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GRAVURE HÉLIOGBAPHIQUE SUR CUIVRE

et, avec des pinceaux de crin de différentes dimensions, il grave son dessin trait par Irait, tel qu'il veut le faire paraître à Timpression, laquelle, comme on sait, reproduit la surface à l'envers; on procède, en un mot, comme dans la gravure sur bois. L'encre, qui est noire, se sèche instantanément dès qu'elle est appliquée sur la planche, de sorte qu'on peut faire immédiatement des lignes de toutes épaisseurs qui se croisent.

§ 3. Le dessin est.mahitenant prêt à être mis en relief, ce qui se fait par les mêmes moyens de désagrégation que ceux qui ont été d'abord adoptés par rinventeur, non avec la même brosse à dents, mais avec des brosses faites de poil de fouine. On emploie aussi du velours de soie en même temps que la brosse ; alors on durcit la craie en la silicalisant avec de la silice (1324) liquide, et la planche est prête pour le stéréotypeur, qui peut, sans endommager l'original, en faire un nombre quelconque de clichés.

186. — ORAYURB HÉUOORàPHianE SUK GUITBB. (Mialaret- Begkhell, 1866.) (Grav.)

g 1. Les images obtenues par ce procédé se détachent en noir sur un fond rouge, et, pour la finesse, elles peuvent rivaliser avec le daguerréotype (459, 461, 462, 463). Afin de les préserver de l'action ultérieure des rayons lumineux, on s'est servi, pour les fixer, d'une solution d'hyposulfite de soude (795), et, en associant k ce liquide une petite quantité de chlorure d'argent (262), on a pu argenter les plaques, seulement dam les parties qui correspondent aux clairs. En effet, si l'opération a été bien conduite, il suffit de frotter ces plaques avec un tampon de coton pour enlever le dépôt pulvérulent qui forme les noirs, et faire apparattre le cuivre (439) subjacent ; de sorte que, en définitive, les portions lumineuses de l'image sont seules recouvertes d'argent, tandis que, dans les ombres, le cuivre est mis à nu. Il semble dès lors que, en utilisant l'inégale affinité (301, Ul) du cuivre et de l'argent (112) pour certains acides, on puisse facilement transformer ces plaques en gravures.

§ 2. Préparation de la plaque. — On prend une lame de cuivre rigoureusement plane et bien décapée (467). Si l'on ne veut qu'essayer la sensibilité du cuivre préparé d'après ma formule, un polissage (1193) parfait n'est pas nécessaire ; mais, lorsqu'on se propose de pousser ^expérience jusqu'à la gravure, il faut apporter le plus grand soin à cette opération. Quoi qu'il en soit, la plaque étant prête et parfaitement séchée^ on la plonge d'un seul coup dans la solution suivante, dont on est libre de varier les proportions.

Sulfate de cuivre (1368) 8 gr.

Sel marin (1308). ; 4

Eau 62

pour

immersion

lavée à grande eau et complètement asséchée avec un vieux linge asseï

mou pour ne pas rayer le métal, puis frottée doucement avec une flanelle

KÉekta SOR COLLODIOH POCB AfllUnSISSEHEIlT. 479

douce jusqu'à ce qu'elle présente un beau poli. Dans cet état, la plaque i)ffi% un aspect qui peut varier du rouge vif jusqu'au violet, sans que cette diflërence de teinte influe notamment sur la seusibilité. Du reste, ces diverses opérations peuvent se Ëiire à la lumière diiïuse d'un appartement, en évitant toutefois le trop grand jour.

[La luite au orachata nustéro.)

(Chim.) Voir 36, VJ.

ISS. — IftOATir BDB GOLLODION pour agrandiiiementi . [Vah HmcKHOïM, 1866.) {Pkot.) Voir 33, 272, III — IQl, 162, IV.

§ 1. L'on choisira du verre mince de 0''002 d'épaisseur au plus et le plus uni possible, parce que la chaleur du soleil condensée par ta surface à demi transparente de l'image quis'y trouve, fait très -vite éclater en pièces la gttue polie, et que le verre résiste beaucoup mieux à celte forte chaleur. Les petites bulles et autres défauts du verre (tels que l'in^alilé de la surface], n'ont aucune influence sur la perfection de l'image agrandie.

S 3. Plus le verre est épais, moins il résiste â Tiniluence des rayons sofciiiés. Il en est de même des glaces. Il y a en outre un autre inconvénient i se servir de verresépais: c'est qu'ils changent la marche des rayons convei^ents qui passent à travers, et que, dans ce cas, il l'aut tenir les rayons Miaires dans une direction constante <ivec une attention soutenue, sinon les contours de l'image se doublent, particulièrement sur les bords. Avec le verre mince ce défaut est insensible.

S 3, Le seul procédé qui convienne pour les clichés destinés au grandissement est le cojlodion. Ce qu'il faut, en effet, pour un tel cliché, c'est line grande transparence. Le collodion sec (167, IV), l'albumine (46), W! nous ont pas donné d'aussi bons résultats que le collodion humide (242, IV)t Cependant ces procédés, convenablement employés, doivent réussir comme le collodion humide.

) 4. Cette transparence du clicbéj sur laquelle nous ne saurions trop Ippelo' l'attention du Jecteurj a plusieurs nécessités. Le première, c'est

180 OBJECTIF PANTàSCOPE.

que» dans les appareils d'agrandissement, la lumière solaire doit trayerser librement le clidié, sinon 11 y a échauffement extrême de Tirnage et casse du verre qui la porte. La seconde, c'est qu'il se forme plusieurs images superposées sur le papier, l'appareil optique agissant par la lumière trammise d'abord, émise par chaque point du cliché ensuite. Enfin, que tous les contours nettement terminés du cliché se retrouvent doublés sur l'épreuve agrandie, des phénomènes de disfraction se produisant, sur lesquels nous reviendrons.

§ 5. Or, pour obtenir cette extrême transparence du cliché, et surtout une absence complète de voile (1524-113, III) (qui a le funeste effet d'exïger une pose double et triple de celle qu'il faudrait si l'épreuve n'était pas voilée), il faut nécessairement un collodion, un bain d'argent (131) et un révélateur bien préparés. Tous les collodion, bain d'argent, révélateur au fer sont bons s'ils produisent de bons résultats pour le procédé ordinaire. Voici la méthode opératoire qui est fort importante.

§ 6. La glace couverte de collodion sensibilisé est exposée dans la chambre noire (221) un peu plus longtemps qu'à l'ordinaire. Le but de cette exposition plus longue est facile à comprendre. Si l'on prenait une pose juste, le fer ne ferait sortir les détails dans les ombres qu'après un temps assez long pendant lequel les noirs auraient pris une trop grande intensité, tandis que, en prenant une pose plus longue, l'image parait tout d'une fois, aussi bien dans les clairs que dans les ombres.

§ 7. On porte donc, après Texposition à la chambre noire, le cliché dans le cabinet obscur, on enlève la glace du châssis, et on prend dans un verre à bec une quantité considérable de fer, tandis que l'on place à portée de la main un bac rempU d'eau. On verse sur le cliché le fer en le couvrant trèsabondamment, de manière à enlever tout le nitrate d'argent qui couvre la couche. En un mot, pour bien rendre notre pensée, on lave le cliché au 1er. L'image apparaît, et dès que l'on voit venir les détails dans les ombres, sur-le-champ on plonge la glace dans l'eau, on la lave et on la fixe au cyanure (456).

(ÏM suite au prochain numéro.)

189. — OBJIGTIF PANTASCOPE pour les paysages et l'arohiteeture. (P. Remelé, 1866.) (Opt.) Voir 1011, 1012, lOU — 106, 139, III.

§ 1 . Par suite du développement immense que la photographie a pris pendant les dernières cinq années, les instruments optiques ont acquis, pour les photographes, une importance toujours croissante, et les opticiens se sont efforcés de fournir des appareils répondant autant que possible aux exigences de l'art photographique.

OBJECTIF PANTASCOPB. 181

Pour les objectifs à portraits, on a conservé, en général, l'ancienne construction indiquée par Petzval, avec cette .difTérence seulement que les instruments primitifs, qui n'étaient pas complètement achromatisés (âl), et dont les foyers chimique (706) et optique (710) ne coïncidaient donc pas, ont été remplacés par des objectifs rigoureusement achromatiques, ne présentant aucune différence sensible dans les longueurs focales des divers rayons. C'est M. Busch qui a le premier introduit cette innovation.

§ 2. Bien que ces expressions foyers chimique et optique soient un peu vagues, on ne se méprendra pas sur leur sens. Sous foyer chimiquey il faut entendre le point où, derrière la lentille» se réunissent les rayons qui exercent la plus forte action chimique; le foyer optique, au contraire, est le point où se rencontrent les rayons dont les effets lumineux ou Téclat optique ont le maximum d'intensité.

Rappelons ici un fait très-curieux qui a été observé par plusieurs expérimentateurs. On a construit des lentilles achromatisées- d'une façon telle à réunir dans un foyer commun, non-seulement tous les rayons visibles du spectre solaire, mais encore ceux qui se trouvent au delà de la région violette, et qui, comme on sait, possèdent une énergie chimique des plus prononcées. Cependant, ces espèces de lentilles ne donnent pas les images les plus nettes sur les glaces impressionables, et l'on est porté à croire que les rayons de l'extrémité rouge du spectre produisent en quelque sorte des effets opposés à ceux des rayons bleus, violets et ultra-violets, ou que du moins ils ralentissent leur action. S'il en était ainsi, le plus rationnel serait, en photographie, d'exclure complètement les rayons rouges de l'achroraasie. Il est vrai que les meilleurs appareils photographiques contiennent, presque sans exception, des lentilles bien achromatisées; néanmoins, il se peut qu'on doive attribuer quelque fondement aux observations de Claudet, d'après lesquelles une simple lentille non achromatisée fournit les images les plus nettes, pourvu qu'on donne une position convenable à la surface sensible.

§ 5. Il en est autrement des appareils pour le paysage et pour les reproductions, qui se font d'une manière analogue : ceux-ci ont subi dans les dernières années plusieurs changements d'une importance plus ou moins grande. À l'ancienne lentille, très-simple, de paysage se sont ajoutés l'objectif orthoscopique (101 3), l'objectif dit Tnplet (97, IV), l'objectifglobe (251, 354, III) et la nouvelle lentille de M. Dallmeyer. Abstraction faite de Vangle de l'image, la lentille Triplet est, parmi ces objectifs, de beaucoup le meilleur. L'objeçtif-globe embrasse un angle plus grand (70"), mais il présente l'inconvénient de produire facilement, sous l'influence d'une lumière défavorable, une tache foncée dans la partie centrale de l'image, ce qui, de même, arrive souvent quant on se sert d'un objectif de paysage ordinaire. Pour la netteté et la finesse du dessin, ce dernier appareil est notablement surpassé par l'objectif Triplet et par l'objectif à globe. La nouvelle lentille de M. Dallmeyer possède un grand champ ; mais les épreuves qu elle donne ne sont pas exemptes de déformation, puisque,, dans les reproductions de bâtiments, les lignes droites se présentent voû tées en dehors.

182 OBJIiCTIF PANTASCOPB.

§ 4. Tout récemment M. Steinheil fait connaître un nouvel objectif qu*ii nomme périscope. Cet .objectif embrasse un angle de 90* rapporté à la base d'un rectangle dont la largeur est à la hauteur comme 5 est à 2, et uu angle de 100" dans la diagonale de la surface illuminée. Cet objectif est simplement formé de 2 lentilles non achromatiques, contrairement à tous les autres instruments photographiques qui sont tou*jours achromatisés. On prétend cependant qu'il ne laisse apercevoir auun effet d'iris. Sa configuration ressemble à celle des objectifs-globes*

§ 5. Pour établir un jugement sur les résultats qu'il est permis d'atteindre avec ces instruments, on est obligé de se rapporter uniquement aux épreuves qui ont été présentées. Deux reproductions dans les dimensions de 52" X 78° faites au moyen d un périscope et donnant Tune une vue d'extérieur, Tautre une vue d'intérieur du palais de cristal de Munich, praduisirent lors de leur première apparition une grande sensation, tant à cause de leur grandeur considérable que par la justesse du dessin. C'est seulement à la suite d'une inspection plus attentive qu'on remarqua dans ces épreuves un défaut de netteté général, et surtout sur les bords : pas un seul endroit n'accusait cette netteté qu'on doit considérer connue absolument nécessaire en photographie. .Quelques positives, obtenues en employant des périscopes plus petits, satisfaisaient encore moins sous ce rapport.

§ 6. A peu près à la même époque, M. Busch, opticien à Rathenow « (Prusse), construisit une espèce d'objectif-globe qui réalise le but d'obtenir des images à vaste champ. Cette nouvelle lentille, qui a été baptisée du nom de pantascope, est un objectif double, composé de deux verres achromatisés : elle diffère donc du périscope de M.. Steinheil, dont les verres ne sont pas achromatisés. Les deux lentilles qui composei^le pantascope sont complètement égales : leur courbure est encore plus forte que celle des lentilles de l' objectif-globe, mais tandis que ces dernières ont unf centre commun, les lentilles du pantascope n'en ont pas. La forme des lentilles (pour la désigner approximativement) est intermédiaire entre celle d'une sphère et celle d'un œuf. Les diaphragmes (502) centraux sont placés juste au milieu de l'espace compris entre les deux verres.

§ 7. Voici les résultats des essais faits avec le premier pantascope sorti des mains de M. Biisch. L'objectif avait un diamètre de 38 millimètres et une longueur de foyer de 242 millimètres mesurée en partant du diaphragme central. Muni d'un diaphragme de 6 millimètres il traçait une image de 855 x 524 millimètres. Les épreuves étaient d'une netteté et d'une précision parfaites jusqu'au bord, sans déformations aucunes. Une exposition de 1 05" suffirait à l'ombre pour la reproduction d'un paysage ; au soleil on opérera beaucoup plus vite. En employant un diaphragme central d'une ouverture plus large, de sorte que la netteté s'accorde avec celle de l'objectif-globe, l'efficacité de lumière du pantascope est plus forte de 1/3 à 1/2 par rapport à celle de l'objectif précité. Quant à l'angle qu'embrasse le pantascope, la grandeur de l'image et la longueur focale donnent une valeur do 95' pour un rectangle dont les côtés sont entre eux dans le rapport de 3 : 2 ; l'angle d'image dans la diagonale de la surface illuminée est égal à 105".

PAPIER POSITIF RàPIBB AS NITRATE DE RÀRTTE. 183

§ 8. En comparant les épreuves obtenues avec le périscope et avec le pantascope, il était aisé de reconnaître la supériorité de Fappareil de H. Busch qui donne une netteté de lignes rappelant la gravure, ce dont les images du périscope sont loin d'approcher. En supposant égales les dimensions de Timage, les périscopes exigent des diaphragmes centraux plus étroits que les pantascopes. Par exemple, le périscope n' 7 a besoin d'un diaphragme de 4""5 pour des images de 520 x 780 millimètres, tandis que le pantascope veut le n* 6, la grandeur de l'image étant la même et le foyer étant encore plus court, un diaphragme d'une ouverture de 9 millimètres est suffisant. La supériorité notable du panlascope au point de vue du pouvoir lumineux est donc évidente.

§ 9. Un avantage considérable commun aux deux nouveaux appareils, c'est qu'un petit instrument donne une image relativement très-grande : un pantascope d'un diamètre de 57 millimètres couvre des glaces de 524 X 784 millimètre». Je dois faire observer que pour toutes les reproductions d'architecture que je fis au moyen du pantascope, la glace dépolie devait être exactement parallèle à la paroi antérieure de la chambre noire, et que celle-ci devait avoir une position verticale, afin d'arriver à une justesse mathématique de l'image. Lorsque c«s conditions ne sont pas remplies, il se produit une déformation, comme cela a lieu pour tous les autres appareils.

§ 10. Comparons finalement les résultats que donne le pantascope, avec les conditions posées, il y a quelque temps par M. Dallmeyer, pour un objectif de paysage parfait ; on verra qu'elles sont toutes remplies. Ces conditions sont les suivantes : 1* angle d'image de 90"; 2* champ plat; 5° dessin correct jusqu'aux horôs ; 4" absence de la tache foncée au milieu du négatif; ouverture du diaphragme central égale au moins à la trentième partie de la distance focale (897). Dans le pantascope, l'angle de 90*" est même surpassé, et le champ est presque complètement plat ; cet objectif ne donne lieu à aucune déformation et n'a jamais produit la tache foncée. Il satisfait également à très-peu près à la cinquième condition ; car le pantascope n" 5, par exemple, dont le diamètre égale 38 millimètres et qui possède une longueur focale de 242 millimètres, fournit, en employant un diaphragme central de 7 millimètres 5, une image dont la netteté sur les bords est parfaitement suffisante.

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