I. — Pétition pour le maintien du général Boulanger
J. — Adresse des patriote! nantais.
K. — Paroles du général Boulanger (avec portrait).
35. — Je reproduirai cependant, à titre de curiosité, la pièce suivante que je puis citer de visu -. — Lettre de faire part du mariage du général avec. . . Marianne République :
« Madame La France a l'honneur de vous faire pari du mariage dv général Boulanger, son fils, avec Mademoiselle Marianne Rémblique Française .
« Madame La Révolution Française et ses filles, Liberté^ Egalitf, Fraternité, ont l'honneur dd vous taire part du mariage de Made* moiselle Marianne République Françaiêe, leur fille et sœur, avec le général Boulanger.
€ Et vous prient d'assister à la Cérémonie civile qui aura lieu, le 14 JUILLET prochain, jour de la Fête nationale, sur tout le terri toire français, à l'heure où défilera devant lui notre jeune t vaillante Armée, en qui la Patrie a mis sa plus chère espérance et qui est prête à vaincre ou à mourir, s'il le faut, pour conserver intacte et pure la Gloire Légendaire du Drapeau Français.
« Vive la France! Vi-e la République française! Vive l'Armée! • Et voy. ci-dessous le chapitre des Chansons.
36. — Le généraX Boulanger. Histoire populaire complète, par Fernand de Jupilles — Paris, L. Baudot, s. d. (1887), in-4 . 94 p., avec portrait colorié sur la couverture.
Cette histoire, dédiée à la Ligue des Patriotes, se termine aux arrêts de rigueur du général à Clermont, en octobre 1887.
37. — M. Rouvier et le général Boulanger devant le pays, par M. de Grammont, ancien sous-préfet en Basse-Cochinchine, chevalier de la Légion d'honneur et de plusieurs ordres étrangers. — Paris, Dentu, in-8° de xxiij-77 p.
Cette brochure, dont la dédicace au général ^ou/an^^r est datée de Paris le IG septembre 1887, tst un recueil de divers articles au sujet du discours d'Epinal, de la politique générale du cabinet, et du manif ste du comte de Paris etc.
38. — Der bœse Boulanger (le méchant Boulanger) oder die Wirkung des Septennats Grot^zes tragi-komisches Ileldengedicht aus derGegenwart von Ludwig Schœnau, mit slimmurgs A'ollen lUustralionem von Paul \Vidmayer — Stuttgart, Lévy et Muller, 1887 in-8*. 48 p. : texte encadré de cpuge et paginé en bas.
C'est un poème allemand, en vers et en 5 chants, avec des illustrations burlesques.
39. — A mes électeurs. — Pourquoi et comment je suis boulangiste, par A. Laisant, député de la Seine, — Paris^ librairie populaire, 1887, petit in-8'', 32 p., avec l'épigraphe : « Si je poussais à la guerre, je serais un fou : si je ne me préparais pas, je serais un misérable ; — général Boulanger. »
Il est boulangiste : i° parce qu'il est' patriote ; — 2° parce qu'il aime la paix ; — 3° parce qu'il est républicain !
40. — Histoire patriotique du général Boulanger, ouvrage illustré, écrit sur des documents absolument authentiques. — Paris, A. Fayard, de septembre 1887 à nos jours, par Uvraisons pet in-4" à lÔ centimes.
La première livraison, qui parut au mois de septembre 1887, commençait par la reproduction photographique de huit pages intitulées « Peuple et patrie » écrites par le général Boulanger. Personne ne les reconnut d'abord et nous verrons plus bas que c'était un fragment du discours de l'Hippodrome.
Puis on avait imprimé en guise d'épigraphe les deux citations
suivantes -.
« La presse allemande, en attaquant systématiquement le général Boulanger^ a fait de lui l'incarnation de la Patrie, tandis que la droite, en le combattant, en faisait aux yeux du Peuple l'incarnation de la République. » (Discours de M. Clemenceau à la Chambre des Députés).
« Quant à nous, Allemands, nous n'avons aucune raison de ne pas avouer que le général français. Boulanger, est le seul homme que craigne, à tort ou à raison, l'immense majorité du peuple allemand. » (Dernières nouvelles politiques, Journal de Munich).
A la suite, vient un avant-propos de Véditeur, intitulé : • A nos lecteurs », et qui débute ainsi :
a Depuis nos derniers désastres, un seul homme a obtenu chez nous une popularité vraiment unanime et durable, en môme temps que spontanée t»t enthousiaste. Nous avons désigné le plus jeune, mais aussi l'un des plus brillants divisionnaires de l'Vrmée française, l'intrépide combattant de la Grande-Kabylie, d'Italie, de Cochinchine et de Tunisie, le vaillant capitaine de 1870-71, exministre de la République, aujourd'hui commandant le 13* corps d'armée à Glermont-Ferrand : le « brave général Boulanger » comme disent à l'envi le peuple et la troupe, toute la France !
« L'alliance opportuniste et réactionnaire, qui l'a éloigné momentanément des affaires, ose prétendre que le général Boulanger ne possède aucun titre sérieux à la confiance du pays. Des politiciens envieux, rivalisant de mauvaise foi avec les journaux d'Outre- Rhin, ont insulté à son avancement si mérité et raillé ses nombreuses décorations, t Qu'a-t-il fait ? » demandent-ils encore.
« A ses détracteurs, l'ancien officier de turcos peut répondr® fièrement qu'il a sur la poitrine autant de glorieuses cicatrice* que de croix et que chacun de ses grades a été enlevé à la point* de l'épée sur les champs de bataille.
« Non, certes, il ne doit rien à la faveur ni à l'intrigue. Après la guerre franco- allemands, il se laissa enlever son grade de co-
lonel, plusieurs fois payé de son sang. Et cepenf Champigny et de )a Défense de Paris pouvait, à mander l'annulation de cotte injuste mesure. Chevali* gion d'honneur à 21 ans, commandeur à 34 ans, le titre de grand-officier. Ce sont là des faits indiscutables.
« D'ailleurs, fût-il sans états de service au lieu d'en posséder d'éclatants, le général Boulanger SLur&it encore bien mérité de ses concitoyens comme directeur de l'infanterie et comme ministre de la guerre.
€ Sans parler de ses réformes excellentes et multiples, il a eu un immense honneur, qui, seul, suffirait à lui assurer une place à part dans notre histoire nationale : il a ravivé le patriotisme inquiet et affermi nos légitimes espérances dans l'avenir. . . »»
On attendit une dizaine de livraisons avant de parler de cette publication : elles entraient dans de tels détails sur la jeunesse et la vie intime du général, et les gravures et le texte étaient tellement flatteurs (on alla jusqu'à donner, à la page 33, une reproduction photographique des « vêtements percés et ensanglantés du jeune Boulanger en Italie » étalés sur un superbe fauteuil), que lé Figaro accusa bientôt le général d'en être lui-môme l'auteur, et que Michel Morphy qui s'en a/ouait le père, n'était que son prête-nom. Le M novembre, le Figaro dut insérer une lettre de Michel Morphy dont il est nécessaire de conserver quelques paragraphes :
« M. le Rédacteur en chef du Figaro. — Paris, 16 novembre 1887. — Le général Boulanger^ dites-vous, est l'auteur de V Histoire patriotique, éditée par M. Fayard. Erreur... Il y a bien, à laUbrairie Fayard, une biographie faite par l'intéressé lui-même, mais ce n'est que celle do M. Jules Ferry. Il y a confusion quant à la personne. Rectifiez, je vous prie, car ce détail a son importance.
« En môme temps, n'est-ce pas ? vous voudrez bien dire à vos lecteurs que les autographes du général Boulanger qui « enrichissent » cette première livraison si fameuse n'ont pas été rédigés par moi : ces quelques pages sont tout simplement... le discours de l'ancien ministre de la guerre à l'Hippodrome de Paris I
« Voyez comme vous arrangez les choses : mon livre est fait par le général et ses « lettres » sont faites par moi. Vériié passe vanité, et mon «'evoir est de rétablir la réalité, moins flatteuse pour moi que vos aimables fictions. Mais procédons par ordre d'inexactitudes.
a Vous affirmez que j'ai habité à Royat l'hôtel de la BelU- Jeannette. J'ignore cette belle Jeannette. J'étais aux Marronniers. Je n'ai pas fait de stations de sept heures par jour au quartier de Clermont, en la compagnie du général Boulanger, attendu que je suis encore à le connaître. Je me suis borné à questionner avec plus ou moins de bonheur quel([aes personnes de son entourage, prenant d'ailleurs en cela l'exemple de votre reporter. J'ajouterai que, pendant mon séjour à Royat, le général était aux arrêts de rigueur. Gela tranche la (juestion
«... VHisloire patriotique du général Boulanger n'est pas non plus à paraître. Commencée lorsque M. Georges Boulanger, que vous appelez familièrement « Ernest », était ministre de la guerre, elle a été publiée, il y a deux ou trois mois, et en est à sa qninzième livraison »