ACTE IV, SCÈNE 111. ^ i
Pour vous expatrier, mon enfant, de la sorte, Saus doute vous aviez uu motif, un objet?
Oh ! oui, monsieur. Voici quel en est le sujet : L*ami dont je parlois, le seul que j'aie au monde, Et sur qui désormais tout mon bonheur se fonde, A dans la capitale un très proche parent; Il m'en parloit sans cesse, et toujours en pleurant: K Oui, me dit-il uu jour, vous été» vertueuse, « Jeune, douce, sur-tout vous êtes malheureuse; « il doit vous secourir, et je vous le promets. » Je le crus : mou ami ne me trompa jamais. Je partis avec lui , croyant suivre mou frère. Regrettant peu des lieux oîi n'étoi( plus ma mère. Après dix jours de marche , enhn nous arrivons.
M. DUBRIAGE.
Eh bien?
LAURE
Mais quel accueil , ô ciel, nous éprouvons!
M. DUBRIAGE.
Il VOUS auroit reçue avec indifférence?
LAURE
Ah, monsieur! nous aurions encor quelque espérance, iy\\ avoit seulement voulu nous recevoir.
M. DUBRIAGE.
Quoi! ce proche parent...
, N'a pas daigné nous voir.
M. DUBRIAGE.
Que dites- voui? cet homme a donc un cœur de roche ?.
i64 l'E VIEUX CÉLIBATAIRE.
Ce n'est pa» le moment de lai faire un reproche. Non , il n'est point cruel; iï est humain et bon ; Et sans des étrangers, maîtres de I» maison.. •
M. DtrSIlIAGE.
Il est bon, dites-vous? Eh ! c^est fotbiesse pmpe ! Rien doit-il, tu» peut-il étouffer la nat»re? Je reax Toir ce parent ; ensemble non» irons : Cet homme est inflexible , ou nous l'attendrirons.
LAuae.
Ah, raoBsiewr! je commenee à le crofre possible. Je me flatte, en eft«t, qu'il n*est point înseDsible; Et, fùt-il contre nous encore plus aigri , Oui y nous fattendrircms : je vous iK>i s attendri! M. B u Bli I A &E , voyant venrr maéame Evrard. Chut!