‹ Répertoire du théâtre français (volume 4)Chapitre 273 sur 465 · LISETTE, CÉCILE, ORONTE · texte numérisé non relu

LISETTE, CÉCILE, ORONTE

LISBTTE.

Monsieur de Boisloisant est-il dehors?

ORONTB.

Oui.

LISETTE

Bon.

{àCédU.) U est sorti, madame ; avancez,

ORONTE

Âh! madame.

Je puis donc à la fin tous parler de ma flamme; Je puis, dans le transport dont je suis animé, M'expli<pier sans contrainte aux yeux qui m'ont diarmé. Mon aimable Cécile l

céciLE.

Eh bien , mon cher Oronte !

« ORONTE

M'aimez-vons toujours?

CÉCILE

Oui : j'en fais l'aveu sans honte.

Si j'ai quelque chagrin dans cet heureux instant,' C'est d'abuser Inon père , et de lui devoir tant. Prévenu, comme il l'est, pour l'auteur du Mercure y Nous pardonnera- t-il cette douce imposture?

5o LE MERCURE GALANT.

Je crains...

LIStTTB.

A cela près hâtez le conjungo.

Tons deux jeunes, bien faits, vous vivrez à gogo. Qu'est-ce qne votre père après tout pourra dire? N'étes-vous pas soumise à tout ce qu'il désire? C'est lui qui dans oc Ken vient de vone amener; A monsieur qu'il y trouve il prétend vous donner : Loin de blâmer son choix , vous en êtes contente , Et vous tôpez à tout en fiHe obéissante. Êtes-vous obligée à savoir si monsieur Est auteur véritable, ou bien façon d'auteui? Vous sonpçonnera-t-il d'être d'intelligence ?

' CBCIl£.

Oronte là-dessus ne dit point ce qu'il pense?

ORONTE

Je pensois être aimé plus que je ne le sois, Bladame.

CÉCILE

Je vous aime autant que je le puis; Vons n'en pouvez douter sans me faire un outrage. Et comment feroit-on pour aimer davantage? g

ORONTE

Eh bien ! si vous m'aimez, n ^ipréhendez plus rien.

Le reste me regarde , et j'en sortirai bien.

Qui n'eût pas accepté , comme je viens de faire.

L'inestimable bien que m'ofifre votre père?

Falloit-il renoncer à vos divins appas,

Parcequ'it me croyoit œ que je ne suis pas?

Et , lorsqu'il sera temps que je le désabuse.

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