‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 3)Chapitre 55 sur 570 · ALCOOL · texte numérisé non relu

ALCOOL

Il dissout les hydrates de potasse^ (1209) et de soude (1328) qui Taltèrent fortement et produisent une matière résinoïde brune, qui ressemble à un produit dérivé de Taldéhyde. Lorsqu^’il contient ainsi des alcalis en dissolution, Talcool est très-disposé à s'oxyder, et nous avons vu qu'il passait d'abord par l'aldébyde pour arriver à l'acide acétique.

Le chlore (252), le brome (183) et Tiode (828), dans le même cas, donnent aussi naissance à des composés particuliers, dont l'étude fournira un jour la clef d'un grand nombre d'insuccès photographiques.

La décomposition de l'alcool en présence d'un grand nombre de corps, sépare souvent un équivalent d'eau et produit ainsi l'éther (657); souvent la molécule d'éther elle-même est modifiée par substitution, et à la place de son équivalent d'oxygène, elle renferme un équivalent de brome, de chlore ou de soufre, etc.

L'alcool engendre encore des carbures d'hydrogène, et, dans ce cas, se modifie profondément.

§ 10. La combinaison de l'alcool avec des acides constitue des produits qui conservent la propriété de s'unir aux bases. Les sels qu'ils forment sont stables, mais si l'on isole l'acide, le sel est détruit, et l'on retrouve alors l'acide et l'alcool. En ajoutant un équivalent d'alcool absolu à deux équivalents d'acide sulfurique monobydraté (1380), sans dépasser une chaleur de -|- 60“ à -|- 70°, on obtient l'acide sulfovinique qui produit des sels parfaitement définis avec les différentes bases. On compose d'une manière analogue des acides viniques avec un grand nombre de corps.

§ 11. On peut remplacer, dans l'alcool, l'oxygène par du soufre, au lieu d'avoir la formule C-^H^O, HO, on a l'expression C^H^S, HS, c'est le mercaptan ou alcool suif hydrique.

§ 12. Il n'est pas possible de terminer l'étude photographique de l'alcool sans parler de l'aldéhyde, produit ordinaire de l'oxydation et de la destruction des liqueurs alcooliques et éthérées. C'est un liquide incolore, très-limpide, miscible en toute proportion à l'eau, l'alcool et l'étber; d'une odeur forte et suffocante, qui décèle sa présence dans les flacons de collodion vieilli, devenu acide, et contenant une grande quantité d'iode en liberté.

- § 1 3. L'iode se dissout dans l'alcool ainsi que le brome, le chloré, et ces corps donnent des produits particuliers qui semblent aboutir au chloral et au brômal. Il faut encore se rappeler que l'aldéhyde absorbe l'oxygène (1033) de l'air, se convertit en acide acétique, et que l'action est la même avec tous les oxydants; l'aldéhyde réduit l'oxyde d'argent (112, § 5), et si elle est mêlée à un peu d'ammoniaque (91), elle produit le même effet sur le nitrate d'argent (983).

Ces transformations si faciles de corps instables expliquent les changements incessants qui se font remarquer dans la composition des bains et du collodion photographiques , où l'alcool et l'éther se

ALCOOL MÉTHYLIQUE.

trouvent en présence de bases alcalines et de corps tels que biode, le brome et le chlore, qui ont une action intense et en môme temps une grande instabilité.

§ 14. L^acétal C* H® 0^ (7) qu'on peut considérer comme formé par le groupement de deux molécules d'éther réunies en une seule, avec cette modiflcalion , qu'un équivalent d'oxygône remplace un équivalent d'hydrogène, ou comme un éther aldéhydiquo +

est produit par l'action du noir de platine sur les vapeurs alcooliques, et prend sans doute naissance dans beaucoup d’autres cas de décomposition alcoolique, puisqu'il accompagne l'éther acétique (653) et l’aldéhyde (73).

L'alcool que l'on emploie pour obtenir un collodion très-stable doit avoir subi une préparation spéciale ; il faut qu'il soit anhydre autant que faire se peut. Pour cela, on le traite pendant 2 jours par le carbonate de potasse (1209) et le chlorure de calcium (267) anhydre, dans la proportion de 30 gr. de chacun de ces sels pour 4 litres 1/2 d'alcool.

II faut le distiller hors du laboratoire, car dans cet état il est trèsexplosible.

§ 15. Pour purifier l’alcool, on prend un pot d’étain de 60 cent, de hauteur, de 20 cent, de diamètre au fond et 1 5 cent, en haut, se terminant par un col de 6 cent, de diamètre. On fixe une petite cannelle à 30 cent, du fond.

Dans ce vase, on met de la chaux vive (248) jusqu'à la hauteur de 20 cent., et on remplit d'alcool.

Bouchez solidement le pot et remuez tous les jours pendant une semaine ou plus, et laissez reposer.

Tirez alors l’alcool surnageant au moyen de la cannelle, il est bon à être employé. S'il reste du liquide au-dessous de la cannelle, il peut servir pour la lampe (868).

D'après ce procédé, on obtient un alcool uniforme qui donne des résultats identiques dans les préparations photographiques.

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