‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 2)Chapitre 34 sur 337 · CHAPITRE — POLICE ET ESPRIT PUBLIC · texte numérisé non relu

CHAPITRE — POLICE ET ESPRIT PUBLIC

251. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, le mettant au courant des informations qu'ils prennent au sujet de la confection, à Paris, d'une grande quantité d'uniformes étrangers par les sieurs Baron et de Presles, marchands tailleurs, chargés de l'entreprise de ces uniformes qu'ils disent destinés à une Légion batave, déclarant notamment qu'ils ont demandé des renseignements à ce sujet au ministre de la guerre.

G juillet 1792.

Original signé, A. A'., F7 4590.

252. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait des lettres adressées tant au maire de Paris qu'à eux: 1° par le sieur Lebrun, ex-employé aux Travaux publics, qui dénonce comme suspects les 4 premiers valets de chambre du Roi, notamment M. de Septeuil, et assure que le pavillon de Mesdames aux Tuileries est occupé par des prêtres factieux ; 2° par un anonyme, qui prévient M. Pétion que la Reine se rend tous les jours, seule, travestie en homme, au Comité autrichien qui se tient au bois de Boulogne et qu'elle ne rentre aux Tuileries qu'à 9 ou 10 heures du soir, et que les contre-révolutionnaires s'assemblent chaque jour au Salon français ; 3° par le citoyen Tessier,qui révèle, d'après les confidences d'un chirurgien, tout un plan de la contre-révolution qui devait éclater le 25 juillet, et qui devait résider surtout dans l'établissement de 2 Chambres et la réintégration du Roi dans toutes ses prérogatives ; 4° par le sieur Biccard au sujet de l'audace croissante des factieux et des calomnies aussi indécentes que grossières répandues contre M. Pétion ; 5° par M. Ferreiny La Jonquière, administrateur du département de l'Ariège, communiquant une lettre anonyme envoyée de Paris par un sieur Bernard, ancien curé du diocèse de Rieux, connu pour son libertinage, avec des papiers- nouvelles intitulés : Correspondance politique ou tableau de Paris, lettre qui contient un persiflage indécent contre

les opérations de l'Assemblée, celles des généraux et les efforts des bons patriotes pour l'affermissement de la Constitution.

8 juillet 1792.

Original signé et extrait conforme (2 p.), A. A7., Fi 4590.

253. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait des lettres adressées au maire de Paris du 24 juin au 5 juillet 1792 ; 1° par M. D'Antoine, lieutenant de frégate, demeurant rue de la Harpe, petit hôtel d'Harcourt, à l'effet de signaler la présence de nombreux étrangers qui cherchent à semer la discorde par leurs discours incendiaires et tiennent des propos menaçants contre le Maire ; 2° par M. Le Sieur, demeurant cul-de-sac Sainte-Marine, qui dénonce les malveillants cherchant à armer les citoyens les uns contre les autres et demandant dans les rues de quel parti Von est ! 3° par les Amis de la Constitution de Condom, désignant comme suspect un particulier du nom de Goyon, domicilié à Paris, ayant ses 2 frères à Coblentz, et ayant été expulsé de la garde nationale ; 4° par le sieur Julien Le Roy, signalant nombre d'Américains domiciliés à Paris, qui se sont à l'avance munis de passeports et qui emporteraient, le cas échéant, beaucoup de numéraire; 5° par M. Lofticial, ancien député, juge au tribunal de Parthenay, dénonçant un complot qui doit éclater, à Paris, du 5 au 10 juillet, ajoutant que, le jour de la Fédération, l'on doit enlever le Roi et l'emmener à Lyon ; 6° par le sieur Postel , rapportant les incidents de la venue de M. de Lafayette à l'Assemblée nationale, certains propos tenus dans le passage des Feuillants et des réunions secrètes chez MM. Villemotte et Parent.

11 juillet 1792.

Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N„ Fi 4590.

254. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait des notes et lettres adressées au maire de Paris : 1° par M. Poullard, vicaire épiscopal du

DÉNONCIATIONS ADRESSÉES AU MAIRE DE PARIS, ktc

département de l'Orne, avisant M. Pétion du départ, pour Paris, du sieur Hain, chassé pour son incivisme de la place de secrétaire de la municipalité de Seez ; 2° par le sieur Riqueur, commis au bureau des vivres, prévenant M. Pétion d'un horrible complot qui doit éclater le jour de la Fédération, où l'Assemblée nationale, le Roi en tête, se fera entourer des gardes nationaux fédérés et conduire à Bordeaux; 3° par le sieur Cholé, domicilié rue Saint-Marc, avisant M. Pétion des menées d'anciens gardes du Roi, qui se répandent dans les cabarets à l'effet de préparer un coup de force pour le samedi 14 juillet; 4° par un anonyme, dénonçant à M. Pétion la présence, aux Tuileries, de M. de Lafayette, le 29 juin, c'està-dire le cinquième jour de son arrivée, ajoutant que les projets dont on parle au château font horreur et que tout le monde y chante : Ça ira, à la Lanterne, les patriotes! 5° par un autre anonyme, signalant à M. Pétion la conduite des habitants de Péronne, qui se proposent de venir au secours du Roi, blâmant la trop grande tolérance des braves Parisiens et déclarant que, tant qu'il y aura des prêtres et des nonnes en France, on ne pourra y être heureux.

16 juillet 1792.

Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F1 4590.

255. — Déclaration faite au Comité de surveillance par le sieur Jacques Polbos, limonadier, rue de Valois, qui dénonce les conciliabules clandestins se tenant dans la maison d'un notaire, entre l'hôtel de Noailles et les Feuillants, conciliabules auxquels assistent plusieurs aristocrates des plus famés, M. de Narbonne, ancien ministre, et nombre de députés de l'Assemblée nationale.

18 juillet 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

256. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, lui envoyant un extrait des lettres et notes adressées au maire de Paris, du 8 au 18 juillet 1792 : 1° par

M. Garnier, président de la section des Tuileries, au sujet des passeports demandés par MM. de Favières, suppléant de M. Ruct, et Douyet, député, en cachant leurs qualités ; 2° par le tribunal de police de Nancy, au sujet du passeport pour Paris qui lui a été demandé par le sieur Antoine Minette-Saint-Martin, ancien garde du corps du roi de Pologne ; 3° par un anonyme, chevalier de Saint-Louis, qui félicite M. Pétion de l'éclatant hommage que le peuple a rendu à ses vertus civiques le jour de la Fédération, et déclare qu'il a refusé d'apposer sa signature à une pétition colportée contre lui; 4° par le sieur Charles-César Petit, graveur, rue Saint- Germain-de-l'Auxerrois, qui dénonce les propositions à lui faites par des inconnus, de fabriquer une planche d'assignats, et qui voulaient le mener dîner, le jour de la Fédération, chez le suisse du Bois de Boulogne, pour conclure leur marché; 5° par les officiers municipaux de Dôle, envoyant à M. Pétion les noms et signalements des nobles de leur ville, qui viennent de prendre des passeports pour se rendre à Paris, sous l'uniforme de gardes nationaux ; 6° par le sieur Lefèvre, député du département du Nord, avisant M. Pétion de l'arrestation, dans la recette de Malborouck, à la Nouvelle-France, d'un courrier chargé de dépêches, par quatre particuliers de bonne mine, qui lui ont pris ses dépêches et lui en ont remis d'autres.

22 juillet 1792.

Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N., F1 4590.

257. — Déclaration faite au Comité de surveillance par M. Jean-Baptiste Henry, commissaire de la section des Tuileries, signalant la présence habituelle, chez Mme de Staël, fille de M. Necker, rue du Bac, de l'ancien ministre Narbonne, qu'il a vu descendre vers 9 heures du soir.

1" août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

258. — Lettre de M. Pétion, maire de Paris, au président du Comité de surveillance, envoyant une lettre qui lui est adressée par un sieur Michel, citoyen

POLICE ET ESPRIT PFBLIC

actif du Faubourg Saint-Antoine, qui réclame la réduction de la Liste civile, déclare que les états-majors sont gangrenés d'aristocratie, et demande, au nom des enfants du Faubourg, qui se sont engagés à Finsu de leurs parents, que le commandement soit retiré aux traîtres généraux et donné à de bons patriotes.

4 août 1792.

Originaux signés (2 p.), A. N., F1 4590.

259. — Déclaration du sieur Leblanc, traiteur à l'Ecole militaire, faite au Comité de surveillance par le sieur Louis- Anne Pouchain, adjudant-major du bataillon de Saint-Victor, au sujet du départ, de l'Ecole militaire, de 24 à 30 gardes du Roi, tous de la cavalerie, mandés à 7 heures du soir par un officier.

4 aoùl 1792.

260. — Déclaration faite au Comité de surveillance par les sieurs Jean-Vincent Kerlinger et Joseph-Gabriel Décosse, lieutenants invalides, demeurant à l'hôtel des Invalides, au sujet des propos à eux tenus par un nommé Slick, ancien garde du Roi, qui leur a annoncé une prise d'armes très prochaine, lors de laquelle lui et ses camarades, armés de leurs sabres et des fusils et pistolets qu'ils trouveraient au château des Tuileries, attaqueraient le peuple de Paris et l'Assemblée nationale qu'ils dissoudraient, que le Potion, le maire de Paris, mirait chaud, ajoutant qu'au lieu des 24 sols 6 deniers par jour qu'ils recevaient avant leur licenciement, ils en touchaient maintenant 45, payés par le Roi.

4 août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

26 1 . — Déclarations fai tes au Département de Police par les sieurs Antoine-Arcel- Brigallaud , Laurent-François-René Cordebar, Antoine-Louis Barré, Jean Guiard, Jean-Claude Bonnet, Louis-Raphaël Mellini et Laurent Chaverot, citoyens enrôlés sous les auspices de M. d'Angremont, pour se mêler aux groupes, prendre la défense du Roi et de ses ministres, soutenir le parti royaliste el chercher à dé-

jouer le parti jacobin, avec révélations sur le rôle joué par ces affidés au Palais- Royal, qui, comme signe de ralliement, se pinçaient le bout de l'oreille droite, paraissaient être pour la plupart des exemployés des fermes, avaient reçu la garantie de la complicité des juges de paix et, dans le cas où ils assommeraient ou tueraient quelqu'un, d'être aussitôt relâchés, l'un des chefs de brigade étant un sieur Arrouard, qui les mit en faction au Palais-Royal.

4 août 1792.

Original signé, A. N., C 190, n° 160*.

262. — Déclaration faite au Comité de surveillance par le sieur Blondet, garçon de bureau au Comité diplomatique, qui, se trouvant en faction à la porte des Feuillants, a vu arriver, entre minuit et une heure du matin, un courrier à cheval, lequel lui a demandé l'adresse de M. Ducastel, député, et a vu ce même courrier se rendre d'abord à l'hôtel du ministre de la justice, puis au Déparlement.

5 août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

263. — Déclaration faite au Comité de surveillance par M. Jacques Polbos, limonadier, rue de Valois, portant qu'au dire d'un cocher, M. de Narbonne, avec deux de ses aides-de-camp en uniforme, est descendu aux Tuileries, au Pont-Tournant, sur les 2 heures du matin.

5 août 1792.

Original signé, A. IV., F7 4590.

264. — Déclaration faite au Comité de surveillance par M. Alexandre Herrmann, caporal des grenadiers du bataillon du Petit-Saint-Antoine, certifiant qu'étant de faction au petit escalier dérobé qui donne sur la terrasse près des appartements du Roi, vers minuit, il a vu entrer deux ministres chez le Roi, et que près de 70 personnes se sont succédées, qu'il a été témoin d'une grande agitation chez les Suisses, qui disaient en allemand : S'ils viennent par là, il faut les massacrer; que deux compagnies de grenadiers Suisses ont élé placées sur le grand escalier qui

DÉNONCIATIONS ADRESSÉES AU MAIRE DE PARIS, etc.

conduit aux appartements, que chaque homme avait son fusil chargé et 25 cartouches.

5 août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

265. — Déclaration constatant que le sieur Paul Languille, postillon de la poste de Rouen, porteur d'une lettre du directoire du Département pour M. Ducastel, député, est reparti avec les dépêches de M. Ducastel ; qu'arrivé surlaplace Louis XV, il a été entouré par la foule qui s'est emparée de ses paquets et l'a conduit au Comité de surveillance, où ses paquets décachetés lui ont été rendus et remis par le sieur Magnon, secrétaire du Comité.

5 août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

266. — Lettre des administrateurs du Département de Police au Comité de surveillance, envoyant un extrait des lettres adressées au maire de Paris : 1° par un anonyme qui annonce que toutes les personnes attachées à la Cour ont pris des passeports et n'attendent, pour partir, qu'un moment favorable; 2° parla section des Gravilliers, au sujet d'un dépôt d'armes sous le dôme des Invalides; 3° par les officiers municipaux de Figeac, faisant connaître la délivrance d'un passeport à un prêtre assermenté; 4° par M. Champion, ministre de l'intérieur, qui annonce à M. Pétion qu'il a donné des ordres, au nom de Louis XVI, pour que les gardes du Roi, qui s'étaient retirés à Meudon. en partissent sur-le-champ pour rentrer chez eux.

7 août 1792.

Original signé et extrait conforme (2 p.), A. N. F7 4590.

267. — Déclaration faite au Comité de surveillance par le sieur Ravineau, domicilié rue Saint-Honoré, d'après laquelle la caisse de la Liste civile, dont M. de Laporte est trésorier, serait cachée sous son lit et sous le parquet.

11 août 1792.

Original signé, A. N., F7 4590.

268. — Lettre écrite de Manchester par Le sieur Sylvestre, ami de la liberté et

ennemi du désordre, qualiliant Fauchel d'extravagant, Chabot de fou farci de sottises, Merlin d'ignorant sans principes et sans éducation, Lacroix d'hypocrite, Brissot de scélérat.

11 août 1792.

Original signé, A. N., F7 45911.

269. — Déclaration relative à un sieur Lambrieux, demeurant petit hôtel d'Harcourt, rue de la Harpe, soupçonné de pratiquer des enrôlements aux abords du Palais-Royal, qui, averti des recherches de la police, a déménagé sans rien dire, avec son signalement.

Sans date (août 1792;.

Minute, A. N., F7 4590.

270. — Dénonciation contre le comte de Montfort, possesseur d'un hôtel au Faubourg Saint-Germain, et d'un particulier, venu en sa compagnie de Coblentz et en ayant rapporté un million et demi, lesquels sont suspectés de pratiquer des enrôlements et doivent retourner à l'étranger la semaine suivante.

Sans date (1792).

Minute, A. IV., D III 235.

271. — Dénonciation par le sieur Lemaire, habitant la rue des Gravilliers, d'un embaucheur qui expédie tous les jours 4, 5 et souvent 6 voitures de recrues pour Coblentz, lesquelles recrues reçoivent chacune 500 livres, armes et bagages, lesdites voitures partant du haut du Faubourg Montmartre, à 7 heures du matin.

Sans date (1792).

Minute, A. N., D III 235.

272. — Dénonciation par un imprimeur en taille-douce d'un sieur De Marsan, demeurant rue de Cléry, qui a fait venir tout un matériel pour imprimer en tailledouce, que l'on a entendu travailler la nuit, et qui probablement doit se livrer à la fabrication de quelque papier-monnaie, supposition que rend vraisemblable le grand train mené par cet individu et sa générosité à l'égard de ses domestiques.

Sans date (1792).

Minute non signée. A. N., D III 235.

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