GRAVURE HÉLIOGRAPHIQUE SUR CUIVRE
Texamine pas à une trop forte lumière; mais, comme elle est très-hygrométrique, si Tatmosphère est humide, elle est susceptible de se recouvrir d*effilorescences verdâtres, et dès lors elle est impropre au fixage. Il vaut donc mieux la fixer au sortir du châssis.
§ 6. Â cet effet, on la plonge dans une solution d'hyposulfite de soude (795), additionnée de quelques grains de chlorure d'argent (262). Les bains photographiques, ayant servi à fixer les épreuves sur papier, peuvent être utilisés dans ce but, si toutefois ils ne contiennent pas de sel d'or (273). La solution doit toujours être bien filtrée, afin de mieux surveiller la marche de l'opération.
Au bout de quelques secondes d'immersion, on voit l'épreuve blanchir dans les tons rouges ; les ombres prennent une teinte violacée pour virer définitivement au noir. C'est à ce moment précis qu^il faut retirer la plaque pour Tagiter vivement dans une cuvette contenant de l'eau pure; après quoi, on enlève le dépôt noirâtre qui formait les ombres, si mieux on n'aime le laisser subsister. Dans ce cas, on lave à grande eau, et l'on sèche rapidement avec une lampe à alcool (868) donnant une légère flamme.
Gomme les noirs de l'image sont formés d'une poussière qui s'enlève au moindre frottement, on leur donne de la stabilité en recouvrant la plaque d'un vernis transparent. Le graveur peut alors l'attaquer hardiment avec un burin. Aucun procédé, que je sache, ne lui fournira un décalque plus fidèle du dessin qu'il veut transporter sur cuivre ; mais si l'on veut essayer la gravure chimique, il faut dépouiller les noirs au moment indiqué plus haut, laver ensuite la plaque sous un fort jet d'eau et la plonger, sans la sécher, dans le liquide auquel on a donné la préférence comme mordant (508, V).
§ 7. Avant d aborder cette partie du procédé il faut expliquer la nature de la couche sensible avant et après l'impressionnement.
On sait que le protochlorure de cuivre (68, V) est altérable à la lumière. Ce sel se présente sous la forme de petits cristaux blancs, et, lorsqu'il est pris en grandes masses, il n'est pas sensiblement coloré, même par les rayons directs du soleil. Mais il n'en est plus de même, lorsqu'il est déposé comme un voile à la surface d'une lame de cuivre. Or, c'est précisément ce qui a heu ici. En effet, la hqueur sensibilisatrice renferme du sulfate de cuivre (1568) et du chlorure de sodium (277).
Ces deux sels se décomposent mutuellement, avec formation de bichlo- Ture de cuivre (51), V), de sulfate de soude (182,^111), ce dernier produit ne prenant aucune part aux réactions). Maintenant on sait que le bichlorure de cuivre attaque le cuivre métallique et passe à Tétat de protochlorure (68, Y). Si Ton prolonge le séjour de la plaque dans le liquide et que celui-ci soit neutre, il se déposera sur cette plaque un précipité abondant de protochlorure de cuivre qui lui enlèvera sa sensibilité. Si au contraire on abrège leteiiq)s d'immersion, et que la liqueur soit acide, l'excès de protochlorure se dissoudra dans l'acide et la sensibilité de la plaque se maintiendra au maximum.
§ 8. Quant aux phénomènes qui s'accomplissent au sein de la solution â'hyposulfite de soude (795), ils s'expliquent encore plus facilement.