‹ Répertoire du théâtre françaisChapitre 68 sur 396 · ACTE IV, SCÈNE 11. i · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE 11. i

LE CHEVALIER

Vous ne riez point, madame ?

Tu ne ris point, Lisette?

LE CHEVALIER

Je le vois bien , madame , il vous fâcht qoe des vers faits pour vous soient dans les mains de tout le monde. Je suis un indiscret, je Favoue, de les avoir rmidus publics; je vous demande, à genoux, mille pardons de cetle faute, madame ; et je vous jure que l'^iir que j*ai fait sur ces malheureux vers n*aura pas la tnéme destinée , et que vous serez la seule qui Tentendrez.

nmo PATIN.

Vous avez fait un air sur ces paroles, monsieur?

LE CHEVALIER

Oui, madame , et je vous conjure de l'écouter : il est tout plein d'une tendresse que mon cœur ne sent que pour vous ; et je jurerois bien, par le plaisir que vous aurez à l'entendre, des senti-* ments où vous êtes à présent pour moi.

LISETTE

Le double chien la va tromper en musique. LE CHEVALIER, après avoir chanté tout Vair^ dont il répète quelques endroits, Avez-vous remarque , madame, l'agrément de

1^4 LE CHEVALIER Â LA MODE, ce petit passade ? ( // chante. ) Sentez-vous bien toute la tendresse qu*il y a dans celui-ci? (// chante.) Ne m*avouerez-yous pas que celui-là est bien passionné ? ( // chante encore.) Vous ne dites rien. Ah , madame! vous ne m* aimez plus , puisque vous êtes insensible au chromatique dont cet air est tout rempli.

M"e PATIN.

Ah, méchant petit homme! à quel cha(pin m'avez-vous exposée ?

LE CHEVALIEB.

Gomment donc 5 madame ?

M™« PATIW.

J'étois une des actrices de cette scène que vous trouvez si plaisante.

Vous, madame?

Moi-même; et c'est dans cet endroit qu'elle s*est passée entre la petite (prisette, la baronne et moi. ' '

LE CHEVALIER

Ah ! pour le coup , il y a pour en mourir, madame. Oui , je sens bien qu'il ne reste plus qu'à me dire que vous me haïssez autant que je le mérite. Faites-le, madame, je vous en conjure, et donnez-n^oiïe plaisir de vous convaincre que je

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