‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 256 sur 465 · MADAMB GUILLEMOT, ORONTE, JASMIN · texte numérisé non relu

MADAMB GUILLEMOT, ORONTE, JASMIN

MUie GUILLBMOT.

Ef(-ce vous ^i faites le Mercure, Monsieur?

ORONTE

Oui , madame.

Mme OUlLLEKiOT.

Oui? laveu m'en semble bon.

OBONTE.

En avez-votts besoin, madame?

Mme GUILLBMOT.

Qui? moi? non.

A moins d'être d'un goût insipide et malade, Peut-on s'aooommoder d'une chose si fode?

ORONTE

Ah , ah ! voici d'un style nu peu rude.

Wne GUILLEMOT.

Pour TOUS , Quelque rude qu'il soit, il est encor trop doux.

OROIfTB.

Je crois qu'avec raison vous êtes en colère , Mais je ne sais par ou je vous ai pu déplaire. Je m'examine en vain, et vous m'embarrassez.

Mme GUILLEMOT.

Regardez mon habit, il vous en dit assez.

Ne l'entendez^vous pas? '

as LE MERCURE' GALANT.

OnONTB.

Non , je vous le confesse.

Mme GUILLEMOT.

O ciel ! que vous avex rintelligence épaisse! Puisqu'il faut ayec vous ne rien dissimuler. On dit que c'est de moi que yooa vouliez parler. Quand certaine bourgeoise, à qui la mode est douce , Pour être en cramoisi fit défaire une housse.

OHONTB.

Devons?

Mme GUILLEMOT.

J'en défis une et ne m'en cache pas.

J'avois un lit fqrt ample , et d'un beau taffetas; A force d*étre large , il étoit incommode , Et le tapissier Bon le remit à la mode. Par les soins que je pris, j'eus de reste un rideau; Le cramoisi régnant, j'en fis faire un manteau. Voilà la vérité , comme elle est dans sa source , Et non que mon mari m'ait refusé sa bourse. Pour le mot de bourgeoise, un peu trop répété , Les bourgeois de ma sorte ont de la qualité : Quand vous voudrez écrire , ajustez mieux vos contes , Et sachez que je suis auditrice des comptes.

ORONTB.

Quand je fis eet article , il le faut avouer , Mon unique dessein étoit de me jonei : Je ne présnmois pas, en contant cette fable. Qu'elle dût par vos soins devenir véritable. Loin de vous en blâmer, j'admire votre esprit De trouver un manteau dans un rideau de lit;

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