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RÉPARATION DU VERNIS CRAQUELÉ

292. — RÉPARATION DU VERNIS CRAQUELÉ sur les Négatifs: (H. B. Nichols, 1863). (Phot.). V. 1468 à 1472— 1480 à 1484.

§ 1 . Un grand nombre d’opérateurs ont vu leurs négatifs hors de service par suite du vernis répandu à leur surface, lequel se craquelait et formait des traces paraissant au tirage des positifs. Pour réparer eet accident, il faut employer l’appareil suivant :

On se procure une cuvette d’étain (649) de 0“.03 plus grande de chaque côté que les glaces qu’on doit traiter, et de 0“.06 de profondeur, avec un morceau d’étain de la largeur de la glace ou plus grand qu’elle, et formant un exhaussement de 0“.007 sur le fond. Près du bord extérieur et en haut, doH être monté un rebord en bois, de telle sorte qu’une plaque de glace s-y ajuste en le fermant à peu près hermétiquement.

§ 2. La première chose à faire est de chercher quel est le dissolvant du vernis craquelé ; pour cela, on touche le vernis avec un peu d’alcool (68) au bout d’un agitateur (34) (la glace étant légèrement chaulfée), à quelque endroit peu important de l’épreuve négative, comme dans la marge; s’il se dissout, l’alcool est le dissolvant de la résine du vernis. Ce point étant bien éclairci, voici comment on procède :

On place la glace détériorée sur la hausse fixée dans la cuvette, on verse dans la partie inférieure un peu d’alcool ou de benzine (152), suivant le dissolvant utile, prenant soin que le liquide ne vienne pas au contact de la surface vernie. On referme avec le couvercle de verre, et l’on chauffe la cuvette par une méthode quelconque : on peut se servir d’une tuile chaude.

§ 3. La vapeur du liquide volatil fait gonfler le vernis, et les parties craquelées sont réunies. A ce moment en enlève le verre de dessus, on laisse refroidir doucement, et on vernit à nouveau.

Le fer-blanc peut remplacer l’étain dans la construction de la cuvette et de son double fond intérieur.

THÉORIE ÉLECTRIQUE DE LA LUMIÈRE

293. — SÉCHAGE DES GLACES à la chaleur. {Phot.), V. 1305 — 1387 — 274, 111.

294. — TEMPS DE POSE. [Phot.]. V. 1406 — 1408 — 289, § 2, 3, III.

295. — THÉORIE ÉLECTRIQUE DE LA LUMIÈRE appliquée à la Photographie : (J. JoHNSTONE, 1863). [Phys.]

§ 1 . Considérons les phénomènes produits par une machine électrique ordinaire, formée d’un frotteur de soie amalgamée et de deux conducteurs métalliques, Tun en contact avec le frotteur, l’autre avec le cylindre de verre. En tournant la manivelle, delà chaleur est produite; mais comme le verre et la soie ont une attraction inégale pour l’électricité, la chaleur est divisée en une condition positive et une négative, s’accumulant sur les deux conducteurs. Isolons la machine entière et attachons un fil métallique à chaque conducteur ; en approchant leurs extrémités opposées presque en contact, la charge des conducteurs se condensera en électricité à leurs pointes où elle deviendra sensible à nos sens, comme chaleur et comme lumière. Ce courant d’électricité pouvant être employé à des effets chimiques pendant un temps indéfini, prouve clairement que la terre n’est pas nécessaire pour tirer continuellement d’elle-même l’élément positif ou négatif. Après l’excitation de la machine, on trouve que le cylindre de verre est dans un état neutre, la totalité de l’électricité dévelop-

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pée étant accumulée près de l’extrémité des fils métalliques. Si un conducteur est chargé positivement et qu'un autre' corps (qu'il soit solide ou gazeux) soit approché presque en contact^ il en résultera un état électrique par induction, tel que la partie du corps la plus proche du conducteur, sera négative et l’autre extrémité positive, laissant l’espace moyen entre les deux à l’état neutre.

§ 2. Si nous considérons l’eftet dans une batterie galvanique, il est connu de tout le monde que si une plaque de zinc (1535) et une de cuivre (439) sont mises en contact un instant et rapidement séparées, la plaque de zinc sera chargée d’électricité positive, montrant que le cuivre a pris une partie de son électricité constituante. Touchons les deux plaques avec un fil métallique, les plongeant dans une solution de sel (1308), dans l’eau légèrement acidulée pour augmenter le pouvoir conducteur, nous obtiendrons un courant continu électrique résultant de cette action chimique. En suivant ce courant, nous trouverons que le cuivre a, dans le premier moment, cédé une partie d’électricité positive au zinc. Ce zinc, se trouvant à l’état de tension, polarise (1192) le fluide intermédiaire ou électrolite : de là l'élément positif uni au cuivre négatif produisant alors un état normal entre le cuivre et le zinc, tant qu'un supplément d’électricité se maintient du cuivre au zinc.

Il est un peu plus difficile de comprendre l’état du fluide polarisé ; mais pour s’aider, on peut imaginer une image tangible, en supposant que pendant que les plaques métalliques sont en contact, le fluide qui se trouve entre elles est dans un état analogue à une portion de corde vibrante coupée au centre de vibrations adjacentes, ayant son point nodal dans le centre où n’existe aucune action.

Séparons à présent les fils métalliques qui se touchent, et nous transportons immédiatement les points polarisés à l’extrémité des fils, laissant à l’état neutre les plaques et l’électricité.

§ 3. Pour démontrer à nouveau la polarisation (U 92) de chaque point polarisé, prenons une auge longue et étroite en gutta-percha (765) ayant un fond de cuivre auquel est soudé, à un bout, un petit morceau de zinc; remplissons cette auge d’eau légèrement aiguisée d’acide sulfurique (1380), assez seulement pour produire Faction électrique et chimique, le cuivre sera électriquement protégé par Faction polarisante du zinc. On peut varier cette expérience, en divisant l’auge à son milieu par un diaphragme solide et remplissant chaque côté d'eau acidulée. En quelques instants, on observera que dans le côté le plus loin du zinc, le cuivre sera attaqué par l’acide, quoiqu’aucun zinc ne soit en contact, tandis que dans l'autre côté la protection sera complète. Substituant un diaphragme poreux, la protection se propagera complète à toute la plaque, montrant clairement que le fluide y est polarisé. Si la cuve est longue proportionnellement à la place qu’occupe le zinc, la protection ne s'étendra pas à l'extrémité la plus éloignée du cuivre, parce que Faction positive est induite à sa fin malgré l’état polarisé de Félectrolite.

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§ 4. Pour étudier la nature de Taction chimique^ prenons deux plaques de platine (1180), chargeons l’une d’électricité positive, et plongeons-les face à face dans l’eau acidulée. Aucune action n’apparaît; mais si nous approchons au contact les extrémités non immergées, immédiatement une action chimique s’exerce dans l’électrolite. On peut varier l’expérience en se servant d’une éprouvette (630) renversée ayant à ^intérieur un fil de platine, supporté par un liège percé. Plaçons l’éprouvette à demi-plongée dans une solution d’or (1025) rendue absolument neutre par la soude (1328), aucune action n’apparaît; mais en substituant de l’hydrogène (786) à l’air atmosphérique, haction chimique se dénoncera aussitôt par un dépôt d’or sur la portion de fil immergée.

Il est évident que le fil de platine a eu son état électrique modifié par polarisation, d’où la décomposition de la solution d’or, et nous devons en conclure que toute action chimique est précédée d’une modification électrique. Ainsi, l’état modifié de l’équilibre électrique implique l’état modifié des molécules de la matière, puisqu’aucune de ces modifications ne peut se produire sans l’autre. Nous sommes donc autorisés à admettre cette modification complexe, comme l’action chimique, et à en conclure que l’action chimique est la forme visible des influences électriques des corps à des distances insensibles.

§ 5. Il est possible, maintenant, de faire quelques remarques sur la nature de la lumière (902) et de la chaleur. L’expérience nous enseigne que la lumière engendre la chaleur dans notre atmosphère et sur les corps solides de la terre, car il n’est pas évident que la chaleur émane du soleil, mais plutôt que c’est le contraire, car en montant sur les hautes montagnes, nous éprouvons une diminution de la ehaleur solaire, et en descendant dans les vallons les plus profonds, nous éprouvons l’inverse.

Ceci est hors de doute; et ne peut-on pas admettre que le pouvoir de la lumière faisant jaillir l’électricité à un état allotropical, forme de la chaleur? Un grand nombre de faits peuvent corroborer cette manière de voir. On sait que la chaleur passant du feu à travers une plaque de bouilloire, entre en combinaison avec l’eau, engendre de la vapeur dans laquelle elle passe à l’état latent; mais par la modification particulière de la sortie de cette vapeur , la chaleur latente se transforme en une énorme quantité d’électricité positive.

§ .6. Si nous appliquons la chaleur à un verre contenant du soufre (1341 bis), quand ils seront suffisamment refroidis, si on les sépare, le soufre sera électrisé négativement, le verre positivement. En se servant d’une coupe de métal, le résultat sera inverse.

§ 7. Pour voir combien il est aisé de modifier l’état électrique neutre de quelques corps, faisons un mélange de phosphore (1144) et d’une gomme ou d’un sucre quelconque, avec une petite quantité de nitrate de potasse (995), réduisons-le en pâte et le desséchons ; au bout d’une heure ou deux nous n’avons plus rien que du carbone N» 9. Septembre 1863. 22

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(210) et de la potasse (1209). Encore : si nous prenons une petite quantité d’acide phosphorique (1146) et de bisulfure de carbone (1376) étendus sur du papier, élevons la température à-|-32° C. ou + 35'' C.', une flamme intense jaillira.

§ 8. La lumière, en traversant notre atmosphère, produit un état électrique spécial, l’oxygène (1033) se manifestant lui-même en état d’axîtivité électrique. ^

Si nous plaçons deux flacons remplis d’air atmosphérique dans un cabinet obscur, ayant suspendu aux bouchons un morceau de papier enduit préalablement d’une solution ordinaire de manganèse (914) ou d’acide pyrogallique (1239) et de potasse (1209), et que nous en placions un au soleil, au bout d’un instant, le papier au soleil offrira une preuve intense de haction d’oxygène électrisé, ou d’ozone (176, III), tandis que le papier resté dans Tautre flacon à l’obscurité n’aura pas subi la plus légère altération.

§ 9. La lumière, à son pouvoir extrême, peut produire des modi^ fications diverses dans les corps, à la fois électriquement et chimiquement, par exemple en détruisant l’équilibre de deux gaz, chlore (252) ou hydrogène (786) et formant de Tacide chlorhydrique (254).

La lumière, de plus, est un agent puissant de la décomposition des oxydes (1029) en métaux, ainsi qu'on le voit par les sels d’argent. La décomposition de l’acide acétique est depuis longtemps connue comme un effet de la lumière qui le résout en oxygène (1033) et acide nitreux (1002). Si nous admettons que la lumière a le pouvoir de modifier rétat électrique d’un ou plusieurs éléments d’un composé, il est encore plus facile de comprendre les actions chimiques qui en résultent.

§ 10. Nous pouvons maintenant appliquer les expériences ci-dessus à l’explication des phénomènes photographiques du daguerréotype (461 — 462). Ce procédé ayant paru le premier, nous commencerons par lui. ’

Pour produire une bonne épreuve daguerrienne , il est nécessaire d’avoir une, plaque parfaitement pure et polie, débarrassée de toute impureté. On l’expose à la vapeur de l’iode (828) et du brome (183) en proportions appropriées, et après une exposition suffisante à la chambre noire (221) et un développement à la boîte à mercure (176), on a une image parfaite..

Maintenant, dans ce procédé, tout nous semble simple, excepté comment la modification est produite par la lumière dans la chambre noire (221), amenant l’argent (112) à se combiner avec le mercure (925) après l’action lumineuse, et y résistant quand le temps d’action n’a pas été suffisant. Beaucoup de conjectures ont été faites à diverses reprises sur la véritable cause, mais nous pouvons à présent la trouver.

§11. L’expérience montre que plus pure est la surface de l’argent (112) avant exposition à l’iode (828) et au brème (183), plus parfait est le résultat final. La raison en sera donnée plus loin.

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Lorsque la plaque est sensibilisée^, nous avons une couche mince d’iodure (837) et de bromure d’argent (1 84) aisément modifiée de son état neutre par la lumière; les parties que la lumière a frappées ac~ quièrent l’électricité positive^ les autres restent à l’état neutre. •

Lorsque cette plaque est exposée à l’action des vapeurs du mercure (666), la tension électrique existante polarise la vapeur en contact à une distance limitée : d’où une attraction naissante qui cause la combinaison des deux métaux. Aussi longtemps qu’existe la force polarisante, les parties neutres de la plaque sont protégées en zones proportionnelles à la force polarisante produite par la tension de la plaque. Aussitôt que les parties positives induites de la plaque sont neutralisées, la protection de chaque, cesse, etle-mercure se condense mécaniquement sur toute la surface.

Tout opérateur qui s’est servi d’une petite lentille pour une plaque de 0“.08, a pu voir le résultat pratique de cette théorie de l’action lumineuse. Dans les meilleures circonstances, la condensation s’opère sur les bords dès le commencement de l’exposition à la vapeur du mercure (925), montrant ainsi que la petite surface électrisée, en état de tension au centre, ne peut pas étendre son pouvoir conservateur au-delà d’un certain rayon.

§ 12. Par un temps très-lourd et humide, si les plaques dont on se sert ne sont pas parfaitement pures en elles-mêmes, ou polies trèssoigneusement, il est impossible d’obtenir une bonne et pure image. D'autres fois, après que la plaque a été nettoyée à la manière habituelle, si elle est revêtue de quelque corps gras (lesquels, peut-être, étant absolument non conducteurs, sont préférables), parfaitement privé d’eau, n’y laissant agir absolument que ce que les pores de la surface de l'argent peuvent retenir de matière organique, y donnant la quantité voulue d’iode et de brome, mais opérant à la chambre noire seulement le 1/3 ou le 1/4 du temps nécessité d’habitude ; alors, en développant, il arrive qu’il faut 3 ou 4 fois plus de temps que d’habitude au mercure pour produire une image vigoureuse.

§ 13. Ici nous voyons deux manières de préparer les plaques, résultant de la grande ditTérence du temps nécessaire dans la chambre noire. Généralement, on avait attribué cela à un trop grand degré de sensibilité dans un cas, ou trop peu dans l’autre. Mais pour une différence donnée, on peut trouver une autre solution. Dans le premier cas, nous avons une plaque souvent impure en elle-même, avec addition d’une partie de matière polissante laissée dans les pores, de telle sorte c|ue pendant le développement l’action électrique locale s’établit avant que la totalité du pouvoir polarisant de la placpe soit épuisé, rendant nécessaire d’arrêter un peu l’exposition, sans quoi les noirs de l'image seraient tachés de mercure.

Dans le second cas, nous avons une plaque où toute action locale est empêchée en rendant la surface entière à peu près parfaite comme

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corps non conducteur^ permettant à la force entière de tension d'être épuisée^ en attirant la vapeur mercurielle.

§ 14. Il est évident qu’une modification électrique de la surface iodée^ rend compte de l’état appelé solarisation (1329). Tous les opérateurs savent qu’un excès de lumière produit une action spéciale sur la plaque préparée, amenant telle partie à s'unir au moyen d’une portion très-limitée de mercure, formant un amalgame particulier coloré en bleu. Si nous prenons l’action électrique comme guide, nous n’aurons aucune difficulté à résoudre cette phase de l’opération. Sur une très-mince couche, le point de solarisation est très-vite atteint; sur une couche épaisse, ce point est plus long à atteindre, de sorte que l’épaisseur de la couche d’iodure d’argent était quelquefois une nécessité. Mais, à présent, si nous admettons que la lumière agissant sur ùne surface préparée pendant un temps défini, produit l’état positif à une certaine profondeur, si l'action est prolongée, l'épaisseur entière sera en état de tension, et alors l’argent pur deviendra un défenseur de cette tension électrique produite par l’action de la lumière ; conséquemment, sur toutes les portions de la plaque où la pose a été dépassée, en perdant une grande partie de leur pouvoir polarisant, une très-petite quantité de mercure sera précipitée.

§ 15. Pour s’assurer si cela est conforme aux faits, isolez une plaque dans un châssis de chambre noire, chargez à un très-petit degré de tension le dos de cette plaque d’électricité positive en la frottant: après une exposition qui puisse solariser l’image, portez le châssis négatif (239) à la boîte à mercure (176) pendant un temps ordinaire, vous n’y trouverez aucune teinte bleue, mais des blancs complets et solides.

§ 16. On peut employer ces principes à débrouiller toutes les petites difficultés qui arrivent souvent dans les manipulations. Ce serait le moment de parler du papier négatif (1047), mais comme les principes les plus importants en sont communs à l'albumine (1048), au papier ciré (1064) et au collodion (1074), il faut s’occuper d’abord des variétés du papier et ensuite du procédé au collodion.

§ 17. Dans le procédé sur papier négatif, nous avons un iodure d’argent (837) formé dans le papier, offrant, comme les plaques daguerriennes, une surface négative neutre, aisément modifiée par l’action lumineuse, d’un état négatif à un état positif, polarisant le liquide développateur aussi longtemps qu'il est en décomposition, et par conséquent déterminant un dépôt sur toutes les parties de la feuille frappée par la lumière.

§ 18. La qualité qu’a le papier ciré de conserver longtemps sa sensibilité, vient de ce que les pores du papier étant remplis de cire pure (295) (un excellent conducteur) qui enveloppe chaque fibre, empêche l’action locale ciui se produirait si l’on se servait de papier simple. Certain papier collé avec des matières défectueuses, ne peut être conservé pendant longtemps, et ne peut pas supporter un développement suffisamment prolongé pour fournir une forte et pure image.

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§ 19. La pyroxyline (1241), qu’elle soit préparée avec les fibres du coton ou du lin (881), quand on s’en sert au bout d’un certain temps, présente des symptômes de décomposition, en libérant les éléments de Tacide nitrique (1002).

Quand elle est dissoute dans l’éther (657), elle paraît rester dans un état comparativement stable; mais si on ajoute un iodure alcalin quelconque, Taffinité chimique est bientôt en jeu proportionnellement à l’alcali (66) employé. Les iodures métalliques ayant peu d’attraction pour l’élément nitrique de la pyroxyline, un temps assez long n’apporte qu’une décomposition insensible.

§ 20. Le procédé ordinaire, qui consiste à iodurerle collodion (832), le couler sur une glace (667), le sensibiliser (1313) dans un bain, exposer (665), développer (489) et fixer (682), n’a pas besoin d’être décrit, mais il est important d’entrer dans le détail des différents changements produits dans la couche pour arriver à un résultat. Lorsqu’une plaque est collodionnée et immergée à temps dans le bain d’argent, l’iodure d’argent (837) précipité dans la couche de collodion, est dans la condition la plus favorable pour être impressionnée par l’action électrique de la lumière dans la chambre noire.

Pendant l’application du liquide développateur, une action électrique prend naissance dans la liqueur, analogue à l’action expliquée § 4 ci-dessus, pour le développement de l’image daguerrienne parle mercure.

On a généralement expliqué par des réactions chimiques, les divers changements produits dans le développement des images (489), mais il paraît démontré que le principe de ces faits est une action électrique de laquelle découle toute action chimique. C’est une modification d’équilibre électrique.

§ 21. En examinant attentivement Pépreuve sur collodion, nous voyons, en premier lieu, une feuille de verre, corps neutre non conducteur, sur laquelle est coulée une couche de collodion ioduré suffisamment (314); ce collodion étant également un corps non conducteur, et l’iodure (837) et le brômure d’argent (184) ayant les mêmes propriétés à un haut degré. Ici, nous avons un corps en repos négatif ; mais, sous une exposition partielle et sous le flot du développateur, acide gallique (721), acide pyrogallique (1239) ou protosulfate de fer (1230) en même temps, une action d’influence se manifeste sur les parties électrisées de la plaque, déterminant un dépôt d’argent désoxydé sur les parties frappées par la lumière. Mais son aide est tel qu’il est à peine possible de poursuivre le développement sans produire des voiles. L’usage de l’acide n’a pas été encore bien expliqué jusqu’ici : son usage paraît être simplement de se montrer conducteur de l’électricité; si nous nous servons de quelque sel indécomposable par les agents développateurs, mais légèrement à réaction acide, nous obtenons un parfait développement.

270 TRAITEMENT PRÉLIMINAIRE DES BAINS D^OR ET D’aRGENT.

§ 22. On a reconnu qu’un collodion vieux et décomposé sert à produire des images brillantes ^ pures et fermes. Maintenant^ pour voir ce que t’idée ci-dessus sur les acides a de vérité^ il y a ^^ne certaine difficulté à comprendre la raison de cette propriété du vieux collodion^ ou du collodion contenant une certaine quantité d’iode et de brome libre, car, quand la plaque collodionnée est plongée au bain d’argent (132), il se forme en proportion définie de l’iodure d’argent (837) et du nitrate de potasse (993) ou d’une autre base (145); mais l’iode (828) libre dans la couche s’unissant avec une quantité équivalente d’argent (112), rendra libre un équivalent (632) d’acide nitrique (1002) agissant sur la formation de la couche; car en répandant le développateur, son pouvoir conducteur est en même temps continu à travers le corps de la couche, arrêtant toute tendance à une action locale sur le côté inférieur de cette même couche.

§ 23. Il est facile de prouver que toutes les taches et malpropretés sont sur la surface de la glace ; car en transportant une épreuve tachée sur du cuir ou du carton préparé, la laissant sécher, puis frottant avec une pelotte de coton 'cardé, tous les dépôts inutiles sont enlevés, laissant une* image pure et parfaite.

296. — TRAITEMENT DES BAINS D’ARGENT pour Collodion, vieillis. [Chim.]. V. 135.

§ 1 . On peut se procurer de très-bon nitrate d’argent (983) sans grande peine, pour faire des bains neufs, en agissant de la manière suivante :

Quand un bain ne peut plus servir, on le filtre dans une cuvette plate contenant une feuille de cuivre rouge (439). Après 2 ou 3 heures de contact, tout le nitrate est déposé en poudre d’argent. On filtre le contenu de la cuvette, et on lave la poudre d’argent en versant sur le filtre quelques litres d’eau. Quand cette poudre est sèche, on s’en sert pour faire du nitrate, en ayant soin de le laisser sur le feu à l’état fondu pendant quelques minutes, pour transformer en oxyde (1029) insoluble les quelques atômes de cuivre (439) qui peuvent s’y trouver.

§ 2. Il ne faut ajouter l’acide nitrique (1002) que par petites quantités pour éviter la projection, hors de la capsule (205 bis), de quelques parcelles d’argent (112).

297. — TRAITEMENT PRÉLIMINAIRE des résidus d’or et d’argent : (Ferd. Thomas, 1863). (Pkot.)

§ 1 . Toutes les eaux, quelles qu’elles soient, sont réunies dans un même récipient, un tonneau par exemple, où on les laisse séjourner avec des lames de zinc, qui ont une longueur au moins égale à la hauteur du liquide dans le tonneau. Le liquide doit toujours être acide, ce dont il est facile de s’assurer, en voyant s’il rougit le papier bleu de tournesol (1043). S’il ne l’était pas, on y ajouterait de l’acide

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