CHAPITRE Ie'. - POLICE ET ESPRIT IMRLK
244. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, adressant l'extrait de plusieurs lettres envoyées tant à eux qu'au maire de Paris, du 22 au 24 juin : 1° par le commissaire de police de la section de Montmorency, qui transmet la déclaration de M. Ratfeneau de Lille, notaire, refusant de recevoir la pétition à l'Assemblée nationale ; 2° par le sieur Boisfleury du Tarn, écrivain, place Saint-Michel, qui a entendu, chez un notaire de la rue de Condé, des particuliers concluant à la destitution de Pélion, digne d'après eux des plus affreux supplices; 3° par Chaumetle, qui rend grâces à M. Pétion d'avoir empêché l'effusion du sang, en respectant la vie des citoyens, et ajoute, avec développements à l'appui, que la journée du 20 juin doit inspirer des inquiétudes, demandant que le tocsin de la liberté sonne, que le canon d'alarme tonne, observant, enfin, que le bataillon de Saint-André- des-Arts est pourri par le contact de ses chefs ; 4° par le sieur Cosson, commis de M. Santerre, qui répond le 22 juin à M. Pétion, que le peuple est assez tranquille, mais que les ennemis du Maire cherchent à l'échauffer; 5° par M. Santerre qui adresse à Pélion son rapport sur la journée du 20, le prévient que leurs deux têtes sontà prix et reproduit le langage par lui tenu à la Reine dans la chambre du Conseil ; 6° par le sieur Le Creps, demeurant rue de Grenelle, qui avise le Maire de son refus de signer une pétition qu'on lui a présentée, colportée de maison en maison, à l'effet de demander la suppression de l'état-major de la garde nationale et un décret d'accusation contre le Maire et les meilleurs patriotes; 7° par le sieur Fossard, horloger, tenant l'une des boutiques de la Bastille, qui annonce avoir appris le projet de mettre le feu au magasin à poudre, au moyen d'un souterrain ; 8° par la Société des Amis de la Constitution d'Arles, qui envoyé une liste de 35 personnes, conspirateurs et rebelles, qu'on croit s'être réfugiés à Paris.
29 juin 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F1 4590.
245. — Déclaration des particularité-., ou plutôt des forfaits ou griefs, dont le régiment des gardes Suisses, véritable pépinière d'aristocrates, s'est rendu coupable, faite par un ancien soldat de ce régiment, le sieur Pourchet, de la compagnie d'Affry, employé jadis à surveiller les approvisionnements en Normandie, et qui donne des renseignements circonstanciés sur les marchés de la région.
(Juin 1792.) Originaux (2 p.), A. N., D III 235.
246. — Déclaration de M. Jean-Baptiste Grivet, ancien grenadier au régiment Royal-Marine, entré dans la garde du Roi, portant que, le 30 mai, jour du licenciement de la garde, les officiers dirent aux soldats, à l'Ecole militaire, que ceux qui voudraient rester sous leurs ordres seraient payés comme àl'ordinaire, ajoutant qu'en cette occasion les soldats patriotes déclarèrent qu'ils obéiraient toujours à la Nation et se retirèrent avec leurs habits et leurs sabres.
(Juin 1792.) Original, signé du sieur Grivet et contresigné de Pépin Dégrouhette, A. N., D III 235.
247. — Déclaration du sieur Claude Roujot, attestant au Comité de surveillance que, depuis le licenciement des gardes du Roi, plusieurs d'entre eux lui ont proposé maintes fois de passer à Coblentz et lui ont affirmé qu'ils seraient payés comme avant, et que, si on voulait les chasser, ils se battraient jusqu'à la dernière extrémité.
(Juin 1792.) Original signé, A. N., D III 235.
248. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait des lettres adressées au maire de Paris du 22 au 25 juin : 1° par le sieur Pinon-Briard, avisant M. Pétion de se tenir sur ses gardes, que dans la nuit du 23 s'est tenue une assemblée à son sujet chez M. Anson.
homme de loi ; 2° par le sieur Fraumont, à l'occasion des propos injurieux tenus sur le compte de M. Pétion par les commis des impositions, qui l'accusaient d'avoir tenté de faire assassiner le Roi dans la journée
DENONCIATIONS ADRESSÉES AT MAIUE DE PARIS, etc
du 20 juin et déclaraient que, si on lui avaii rendu justice, il serait pendu depuis longtemps ; 3° par les Amis de la Constitution de Sain t-Servan, qui instruisent M. Pétiondu départ du chevalier de Blossac et d'autres ennemis de la Dévolution de Saint-Malo pour Paris ; 4° par les sieurs Boulland el Paris qui se plaignent de leur emprisonnement arbitraire ; ">° par un anonyme, qui dénonce 2 scélérats dangereux à Paris, les sieurs Montauban et La Boissière, le premier arrêté aux Tuileries, le jour du licenciement de la garde du Roi, pour avoir arboré la cocarde blanche ; 0° par le sieur Litais, homme de loi, qui prévient que la plupart des signatures apposées au bas d'une pétition contre le Maire sont mendiées et extorquées ; 7° par M. Dietrich, maire de Strasbourg, qui envoie le signalement de 2 suspects partis pour Paris ; 8° par la veuve Lindet, rue Mouffetard, qui a entendu à la porte Saint-Marcel, le 23 juin, des femmes tenir des propos affreux et manifester le désir d'outrager et même d'assassiner la Reine, d'insulter le Doi et d'attenter à sa liberté.
1"' juillet 1792.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F1 4590.
249. — Écrit trouvé dans les papiers de Saint-Huruge, indiquant la seule façon de faire marcher l'armée, proposant le remplacement de Luckner par Biron, de Lafayette par Dumouriez et parlant de l'affaire de Cour tr ai, ainsi que de la participation des Brabançons aux opérations militaires.
2 juillet 1792.
Copie conforme, A. N., F7 4590.
250. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait de plusieurs lettres et mémoires adressés au maire de Paris : 1° par un anonyme, qui expose la situation critique de Paris et du royaume, menacé du sort le plus affreux avant la fin d'août; 2° par les Amis de la Constitution de Soissons, déclarant être prêts à voler à Paris, avec leurs frères les Marseillais, pour confondre les calomniateurs de Pétion ; 3° par un anonyme, qui
prétend que les désordres commis, le 20 juin, par les habitants du Faubourg Saint-Antoine sont l'œuvre de plusieurs factieux, notamment du sieur Eournier, qui exerce le plus grand empire sur les masses, que le Faubourg s'est coalisé avec plusieurs autres pour s'emparer de l'Arsenal et des poudres; 4° par les sieurs Palé- Dupré el Jolly-Braque-Hayel, qui engagent M. Pétion à ne s'exposer dans aucune émeute, sa tête étant mise à prix par les Tuileries; 5° par le sieur Geinal-Bonneval, secrétaire de la Société fraternelle, séante aux Jacobins, qui informe M. Pétion d'une coalition pertide contre la Société, les deux premiers magistrats de la Municipalité et M. Bobespierre, et dénonce M. Salliort, ex-commissaire de la section de la Place-Louis XIV, lequel excite les aristocrates et cherche à insinuer que Bobespierre, n'étant pas riche, se joint aux Faubourgs pour mettre Paris au pillage ; 6° par un anonyme qui prétend que, le 27 juin, Lafayette a assisté à une importante réunion, tenue chez M. de Narbonne, avec MM. de La Bochefoucaull, Théodore Lameth, Carie et autres; 7° par M. Cohendy, président du Comité de la section du Faubourg Montmartre, qui fait part des inquiétudes causées par la construction, aux Menus-Plaisirs, d'une tente très riche, formant un salon ovale et deux cabinets, dont il donne la description, destinée, d'après les propos mis en circulation, à un Anglais opulent, désireux de donner des fêles sur les bords du lac de Genève ; 8° par le sieur Quinette, rappelant que les ennemis de la Nation et les liberticides se sont attroupés auprès du chef du pouvoir exécutif, prêts à immoler le peuple, ainsi que ses magistrats et représentants ; 9° par les Amis de la Constitution de Montpellier, qui envoyent à M. Pétion une adresse, avec prière de la communiquer aux 48 sections, traçant un tableau de la situation dans le Midi et désignant nominativement les suspects et principaux chefs des révoltes qui onl éclaté à Montpellier.
Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F1 4590.