‹ Répertoire général de bio-bibliographie bretonneChapitre 10 sur 33 · TOME V · texte numérisé non relu

TOME V

reproduit in extenso dans Le général Boulanger, pa Chincholle, p. l29 à 133.

« Ce n'est point à la tribune du Palais Bourbon, comme on l'avait annoncé tout d'abord, c'est à une table du f-afé Riche que le généra Boulanger a prononcé son premier discours politique, Ces amis di primo cartcllo, qui s'appellent Naquet, Michelin, Laisant, Rochefort, Laguerre, Vergoin, etc., etc., en ont eu la primeur, < qui du reste, leur était bien dû II paraît que, pour ses débuts, nouveau député du Nord a préféré cet auditoire à l'autre, et, apr^ avoir lu son discours, personne n'en sera surpris.

c Mais ce qui pourra étonner quelques-uns peut-être, c'est voir que l'orateur ait aussi soigneusement dérobé au public, anqu il s'adressait par dessus la ttHe des banqueteurs, la connaissan du système du gouvernement qu'il tient en réserve pour faire bonheur de la France, le jour où elle s'aventurera à lui confier se? destinées.

« Ce programme complet, sincère, lumineux, qu'au dire ^ journaux boulangisies, il devait exposer la première fois qi: prendrait la parole, de façon à ne laisser subsister aucune éqi; voque sur ses sentiments, aucun doute sur ses vues, hous ne connaissons pas plus aujourd'hui qu'hier, ce qui nous pern: de craindre que nous ne le connaissions pas davantage dema qu'aujourd'hui. . . etc. > (Emmanuel de Rorthays au Petit Breton du l*'" mai 1888, deux colonnes intitulées ; le discours du café Riche).

On remarqua surtout le passage cuivant dans ce discours :

« Bien des fois déjà on m'a imputé, on me reproche encore d'aspirer à la piésidence de la République. Je suis profondément convaincu que la Constitution permet à tout citoyen d'aspirer à ' première magistrature de son pays. Mais je vous le dis nettemoi je vous l'affirme sur l'honneur : Si à la Constituante, quelqui proposait la suppr. ssion de la présidence de la République, je fer plus que l'approuver, Je serais le premier à la voter, . , >

Or, pareille aventure était jadis arrivée à M. Grévy, qui depuis

Et voy. sur ce banquet du café Riche, le curieux dess n de Pépin dans le Grelot du 6 mai, sous le titre t Le roi s'amuse. . . Au café Riche. — Triboulet-Naquet : Voyez, sire, comme ils ont faim ...»

49. — Discours prononcé au banquet de l'Alcazar à Lilie le 13 mai 1888, pendant le voyage du Nord (Chincholle, p. 152 à 156), et plusieurs autres à Dunkerque, Anzin etc.. — publiés dans tous les journaux du Nord de cette épo^^ue. La Lanterne du 14 mai donne aussi celui de Douai.

Le discours de Lille était une véritable déclaration de guerre à la Chambre des députés dont il appelle les membres les 500 rois fainéants -. « Le spectacle qu'on nous offre aujourd'hui, c'-sl l'insurrection de la Chambre contre les urnes, car c'est malgré voua et malgré tout, que la majorité «les hommes qui la composent fe cnmponnent à leurs bancs d'où le suffrage universel se disposlete déloger pourjamais .. » La Lantern" àQ% 13, 14 ei 15 mai r le vrai moniteur olfici«d de ce voyage, sur ces discours qui excitèrent de grandes colères, voy. en particuUer les articles de Ranc

dans le Mot d'Ordre, de Lucipia dans le Radical, d'Emmanuel Arène dans le Matin; et dans le Petit Phare, de Nantes, du 15 mai, un article anonyme intitulé « Pyramides et pains de sucre » avec l'épigraphe : » C'est du Nord aujourd'hui que nous vient la lumière,»

On s'amusa beaucoup d'une phrase du discours de Dunkerque dans laquelle il s'était glorifié, devant cette population de pêcheurs, d'avoir introduit la morue dans l'alimentation de l'armée Jules Jouy publia à ce propos dans le Parti ouvrier^ une chanson intitulée « Le protecteur de la morue », reproduite dans le Grelot du 20 mai :

La France le sait désormais, Le César à la barbe jaune, Fidè'e au peuple, désormais Ne sera le Mouck d'aucun trône.

Aux flots servant de dictateur, Des p )i3:on8 de la mer bourrue Il sera le grand protecteur ; C'est le Ciomwel de la morue.

Vers cette date, je rencontre un document qu'il importe de ne pas négliger. L'Agence H avas fit publier dans tous les journaux du 11 mai, une note ainsi conçue :

« Un journal du soir publie le texte d'une affiche qui aurait été apposée dans le département de l'Isère, et qui porterait cette mention : o Vu ; général Boulanger, »

« Le général Boulanger nous prie <ie déclarer qu'il est absolument étranger à celte manœuvre, qu'il n'a autorisé personne à signer en son nom aucune affiche, qu'il n'a nullement posé sa candidature dans le déi^arteraent de l'Isère, et que si, par hasard, cette affiche existe, ce (jui lui semble impossible, il est décidé à poursuivre les personnes qui auraient ainsi abusé de son nom.

« Il semble impossible à M. le général Boulanger que l'affiche existe ; mais il n'en est pas autreme.it sur. Le fait d'ailleurs est facile à constater. Nous verrons bientôt ce qu'il en faut penser et si M. le général Boulanger intente aux « p'^rsonnes qui auraient ainsi abusé de son nom » le procès qu'il annonce. . . »

50. — Discours à la Chambre des Députés, le 4 juin 1888, pour demander la révision de la constitution, l'abolition de la responsabilité ministérielle, iMection du Sénat par le suffrage universel, etc. [Journal Officiel du 5) ; — et tirage à part, Paris, imprimerie modèle, 1888, in-16.

L'urgence fut repoussée par 359 voix contre 181; — «A votre âge, Monsieur, Bonaparte était mort », avait dit M. Floquet, président du Conseil, en répondant à Boulanger. C-Aie parole, qui fut très applaudie, lui vaiut les honneurs de l'alTichage de son discours ; mais les journaux boulangistes furent dans l'enthousiasme, en particulier la Cocarde, qui parut le 5 juin avec un énorme sous-titre : « Le général Boulai gerk la Chambre », et un article de Mermeix intitulé : « L-iS deux docteurs », dans lequel je relève ce passage :

cf ...Cette information « scandaleuse «était nécessaire pour répondre à une perfidie parlementaire qui, depuis quarante-huit

heures « faisait en France son petit bonhomme de chemin ». Le Temps avaic dit que le général Boulanger^ n'étant allé qn'nn' seule fois à la Chambre en un mois et demi, se trouvait p: dans le même cas que Wilson, qui, lui, n'a pas mis It-s ii> r^. Palais- Bourbon depuis six mois.

c Ce rapprorhement des deux noms^VllFon eiBoulanger n'a l'air de rien tout d'abord. Hélait cependant très habil*». Toute la presse ferrysle de province répétant : « Wilson et le général son dans le même cas, » les paysans, sans se demander de quel ca il s'agissait, auraient fini par croire que « c'était arrivé ».

€ 11 fallait répondre à cette petite greiinerie et déjouer la manœuvre. Jusqu'à la vérification de leurs pouvoirs, les député» n'ont pas l'initiative parlementaire. Or, les pouvoirs du général n'ont été vérifiés que jeudi ; jusqu'à jeudi, il ne pouvait donc, n'étant pas validé, dépoter aicune proposition. C'est pourquoi on le mettait dans le même sac que l'honorable député Wilson !

« Dès qu'il s'est trouvé dans les conditions requises pour pouvoir présenter et soutenir son programme, le général Boulangera commencé l'attaque contre !a Chambre des 58.3 fainéants. C'est jeudi qu'on lui a remis entre les mains l'arme; aujourd'hui lund. il attaque... >

Et voy. l'article de R. de Lavallée, o Concentration d*^ la peur» dans le Soleil "lu 5 juin-, — et celui de M. Jules Simon intitulé € Révision », publié dans le Matin, puis reproduit dans son livr^ Souvenii^s du 2 df'cenibre, p. 107 à 121. Il débuie ainsi : « Non, mon cher ami Emilien Castelar, Boulanger n'est pas un général espagnol. Il ne fera pas de pronunciamento. Il ne le veut pas, il ne le peut pas. Pour faire un pronunciamento. il faut un général et une troupe. Il n'a pas la troupe. . . > ; suivi d'un second article intitulé c Les droites», (t6id., p. 148 à 161).

Enfin consuhez la Gazette anecdotique, 1888, I, 328.

51. — Proclamation aux électeurs de la Charente, le H juin 1888, pour les engagera voter en faveur dePaulDeroulède.

Elle est si courte et si caractéristique comme type d'infatuation personnelle que je la reproduirai ici :

t Electeurs de la Charente,

« Vous avez entendu mon appel Vous avez vu Paul Déroulède. Vous l'avez accueilli avec enthousiasme. Voua avez compris quvoter pour lui c'était voter pour moi. Le succès est désormais cer tain. Après l'élection de Paul Déroulède, j'irai en Charente vouapporter en personne mes chaleureux remerciements. »

Le résultat fut, le 17 juin, qua sur 111835 électeurs, et 76 400 votants. 20 656 seulement volèrent pour DeroulcJe , 23 989 pour le candidat de la concentration républicaine e* 31 401 pour le candidat conservateur.

52. — Réponse à une adresse de la féd^^ration républicaine révisionniste, — publiée dans la Lanterne du i 1 juin.

Un chef d'Etat ne parlerait pas autrement, témoin ces lignes

« ... Je suis heureux de voir, dans leur adresse, qu'ils ne considèrent pas la révision comme une simple affaire de politiciens, mais comme une nécessité pour la solution de toutes les questions économiques, sociales, de toutes les questions d'affaires qui sont la vie de la nation.

« Vous pouvez leur dire, qu'en ce qui me concerne, je suis une ligne droite, dont rien ne me fera dévier .. »

53. — Discours prononcés pendant le voyage en Bretagne du 7 au 10 juillet 1888, — reproduits dans les divers journaux d'Ille-et-Vilaine de cette époque, en particulier dans le Petit Rennais, organe boulangiste, et dans Chincholle, p. 189, 190, pour celui du 7, à Antrain, chez M. Le Hérissé ; p. 19^ à 19(S ])0ur celui du 8, au banquet de Rennes ; p. 20^, 204, pour celui du 10, à Saint-Servan.

Dans le discours de Rennes, on remarque ce passage : « Que l'on prétende que je suis le césarisme, -le bonapartisme ou la guerre, qu'importe? Comme le vôtre, mon dévouement à la République est au-dessus de tout soupçon, et rien ne m'empêchera de remplir le devoir que depuis cinq mois plus de cinq cent mille électeurs m'ont tracé. »

54. — Exposé d^s motifs du projet de loi déposé par lui à la Chambre des Députés le il juillet 1888 pour demander la dissolution de la Chambre etc., [Journal Officiel du 18, et tous les journaux des 13 et 14).

Cette proposition dt^chaîna un tumulte épouvantable à la suite duquel le général déposa sa démission do député, et provoqua en duel M. Floquet président du conseil. Voici à quel propos. Répondant aux vives attaques du général contre la politique du gouvernement, M. Floquet descendit jusqu'à cet argument ad hominem :

* Vous dites quo nous faisons la guerre aux idées nouvelles, vous qui avez tour à tour passé des antichambres de sacristie dans celle des cours,,. . »

Toute la Chambre est debout. Les gauches applaudissent avec fureur et trépi^^nent d'entliousiasme. Le général Boulanger, pâle de CQlère, descend quelques marches et tourne le poing vers M. Floquet, en répétant :

— Vous avez menti, vous avez menti.

M. Floquet ne se déconcerte pas. Peut-être n'a-t-il pas entendu.

— « Lp! plus modéré des républicains, reprend-il, a rendu à la République plus de services que vous ne pourrez lui faire de mal. Vous parlez de dissolution. La vraie dissolution est celle de votre parti. . . »

Sur l'issue du duel, qui se termina par une dangereuse blessure du général, voy. ci-dessous la bibliograf hie de la biographie.

Et voy. la Gazette anecdoiique 18 II, 33, 34.

ilH BOULANGER

55. — Proclamation aux électeurs de l'Ardèche, datée (îf 13 juillet 1888 (écrite quelques heures avant le duel Floquf pour poser sa candidature aux élections législatives du îï dans ce département et les prendre comme juges de son attitude à la chambre dansla journée du 1 ^j, — publiée dans tou les journaux du 15 et en particulier dans la Lanterne (y Intransigeant, puis reproduite dans Ckincholle, p. 217.

La Cocarde annonça qufi chacun des éU^cteurs de l'Ai " avait reçu cette circulaire autographe (pour aulhographit^ Gaulois la reproduisit sous cette forme Voy. sur ce sujet l'aru' de J. Reinach intitulé « L'autographe », publié dans la Républiqh frayiçaise et reproduit dans Le Cheval noir, p. 2, 3.

Tl obtint 27 454 voix le 22 juillet, mais «on concurrent M. Beaussier, en recueillit 43 295 et fut élu. — « La bête vit, mais le venin est mort », écrivait J. Reinach, le 23 {Le Cheval noir, p. 4)

56. — Trois manifestes distincts aux électeurs de la Somme du Nord et de la Charente-Inférieure, en se présentant à la fois dans ces trois départr^ments pour les élections législatives du 19 août 1888, — tous les trois reproduits dans l'inné politique de Daniel, 1888, p 203 à 206.

Ils eurent un grand retentissement, car je les trouve mon dans VEre Nationale de Garcassonne, en date du 19 août. Je r^ tiens ce début de celle du Nord :

« Electeurs du Nord, je vous avais promis de demander, «îd votre nom, la dissolution d'une Chambre qui n'a d'autre volonté que de ne rien faire, et la révision d'une Constitution bâtarde et impuissante, dont les auteurs ont trouvé le moyen de mécont»^nter tous les partis.

« Dès que, fidèle à mon mandat, je suis monté à la tribune pour y poser celte question vitale, la majorité parlementaire, peu habituée à voir un élu tenir Ips engagt^ments souscrits à ses électeurs, a accueilli votre député par des clameurs et des injures qui vous atteignent autant qun moi et que, pour votre dignité comme pour la mienne, il m'a été impossible de tolérer.

« J'ai jeté ma démission à la face de ces provocateurs, qui d. fiaient le suffrage universel en ma personne. C'est à lui, c'est-à-dire à vou». quo je m'adr-'sse d« nouveau, convaincu que nous sommes restés en communauté d'idées à l'égard d'un gouvernement effarqui ne sait ni ce qu'il veut réprimer, ni ce qu'il croit devoir pe:m''ttre, qui se dit fort parce qu'il est brutal, et qui, sans souci de ré(}uité, interprète la loi selon ses intérêts de l'heure présente... »»

Le général fui élu à la fois dans les trois départements et opta pour le Nord.

57. — Trois remerciements distincts aux électeurs de la Somme, du Nord et de la Charente-Inférieure, datés Paris le 23 août, — et publiés dans r4>iu,w> nnlitirnu^ Daniel, 1888. p. 208 à 212.

58. — Discours prononcés pendant sa tournée éle<'tora dans la Somme, du IT) an I S août 1888, — et pulili»»^ on n.rn

culier, à grands coups de réclame dans V Intransigeant du i 7 et du 18 , avec des titres à effi4, comme : a l'Etat de siège à Doullens » etc.

On sait qu'un coup de revolver fut tiré sur la général pendant ce voyage. Aussi, disait-il dans son discours d'Amions, le 15 : «... La calomnie ayant manqué son but et glissé, sans les atteindre, sur les patriotes qu'on essayait de perdre, on s'est décidé à remplacer le mensonge par la violence, et îes injures par le revolver. . . » Peut-être n'était-ce qu'une comédie arrangée par ses partisans.

59. — Réponses faites par le général à la commission de révision au sujet de la proposition dont il était Tauteur. — Procès-verbal officiel publié par plusieurs journaux, en pa-ticulier par La France du 17 octobre 1888, avec un commentaire signé Louis Liévin.

On applaudit à cette phrase : « Je suis aussi républicain, a-t-il dit, aussi démocrate que ceux qui siègent autour de cette table. » Mais on critiqua et commenta beaucoup l'ambiguité de celle-ci :

« Si la monarchie n'assurait pas la liberté du suffrage univer^ sel, je serais avec vous pour considérer Vinsurrection comme le plus saint des deioirs. Je suis d'ailleurs convaincu que la grande majorité du pays tient à la République. Si l'on tentait de rétablir la monarchie, les deux tiers du pays se soulèveraient. »

Je dois mentionner ici un discours fantaisiste supposé prononcé à Périgueux, en octobre, et composé par J. Rnlnach, (Le Cheval noirci). 130 à 136). C'est un pastiche assez joliment tourné.

60. — Discours prononcé au banquet révisionniste de l'avenue Lowendahl, le 27 octobre 1888, — publié en partilier dans le livre de C/ifnc/io/Ze, p 281 à 285, d'après son récit du Fig^ro, et par la Lanterne du 29, qui n'étant plus boulangiste, l'accompagne des réflexions suivantes^ sous le titre : « Comme en 1851. »

€ ... Enfin M. Boulanger se lève.

> Tous les préparatifs ont été faits pour quo la comédie soit entourée de tout l'apparat voulu. Des fidèles se tipnnent derrière le général et balancent un drapeau aux vastes plis. L'état-major est debout applaudissant à chaque phrase , presque à chaque mot. Le général porte l'écharpe de député et les insignes de grand croix de la Légion d'honneur. Il tient à la main une feuille de papier ; c'est le discours qu'il va lire, qu'il lit, le lorgnon sur le nez, la voix éraillée, le geste incertain

» M. le général Boulanger, qui devait s'expliquer nettement sur une foule de choses, n'a dit en somme rien qui explique quoi que ce soit de son programme ou de sa politique.

> A part les formules creuses et les vagues banalités, dont les charla ans de popularité se sont servis de tout temps pour duper les masses, on ne trouve dans cette harangue que deux points assez clairement indiqués.

> Et cps deux points donnent la formule de la dictature. M. le général Boulanger réclame la responsabilité directe du chef de l'Etat et son élection directe par le suiîrage universel.

» C'est avec ces deux choses que Louis Bonaparte fi^ ^'^ '^ -^p d'Etat et l'Empire... »

Et voy. l'article de J. Reinach en date du 28 octobre, intitulé « Dans la rue », publié dans la Hâpuhlique française q\. reproduit dans Le Cheval noir, p. 168 à r 3.

61. — Discours au banquet offert le 26 novembre 1888 dans les salons du restaurant Lemardelay, à la suite d^ l'assemblée générale de la Ligue.

Vorez en particulier le Soleil du 26 novembre, qui reprodui textuellement le discours.

6?. — Discours au banquet révisionniste de Nevers, 2 décembre 1888, en grande partie reproduit dans Y Annéi politique de 1888, p. '.66 à 268.

C'est un de ses plus longs discours. On y remarque ce passage

€ La révision est le moyen pacifique et légal d'établir cett République dont la Constitution doit être un contrat social, noi pas imposé par le bon plaisir ministériel ou parlementaire, mai élaboré et accepté par la nation entière. Voilà pourquoi j'ai ré clamé la revision par une Constituante avec le ferme espoir, ave la ferme conviction d'être entendu par le pays, si je ne l'étais pa par ceux qui prétendenc le représenter et le gouverner. Des cen taines de mille électeurs ont déjà répondu en joignant leurs voi à la mienne. De tous côtés les citoyens se préparent comme vou à revendiquer et à «xercer leur droit souverain.

» Yous pouvez donc, chers concitoyens, avoir confiance ei propageant, autour de vous, les idées et les espérances que j( viens d'exprimer et qui nous sont communes. Dans quel<7uei mois, le pays fera connaitre sa volonté, c'evant laquelle il faucirc bien sHncliner, et nous pourrons alors établir la République natio nale qui aura pour elle, j'ose l'allirmer, huit millions de suffrages.

Voyez en particulier sur ce discours, l'artic'e d'Hervé de KerO' hant, intitulé -. « La botte de Nevers », au Soleil du 4 décembre et ceux de J Reinach, du 8 novembre : « Apothéose », et du 2 dé combre : « l'Anniversaire », reproduits dans Le Cheval noir, p. 181 à 189, et 264 à 267.

63. — Quatre proclamations successives aux électeurs d( la Seine pour l'élection législative du 27 janvier 1889 (ei compétition avec MM. Jacques et Roulé, pour remplacer II député Ilude, décédé), — publiées du '^ au 27 dans tous la journaux de l'époque, et depuis dans Gfiinckolle, p. 310 i 312 ; 328 et 329 ; ;^36 et 337 , 343 et 344 ; et les deui premières dans V Année politique de Daniel, 1889, p. 11 à 16

La première est datée du 3 janvier 1889 : « Le général Bo langer aux électeurs de la Seine > et fut affiché) dans la nui même qui suivit la publication du décret convo«juant I38 él«cteui pour le 27. Elle débute ainsi : « Electeurs de la Seine, les parle-

mentaires, qui ont tout fait pour me rendre éligible, sont aujourd'hui affolés à l'idée de me voir élu. Mon épée les inquiétait, ils me l'ont retirée. Et les voilà plus inquiets qu'à l'époque où je la portais encore. .. » Plus loin, on lisait cet e phrase « Qu'on me cite un seul acte, une seule prof-ission de foi oi^i je n'aie pas nette-

tement affirmé la République ! »

• Je suis en mesure, répondit un électeur flamand dans le journal la Liberté, de le satisfaire et de lui citer une profession de foi où non seulement il n'a pas « nettement atfirmé » la République, mais où U a mt'ime évité de la nommer. — Je citerai cette réponse entière parce qu'elle contient des détails bibliographiques intéressants :

€ Au mois dernier, M. Boulanger a adressé deux professions de foi aux électeurs du Nord, l'une en français, l'autre en flamand. La seconde était une assez exacte traduction de la première.

« Cependant, il y avait quelques différences, dont l'une assez sensible : toutes les fois qu'on lisait en français le mot « République », il était remplacé en flamand par un autre mot.

Page 1