‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 148 sur 424 · ACTE I, SCÈNE 1. îii · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE 1. îii

JUSTINE

J'ai pear qu'en le voyant , cela ne se démente.

Mlle t>*ORFBUIL.

Sans doute, il sera jeune et bien fait...

JUSTINE

Oui, d'accord.

Mlle DORFEUIL.

Noble dans sop maintien.

JUSTINE

' Gela peut être encor.

mQ» d'oepeuil.

Tiens, Justine, déjà je le vois qui s'avance D'un air respectueux, et pourtant plein d'aisance; Car il sait ailier la grâce et la fierté, Et ce qui frappe en lui sur-tout, c'est la bonté. N'attends point un époux libre et trop sûr de plaire. Qui se prévaut d'abord de Faveu de mon père , Et , sans m« consulter , vient signer le contrat ; Mais un amant soumis, discret et délicat. Qui doute , dans mes yeux démêle si je Faime, Et me vent obtenir seulement de moi-même.

JUSTINE

Sans doute il a beaucoup d'esprit?

mU" n'oRFEUlli.

Assurément:

Non pas de cet esprit agréable , brillant, Qui s'exhale en bons mots , en légères bluettes , Et fait pour éblouir des sots ou des coquettes ; Biais un esprit solide , aussi juste que fin , Soutenu , délicat, et... de Fesprit enfin.

Aussi je le pour rois distinguer entre mille : Sophie, en un clin d'oeil, reconnut son Emile.

Eh!... vous peignez d'après vos héros de romans.

Ces héros, j'en conviens, sont aimables, charmants;

Mais pas un n'exista , pas un n'est véritable.

Le vôtre n'est, je crois, ni vrai, ni vraisemblable.

Jamais on ne verra d'homme qui soit parfait.

Mi de femmes non plus.

mI1« d'orpeuil.

Qu'est-ce que cela fait?

Laisse-moi l'espérance : elle me rend heureuse.

JUSTINE

Pour vous , pour votre époux elle est trop dangereuse.

Votre époux, sans cela, vous eût paru fort bien :

Vous l'attendez parfait; il ne paroitra rien.

Moi je monte moins haut, afin de moins descendre;

Et raisonnablement je crois pouvoir m'attendre

A voir, avec Florville, arriver un valet,

Un valet qui sera jeune, leste , bien fait;

Qui m'aimera d'abord , et me plaira de même ;

Qui ne tardera pas à me dire qu'il m'aime ,

Et bientôt de ma bouche obtiendra même aveu.

Ce n'est demander, trop , ni demander trop peu :

Mais vous, mademoiselle, oh ! c'est une autre affaire.

mUc d'orpeuil. Tu verras, tu verras si c'est une chimère!

JUSTINE

J'ignore ce qu'au fond sera votre futur : ilabaUez-en d'avance un peu ; c'est le plus sûr.

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