PARTIE PÉRIODIQUE
DEUXIÈME ANNÉE
83. — ACCIDENTS DES ÉPREUVES POSITIVES SUR PAPIER. (Phot.). Y. 190, III.
§ 1. Comme tous les photographes le savent, un opérateur réussit où un autre échoue tout en se servant nominalement de la même formule. Il y a un tour de main, une adresse spéciale qui, le plus souvent, est cause de la réussite plus fréquente de tel ou tel opérateur.
Sans pouvoir indiquer ces tours de main qu’il serait très-difficile de faire comprendre, il est plus aisé de chercher la cause des accidents divers qui peuvent se présenter lors du tirage des positifs sur papier.
§ 2. Épreuves faibles. — La première cause de faiblesse, froideur ou pauvreté des épreuves, est l’emploi d’un négatif pou intense ou brumeux. Sans un bon négatif, pas de bons positifs. Si le négatif est bon et que les épreuves soient faibles, cela peut tenir à plusieurs causes : le bain de nitrate est trop faible ou trop acide ; le papier y a flotté trop peu ou trop longtemps; l’impression à la lumière n’a pas été suffisante ; l’épreuve étant trop tirée, on l’a laissée trop longtemps au bain fixateur, ou dans la première eau après le fixage.
L’aspect marbré ou moutonné est souvent dû à l’usage d’un bain d’argent trop faible (130).
§ 3. Aspect farineux. — Ce nom désigne un accident avec lequel le plus grand nombre des photographes n’est que trop familiarisé. Il consiste en un effet granulé et pommelé de gris ou de taches rouges à la surface de l’épreuve. Cet accident arrive le plus ordinairement quand le négatif employé est faible et n’a pas permis d’impressionner profondément.
N» 5. Mai 1864.
Il dépend quelquefois aussi de l’usage d’un bain d’argent très-acide* quelquefois de l’emploi d’un bain vireur trop récemment composé* ou contenant de l’acide libre, ou encore de l’usage d’un bain à la chaux qui renferme trop de chlorure de chaux.
§ 4. Le meilleur remède* quand cette tendance existe* est de virer légèrement; on remarque également qu’un vieux bain à l’acétate présente cette tendance très-prononcée. Dans beaucoup de cas* en soumettant l’épreuve* avant le tirage* à un bain d’acétate de soude sans or* on empêche cette propension à l’aspect farineux.
§ 5. Coloration rapide du papier impressionné. — L’emploi d’un bain d’argent alcalin* ou d’un bain qui contient de l'acide acétique* peut être cause de cet accident* de même que l'habitude de conserver le bain d’argent dans un endroit chaud et humide, ou de l’exposer aux vapeurs de l’ammoniaque (91), de l’hydrogène (786), du gaz d’éclairage* etc.
Quand le papier est sensibilisé* il doit être séché dans une pièce chaude et serré ensuite dans un endroit frais et sec* mais toujours absolument obscur. Le changement des épreuves dans le châssis* l’examen des progrès de l’impression* le virage et le fixage à la lumière du jour* sont de fréquentes causes de voile et de blancs impurs.
Le papier que l’on conserve trop longtemps avant de l’impressionner à la lumière et de le virer* produit souvent un pareil elfet.
§ 6. Marques bronzées irrégulières . — Impuretés à la surface du bain sensibilisateur.
Taches pommelées jaunes sur l'épreuve. — Elles arrivent par l’usage d’un bain d’hyposulfite vieux ou faible* ou quand on y laisse séjourner les épreuves trop longtemps pour les fixer.
Taches brunes et métalliques. — Elles se produisent souvent en tou- chant les épreuves avant le fixage avec des doigts qui sont imprégnés d’hyposulfite de soude (795).
§ 7. Épreuves noires manquant de demi-teintes. — Quand ce défaut ne vient pas du négatif* il est produit par l’emploi d’un bain d’argent trop fort.
Points et marques de différents genres. — On les attribue à l’humidité ou à des taches sur le dos des négatifs ou sur la glace du châssis positif (240).
Taches rouges circulaires. — Elles sont produites par des bulles d’air prises sous l’épreuve pendant le virage.
§ 8. Épreuves qui ne virent pas. — On rencontre souvent cet accident quand on laisse écouler trop de temps entre l’impressionnement du papier et son virage. — Quelquefois si le bain d’or est usé et inerte; dans ce cas* le remède consiste à lui ajouter un peu de solution neuve d’or. — Si on plonge dans le virage d’or les doigts imprégnés d’hyposulfite de soude qui décompose de suite le bain. — L’usage* pour sensibiliser le papier* d’un vieux bain à collodion* empêche le virage des épreuves ainsi sensibilisées.
Épreuve rouge après le fixage. — Pas assez virées.
Épreuves à coloration bleue , terne et froide après séchage. — Trop virées.
§ 9. L’albumine abandonne le papier. — Le bain d’argent est trop faible.
Couleur tachetée et mal unie. — Provient quelquefois du lavage antérieur au virage qui n’a pas été poussé assez loin, ou de ce que l’épreuve a été lavée dans de l’eau qui contenait de la chaux.
Blancs sales. — Sont malheureusement produits par l’usage d’un bain fixateur qui a déjà servi, et d’un bain d’argent coloré.
§ 10. Les blancs de l’épreuve ne sont pas suffisamment purs, mais gris et louches. — Cela peut provenir de l’exposition à la lumière, — de l’emploi de l’ammonio-nitrate d’argent pendant une saison humide et chaude, — du contact avec un papier ammonio-nitraté, — de l’usage d’un drap humide sur le dos’du papier au châssis, — d’un drap imprégné d’ammonio-nitrate par un fréquent emploi de ce papier, — et d’une trop longue exposition à la chaleur du soleil.
§ 11. La sensibilisation, l’impressionnement, le virage et le fixage doivent être autant que possible faits dans le même jour, et il faut y apporter le plus grand soin et la plus grande propreté. Le bain fixateur ne doit pas servir deux fois et doit contenir :
Eau 100 gr.
Hyposulfite de soude (795) 20
84. — ANALYSE CHIMIQUE appliquée à la Photographie : (Ferd. Thomas, 1864). ( Chim .). Suite, VIIIe article.
§ 64. On a souvent besoin, dans l’analyse chimique, de produire la sulfuration des corps. On emploie pour cela, presque exclusivement, Yhydrogène sulfuré (787), connu sous le nom d 'acide suif hydrique (13.72) HS, ou ses composés alcalins. Cet acide réagit comme désoxydant et comme réducteur ; il peut en effet faire passer Y acide chrômique (289) au minimum d’oxydation, à l’état d 'oxyde de chrome.
§ 65. Pour préparer l’acide sulfhydrique, il faut prendre un monosulfure, et le traiter par l’acide chlorhydrique. Voici la formule de la réaction :
MS + HCl = MCI + SH.
Dans cette formule, M peut être un métal quelconque. Il y a toutefois à faire quelque restriction à cet égard, comme on le verra en temps et lieu. Le monosulfure le plus employé pour cette préparation est le monosulfure de fer : FeS.
§ 66. On obtient ce composé en mêlant aussi intimement que possible : 4 parties en poids de soufre, avec 7 parties de limaille d’acier, et en projetant le mélange dans une cuiller en fer, portée au rouge. Le soufre (1341 bis) brûle et se combine avec le fer, en produisant un grand dégagement de chaleur.
En traitant ensuite ce sulfure de fer par l’acide chlorhydrique, on
ANALYSE CHIMIQUE APPLIQUÉE A LA PHOTOGRAPHIE
obtient l’acide sulfhydrique à l’état gazeux. On le fait passer dans un appareil de Wolff, pour l’avoir en dissolution dans l’eau.
L’acide sulfhydrique s’altère très-vite au contact de l’air, qui, par son oxygène (1033), provoque un dépôt de soufre (1341 bis), comme le montre la formule suivante :