SCÈNE m
que tout le village se mît sous les armes; j*aime à faire parler de moi.
LÉPINE
C'est la folie ^e tous les grands hofnmes.
M. G.niMAtJBIN.
Que je vais vivre heureux! Je suis vieuf premièrement.
LÉPINIÏ.
Oui ; mais vous avez deux grands enfants.
M. GBIMAUDIN.
Bon f le garçon s*est fait soldat , il n oseroit revenir ; et}, Dieu merci , c'est un fripon , que je suif en droit de déshériter, et de ne jamais voir.
LÉPIITE.
Gela est bien heureux.
M. GRIMAUDIH.
Et pour la iille , c*est une coquine qui ne vaudra pas mieux que son frère. Je vetn la marier à un vieux greffier , dont je stiis sûr qu'elle ne voudra point ; et je la générai tant , je la gênerai tant, qu'elle fera quelque sottise qui m'autorisera à la mettre dans un couvent. Oh! j'ai des Vues bien judicieuses.
LÉPinE.
Oh ! pour cela, vous êtes né coiff^ d'avoir des enfants qui secondent si bien vos bonnes intentions.
M. 0RIMAT7DIN.
Tout conspire à mon bonheur, et je m'en vais avoir le plaisir de faire la fortune d*une personne que j*aiaie.
LéplVE.
Vous êtes amoureux ?
M. ORIMAUDIIf.
Oui, mon enfant. Est-ce que madame La Roche ne t*a parlé de rien?
LÉPINE
Vous voulez épouser madame La Roche?
M. GRlMAUDIIify
Épouser madame La Roche ! Tu rêves, je pense.
LEPINE.
Pourquoi non? Pour Tacquit de votre conscience peut -être. Il y a long -temps qu'elle est votre gouvernante; et depuis la mort de la' défunte, il n*eft pas que vous ne lui ayez promis quelquefois...
M. GRIMAUDin.
Gela étoit bon quand je n étois que simple procureur; mais à présent... /
LÉPINE
Âh! le petit inconstant, qui change avec la fortune I
' M. GRIJIIAUDIN.
. Je veux te la faire épouser, à toi; laisse -moi