‹ Répertoire encyclopédique de photographie (volume 4)Chapitre 5 sur 193 · BEAU ARTISTIQUE (DU · texte numérisé non relu

BEAU ARTISTIQUE (DU

de la nature,, et le mérite d’une œuvre n'a d’autre mesure que le plaisir qu’en éprouvent les sens. Le goût s’altère en se fractionnant, le talent s’affaiblit dans l’isolement, et bientôt rien ne peut arrêter les progrès de la décadence.

§ 12. Ces trois périodes sont distinctes dans l’art grec. La période hiératique précède Péricîès, la période savante se personnifie dans Phidias, et la période naturaliste commence aux conquêtes d’Alexandre, et satisfait tous les vices des Césars.

L’art, en Italie, a parcouru les mêmes périodes. La première commence aux mosaïques de Rome et finit à Orcagna ; la seconde est inaugurée par Ghiberti et couronnée par Raphaël; la troisième date de la renaissance et dure encore.

§ 13. Ceux qui étudient l’histoire de l’art négligent trop souvent d’observer les influences qu’exercent l’une sur l’autre la sculpture et la peinture. La sculpture est la sœur aînée de la peinture, parce qu’elle offre le moyen le plus simple et le plus naturel d’imiter les formes extérieures. La matière qu'elle modèle en reproduit la réalité, tandis que la peinture la simule seulement par des lignes, des raccourcis, des ombres et des couleurs. Elle a, par conséquent, plus de difficultés à vaincre, et ces difficultés demandent plus de science, de temps et de recherches.

L’influence des horizons joue un grand rôle dans la vie de l’homme; c’est elle surtout qui différencie les peuples. Dieu a fait couler d’une seule source l’humanité dans le monde , il a préparé pour ses flots des chemins divers. Les peuples sont des fleuves qui varient selon leurs rives; les uns précipitent leurs courses bruyantes à travers les rochers sauvages, les autres roulent leurs eaux sur un sable paisible. C’est la patrie qui fait notre existence ; elle donne chaque jour, pour nourriture à nos sens, ses bruits, sa lumière, ses images ; c’est d’elle que viennent les formes de notre pensée, les souvenirs de notre cœur; chaque joie y trouve son signe, chaque évènement sa place; nous l’aspirons par tous les pores, nous en composons tout notre être, et quand l’absence nous en sépare, nous comprenons jusqu’à quel point elle est notre élément.

§ 14. Il faut faire, pour arriver à comprendre et à rendre le beau, une étude approfondie des grands maîtres, et s’approprier leurs œuvres pour les transformer et les rendre siennes en leur imprimant le sceau particulier de sa complexion morale et physique. Il faut surtout ne pas s’égarer à la recherche de l’originalité quand même , comme on le fait si souvent aujourd’hui. Le peintre le plus médiocre croit maintenant racheter la nullité de son talent par la nouveauté de sa composition, tandis que les plus grands artistes de la Grèce et du moyen-âge ne craignent pas de suivre les traces de leurs devanciers et de s’exercer sur des motifs déjà consacrés.

§ 15. 11 est impossible de comprendre l’histoire de l’art sans tenir compte de l’influence qu’exerça sur ses développements l’élément

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