ACTE I, SCÈNE VI
Mon jeuDe homme écrivit pour demander pardon : Je supprimai la lettre et vingt autres messages... J*eu ai mon coffre plein.
CHAULE.
Précautions fort sages.
Mme ÉVRARO.
J*en ai lu deux ou trois, mais exprès, entre nous, Avec un commentaire.
CHARLE
Oh ! je m'en fie à vous.
Mme EVRARD.
Il se perdit lui-même.
CHARLE
Eh ! comment, je vous prie?
Mme EVRARD.
Par inclination enfin il se marie.
L'an dernier, à l'insu de son oncle.
CHARLE
A l'insu !
Il n'a voit point écrit?
Mme EVRARD.
Monsieur n'en a rien vu.
Moi j'ai peint tout cela d'une couleur affreuse, Et la femme, entre nous, comme une malheureuse, Sans état, sansaveu. L'oncle enfin éclata, Et l'indignation à son comble monta.
De malédictions il chargea le jeune homme. Et même il ne ve«t plus désormais qu'on le nomme. a. 8
CHARLB, 5e contenant à peine.
Tout cela me paraît on De peut mieux conduit. Ainsi de vos travaux vous recueillez le fruit?
Mine É v R A H D , regardant encore si personne n*éooute» Pas tout-à-fait : je vais vous confier encore Un secret délicat, qu'Ambroise même ignore. Le dessein est hardi : j'ose mè proposer, Pour tenir mieuK mon maître...
CHARLE
Eh bien?
Mm« BVHARD.
De l'épouser.
CHARLE
D'épouser! En effet , j'admire la hardiesse...
Mme EVRARD.
Jusque-là, je craindrai le neveu, quelque nièce...
CHARLE
J'entends. Vous avez donc un peu d'espoir?
M™« EVRARD
Un peu.
Depuis un an , je caché adroitement mon jeu. D'abord, parler d'hymen à qui ne voit personne, Cest assez me nommer.
GHARLB.
La conséquence est bonne.
Mime EVRARD.
Je lui fais de Fhymen des portraits enehanteurs; Je lis, comme au hasard, des endroits séducteurs; Là , je fais-une pause , afin qu'il les savoure.