ACTE I, SCÈNE II. ai
Une lettre.
JUSTINE
Allons donc !
Mlle O'ORPEUIL.
Mon père... est-ce... de lui?
M. D*ORFEUIL.
Cest l'oncle qui m'écrit. Je vais bien te surprendre : Dès demain en ces lieux Florville peut se rendre.
m1I« d*orfeuil.
Vous ne le disiez pas : vous êtes méchant.
M. D*ORFEUIL.
Boni Je n*ai pas tout dit. Sache un trait plaisant... Mais non; Il sera plus prudent de t'en faire un mystère^
Mlle d'oripeuil.
Pourquoi?
M. d'orfeuil.
Cest que jamais tu ne sauras te taire.
Mlle d'orfeuil.
Que vous avez de moi mauvaise opinion ! Mon père , soyez sûr de ma discrétion.
M. d'orfeuil.
Eh mon Dieu ! nous savons ce que c'est qu'une fille : Et Justine, d'ailleurs, qui babille, babille !... .
stUe d'orfeuil, àdemi'voix.
Pour Justine , on pourroit reconduire , entre nous.
JUSTINE
Oh! non, je suis aussi curieuse que vous,
Et tout aussi prudente, au moins, je vous proteste :
Ainsi je prétends bien tout entendre, et je reste.
3i6 LES CHATEAUX EN ESPAGNE.
MUe d'oRFBUIL.
Mon père , en vérité , vous êtes bien discret.
M. d'orfeuil.
Si vous me promettiez de garder le secret...
Mlle d'or F EU IL.
Ah ! je vous le promets. ■
JUSTINE
Je le promets de. même.
M. d'orfeuil.
La chose est, voyez- vous, d'une importance extrême. Tenez.
( // Ure une lettre de sa poche, et Ut. ) H Mon vieux ami... »
( // s'interrorfipt. ) Que ce titre m'est cher!
Aussi notre amitié ne date pas d'hier : Je le connus...
Mlle d'orfeuil.
Pardon, voulez-vous bien permettre Que nous suivions le fil?
M. d'orfeuil.
Ah ! oui.
( // œntimte de lire. ) « D'hier matin »
« Notre jeune homme est en chpmin , <• Et de près il suivra ma lettre, ih Mais j'ai cru vous devoir prévenir d'un dessein « Assez bizarre, au fond, s'il faut ne rien vous taire.
« De sa future il désire, entre, nous, « Observer à loisir l'humeur, le caractère.