BAIN D'ARGENT FORT OU FAIBLE POUR PAPIER POSITIF
bumine et ne pourra être séparée du germe et de ses ramifications . visibles,, quelque précaution que l’on prenne.
En ce cas, la solution ne se rendra claire ni par un excès d’ammoniaque, ni par un battage nouveau; il demeurera toujours une légère opalescence et quand la couche sera sèche, au lieu d’être absolument transparente et pareille à la glace, elle sera composée d’une agglomération de particules répandues sur la surface, et qui malgré leur excessive petitesse, sont perceptibles et en somme contraires à un bon négatif.
§ 7. Le seul remèdo à ce défaut est d’ajouter à :
Solution albumineuse ci-dessus, §2 200 gr.
Iodure de potassium (848) 0.50
l’effet est magique et absolument sûr.
Il faut que les plaques albuminées soient parfaitement sèches avant l’application du collodion, et cela est spécialement nécessaire quand on a dû ajouter de Fiodure comme ci-dessus.
§ 8. Il existe un assez grand nombre de méthodes pour étendre l’albumine sur les glaces, mais on peut en employer une assez simple et facile que voici :
On prend un petit entonnoir en porcelaine ou en verre, la matière n’y fait rien, et on bouche fortement son tube par un morceau parfaitement lavé et encore humide d’éponge fine du Levant. Or, en augmentant ou diminuant la force employée à enfoncer l’éponge, on peut toujours régler sa porosité de façon qu’il tombe de l’entonnoir 50 à 60 gouttes à la minute. Alors, ayant mis dans l’entonnoir avec la bouteille-mère, un peu plus qu’il ne faut d’albumine pour couvrir la glace, on tient l’entonnoir tout prés de la surface et on répand les gouttes par un mouvement circulaire jusqu’à ce que tout soit couvert.
L’entonnoir est mis sur le goulot de la bouteille-mère, et le surplus de l’albumine de la glace reversé sur l’éponge.
La glace est alors mise à sécher.
211. — BAIN D'ARGENT FORT OU FAIBLE pour Papier positif. (Etude
sur le) : (J. Hughes, 1864). ( Phot .)
§ 1 . La force convenable de la solution de nitrate d’argent (983) destinée à sensibiliser le papier positif, doit attirer l’attention des plio-
BAIN D'ARGENT FORT Oü FAIBLE POUR PAPIER POSITIF.
tographes, non-seulement par suite de son importance, mais à cause des divergences d’opinions qui se manifestent depuis quelque temps à ce sujet.
Les opérateurs ont commencé par recommander 20 gr., même jusqu’à 22sr.50 par lOOc.c. d’eau, s'appuyant sur la production de magnifiques épreuves : mais depuis ce temps, les expériences ont marché et le temps a été suffisant pour modifier ou confirmer ces idées. Or, nous voyons aujourd’hui des préconiseurs de solutions faibles, qui soutiennent que 5 gr., 7.50/, 10 gr. par 100 d’eau sont bien suffisants. Certes, l’économie de sel d’argent serait considérable, mais, avant tout, la première question à examiner est celle de la valeur des épreuves.
La question se pose nettement en ces termes : peut-on produire de bonnes photographies avec un bain à 10 0/o ou avec un bain à 18 à 20 0/o? En apparence, elle est très-facile à résoudre : c’est une simple question de fait, et cependant les témoignages étaient évidemment suivant la qualité des personnes qui jugent.
§ 2. Nous avons vu un photographe paysagiste rapportant d’excellents négatifs de Suisse et d’Italie, en obtenir de superbes épreuves avec un bain à 10 0/q. Pendant quelque temps, il se crut obligé d'augmenter la force de son bain; ses épreuves furent beaucoup moins bonnes, les ombres n’étaient plus aussi transparentes, les détails si bien détachés. Il fut obligé d'en revenir au bain à 10 0/0.
§ 3. Si, d’un autre côté, nous interrogeons certains tireurs photographiques qui dirigent eux-mêmes pour leur compte de vastes établissements, ils vous diront qu’il n’est pas possible d’obtenir une bonne épreuve sans un bain fort; qu’avec un bain faible, on se heurte à une foule d’insuccès; les épreuves sont plus faibles, plus lentes à impressionner et plus difficiles à virer.
Quelques-uns prennent un terme moyen, et obtiennent de bonnes épreuves avec un bain à 13 0/0.
§ 4. Dernièrement, M. Harman a fait une série d’expériences avec des bains variant de 2&r.50 à 36 gr. pour 100 d’eau; et il a trouvé que la vigueur et le brillant des épreuves étaient juste proportionnels à la force de la solution argentique; le bain faible donnant une mauvaise épreuve, et le bain fort une bonne image du même négatif.
§ 5. Comment expliquer ces témoignages contradictoires ? Les deux parties peuvent-elles avoir raison? 11 est probable que telle est la vérité, et que l’explication du différend se trouve non-seulement dans la différence de pratique et de traitement de chaque photographe, mais surtout dans la différence des négatifs employés.
§ 6. D’après notre pratiquediabituelle, nous donnons la préférence aux bains de 15 à 18 0/0, mais en voyant les brillantes épreuves ob- * tenues avec un bain plus faible, nous avons voulu faire des expériences comparatives en employant un bain à 10 0/0. Or, moins d’une
302 bain d'argent fort ou faible pour papier positif.
semaine nous a suffi pour acquérir la certitude que le changement était tout-à-fait défavorable: les épreuves étaient veules et faibles, elles se farinaient dans le virage et refusaient de prendre un ton convenable : enfin elles étaient beaucoup plus lentes à impressionner et demandaient à être fortement brûlées.
Or, pendant que je m’apercevais que le ton général de nos épreuves était détérioré et altéré, j’observai que quelques images étaient meilleures que celles que j’avais jusqu’alors obtenues des mêmes négatifs.
§ 7. Il faut dire tout d’abord, pour bien se rendre compte des faits, que les négatifs dont je me sers sont faibles et fins, parce que je préfère la douceur et la délicatesse dans les images, à la vigueur et à la dureté. De là, l’explication de la moindre valeur des épreuves tirées sous ces négatifs en se servanttd’un bain faible : elles ne contenaient pas assez de nitrate d’argent libre pour se réduire dans les ombres avant que des grandes lumières fussent impressionnées.
§ 8. Les épreuves, au contraire, qui s’étaient trouvées bonnes venaient de négatifs durs et cristallisés ayant peu de pose et beaucoup de renforcement, qui produisent ordinairement des ombres bronzées et des blancs crayeux. Avec le bain faible, la tendance à bronzer était réduite et la violence du contraste amoindrie, par conséquent les épreuves améliorées.
Je fis l’expérience inverse de la première, et en doublant la force des bains employés, ce qui les ramena à- 1 8 0/0, les images revinrent aussi bonnes que par le passé.
§ 9. Les conséquences à tirer de tout ceci sont importantes ; elles prouvent que dans un procédé quel qu’il soit, toutes les parties doivent être mises en harmonie entre elles, que la force du bain d’argent doit être adaptée à la vigueur des négatifs, un bain fort pour un négatif faible, un bain faible pour un négatif fort, sans négliger l'influence variable de la lumière solaire ou diffuse.
Les négatifs intenses et pleins de contrastes sont mauvais pour un bain d’argent fort, tandis que ceux qui sont faibles et fins sont favorables. 11 est donc facile ainsi de se rendre compte des assertions différentes de chaque opérateur dont les uns peuvent, avec un bain faible, produire de bonnes épreuves, tandis que d’autres ne le peuvent pas.
§ 10. Par conséquent, ceux qui aiment les épreuves brillantes et éclatantes préfèrent naturellement un bain fort favorable pour les produire, tandis- que ceux qui recherchent des images plus tranquilles et plus douces, inclinent vers une solution plus faible. D’où il faut conclure qu’il ne faut point admettre que la force du bain d’argent doit être la même pour tous, mais bien qu’elle dépend des circonstances modifiantes de chaque opérateur. .
Aussi tout en admettant que de bonnes épreuves peuvent être données par un bain à 7.50 0/0, doit-on rester convaincu que la majeure partie du temps on en obtiendra de meilleures avec un bain fort.