MOUSSORGSKY
(MODEST- PETHOVITCH). Né à Karevo (gouvernement de Pskow, Russie), en 1839, mort à Saint- Pélersbourg en 1881. — Officier de la Garde impériale, il donna sa démission en 1859 pour se consacrer exclusivement à la musique. « Doué d’une faculté mélodique singulièrement savoureuse, profondément originale et d'un caractère saisissant1, » Moussorgsky fut un des représentants de la nouvelle École nationale russe. Son opéra Boris Godounow (1874) est célèbre; « la partie chorale, en particulier, est tout entière admirable2*3. » Célèbre aussi sa Chambre d'enfants , suite de petits poèmes chantés, où le compositeur a noté toutes les impressions enfantines, <• œuvre presque sublime a force d’être naïve, » dit M. Alfred Bruneau4. Citons aussi ses Dits et Chants Populaires (1865 à 68), ses Chants et Danses de la Mort », son poème symphonique : Une nuit sur le mont Chauve , laissé inachevé et terminé par Rimsky- Korsakow, et des fragments de l'opéra inachevé : La Foire de Sorotchinsli (d’après Gogol), orchestrés par Liadow. « L’art, disait Moussorgsky en 1870, est le moyen de parler aux hommes; il n’est pas un but. Je crois avec Virchow que la parole humaine est soumise à des lois musicales , et je vois dans la musique, non seulement l'expression des sentiments au moyen des sons , mais surtout la notation du langage humain. » « Ce fut surtout celte notation qui rendit l’œuvre de Moussorgsky intéressante, «ajoute Hugues Imbert. « En réalité Moussorgsky n’était pas un musicien; c’était un poète qui se servait d éléments musicaux...; ses romances ne sont pas écrites, elles n’ont aucun développemen rationnel... Avec cela, des idées musicales d’une saveur étrange, dune poésie souvent exquise et d’un sentiment dramatique dune étonnante profondeur; de vrais cris de lame, d’une intensité parfois tragique et toujours émouvants A » « Il fut un irrégulier de l’harmonie, du contrepoint, de la tugue et de l orchestration. Il prétendait user du droit qu’il jugeait sien d’écrire librement. Mais nul, dans son pays, sauf les « cinq », ne lui pardonna d’avoir peu de talent et beaucoup de génie 7. »
(1) A. Fougin. La Mueique en Rueeie. - (2) Pierre Lalo. Le Tempe, 16 octobre 1900.
(3) D’importantes parties de cet ouvrage, ainsi que des fragment, de l’opéra Khovaniechma, ont été exécuté, au 4 9 de. 5 Concerta Russes donnés à l’Opéra de Faria, en mai 1907.
(4) A. Bruneau. Revue de Parie, 15 septembre 1902.
(6) En Ib75, le critique Stassow proposa à Moussorgsky d’écrire une série de compositions lyriques qui représenteraient, comme les célèbres scènes de Holbein le jeune, le triomphe de la Mort sur les humains de toutes oonditlons.
(6) A. Fougin. La Mueique en Rueeie. — (7) H. Imbert (Voir à Borodine, p. 37, qui étaient les « cinq •).
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