‹ Répertoire du théâtre français (volume 5)Chapitre 278 sur 424 · ACTE 1, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE 1, SCÈNE VI

CHAKLE.

A merveille !

Mme EVRARD.

D'enfants à dessein je l'entoure.

J'ai fait venir exprès son filleul, le portier. Pour lui cette maison étant le inonde ebtier, De ces joyeux époux les touchantes tendresses, Les jeux de leurs enfants, leurs naïves caresses, Tout cela par degrés l'attache , l'attendrit, Pénétre dans son cœur, ébranle son esprit : Et, quand il est tout seul, ces images chéries Lui doivenit inspirer de tendres rêveries. J'en suis là, mon ami.

GHARLE.

Mais c'est déjà beaucoup.

Mme EVRARD.

Ce n'est pas tout, il faut frapper le dernier coup.

Charle, seul avec vous, quand monsieur s'ouvre, cause ^

S'il soupire et paroit regretter quelque chose.

Alors insinuez qu'il est bien isolé,

Que par une compagne il seroît consolé;

Peignez-moi, j'y consens, sous des couleurs riantes;

Dites que j'ai des traits, des façons attrayantes.

Du maintien, de l!esprit, des talents variés,

Que je suis fraîche encore... enfin vous me voyez.

Dites, si vous voulez, que j'ai l'air d'une dame;

Qu'en entrant, de monsieur vous me crûtes la femme...

• CHARLE

Volontiers.

lima EVRARD.

En un mot, vous avez de Fesprit, Et je compte sur vous.

CHARLE

«Oui , madame , il suffit.

M»* EVRARD

Vous m'entendez donc bien?

CHARLE

Rassurez- VOUS , de grâce; Je dirai... ce qu'enfin vous diriez. à ma place.

Mme EVRARD.

Je ne suis point ingrate, au reste; et soyez sûr Qu'un salaire....

CHARLE

Croyez qu'un motif bien plus pur...

Paix! j'aperçois monsieur.

Page 1