ACTE IV, SCÈNE IV. i(i
Mme EVRARD.
Que sais-je enfin?... Mais c'est moi qui pourrois Vous demander quels sont les importants secrets Que vous confie encore ici mademoiselle. Depuis une heure au moins vous causez avec elle. Et ces mystères-là me surprennent un peu.
M. DUBRiAGE, duti tonfoîble.
Pourquoi, madame Evrard? Eh! oui, j'en fais l'aveu, J*aime à l'entretenir : ne suis-je pas le maître...? Et puis, j'étois bien aise enfin de la connoître : Je ne m'en repens pas.
urne EVRARD.
Oui, je vois que d'abord Sa conversation vous intéresse fort.
M. DUBRIAGE.
J'en conviens j et vraiment vous en seriez surprise.
Mine EVRARD.
Fort bien ; mais ce n'est poiiit pour causer qu'on l'a prise.
M. DUBRIAGE.
Soit. Elle me parloit de l'éducation...
Mme EVRARD.
Allons ! c'est bien cela dont il est question !
( à Laure. ) '
Descendez à l'instant.
Que faut-il que je fasse?
Mme EVRARD.
Marthe va vous le dire. Allez donc.
( Laure sort. )
i6& LE VIEUX CÉLIBATAIRE.
SCÈKE V.
M. DUBRIAGE, MADAitiE ÉrRARD.
M. DUBI11IA6B.
Ah\ de grâce.
Partes- loi doucement : eiVe est tknide.
Mm« BTRA-RD.
Bon*
M. DUBRIA<SB.
Klle paroit sensible.
Mne ÉTRAHD.
Eb ! qiû vous clh ^peve non ?...
( se radoucissant, ) D'aiUeors, à votre avis y srais-je doncari méchante?
M*. DI7BRI4(?e.
Non... Mais e'est que vraiment cHe est intéressante : Elle a...
Ml>" BVRARD.
De la douceur pcHt-étre , j'en convien... Mais rappelons , monsieur^ cet aimable entretien, Ces mots charmants qu'ailoit exprimer votre bouche.
M. DUBRIAGB.
Ce n'est pas seulement sa douceur qui me touche; C'est qu'elle a de la gra«e, «n choix de termes purs, Sur-tout de la sagesse et des principes sûrs.
Vm» EVRARD.
Oui , je le crois... Tantôt, ou je me suis trompée, Ou d un grand mouvement votre amc étoit frappée.
ACTB iV, SCliNE V, 1G7
M. BUBUIAGS.
Cette fille a vraiment un mérite erccoiDpli<
MUe ÉVRAAO.
Vous ne parlez que d'elle , et sembtez tout rempli... Un moment vous a-t-U iaiX pm-dre la mémoire Des discours de tantôt?
M. DDBAIACB.
Non : pourrioi-vous le croire?...
Je vous suis attaché... Mais qwoil les mots touchants De cette enfant...
iF.ncor! C'est se moquer des gens.
M. DVBRiAGE.
V«»s avez de Thamear.
M«e ÉYBARA.
Oui , je «n'iaspatioDle De voir que vous parles toujours d'une servante.
M. DU BRI AGE
c'est qu'elle est au-dessus vraimeat.de son état ; FUe a je ne Bais quoi de doux, de -délicat...
Mme EVRARD.
oh ! c'en est trop. S'il faut dire ce que j'en pense , Cette fille me blesse et me déplaît d'avance.