ABERRATION DE SPHÉRICITÉ
les observe parfaitement, il ne peut pas reconnaître leur véritable origine.
§ 3. Que l’on observe ce qui se passe dans l’emploi d’une lentille panoramique, comme celle de Sutton (H 8, 111), on voit la courbure du champ portée à son maximum, l’objectif lui-même étant au centre de courbure, et, remarquons, en passant, que ce fait ne doit pas être attribué à cçt objectif comme un défaut, c’est, au contraire, une qualité requise de son mode d’action déterminé. Mais les objectifs à paysage ordinaires, qu’ils soient triplets (97, 1Y), aplanatiques ou orthoscopiques (1013), etc., sont construits de façon que la courbure du champ soit modifiée pour rejeter le centre de courbure plus loin du plan de l’épreuve que l’objectif lui-même, rendant ainsi la concavité moins profonde. Quelquefois même, sans que cela soit bien bon, ou altère la nature de la courbe d’épreuve, de sorte qu’au lieu d’être une portion de sphère elle devient une portion d’ellipsoïde, de paraboloïde, ou de toute autre courbe d’une dénomination plus ou moins élevée; mais, dans tons les cas, pour nous servir de l’expression populaire, ayant sa courbure la plus aplatie possible.
§ 4. Nous ne pouvons expliquer ici comment on arrive à ce résultat; mais ce qu’il importait de faire remarquer, c’est que tout objectif, à présent en usage, produit plus ou moins de courbure dans le champ de l’image, et que cette courbure varie beaucoup de valeur suivant les différents objectifs employés. D’où il suit naturellement, que celui qui courbera le moins le champ sera le meilleur; en examinant toutefois, si cette qualité n’exigerait pas un sacrifice d’autre sorte qui pourrait compenser l’avantage obtenu.
§ 3. Pour y arriver, il faut d’abord bien examiner le phénomène auquel les opticiens ont donné le nom d ’ aberration de sphéricité. Il n’est pas besoin de rappeler que un prisme, que toute pièce de verre cunéiforme, que tout milieu transparent, réfracte ou courbe tous les rayons de lumière qui le traversent ; et que, plus l’angle du cône est obtus, toutes choses égales d’ailleurs, plus le rayon est courbé.
Maintenant, le but de l’objectif, tel que l’emploie la photographie, est de faire converger en un certain point le faisceau des rayons qui le traversent : ce qui fait dire, que quelle que soit la construction d’un objectif photographique simple ou composé, c’est toujours un système absolument convergent et non divergent.
§ 6. Comme les faisceaux de rayons qui tombent sur une lentille arrivent en lignes parallèles ou du moins très-peu divergentes, il s’ensuit que les bords extrêmes de la lentille doivent avoir un pouvoir infléchissant ou réfringent beaucoup plus grand que les parties centrales. Or, en donnant à ces surfaces des formes consistant en portions de sphères de différents rayons, cette condition est parfaitement remplie. Mais, malheureusement, elle est la plupart du temps plus que remplie; les parties marginales des lentilles convexes ayant un pouvoir réfringent ou infléchisseur toujours beaucoup trop grand.