ACTE I, SCÈNE, IL
Ce fat de vous offrir à notre gouTemante Comme un pareqt.
CHARLE
Jamais pourrai-je m*acquitter?...
Allons !... ce que j'en dis n'est pas pour me vanter... Je ne me prévaux point, mais je vous félicite. C'est moi qui bien plutôt ne serai jamais quitte: Votre bon père , hélas ! dont j'étois serviteur, A pendant dix-huit ans été mon bienfaiteur. Oui, cher Armand... pardon... mais je vous ai vu naître ; J*ai vu mourir aussi nia maîtresse et mon maître: Jugez si George doit aimer, servir leur fils !
CHARLE
Pourquoi le ciel sitôt me les a-t-il ravis? Ah! pour m'étre engagé par pure étourderie...
GEOROR.
Eh ! monsieur, laissez là le passé, je vous prie: Oui, voyez le présent, et sur-tout l'avenir. N'est-il pas fort heureux , il faut en convenir, Que je sois le filleul de monsieur Dubriage ; Qu après deux ou trois mois tout au plus de veuvage La gouvernante m'ait , j'ignore encor pourquoi, Fait venir tout exprès pour être portier, moi , •
De sorte que je pusse ici vous être utile ; Et que , depuis trois mois, venu dans cette ville. Vous me l'ayez fait dire, au lieu de vous montrer; Que j'aie imaginé, moi, de vous faire entrer; Et que madame Evrard, si subtile et si fine, Vous ait reçu d'abord sur votre bonne mine? 2. 7
CHARLE
H est vrai...
GEORGE
C'est votre air de décence , et sur '•tout De jeunesse... que sais-je?... Oui, la dame a du goût
Souvent, et j'apprécie une faveur pareille, On diroit qu elle veut me parler à l'oreille.
GEORGE
Ne voudroit-elle pas vous faire par hasard
Un tendre aveu?... Mais non , j'ai tort; madame Evrard !
Elle est d'une sagesse, oh mais! à toute épreuve.
Cet Ambroise, entre nous, qui, depuis quelle est veuve,
Remplace le défunt dans Femploi d'intendant.
L'aime fort , et voudroit l'épouser : cependant
Avec lui, je le vois, elle est d'une réserve !...
CHARLE
Je l'observe en. effet.
GEORGE
A propos, moi j'observe Qu Ambroise vous hait fort.
CHAIILE.
Rien n'est moins surprenant; Avec mon oncle méme'il est impertinent : Puis il craint, entre nous, que je ne le supplante.
GEORGE
Écoutez donc , monsieur, sa place est excellente ; Et vraiment mou parrain vous aime tout->à-fait , Sans vous connoître encor.