GOTTSCHALK
(LOUIS-MOREAU). Né à la Nouvelle-Orléans, en 1829 (d’un père anglais et d'une mère française), mort à Rio de Janeiro en 1869. — Pianiste célèbre et compositeur pour son instrument, Gottschalk vint à Paris vers l’âge de douze ans et fut élève de Charles llallé, puis de Stamaty. Après s’être fait entendre avec succès dans les salons, il entreprit de nombreuses tournées artistiques en Europe. Retourné eu Amérique en 1853, il parcourut ce continent en virtuose triomphateur. Dans un concert à Rio de Janeiro, en jouant La Morte, il se sentit subitement atleint.et disparut ainsi à l’âge de 40 ans. « Gottschalk était un artiste d'une nature étrange, d’une imagination poétique, rêveuse et mélancolique. Chez lui, le compositeur, comme le virtuose, était absolument original1. » Gottschalk
(1) Arthur Pougin, Supplément de la Biographie univ. des musiciens.
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commença à composer à l'age de seize ans. On lui doit une symphonie : : huit des Tropiques , une Cantate Triomphale , une ouverture et un opéra (inédit ; enfin un nombre considérable de morceaux de piano dont quelques-uns ont tait, sous ses doigts, le tour du monde.
a:r\ iœs origisa les
BAMBOULA LA , Danse des nègres, op. 2 (TD— 15)..
BANANIER LE , Chanson nègre , op. 5 (AD— 0) .
Le même arr. à 4 ms pr Czerny .
BANJO LE), Caprice américain, op. 15 (D— 12' . ..
FANTAISIE TRIOMPHALE GR sur l’hymne national brésilien, op. 69 (D— 17) .
GITANILLA LA . caprice carac., op. 35 (AD— 8' .
MANCENILLIER (LE), op. il AD— 10) .
PASQUINADE , Caprice, op. 59 D— 8 *. 20e édition...
La même arr. à 4 ms pr Krüger .
RICORDATI . Méditation, op. 26 (AD— 7 .
SAVANE LA . op. 3 AD— 8 .
SCHERZO GR ), op. 57 (D— 12) » .
SCHERZO ROMANTIQUE, op. 73, poslh. (D— 13)...
SOSPIRO, Valse poétique, op. 24 AD— 8) .
TARENTELLE DE CONCERT, en mi min., av. orch., op. 67, les tutti d'orch. réd. au piano pr Kowalski (TD
Ce morceau a été beaucoup joué arec orchestre par l’illustre pianiste Francis Planté.
La même à 2 pianos pr Espadcro , arr. de concert (TD) . . . La même à 2 pianos, arr. de salon pr Sydney Lambert..
La même à 4 ms pr Decourcelle (AD) .
TRÉMOLO LE . Étude de concert, op. 58 TD— 10 . . . YOTA ARAGONESA LA , Caprice espagnol, en mi b, op. 14 (D— 7)* .
Ce morceau est extrait de la grande symphonie pour 10 pianos : Le Sitqe de Sarayotse.
. Noël
. Leduc
. Noël
. Noël
. Leduc
. Noël
. Noël
. Noël
P nTTlVnH (CHARLES-FRANÇOIS). Né à Paris en 1818. mort à VT V/ U il VT JL/ Paris en 1893. — « A l‘âge de onze ans, Gounod, élève au lycée Saint -Louis, pénétrait pour la première fois, un soir de Saint-Charlemagne, au Théâtre- Italien. Il entendit Otello et la musique lui fut révélée.» Deux ans plus tard, poussé par sa vocation, l’enfant écrivait à sa mère : « Il est un âge où, sans manquer à la règle de soumission, d’obéissance, on commence à penser par soi-même et à ne pas laisser aux parents, par une indécision cruelle, tout le soin de l’avenir d'un (ils. Telle est en ce moment ma position. Je ne saurais juger parmi les diverses carrières Futilité et les désavantages de chacune d’elles; l'inexpérience de mon âge ne me le permet pas. Mais je dirai qu’un goût très prononcé s’est déclaré chez moi pour la carrière des arts. Je crois que dans cette carrière il existe un bonheur réel, constant, une consolation intime, qui doit compenser ce qui arriverait de moins heureux. Pour moi, l’homme qui seul avec son art , sa science et sa pensée, peut être heureux , celuilà est l'homme dont le sort est à envier. Nous voyons qu’ Achille préférait la gloire à une longue vie passée sans se couvrir d'un nom glorieux. Pourquoi ne pourraiton pas préférer la gloire des arts à une position que l’argent seul rendrait brillante? Pour moi, la musique est une compagne si douce, qu’on me retirerait un
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bien grand bonheur si on m’empêchait de la sentir. Oh ! qu’on est heureux de comprendre ce langage divin! C’est un trésor que je ne donnerais pas pour bien d'autres; c’est une jouissance qui, je l’espère, remplira tous les moments de ma vie. » « Mme Gounod mère était excellente musicienne, elle comprit cette lettre d’enfant. Mais elle était sage, elle résolut d’attendre. Peu de jours après, le collégien était cité devant le proviseur averti. Gounod lui-même a raconté celte entrevue décisive, l’épreuve k laquelle il fut soumis et dont il sortit vainqueur. Il s’agissait de composer un air sur les paroles de Joseph : « A peine au sortir de l'enfance. » En moins d’une heure, l’écolier, qui ne connaissait pas la romance de Méhul, avait écrit la sienne. Elle était si jolie, qu’à l’entendre le proviseur non seulement s’émerveilla, mais s’attendrit. Quand le petit garçon eut fini de chanter, le proviseur pleurait, et prenant dans ses mains le jeune front prédestiné : « Allez, dit-il, allez, mon enfant, et faites de la musique1. »>
Tout en continuant ses études classiques, Gounod entra au Conservatoire, devint élève d’IIalévy, de Paer et de Lesueur, et obtint le grand prix de Home en 1839. Pendant son séjour à la Villa Médicis, Gounod étudia le style de Palestrina et débuta dans la composition par des œuvres religieuses, une Messe et un Requiem. A son retour k Paris, il devint organiste à l’église des Missions, suivit des cours de théologie et fut sur le point d’entrer dans les ordres 2. Néanmoins l'audition, en Allemagne, des œuvres de Schumann et de Berlioz le fil renoncer à sa résolution et donna même une nouvelle orientation à son génie. Une évolution s’accomplit qui le tourna vers le théâtre.
L’œuvre de Gounod est abondant et comprend tous les genres. « L’heure n’est peut-être pas venue d’apprécier comme il convient le grand artiste dont la France s’honore, dont elle s’enorgueillira plus tard; l’indispensable travail du temps n’a pas encore mis à sa vraie place le musicien profondément original dans son apparente simplicité3. » Pour le théâtre il écrivit successivement : Sapho (1851); musique de scène pour la tragédie d 'Ulysse de Ponsard (1852); La Nonne Sanglante (1854); Le Médecin malgré lui (1858); enfin Faust (1859), repris à l’Opéra en 1869. « Le Faust est resté le chef-d'œuvre de Gounod, dit M. Hugo Riemann, le critique allemand; il a porté son nom au loin, chez tous les peuples civilisés. » Il n'est pas inutile de constater ici qu’k son apparition Faust fut trouvé beaucoup trop avancé pour le goût du public et n’eut pas d'abord le succès universel qu’il rencontra plus tard.
Vinrent ensuite : Philémon et Baucis (O. G. 1860 . La Reine de Saba (O. 3862), Mireille (O. C. 1864), La Colombe (O. G. 1866, déjà donné à Bade en 1860), puis Roméo et Juliette (1867 , nouveau grand succès; musique de scène pour Les deux Reines de Legouvé (1872), pour Georges D andin sur la prose de Molière et pour la Jeanne d'Arc de Barbier (1873); Cinq- Mars (O. G. 1877), Volyeucte (O. 1878 et enfin Le tribut de Zamora, son dernier opéra (1881 . Comme musique religieuse il faut citer 2 Requiems , plusieurs messes dont celle de Sainte-Cécile (Saint-Eustache, 1855): celte œuvre « causa une sorte de stupeur, dit C. Saint-Saëns, on fut d’abord ébloui, puis charmé, puis conquis4 »; messe du Sacré-Cœur (Anvers, 1879), de Jeanne d'Arc (Reims, 1887); un Stabal Mater , nombre de cantiques, mollets, chœurs, scènes; l’élégie biblique Gallia (a v. chœurs, soli, orch. et orgue), écrite sur le texte des Lamentations de Jérémie, en souvenir de nos désastres de 1870, et exécutée k l’ouverture de l’Exposition Internationale de Londres en 1871 ; les oratorios Tobie, Rédemption (Birmingham, 1882), Mors et Vita (Birmingham,
(1) Camille Bjllaigue, Portrait » et Silhouette» de }fu»icienf.
(2) On suppose que ce fut peut-être sous l’influence et par l’exemple d’un de ses ami» d’enfance les plus chers devenu depuis Mgr Gay , eBprit éminent et excellent musicien, dont Gounod disait : « Il est plus musicien que moi, » et Mgr Gay de dire à son tour : « Je suis moins théologien que lui. »
(3) Camille Saint-Saëns, Portrait» et Souvenir».
(4) Camille Saint-Saëns, Portrait» et Souvenir».
( Notice ) — 107
1885) i. « Gounod est à coup sûr le maître français moderne qui n’a pas de rival dans l’art de traiter les grands sujets religieux, dit M. Louis de Romain, on y retrouve l'artiste ému, doublé du croyant sincère. » Pour l’orchestre : Petite symphonie en ré (instruments à vent), 2e symphonie c n mi b, 3e, La Heine des Apôtres; de nombreuses marches, etc., la célèbre Méditation sur le 1er Prélude de Bach, une quantité considérable de mélodies vocales (Le Soir, Au Printemps , Le V allon, etc.), qui furent chantées partout avec un immense succès, enfin quelques compositions pour le piano que le maître écrivit surtout en vue des enfants de sa famille.
<. Années antiques, années d'amour, années pieuses, on pourrait diviser ainsi la carrière du musicien de Sapho et d'Ulysse , de Faust et de Roméo, de Rédemption et de Mors et Vita. Gounod avait eu la jeunesse d’un lévite; sa vieillesse fut d’un patriarche. » L’âme de Gounod fut de celles dont parle Fénelon « qui sont toutes dans le sentiment1 2 ». « Sans doute son inspiration ne fut- elle pa* toujours égale. Mais quelle grâce et quelle force en même temps elle eut dans l'expression de l’amour!... Gounod créa un langage de tendresse profondément troublant et étonnamment exquis où, malgré mille caresses harmoniques, mélodiques et instrumentales, n’entra jamais nulle mièvrerie3 ». « A plus d un égard, il semble bien que, sans se contredire, le génie de Gounod se partage; il est classique et moderne à la fois; l’amour, profane ou sacré, qui tout entier l'inspire, est l’harmonie, — et non pas la confusion, — de deux amours4. » « Moderne par 1 invention mélodique, l’auteur de Faust et de Roméo l'est par d autres qualités : originalité de l'harmonie, finesse de l’instrumentation, recherche en tout et toujours du style, de l'expression et de la vérité 5. » « Les dernières pages de Sapho témoignent hautement d’une vérité chère entre toutes à Gounod : c est que le progrès, ou mieux l’évolution de l’art, si elle se produit souvent en dehors, à l’encontre même de la tradition , peut s'opérer quelquefois en s y conformant. Tantôt elle abolit le passé; tantôt elle le respecte et se contente de le rajeunir. C’est ainsi que le Gounod du dernier acte de Sapho donne la main aux grands ancêtres6. » « En lui, notre génération peut saluer l’homme de progrès, 1 initiateur. Meyerbeer lavait surtout laissé [le drame sur la scène. Gounod voulut que l’orchestre y prit une part plus active; grâce à une étonnante habileté d instrumentation jointe à une extrême richesse d’inspiration, il y réussit. C’est par là qu’il est le plus grand et le plus vraiment moderne, et si nous avons un faible pour ce côté de son génie, c’est que nous lui devons une de ces impulsions puissantes qui, dans le ciel de l’art, déchirent les voiles et laissent entrevoir une lumière nouvelle7 8. » « Par le sentiment de l’antiquité, l’auteur de Sapho et d 'Ulysse a rappelé Gluck, et l’on dirait, au parfum de ses mélodies, qu’un moment il a reposé sa tète sur la poitrine de Mozart®. »
- - OEUVRES ORIGINALES
CHORAL ET MUSETTE à 4 ms (M— 5) .
Le même arr. à 2 ms (PM) .
DODELINETTE, Perceuse à 4 ms (PM— 3)* .
La même arr. à 2 ms (M) .
. . . Ciioudens . Lemoine
(1) Les festivals de Birmingham sont une institution philanthropique dont le but est de subvenir aux frais de l’hôpital de la ville, fondé en 1765. Ces fêtes musicales durent plusieurs jours et le Messie de üaendel ne manque jamais de figurer au programme. Les chœurs sont, pour un tiers environ, composés d’amateurs. D autres villes anglaises ont suivi l’exemple de Birmingham. Les Parisiens ont pu juger de l’admirable résultat obtenu, en applaudissant le chœur de la ville de Leeds qui s’est fait entendre au festival anglais donné au théâtre du Châtelet en 1906 (10 et 1* janvier).
(2) Camille Bellaigue, Silhouette» de Musicien».
(3) Alfred Bruneau, La Musique Française.
(4) Camille Bellaigne, Silhouette s de Musiciens.
(ô) Camille Salnt-Saëas, Portrait» et Soutenir».
(6) Louis de Romain, Essai» de critique musicale.
(7) Louis de Romain, Estait de critique musicale.
(8) Camille Bellaigne, Silhouette» de Musiciens.
lOS — fmfpitnaii ( OEuv . orig.)