SCÈNE II
MADEMOISELLE D'ORFEUIL, M. D'ORFEUIL,
JUSTINE
M. d'oRFEUIL.
Me voici de retour 1 bonsoir , ma cbère fille. Qu'il est doux de revoir son château , sa famille, Tout son monde ! Ma foi, je ne suis bien qu'ici.
ié^ d'orfeuil.
Votre absence nous a paru bien longue aussi.
JUSTINE, malicieusement.
Ah ! oui , si vous saviez ce que c'est que Fattente ! Nous soupirions !...
mUc d'orpeuil, mvement.
Comment se porte donc ma tante?
ai4 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
M. d'oRFEUIL.
Assez bien : elle m'a chargé de t'embrasser , Ma fille; et c'est par là que je veux commencer.
( // {embrasse. ) J'ai fort heureusement fini la grande affaire. J'ai d'avance arrangé tout avec mon notaire: Je te donne à présent la moitié de mon bien...
M^e d'orfeuil.
Épargnez-moi , de grâce-, et changeons d'entretien. Mon père... avez-vous...?
M. d'orfeuil.
Quoi?
M^e d'orfeuil.
Reçu quelques nouvelles.
M. d'o R F E u I L , feignant de ne pas comprendre. Des nouvelles? Ah ! oui.
m1'« d'orfeuil. '
Vraiment? Quelles sont-elles ?
M. d'orfeuil, de même.
Le grand-seigneur...
Mlle d'orfeuil.
C'est bien de cela qu'il s'agit 1 M. d'orfeuil.
Un courrier de Berlin nous arrive, et l'on dit...
JUSTINE
Il nous importe peu qu'il arrive ou qu'il parte ; Et nous ne connoissons qu'un pays sur la carte : C'est Abbeville.
M. d'orfeuil.
Ah ! ah ! J'en reçois aujourd'hui