DÉFINITION DU SENS MUSICAL
ATTRIBUÉ AUX NEUF DEGRÉS DE DIFFICULTÉ ADOPTÉS PAR L’AUTEUR DANS LA CLASSIFICATION DES MORCEAUX
Cet ouvrage étant écrit au point de vue de l’enseignement, la difficulté de chaque morceau y est appréciée non pas seulement dans l’absolu, mais encore au regard du degré d’acquis que doit posséder l’élève pour le bien exécuter.
A chaque désignation de force est attachée implicitement l’idée de l’âge normalement correspondant.
Tel morceau qui paraît très facile et qui l’est en effet au point de vue du mécanisme, demande une interprétation artistique tout à fait au-dessus de la portée d'un enfant.
Très facile. — Sont qualifiés ainsi les morceaux qui ne présentent aucune difficulté d’aucune sorte, et qui peuvent être joués par des mains de 6 à 7 ans.
Exemples : les parties les plus faciles des Sonatines op. 36 de Clementi; la première des Deux petites Sonatines de Beethoven.
Facile. — Sont qualifiés ainsi les morceaux qui présentent, pour les petits enfants, un commencement de difficulté de mécanisme, mais qui, ne contenant ni écarts, ni octaves, peuvent être joués par de très petites mains.
Exemples : Les Sonatines op. 36 , liv. / cr , de Clementi; les parties les plus faciles des Sonatines de Kuhlau.
Petite moyenne difficulté. — bont qualifiés ainsi les morcecaux qui peuvent contenir des écarts ou des octaves, mais sans difficulté. — Qui sont faciles, en réalité, et conviennent, à la lois, aux enfants en progrès et aux élèves dont le talent n’est pas en rapport avec l’âge.
Exemples : Canzonetta de Dussek (pour les grandes mains); — Thème varié en ut de Haydn (pour les petites mains); — Deux Sonates op. 49, de Beethoven.
moyenne difficulté. — Sont qualifiés ainsi les morceaux qui demandent déjà une certaine habitude du clavier, sans présenter cependant de sérieuses difficultés.
Telles sont las œuvres où les traits de mécanisme sont sous les doigts, où l’expression, simple et naturelle, sans fantaisie ni rubalo , n’est pas au-dessus de la portée d'une écolière consciencieuse et correcte.
Exemples : Yt Adieu de Dussek; Ah! vous dirai-je maman (Thème varié) de Mozart; 7 Bagatelles de Beethoven; — 1er Nocturne de Field; — la Parodie de Cramer.
Grande moyenne difficulté. — Sont qualifiés ainsi les'morceaux dont le mécanisme dépassé le degré précèdent, sans que l’interprétation soit beaucoup plus exigeante.
Exemples : 5 e Concerto de Dussek; — Sonate en la de Mozart; — Rondo op. // de Hummel; — F Orage de Steibelt.
Assez difficile. — Qualification délicate à définir. — Sont compris dans ce degré, non seulement les morceaux où les traits de mécanisme sont pins difficiles que dans la grande moyenne force, parce qu’ils ne sont pas sous les doigts , mais encore et surtout les morceaux où l’expression est plus recherchée, plus complexe, où la fantaisie et le rubato commencent à intervenir, où l’interprétation exige un sentiment plus profond, quelques années de plus que pour jouer la musique de moyenne difficulté.
Exemples : Mazurkas de Chopin ; — Romances de Mendelssohn; — Pièces de Rameau et de Couperin.
On trouvera en outre dans la catégorie de l’Assez difficile, pour les préserver d'une exécution médiocre gui les dénaturerait complètement , nombre de morceaux d’aspect
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très facile qui ne présentent aucune difficulté apparente, ni de lecture, ni de mécanisme, mais dont l’interprétation exige un sentiment artistique déjà affiné, des recherches de sonorité, et tout lacquis dont le pianiste n'aura pas à faire montre dans son exécution , mais sans lequel, néanmoins, cette exécution demeurerait insuffisante.
Il va sans dire que tout morceau, quel qu’il soit, gagne à être joué artistiquement, mais pour les uns c’est un luxe, pour les autres c’est une nécessité.
Exemples : Scènes d'Enfanls de Schumann, et nombre de Pièces du môme auteur où il n’y a pas un trait; — ceux des Préludes de Chopin qui paraissent faciles; — la Bomance en fa de Mendelssohn (liv. 4, n° 4); — le Dodo ou Y Amour au Berceau de Couperin, etc.
Difficile. — Sont qualifiés ainsi les morceaux qui exigent soit du mécanisme, soit du style, à un degré déjà avancé.
Sont difficiles les morceaux où des parties d’accompagnement et de chant sont exécutées par la même main, ce qui exige, en dehors du sentiment, une grande connaissance pratique des effets de sonorité à produire; — où l’accentuation est contraire aux deux mains, ce qui demande beaucoup d’indépendance et de souplesse; — où les rythmes sont irréguliers; — où la main gauche joue un rôle prépondérant; — etc.
Exemples : Le Mouvement perpétuel de Weber ; — Fantaisie en ut mineur de Mozart ; — Sonate Pathétique de Beethoven; — Arabesque de Schumann ; — Marche funèbre de Chopin. y
Très difficile. — Cette qualification n’a pas besoin d’être expliquée.
Exemples : Sonate en ut 3 mineur . op. 27, n° 2, de Beethoven; — une grande partie du Clavecin bien tempéré, de Bach; — Berceuse de Chopin; — Croisé de Weber; — Sonate en la de Scarlatti.
Grande difficulté. — Les morceaux de grande difficulté dans la musique classique ont un tout autre aspect que les morceaux modernes du même degré. Les œuvres classiques exigent généralement moins de force, présentent moins d’écarts et de déplacements; on n’y voit point ces difficultés transcendantes qui paraissent, à la première lecture, insurmontables; mais, en revanche, on n’y peut dissimuler aucune imperfection.
Dans la clarté lumineuse de la trame musicale, tout s’entend; le moindre grain de poussière fait tache.
Le o e Concerto de Beethoven est de grande difficulté, mais on ne comprend cette difficulté qu’à la longue, en perfectionnant le morceau.
Exemples : Les grandes Sonates de Beethoven, de Weber, de Schumann, de Chopin; les Etudes Symphoniques de Schumann, plusieurs Scherzos de Chopin, les Concertos du même auteur, etc.
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