‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 11 sur 396 · ACTE I, S€ÈNE V. ai · texte numérisé non relu

ACTE I, S€ÈNE V. ai

M. MIGAUD.

Qae veut dire cette manière ? Quel accueil me fait ta maîtresse ?

LISETTE

Tons n*en êtes pas fort content, à ce que j e vois ?

H. MIOAUD.

Trouves-tu que j*aie sujet de Fétre?

•LISETTE

Il me semble que non, franchement.

M. MIGAUD.

Gomment faut-il que j'explique tout ceci?

Pour peu que vous ayez de l'intelligence , vous entendez bien ce que cela signifie.

M. MIGAUD.

Je m'y perds, plus je l'examine.

LISETTE

11 me semble pourtant que cela n est pas bien difficile à comprendre. ■

M. MIGAUD.

Aide-moi , je te prie , à le pénétrer.

LISETTE

Vous aimez madame Patin, ma maîtresse, et vous avez cru jusqu'ici que madame Patin vous aimoit?

M. MIGAUD.

Nos affaires sont assez avancées pour me le

faire présumer; et ce ijui ne surprend, c*est <ju'âiuL termes ,oà nous ea tMaaies cUe pr^me des airs si brusques.

LISETTE

Gela seroit aussi on peu surprenant^ ai vous ne la connoissiez pas ; mais vous savez ce qu'il en faut croire.

M. MIGAUD.

Sans le respect que j'ai pour cUe^ je croirois...

EhJ laissez là le respect, monsieur, et dites librement que tous la croyez un peu folle. Je me connois trop bien en gens pour vous en dedire.

M. MIGAVD.

Écoute , Lisette , puisque tu me parles franchement, je t'avouerai de bonne foi que le caractère de madame Patin m'a toujours fait peur, et que^ sans certains intérêts de mon fils, je n'aiirois jamais songé à l'épouser. M. Serrefort , comme tu sais, appréhende que sa belle-sœur ne dissipe les grands biens que son mari lui a laissés en mourant; et c'est pour s'assurer cette succession qu'en donnant Lucile à mon fils il ne consent à ce mariage qu'à condition que j'épouserai madame Patin.

Page 1