n'aspirent point à ces grands sacfifices. Quand vous aurez quitté ce funeste séjour, QuauroisFje à craindre enoor, prince j dans cette cour? Hélas ! j'y verrai tout avec indifïîérence. M'exercer aux vertus dignes de ma naissance, Accoutumer mon cœur, trop souvent mutiné, A chérir un époux que le ciel m'a donné , Obéir à ses lois , ne songer qu'à lui plaire , Me sacrifler toute à mon devoir sévère , Soulager les sujets qui vivent sous ma loi ; Voilà , jusqu'à la mort , quel sera mon emploi. J'avouerai, cependant, et je le puis sans «rime,

a36 ANDROfilC.

Q\ie vous mua tonjotur • ma plqs par&ite estime ; Que pour TOI» applaudir, pour kmer vos exploits. Je joindrai mo^ soffn^ à la comraane voix ; Que ,. pour tous mes plaisks , le seul que j'imagine C'est de voir les hauts faits où le ciel vous destine. Et de votre i^rand nom cent moMarqnes jaloux Justifier le choix ({ne j'avois fiait de voua. Après cela* partez. A votre eûl fkléle , Ne revenez jamais ^e je ne vous rappelle. Faites-vous un bonhenr, sous de nouveaux dtaMts , Qu'aux lieux où je serais vous ne trouveriez pas.

▲ NDROKIC.

Est-il temps? Ce bonheur,, dont vous flattez mon ame , Hélas ! en vous perdant je l'ai perdu, madame-; Et je n'en connois plus où je puisse aspirer^ Cette perte est un coup qu'on ne peut réparer. Si quelque soin encore occupe mon courage, C'est de feiœ rougir le destin qui m'outrage, D'a^rendre à l'univers, par quelque illustre effort, Qu'un cœur comme le mien mérite un autre sovt; Et , payant de mooi sang ma première victoire , D'élever de mes maux un trophée à ma gloire. Vous , cependant , madame , oubliez mes malheurs ; Et tandis que, nourri de soupirs et de pleun , Mes déplorables jours vont courir à Heur terme, Régnez, et...

iRèHB, L" interrompant.

Croyez-vous ma constance si ferme?

Ce reproche oruel , plus que tous vos regrets, Étonne mon courage et confond mes projets.

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