IV. — ORDONNANCE DU 2* VOLUME (AUTEURS MODERNES
Le deuxième volume de cet ouvrage est consacré aux Auteurs modernes. L’ordonnance en est, pour l’esprit, identique à celle du premier volume. Dans la forme, elle a dû subir quelques modifications.
Pour maintenir ce deuxième volume dans des dimensions pratiques, il ne fallait pas songer à faire figurer aux deux Parties tous les compositeurs du siècle. Devant cette impossibilité matérielle, au lieu de faire un choix qui eût entraîné forcément des exclusions imméritées, j'ai consacré la l rc Partie exclusivement aux compositeurs morts dont l’œuvre, définitif, appartient désormais à l’histoire de la musique, et j’ai réservé, dans la Partie, la plus large place aux compositeurs contemporains, aux militants , pour ainsi parler.
De cette manière, ce Répertoire tient compte du présent et de l’avenir autant que du passé.
A côté des grands artistes disparus que le recul du temps grandit encore, on trouvera, dans la P'’ Partie, quelques compositeurs presque oubliés aujourd’hui. Ayant eu leur heure de célébrité, ils représentent une date dans l’histoire du piano et devaient figurer dans ce livre. On trouvera d'eux un choix de morceaux restreint : ceux dont la vogue a fait naguère le succès de leur auteur, et quelques autres dont la forme, indépendante de la mode d'alors, m'a paru être restée jeune ou avoir peu vieilli.
Au cours de ce travail, je fus souvent sollicitée en sens contraire par mon entourage de jeunes professeurs. « Metlez-nous le plus de titres possible » me disaient les uns; « n’en mettez pas trop, me disaient les autres, nous serions noyés dans la quantité. »
Les deux opinions pouvaient se justifier. Pour conserver l’avantage du nombre sans augmenter la difficulté du choix, j’eus recours aux astérisques (*).qui signalent à l’allenlion des jeunes pianistes les œuvres que l’on n’a pas le droit d’ignorer, et celles qui m’ont semblé particulièrement intéressantes.
D'autre part, pour laisser à cet ouvrage un caractère aussi libéral et aussi impersonnel que possible, ces astérisques sont relégués à la fin de l’analyse du morceau. De cette manière, le lecteur qui ne veut pas se laisser influencer, peut, au besoin, parcourir le livre tout entier sans les voir ( 1 ).
Par un sentiment de discrétion que chacun comprendra, je voulais m’abstenir, dans le volume moderne, d'astérisquer les œuvres des auteurs vivants.
Mais, outre que cette abstention aurait rompu lTinité de l’ouvrage, j’en ai été
ficile (sous-division II.) et, dans les œuvres originales, la lettre S où se trouvent les Sonates.
Opération inverse : le lecteur trouvant dans la 2° Partie (genres de compositions) la sonate de Beethoven op. 27, n° 2, désire voir l’ensemble des Sonates de cet auteur. Il constate : 1° le nom de l’auteur : Beethoven , et en cherche la page à la table alphabétique des auteurs (page xiv); — 2° la catégorie du morceau : œuvres originales ; — 3° la lettre alphabétique du titre : S.
(1) De même, parmi les différentes éditions d’une œuvre, j’astérisque celle que je considère comme la meilleure; mais, néanmoins, je trouve équitable d’indiquer les autres afin de donner au lecteur la possibilité de choisir lui-même entre celles qui peuvent être préférées pour des raisons diverses.
dissuadée par plusieurs compositeurs eux-mêmes, lesquels m’ont affirmé qu’ils ne seraient nullement froissés de voir mes préférences ne pas toujours concorder avec les leurs.
Il est impossible de déterminer mathématiquement le degré exact de la difficulté d’un morceau. L’un est plus difficile au point de vue du mécanisme, l’autre au point de vue du style. D’autre part l’appréciation qui fait classer un morceau dans tel d'gré de difficulté est tout individuelle, <et chaque artiste juge d’après son sentiment personnel. Pour être renseigné exactement sur le sens musical attribué à chacun des degrés de difficulté adoptés dans ce Répertoire , il suffira de lire la note explicative qui les concerne. (V. aux Appendices, p. 304.)
11 est une autre con datation non moins utile à faire. Les morceaux classés dans un même degré de force peuvent offrir une différence notable comme difficulté, selon le tempérament de leur auteur et suivant l’époque où ils ont été écrits. Une composition de Mozart est d’une difficulté tout autre qu’une composition équivalente de Schumann, et, dans l’école moderne, ces différences s’accusent davantage encore. Un coup d’œil rétrospectif est ici nécessaire.