COLLODION NÉGATIF SUR CAOUTCHOUC
Il faut prendre garde de donner au ciel une coloration trop foncée, et se guider dans son travail sur la valeur des grands clairs de l’image qui doivent sortir en lumière sur le ciel pour ne pas être tués par lui.
309. — COLLODION NÉGATIF RAPIDE sur caoutchouc PRÉSERVÉ à la Gomme : (Sutton, 1862). [Phot,]. V. 205 — de 31 1 à 372 — 737.
§ 1 . Ce procédé doit sa rapidité à l’action accélératrice exercée par le brome sur le développement du collodioil sec. Il existe même une certaine analogie à ce point de vue, entre le collodion sec et le daguerréotype, car la plaque d’argent est très-peu sensible quand elle est simplement iodurée; elle peut acquérir une sensibilité cent fois plus grande, lorsqu'après ioduration on la soumet aux vapeurs du brôme (183) jusqu’à ce qu’elle en soit saturée. La même chose a lieu dans les procédés au collodion sec ou humide, où la couche de collodion est privée par le lavage de tout le nitrate d’argent libre. Une couche de collodion simplement ioduré est à peu près aussi insensible, lorsqu’elle ne contient plus de nitrate d’argent, qu’une plaque daguerrienne iodurée ; mais en employant un collodion brômo-ioduré, on peut, même sans la présence du nitrate d’argent, obtenir autant de rapidité que sur une plaque (lagnerrieime brômoiodurée.
§ 2. Dans le collodion humide, c’est à la présence du nitrate d’argent libre qu’est due l’excessive sensibilité de la couche; mais lorsqu’on opère à sec, il est impossible de conserver cette proportion de nitrate libre, non-seulement parce qun ce sel cristallise au fur et à mesure que sa solution se dessèche, mais encore parce que, à l’état concentré, il peut dissoudre l’iodure d'argent en formant un sel double curieux et intéressant, dont les proportions exactes n’ont pas encore été déterminées d’une manière certaine; aussi, ne peut-on laisser dans une couche de collodion sec la plus petite trace de nitrate d’argent, sans y introduire, par cela même, une cause d’instabilité et d’incertitude. Le principe sur lequel doit reposer la préparation d’un collodion sec rapide, consiste donc dans l’emploi d’un collodion brômo-ioduré, et de lavages suffisants pour enlever toute trace de nitrate d’argent libre.
§ 3. Cependant l’épreuve obtenue sur une plaque daguerrienne brômo-iodurée parle développement au mercure est extrêmement faible, ainsi qu’on peut s’en convaincre en la transportant sur une feuille de papier gélatiné ; et de même, l’image fournie sur une glace brômoiodurée par le développement à l’acide pyrogallique est extrêmement faible et ne peut produire un cliché propre à un bon tirage. Aussi, est-il nécessaire de revêtir le collodion sec d’une couche de matière organique capable de donner de la densité aux parties colorées de l'épreuve. Un grand nombre de substances ont été employées dans ce but; telles sont la gélatine (723), la métagélatine (928), l’albumine (46), différents sirops (314 à 372), la gomme arabique (737), l’infusion de malt (354), le tannin (1398), etc., etc. Les expérimentateurs, pres- . que sans exception, ont fixé leur attention sur le choix à faire parmi 10. Octobre 1863. 24