POSITIFS A L’ENCRE D’IMPRIMERIE SUR FEUILLE DE GÉLATINE
(F .-S. Beatty, 1863). (Phot.)
§ 1 . Les épreuves à l’encre d’imprimerie sur feuilles de gélatine (723) présentent certains avantages remarquables. La transparence de ce subjectile semble très-favorable à la production des positifs transparents que l’on peut convertir de nouveau en négatifs, parce que la lenteur de l’impressionnement par ce procédé pourrait être un obstacle à sa vulgarisation.
Le seul défaut que, l’on puisse reprocher à la gélatine, c’est de varier sous l’action de la température, mais ce défaut est compensé par la facilité de se procurer cette substance avec sa texture toujours pure, sa transparence et son bon marché.
On trouve dans le commerce des feuilles de gélatine convenables, mais, outre qu’on ne peut s’en procurer partout, leur confection est un secret pour beaucoup de gens. Cependant elle peut rendre de grands services pour glacer les photographies, etc. Rien n’est plus facile que de faire des feuilles soi-même et de les rendre imperméables sans leur enlever leur poli et leur brillant, de manière à ce
POSITIFS A L'ENCRE D'iMPRIMERlE.
qu’elles soient très-propres à transporter .sur papier, les épreuves positives à l’encre d'imprimerie.
On se procure des glaces de grandeur convenable que l’on met sur un support, afin que leur surface soit parfaitement de niveau, et l'on évite toute cause de poussière. On les nettoie par les moyens ordinaires (977 — 978). On se procure un peu de fiel de bœuf (23, III) dans lequel on trempe un morceau de flanelle au moyen duquel on enduit la surface de la glace en la frottant avec soin et partout ; puis, on la laisse sécher et l'on passe à une autre. Quand toutes sont sèches, on prépare de la gélatine en la faisant bouillir dans un vase de terre vernie avec un petit morceau d’alun (82).
§ 2. On verse alors cette gélatine avec un petit vase ou une cuiller au milieu de chaque glace, et on l’en couvre soigneusement, en faisant attention qu’il n’en coule point par les bords.
En quelques heures la gélatine est prise, et c’est à ce moment qif une épreuve humide ou une photographie peut être appliquée, la face en dessous*. sur la surface de la gélatine, ayant soin de ne pas enfermer de bulles d'air, s’il en existe, on le voit en retirant la glace et on les chasse en pressant légèrement.
§3. En deux ou trois jours la gélatine, et avec elle, l'épreuve sont sèches, et quand elles le sont tout-à-fait, on fait, au canif, une- incision tout autour de l’épreuve. On lève un coin et l’on enlève la feuille emportant avec elle la gélatine et laissant la glace parfaitement nette et n’en retenant que le poli.
§ 4. On peut introduire des couleurs dans la gélatine pendant qu'elle est à l’état liquide.
Il est également facile de rendre imperméable la surface de la feuille de gélatine, en recouvrant la glace d’une couche de collodion, ou bien en la frottant de fiel de bœuf. En couvrant la surface avec de l’encre photographique sensible avant de couper la gélatine sur la glace, on peut obtenir une surface pure et plane, et la transparence de la substance permet d’exposer par derrière tout en conservant parfaitement les demi-teintes.
Si la gélatine est mince, on aura les détails les plus délicats qu'aucun procédé puisse fournir.
§ 5. Ces épreuves, aussi bien que celles sur papier, peuvent se transporter sur papier par le moyen suivant :
On humecte la feuille de papier avec une forte solution de gélatine claire : on place l'épreuve au charbon entre du papier buvard humecté, et l'on prépare une pierre lithographique sous la presse. On place le dos de l’épreuve sur la pierre et la plaque de papier dessus, la gélatine en dessous, sur l’épreuve au charbon; on passe à la presse une fois ou deux, et l’on enlève la feuille pressée que l’on met sécher. On voit alors que la gélatine adhère partout à la plaque de papier, l’épreuve au charbon partant avec cette première surface, laissant la feuille de gélatine ou de papier.