‹ Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la révolution française (volume 3)Chapitre 71 sur 86 · août · texte numérisé non relu

août

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB:t 81A (anc* BDn 20), fol. 189-192.

Il">2. — Lettre du Comité de salut public du Département de Paris au Directoire du Département, déclarant que le procureur de la commune de Passy, en ce moment à leur Comité, se plaint de ne pas avoir encore reçu la loi sur les accaparements, et l'invitant à donner toute son attention pour que l'envoi des lois ne souffre plus aucun retard, ce qui, dans l'intérêt de la République, n'aurait jamais dû arriver.

14 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. JV., BB;I 81A(anct BB" 20), fol. 190.

T. IX

11. 'i3. — Arrêté du Comité de sûreté générale, informé qu'un groupe déjeunes gens, répandus dans la rue Saint-Honoré et rues adjacentes, disaient hautement que Saint-Quentin était au pouvoir de l'ennemi, que c'en était fait, qu'on ferait très mal de résister, puisque c'étaient de braves gens qui n'en voulaient qu'aux f.. gueux, décidant qu'il sera écrit au Maire et au Commandant de la force armée de redoubler de surveillance, de multiplier les patrouilles, et de faire arrêter sans miséricorde tous ceux qui cherchent à troubler l'ordre public et qui sont évidemment salariés par les ennemis.

14 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'iI 286.

1154. — Arrêté du Comité de sûreté générale, informé d'une manière non équivoque que les chefs des rebelles adressent à divers particuliers, notamment aux journalistes de Paris, des exemplaires de leurs infâmes proclamations, timbrés de Thomas, décidant qu'il sera écrit au Comité de salut public du Département de Paris, d'intercepter tous les paquets ainsi timbrés, à l'adresse, soit des journalistes de Paris, soit d'autres citoyens, et de les lui faire passer.

14 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1 155. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, reproduisant, par extrait, une lettre des administrateurs des Travaux publics au Commandant général, en date du 14 août, suivant laquelle il serait fort essentiel à la célérité et à la sfireté du service aux barrières, qu'à l'exemple de l'usage observé pour les postes de l'intérieur, les adjudants de sections fournissent le bois, la chandelle, l'encre, le papier et autres menus objets. En conformité de cette lettre, le Commandant général ordonne aux adjudants de s'occuper essentiellement de la fourniture de ces objets et de prévenir par leur activité les plaintes des braves citoyens qui y montent la garde, et, du moment où la garde des barrières cessera, ils en feront

338 CHAPITRE Ier. — JOURNEES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

retirer les effels, dont ils deviendront responsables, pour les représenter et fournir au besoin.

Le Commandant général adjoint prévient ses concitoyens qu'il est urgent que l'organisation de la garde nationale se fasse très promptement, vu que dans tous les contingents, fournis aux armées, il s'est trouvé que des compagnies, portées jusqu'à 400 hommes, n'avaient pas plus fourni que celles qui ne sont composées que de 120 à 150 hommes, à cet effet, il invite les sections à nommer des commissaires pour procéder à un nouveau recensement dans leur arrondissement, afin que les compagnies ne soient portées qu'à 120 ou 150 hommes au plus, il en résultera qu'on sera plus à même de connaître les citoyens qui font le service, et il espère qu'il s'en fera mieux.

Les postes des barrières mettront toujours la plus grande activité pour qu'il ne sorte aucuns pains de Paris, cette mesure est essentielle.

Les rapports de la force armée font connaître qu'une patrouille a trouvé, à minuit, la porte du jardin, en face du Pont ci-devant Royal, entr'ouverte, et point de factionnaire, elle y en a posé deux.

A 10 heures 1/2 du soir, le feu s'est manifesté dans une chambre de tambours à la caserne des ci-devant gardes-françaises, même section, deux lits, les caisses et effets desdits tambours ont été brûlés.

Le rapport de la section du Temple fait mention que dans la foule, qui était à la porte d'un boulanger, Faubourg du Temple, il s'était glissé un particulier revêtu de l'écharpe tricolore, qui disait à des femmes qu'elles feraient bien de se munir de vivres pour 15 jours, la garde serait venue, mais trop tard.

Le citoyen Coulet, capitaine de la section de Rondy, atteste par sa signature que le susdit rapport est faux et que ce ne sont que des propos de femmes.

15 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 7G.

1156. — Arrêté du Comité de sûreté générale, invitant et, au besoin requérant,

le curé de la Madeleine et un ecclésiastique qui a prêché, la veille, à se rendre ce soir, à 8 ou 9 heures, au lieu de ses séances.

15 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1157. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1" autorisant le citoyen Tisset à se transporter chez le citoyen Saint-Laurent, rue Saint- Pierre-Pont-aux-Choux, n° 4, soupçonné d'entretenir une correspondance avec les ci-devant princes, à perquisitionner chez lui, à apposer les scellés, à faire la même perquisition chez l'abbé de Saint-Laurent, son frère, même maison, et amener au Comité ces deux individus; 2° décidant que le rapport fait par le citoyen Harny, pour l'affaire concernant la citoyenne Dugeat, dont les marchandises ont été arrêtées à Passy, sous prétexte d'accaparement, sera envoyé au Comité de sûreté générale de la Convention, en observant que ces marchandises, déposées à Passy, étant la propriété légitime de la dame Dugeat, elle doit être libre d'en disposer et même de les faire transporter à Paris, et qu'il doit être enjoint aux officiers municipaux de Passy de protéger ce transport par tous les moyens que la loi autorise ; 3° arrêtant que la femme du citoyen Hony, limonadier et employé à la Messagerie nationale, cour Saint-Martin, au café de la Grenade, sera invitée à venir au Comité, pour donner des renseignements sur des marchands, soupçonnés d'accaparements et dénoncés par ladite citoyenne, comme ayant tenu des propos contre-révolutionnaires et insultants contre le Comité de salut public de la Convention ; 4° d'après le rapport du citoyen Fournerot, chargé d'amener au Comité le citoyen Thomazeau, rédacteur du Courrier français, il n'a trouvé chez lui qu'une femme, qui, sous le nom de Thomazeau, est la rédactrice de ce journal, et le commissaire de police n'ayant pas voulu l'arrêter, vu que l'arrêté ne parle que du citoyen Thomazeau, décidant qu'il sera écrit à celte citoyenne, connue sous le nom de Réatrix Debarle-Dubosquet, pour l'inviter à se rendre au Comité; 5° ordonnant

L'ESPRIT PUfcLlC A PARIS DE JITLLET A SEPTEMBRE 1793

la mise en liberté des citoyens Berton et Lhuillier, de Passy, amenés au Comité comme prévenus de propos inciviques, n condition que ledit Rerlon partira pour l'armée, d'où il est revenu, sous deux jours, cl que Lliuillier ne donnera plus de sujet de plainte; G0 constatant que la citoyenne Hony, mandée au Comité pour donner des renseignements sur un marchand soupçonné d'insulter la Convention, est venue, mais n"a pu en fournir aucun.

15 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BBJ 81 * (anc' BB™ 20), fol. 193, 194.

1158. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant que le Commandant général passera, dimanche, la revue des sections armées du Temple et de Bonne-Nouvelle, que l'adjudant de la section qui monte au Pont-Neuf, ne Commandera plus dorénavant de canonniers pour ce posle, la compagnie qui montera à l'Arsenal y fournira un détachement commandé par un caporal.

Le Commandant général ne cessera, tous les jours, de répéter à ses concitoyens combien le service, aux barrières, est essentiel, il voit avec douleur qu'il n'y a pas cette bonne volonté et cette régularité dans ce service, si nécessaire dans les circonstances. Il engage les sections à faire de plus fréquentes patrouilles, surtout aux barrières, pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

D'après les rapports de la force armée, une voiture chargée de 50 voies de charbon, a été arrêtée dans la section du Muséum et conduite à la Mairie, le voi tuner a déclaré qu'il en venait encore plusieurs autres. On a arrêté et conduit, au Comité de la section de Bondy, une voiture chargée de farines.

10 août 1793.

Extraits conformes (2 pièces), A. N., AF*V 1470, BB^ 76.

1159. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1" mentionnant l'envoi, à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, de 2 volumes composés de lettres et d'autres écrits ma-

nuscrits concernant le nommé Duebesne, ci-devant intendant de MmC de Provence, incarcéré à Sainte-Pélagie; 2° ordonnant, d'après le rapport de la commune de Passy, qui fait connaître que le nommé Berton, renvoyé la veille, se permet d'insulter, que ce particulier sera amené au Comité par la gendarmerie nationale, et que li s personnes qui l'ont entendu tenir des propos séditieux, seront invitées à se rendre au Comité, et chargeant les sieurs Olivier, procureur de la commune, et Ci'andin, officier municipal de Passy, de mettre cet ordre à exécution; 3° déclarant que le commissaire de police de la section du Temple, mandé au Comité relativement à la saisie de jeux de loto, s'est rendu à cette invitation ; 4° chargeant le citoyen Delespine d'écrire au ministre de la justice, pour obtenir la loi relative aux accapareurs, tant pour le Comité que pour les Comités de surveillance des 48 seclions, qui viennent journellement demander un exemplaire cle cette loi; 5° déclarant, après le rapport cle l'affaire du citoyen Cramagnac, soupçonné d'accaparements, qu'il ne saurait être regardé comme accapareur, parce qu'il n'a acheté ses toiles qu'à raison du pressant besoin qu'en avait l'administration de l'habillement des troupes à l'Oratoire, décidant que ces toiles ne pourront être vendues qu'à celte administration ou à celle des hôpitaux militaires, et resteront sous les scellés, mais qu'au cas où ces administralions refuseront d'acheter ces toiles, le sieur Cramagnac sera tenu d'ouvrir un magasin et de les exposer en vente au détail et au prix courant; G" déclarant qu'un domestique de Duchàtelet, excitant le trouble dans l'Assemblée générale de la section du Mont-Blanc et faisant remplacer son maître par un citoyen de la section de la Rulte-des-Moulins, doit être considéré comme très suspect, et ordonnant qu'il sera conduit à la Mairie, pour y être de nouveau interrogé et puni, s'il le mérite ; 7" constatant que la citoyenne Béatrix Debarle-Dubosquet, connue sous le nom de Thomazeau, directrice du journal le Courrier français, ayant été invitée à se rendre au Comité, n'a pu le faire, étant

absente de Paris, et, ayant envoyé un citoyen à sa place, il lui a été répondu qu'on avait à lui parler et qu'on attendrait son retour, elle est mandée relativement à une affiche à son adresse, portant pour légende en tête : De par le Roy.

16 août 1793, malin.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc* BB™ 20), fol. 195-197.

public du Département de Paris : 1° enregistrant la venue d'une députation de femmes des sections de la Halle-au-Rlé, de la Butte-des-Moulins et de la République-Française, qui prient le Comité de faire en sorte qu'il soit distribué, dans leurs sections respectives, de l'ouvrage relatif à l'habillement des troupes, vu la difficulté qu'elles éprouvent et même les malheurs qui se produisent chaque jour, à la porte des Petits-Pères, lors de la distribution de cet ouvrage, qui ne leur est donné qu'après l'avoir sollicité longtemps et perdu beaucoup de temps; le Comité leur a promis de s'en occuper et leur a dit que les premières démarches étaient déjà faites, et qu'il attendait l'adhésion des sections, à qui il avait déjà envoyé une circulaire à ce sujet; 2° chargeant le citoyen Harny de rédiger une pétition à la Convention, pour obtenir la taxation des denrées de première nécessité ; 3° décidant que le rapport fait par le citoyen Génois, relativement à l'affaire du citoyen Morizot, qui réclame l'appui du Comité pour se faire rendre justice par les ministres, ayant opposé un refus à ses réclamations, sera adressé au ministre des Contributions publiques; 4° envoyant à Sainte-Pélagie le sieur Louis-Jean Josset, ci -devant clerc tonsuré du diocèse de Paris, pensionné de la Nation, demeurant rue Poissonnière, n° 164, arrêté chez lui; le sieur Louis-Anloine-Gabriel Lamyre, négociant d'Amiens, arrêté chez le sieur Saint-Laurent, rue Saint-Pierre-Pont-aux- Choux, deux domestiques de la dame Lamyre et le portier de la maison, prévenus de tremper dans un recèlement d'effets précieux et importants à la République ;

5° mentionnant l'envoi d'une lettre au Comité de sûreté générale pour lui demander la désignation d'un vaste magasin, où l'on puisse déposer les voitures, chargées de marchandises à destination de Lyon, Marseille, arrêtées par les sections, qui demandent l'avis du Comité, et cela afin d'éviter les frais de magasinage et les réclamations des voituriers, ou, dans le cas contraire, autoriser leur arrestation; d'une autre lettre au même Comité, demandant un ordre pour l'envoi d'un membre du Comité du Département, à Amiens, à l'effet d'apposer les scellés chez la dame Lamyre, soupçonnée de complicité clans l'affaire Saint-Laurent ; d'une troisième lettre au même Comité, pour lui faire part de la prise qu'il vient de faire chez le citoyen Saint-Laurent, soupçonné de recéler les titres de la maison de Condé; 6° mandant le citoyen Jacob, ci-devant quartier-mailre au corps Rosenthal, demeurant à l'Ecole militaire, pour justifier de ses moyens d'existence; 7° enregistrant l'envoi, par le ministre de la justice, d'un exemplaire de la loi sur les accapareurs, et chargeant le citoyen Delespine d'écrire une nouvelle lettre à l'effet d'inviter le ministre à en envoyer une quantité suffisante pour les distribuer aux 48 sections, ainsi que le" dernier numéro de la collection des décrets.

16 août 1793, soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A.N., BB3 81A (anc* BB" 20), fol. 197-199.

1161. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après lecture des dénonciations contre les employés de la Bibliothèque nationale, considérant que les relations des savants étrangers avec les employés de la Bibliothèque commandent impérieusement de n'y placer que des patriotes prononcés, qui ne laissent plus de doute dans l'esprit de l'étranger sur le véritable esprit national, décidant que le ministre de l'intérieur sera invité à nommer, aux places de la Bibliothèque nationale, des citoyens dont le patriotisme soit éprouvé et les sentiments conformes à la Révolution du 31 mai dernier, qu'il ne laissera

en place que le citoyen Tobiesen-Duby, de tous ceux employés à ladite Bibliothèque, chargeant les citoyens Lavicomterie, Laignelol et Chabot de présenter au ministre des savants dont le civisme soit connu et capables de remplir ces places.

16 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. A'., AF*n 286.

1162. — Arrêté du Comité de sûreté générale, invitant le citoyen Dubois, vicaire de Saint-Germain-des-Prés, à se rendre au Comité, le lendemain à 1 heure, et à apporter le cahier des sermons qu'il a prononcés, jeudi, dans l'église de la Madeleine.

17 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. JV., AF*n 286.

1103. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel le Commandant général invite ses concitoyens, pour la 12e et 20° fois, à ne laisser sortir de Paris ni pains ni farines, et à remplir le service aux barrières avec exactitude.

Plusieurs conspirateurs s'élant glissés depuis quelques jours dans les groupes publics et les assemblées nocturnes, et y tenant des propos contre la Convention et les autorités constituées, le Commandant général invite tous les bons citoyens, amis de l'ordre et de la paix, à dénoncer les conspirations et conspirateurs, et recommande d'avoir les réserves toujours bien complètes et les patrouilles fréquentes.

D'après les rapports de la force armée, un enfant de 11 à 12 ans s'est noyé en se baignant au-dessous de l'Archevêché, on a repêché son cadavre, qu'on a remis à ses parents.

17 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. JV., AFIV 1470, BB;i 76.

1164. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° décidant, d'après la lecture du rapport du citoyen Dedouvres, chargé de visiter des moulins, suspectés de moudre des grains mauvais et pourris, qui constate qu'effec-

tivement il s'y moud des orges et grains gâtés pour l'Administration, que copie de ce rapport sera envoyée à la Convention; 2° prenant acte des explications du citoyen Jacob, ex quartier-maitre du corps Rosenthal, qui est renvoyé; 3° reproduisant le texte d'une lettre du Comité de sûreté générale de la Convention, qui improuve fortement la résistance opposée par les membres de la Commission des chevaux à ceux du Comité de salut public du Département, et ordonne de restituer au citoyen Bié ville son cheval, qui lui est indispensable, en ayant d'ailleurs déjà donné un à la Nation, avec mandat du Comité au citoyen Moissard de se transporter à la Commission des chevaux pour réclamer le cheval en question; 4° mentionnant l'envoi d'une lettre au ministre de l'intérieur, en faveur du citoyen Guérin, ci-devant boulanger à Paris, qui se plaint de l'arrestation, à Charenton, d'une voiture de farine lui appartenant; ii° autorisant le citoyen Malo Duverger, en qualité de gardien auprès de la veuve Fournier, rue du Théâtre- Français, à supprimer toute communication avec ses gens et les étrangers, à ne pas lui laisser écrire et à prendre toutes les lettres qu'elle recevra, qui seront remises au citoyen Tisset pour le Comilé de salut public, qui en prendra connaissance ; 6° recevant le rapport des citoyens Guigues et Marchand, chargés de porter au Comité de salut public une lettre notifiant la découverte faite chez Saint-Laurent, par lequel ils déclarent qu'ils ont été fort applaudis; 7" décidant d'abord que le citoyen Leroux, quincaillier, au Pigeon ramier, rue Saint-Martin, soupçonné d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires, restera en état d'arrestation au Comité jusqu'au rapport du citoyen Génois, puis, qu'il sera mis en liberté sous la responsabilité personnelle des citoyens Ravet, bonnetier, rue Saint-Martin, n°357, e L Bailly, même maison ; 8° statuant sur une dénonciation faite au Comité de surveillance de la section de la Croix-Rouge par l'adjudant Lebrun, contre le nommé Duprat, lieutenant de la 3e compagnie, et plusieurs autres citoyens, pour avoir refusé de monter la garde au poste du baut

de la rue de Sèvres, sous prétexte que leurs billets de garde étaient signés dûdit Lebrun, considérant que tout citoyen doit obéir à la loi qui lui ordonne de faire son service, quand il est commandé, qu'il est coupable, quand il refuse, et que ce refus, qui est prémédité, pourrait avoir des suites, invitant le procureur de la Commune à requérir l'exécution de la loi contre les récalcitrants.

17 août 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A fane1 BB" 20), fol. 200-204.

1165. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel, après l'annonce du départ d'un convoi d'artillerie pour Maubeuge, le Commandant général adjoint invile ses concitoyens à accélérer l'organisation et le renouvellement des officiers, ou la continuation des anciens, de l'état -major des sections ei des légions, pour que de suite les commandants de sections apportent à l'état-major le contrôle de chaque compagnie. Il renouvelle aussi l'ordre d'arrêter tous citoyens, revenus de la Vendée ou autre armée, et de les conduire à la caserne de la Courtille.

Suivant le même ordre, à dater du 19 août et tous les jours, chaque section enverra un homme armé, sur la place de la Maison commune, pour monter la garde à l'Arsenal pendant 24 heures. Ce détachement sera commandé par un capitaine, 2 sergents et 3 caporaux, pris successivement dans chaque section et légion, il aura le commandement du poste de l'Arsenal, et les canonniers seront sous ses ordres.

Le Commandant général invite ses concitoyens à se munir d'armes, lorsqu'ils sont de garde, telles que piques ou fusils; plusieurs bons citoyens l'ayant assuré que certains d'entre eux, indifférents à la chose publique, aimaient mieux ne se servir que de leurs sabres, lorsqu'ils étaient de garde, et laissaient les autres armes à la maison, il charge ses concitoyens de surveiller ces indifférents frères. Il faut de l'union et de l'uniformité dans le service, sans cela point de sûreté pour les

personnes et point de respect pour les propriétés. Mais comme tout bon républicain a juré de maintenir de tout son pouvoir les lois de son pays, la sûreté des personnes et des propriétés, il commet un parjure, lorsque, le jour de sa garde, il ne se sert pas de toutes ses armes pour les défendre.

Les réserves à l'ordinaire, les patrouilles fréquentes et de l'exactitude dans le service des barrières.

D'après les rapports de la force armée, vers minuit, l'on a déposé au poste de la section du Panthéon-Français un tonneau de sel pesant environ 400 livres, trouvé chez un particulier où l'on soupçonne encore d'autres objets; un incendie a éclaté chez un boulanger de la rue des Petits- Pères.

18 août 1793.

Extrails conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N-, AFIV 1470, BB3 76.

1160. — -Décision du Comité de sûreté générale, délibérant sur la pétition de la citoyenne Monmony, demeurant rue de Cléry, n° 63, considérant que si le salut public a contraint le Comité de prendre des mesures sévères envers des maisons notoirement connues pour donner à jouer, le Comité n'a pas entendu violer les propriétés des citoyens paisibles et les priver de leur agrément particulier, que la maison de la citoyenne Monmony n'est point une maison publique, et que les ustensiles de jeu qui s'y trouvent ne servaient que pour elle et pour ses amis, arrêtant, en conséquence, que le citoyen Charbonnier, commissaire de police de la section des Tuileries, est requis de lever, sur-le-champ, les scellés apposés eur les effels de la citoyenne Monmony, et de la laisser en pleine jouissance de ses propriétés.

14 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 280.

1167. — Décision du Comité de sûreté générale, saisi d'une pétition du citoyen Froget, en réclamation de levée des scellés apposés chez lui, considérant que le Comité n'a entendu sévir que contre les

maisons qui, par la multitude qu'elles recèlent, forment un foyer de contre-révolution et de gens suspects, corrompent les mœurs et attentent à la liberté publique» et qu'il n'a pas entendu gêner la lilierlé des citoyens paisibles et honnêtes qui s'assemblent sous la protection des lois pour jouir des moments consacrés à l'agrément de la vie, et jouent des jeux non prohibés et de commerce, considérant que la maison du citoyen Froget n'est point dans la classe de celles contre lesquelles le Comité a dû sévir, requérant le citoyen Charbonnier, commissaire de police de la section des Tuileries, de lever les scellés apposés chez le citoyen Froget.

18 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A.N., AF'll 286.

1168. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris :

1° prenant acte du renvoi par le Comité de salut public de la Convention d'un extrait du procès-verbal dressé par les ofliciers municipaux de Chantilly, en présence du citoyen Dedouvres, commissaire du Comité, qui constate la mauvaise qualité des farines moulues au moulin dit des Prés, avec lettre à ce sujet, et décidant que ces pièces seront remises à la Commune de Paris; 2° arrêtant l'envoi au ministre de la guerre des dénonciations contre le nommé Berton, volontaire à Passy, qui, pour insultes et menaces, a été incarcéré à l'Abbaye; 3° notant l'invitation au Comité de surveillance de la section des Tuileries d'envoyer au Comité l'un de ses membres ou le commissaire aux accaparements, au sujet d'un dépôt d'une grande quantité de charbon, rue Saint-Florentin, près de l'Orangerie, au petit hôtel de l'Infanlado; 4° prenant connaissance d'un arrêté du commissaire aux accaparements de la section de Monlreuil, au sujet de deux voitures, chargées de café, eau-de-vie et autres marchandises pour Bàle et Belfort, considérant qu'une plus longue arrestation pourrait mettre des entraves au commerce, surtout avec une nation avec laquelle on n'est pas en guerre, décidant l'envoi du çiloyen Fournerot, à l'effet de vérifier les

lettres de voiture et marchandises en question, et de les faire partir, si elles sont en règle; o" autorisant le citoyen Guigues à se rendre au Comité des procès-verbaux de la Convention, afin de demander le décret qui charge le ministre de l'intérieur de fournir un local pour le dépôt des marchandises saisies, à destination de Lyon et de Marseille; 6" arrêtant d'écrire au sieur de Saint- Venant, commissaire de police de la section de la Halle-au-Blé, pour se concerter avec lui au sujet du payement des forts de la Halle, qui metlenl arbitrairement à contribution ceux pour lesquels ils travaillent.

18 août 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB:) 81* (anc* BB1'1 20), fol. 205-209.

1 169. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ de deux convois d'artillerie, l'un pour .Muubeuge et l'autre pour Compiègne, ainsi que l'arrivée d'un convoi de poudres d'Essonnes pour l'Arsenal.

Le Commandant général invite ses concitoyens à ne point abandonner leurs postes, lorsqu'ils sont de garde ; les adjudants de sections veilleront à ce qu'ils soient toujours complets, il les invite surtout à redoubler de zèle et d'activité dans leur service et pour l'obéissance à leurs chefs.

Les réserves seront toujours de 2a hommes, les patrouilles à l'ordinaire et la plus grande surveillance aux barrières.

19 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF1V 1470, BB3 76.

nérale, sur les représentations à lui faites par le citoyen Joseph-Benoît Duplain, au sujet de l'arrestation opérée par la section Poissonnière de deux numéros de son journal intitulé : Courrier' universel, lecture faite des deux numéros, estimant que la section Poissonnière peut laisser passer ledit journal, tant qu'il ne s'écartera pas des principes avoués par tous les bons républicains, s'en rapportant là-dessus à

la sagesse et aux lumières des membres de la section.

19 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*u 28C.

1171. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° constatant la notification, par le commissaire aux accaparements de la commune de Vaugirard, de la saisie d'un dépôt de 8 à 900 voies de charbon purifié, se trouvant dans un hangar, ainsi que de 6 balles de soude, le Comité a applaudi au zèle de ce commissaire et l'a engagé à poursuivre ses recherches; 2°invilantle commissaire aux accaparements de la section des Tuileries, venu au Comité, à surveiller l'accaparement de charbon de la rue Saint-Florentin et à faire les poursuites nécessaires; 3° chargeant le citoyen Delespine de se rendre au Conseil général de la Commune afin de l'inviter, au nom du bien public, à se concerter avec les administrateurs du Département des Subsistances pour dresser un tarif des sommes à allouer aux forts de la Halle pour les différents ouvrages auxquels ils sont assujettis pour le service de la Halle, et particulièrement pour ceux qui descendent les minots, lequel Delespine a rapporté que le Conseil général de la Commune a renvoyé l'affaire au Corps municipal ; 4° le citoyen Loys, chargé de demander au ministre de la justice le décret du 18 août, relatif à l'indication d'un magasin propre à recevoir les marchandises à destination de Lyon et de Marseille, saisies par les sections, ayant apporté ce décret et fait observer au Comité qu'il lui avait été répondu par le chef du bureau chargé du sceau national, que le ministre ne faisait point d'expédition aux autorités constituées, mais seulement à son collègue de l'intérieur, qui en faisait l'envoi, arrêtant qu'il serait écrit au ministre de la justice pour lui faire sentir la nécessité de les expédier au Comité ; o° donnant mandat au citoyen Loys de se transporter, le lendemain, à 4 heures du matin, en la maison de secours de la rue Neuve-Saint-Augustin, où l'on soupçonne qu'il se fabrique de faux assignats, à l'effet d'en faire perquisition,

l'autorisant à se faire assister de la force armée, à amener les personnes suspectes, à apposer les scellés , s'il y a lieu, sur leurs papiers et effets ; 0° arrêtant que le citoyen Delespine se transportera dans les arsenaux et magasins à poudre, pour constater le nombre et la qualité des poudres et munitions de guerre et en rendre compte au Comité; 7° décidant que le commissaire aux accaparements de la section de Montreuil rendra les chevaux aux voituriers conduisant des voitures chargées de cloches, venant de Rouen et arrêtées par la section, lesquelles appartiennent à Auger, et que les cloches resteront en dépôt.

19 août 1793, matin et soir. BB3 81A (anc* BB" 20), fol. 209-212.

1 172. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, portant qu'il partira incessamment 2,000 sabres pour Brest, que le service des canonniers à la prison sera fait, à compter de ce jour, par toutes les compagnies de canonniers.

Les commandants des postes aux barrières auront la plus grande attention à ce qu'il ne sorte pas de pain; la plupart de ces postes sont incomplets et cette négligence ne peut être attribuée en partie qu'au défaut d'inspection des adjudants de sections; ils donneront donc tous leurs soins pour s'assurer chaque jour du complément de ces postes intéressants.

20 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de 1 Etat-major général (2 pièces), A. N., AFV 1470, BB3 76.

1173. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° chargeant le citoyen Delespine d'examiner les articles de la loi des accaparements, qui méritent quelqu'instruction, et d'écrire au ministre de la justice, pour lui demander s'il y a des instructions faites relativement à cette loi; 2° décidant d'envoyer à la Convention nationale copie du passage d'une lettre venant de Strasbourg, en date du 12 août, à l'adresse du citoyen Machault, dit Messin, cordonnier, rue de Duras, passage qui lait connaître qu'à Stras-

bourg le vin rouge coûte 50 sols, le mauvais blanc, 40 sols; le blanchissage d'une chemise, d'une paire de bas et d'un mouchoir de poche, 20 sols; le pain bis, 2b sols les 3 livres; les œufs, 10 sols la pièce; l'assignat de 5 livres donné pour 20 sols en matière, et le louis, 100 livres; 3° invitant le citoyen Hanriot à se rendre au Comité, pour se concerter avec lui relativement à un rassemblement dénoncé dans une maison dite de santé, rue de . . ., section de la République; 4° à La suite d'une dénonciation verbale faite par le citoyen Grandin, officier municipal de la commune de Passy, sur ce que des commissaires de la section de Bon-Conseil se sont permis d'aller faire à Passy des visites domiciliaires nocturnes, arrêtant qu'il sera écrit à toutes les sections, pour les inviter à se circonscrire dans les bornes de la Municipalité, et dans le cas où la nécessité obligerait une section d'aller perquisitionner hors de l'étendue de Paris, qu'elle se ferait autoriser, soit par les Comités de la Convention, soit par le Département, soit par le Comité de salut public du Département ; 5° d'après une autre dénonciation verbale, faite par les citoyens Olivier et Grandin, officiers municipaux de la commune de Passy, sur ce que les gardes aux barrières se permettent de saisir les pains qui sortent de Paris et sont emportés par les habitants des communes, sans rembourser le prix desdits pains, arrêtant que le citoyen Delespine se transportera à la Commune pour l'informer de cet abus, demander que les pains saisis à l'avenir soient payés, et faire ce qu'il çroira convenable pour remédier aux contestations qui en résultent; 6° à la suite du rapport fait par le citoyen Delespine, chargé de dénoncer à la Commune l'abus existant aux barrières, relativement aux pains saisis sans en payer la valeur, qui déclare que la Commune n'a pas entendu prendre de telles mesures, et que son intention était bien que l'on remboursât le pain, arrêtant que l'observation présentée par le citoyen Delespine serait convertie en motion et imprimée; 7- invitant les chefs des bureaux du ministre de la guerre à donner au citoyen Tisset les renseignements né-

cessaires pour acquérir les preuves des délits que peuvent commettre les parti culiers employés dans les armées, délits au sujet desquels le Comité cherche à s'éclairer; 8" chargeant le citoyen Fournerot d'examiner un procès-verbal, dressé par deux gendarmes de Blois. qui constate l'existence d'un complot pour faire évader un prêtre réfractaire et une nonne, envoyés au Tribunal révolutionnaire, ledit procès-verbal adressé au Comité par celui de salut public et de sûreté générale du département de Loir-et-Cher, afin de statuer à cet égard; 9° portant envoi au Comité de salut public de l'extrait d'une lettre venant de Landrecies, en date du 17 août, signée Paradis, capitaine de grenadiers du bataillon de la Commune de Paris, à l'adresse du citoyen Biche, rue Geoffroy-l'Asnier, ladite lettre annonçant, en substance, qu'il y a à Landrecies 6,000 hommes qui n'ont que pour G jours de vivres; 10° donnant mandat au citoyen Tisset de prendre des renseignements sur une maison, dite de santé, rue et séjour d'Hygie, section de la République, dénoncée comme recevant des gens suspects ; 11° prenant acte de la dénonciation, par les deux Comités réunis de la section de la Croix-Rouge, d'un arrêté pris par la 5e compagnie, rue de Grenelle, comme attentatoire à l'autorité des corps constitués, ledit arrêté provoqué par Solder, sergentmajor, lequel, ainsi que le capitaine, seront mandés au Comité.

20 août 1793, malin et soir. BB3 81* (anc' BB74 20), fol. 213-218.

1174. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, prescrivant à tous commandants de patrouilles et de postes, surtout sur les ports, quais et îles, de veiller à l'exécution d'un arrêté du Conseil général de la Commune, du 19 courant, qui invile les deux Comités réunis des Subsistances et de Police, ainsi que le Commandant général, à suivre, sous leur responsabilité, l'exécution d'un précédent arrêté du Conseil qui interdit aux plumets de se tenir sur leurs bateaux, afin que les

particuliers puissent se faire délivrer et emporter, à leur gré, les marchandises qu'ils achètent sur les ports, ledit arrêté devant être afliché dans les corps de garde.

L'ordre mentionne un autre arrêté du Département de la Garde nationale, concernant le prêt des tamhours pour la première quinzaine de septembre, et annonce le départ de 3 convois d'artillerie, l'un pour Douai, l'autre pour Metz et le 3e pour le camp de Carignan, armée des Ardennes.

Les réserves toujours complètes et les patrouilles fréquentes.

Les rapports de la force armée ne signalent que l'arrestation d'un commissaire de la section des Gravilliers pour dilapidations.

Extraits conformes) signés de Clément, secrétaire île l'Etat-major général (1 pièces), A. N., AF'V 1470, BB:i 76.

1175. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° portant que le nommé Bourguès, soupçonné de vente d'argent, conduit à la Mairie et relaxé, étant venu réclamer l'argent qui servait à faire son commerce, sera de nouveau mis en état d'arrestation et envoyé à la Force, que l'on a écrit au Département de Police pour l'aviser de la surprise causée au Comité par sa mise en liberté, de son arrestation à nouveau et de l'envoi de ses pièces au Comité de salut public de la Convention ; 2° faisant connaître qu'il a été écrit au Commandant général pour l'inviter à faire passer un ordre au commandant du bataillon de la section armée de l'Unité, alin de faire respecter la propriété du sieur Moret, qui a pris à bail les bâtiments de l'Abbaye Saint-Gcrmain-des-Prés, et notamment qu'il soit fait défenses aux porteurs d'eau de s'emparer de l'eau du réservoir destinée aUX locataires ; qu'il a été également écrit au Comité de salut public de la Convention pour l'aviser de l'arrestation du citoyen Ragnaud, employé au bureau de la guerre, homme dangereux, et que le Comité du Département lui rendra compte de l'affaire de Saint-Laurent, ainsi que du voyage fait par son ordre à Amiens

pour cette affaire, de même qu'il a été envoyé au Comité de salut public extrait d'une lettre du Comité révolutionnaire de la section de la Maison commune, portant en substance que les citoyens de celte section se disposaient à partir pour travailler au canal projeté dans le département de la Côte-d'Or, et par ce moyen se soustraire à la levée d'hommes qui doit se faire pour partir en masse ; 3° d'après les renseignements pris par le commissaire aux accaparements de la section des Tuileries au sujet de l'existence dans l'hôtel de l'Infantado, rue Saint- Florentin, près de l'Orangerie, d'un magasin de charbon, comme il a été constaté que ces charbons déposés dans cet hôtel, habité par l'ambassadeur de Venise, absent depuis un an, appartenaient à cet ambassadeur, il a été décidé qu'ils seraient vendus au prix courant, dont le montant sera remis à l'homme d'affaires de l'ambassadeur après prélèvement des frais de la vente; 4° constatant la venue au Comité des citoyens Sohier, sergent-major, et Joannin, capitaine de la 5e compagnie de la section de la Croix-Rouge, mandés pour rendre compte de leur conduite relativement à un arrêté attentatoire à l'autorité des corps constitués, pris par cette compagnie, dont lecture est donnée cl dont l'original sera remis au Comité ; b° portant envoi à l'accusateur du Tribunal de police correctionnelle des pièces contre le citoyen Lefèvre, commis au Tribunal révolutionnaire, soupçonné de faciliter des accaparements de draps et poursuivi, d'abord pour s'être qualifié membre du Tribunal révolutionnaire, alors qu'il n'est que commis d'huissier dudit Tribunal, ensuite parce qu'il n'est pas commerçant et que, parait-il, il favorise sous son nom des négociants ou des accapareurs, qui, craignant la rigueur de la loi et voulant s'y soustraire, dégarnissent leurs magasins; 6° donnant mandat aux citoyens Moissard et Marchand de faire, conjointement avec le juge de paix de la section de Popincourt, la levée des scellés chez le citoyen Saint- Laurent, lesquels ont amené au Comité 4 malles avec un paquet d'étoiles d'or et une layette de dentelles; 7° entendant le

L'ËSPBÎt PllilJC A PARIS DE JUILLET A SEPTEMBRE 179!t 347

rapport du riloyen Loys, au sujet d'une dénonciation contre le Comité de surveillance de la section de l'Observatoire, dont il devra vérifier le civisme, et au sujet d'une perquisition sans résultai eri la maison de secours de la rue Neuve- Saint- Augustin, suspectée d'être le siège d'une fabrication de faux assignats.

21 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N. BB3 8tA (anc1 BB" 20), fol. 219-224.

1170. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ imminent pour Péronne et l'armée du Nord de plusieurs caisses de briquets, sabres et pistolets, de plusieurs caisses de fusils pour Màcon, ainsi que de 8 affûts et 8 caissons vides pour le service du camp de la Madeleine-sous-Lille, enregistrant deux arrêtés du Conseil général de la Commune, l'un du 20 de ce mois, qui déclare que l'on remboursera aux citoyens, sur lesquels sera saisi du pain aux barrières, la valeur de ce pain; l'autre, du 21 août, ordonnant au Commandant général de fournir, sous sa responsabilité, les forces suffisantes pour garantir la sûreté des postes des barrières menacés.

Le dimanche suivant, à 'i heures du malin, exercice à feu de canons, pour la lr« classe des compagnies de canonniers de toutes les légions, savoir : la lrc, auprès de l'Hôpital ; les 3e et 4% au Champ-de- Mars, et les 2e, oe et G1' aux Champs-Elysées.

Les réserves seront de 2o hommes, les patrouilles fréquentes, et la plus grande surveillance sera exercée aux barrières.

Les rapporls de la force armée signalent l'arrestation, la veille, sur les 9 heures du soir, au poste de la Halle-aux-Yins, de deux voitures chargées de son pour la régie, rue Notre-Dame-des-Vicloires, et, au même poste, le factionnaire déclare que, pendant ses deux heures de faction, il a vu descendre, à la porte Saint-Bernard, au moins 80 voitures chargées de bois, dont quelques-unes contenaient deux voies.

22 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF1V 1470, BB3 76.

1177. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° envoyant au Comité do sûreté' générale les citoyens Marchand et llarny pour faire h' rapport de leur mission à Amiens, relative à l'affaire Saint-Laurent; 2° autorisant le citoyen Clémence à se transporter à la section de l'Unité, pour se renseigner sur l'insulte faite au citoyen Fournerot; 3° envoyant les citoyens Guigues et Cénois chez le ministre des Contributions publiques pour l'affairé Morizot.

22 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81 A (anc1 BB" 20), fol. 225-22G.

1178. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant que, la veille, on a pillé des voilures de farines au Faubourg Saint-Antoine, et que « ce ne sont point nos bons frères les Sans-culottes qui se permettent de semblables excès, mais bien les malveillants ; que, depuis deux jours, des brigands se sont permis d'insulter la cocarde tricolore, et que cette insulte mérite la plus grande surveillance et la plus sévère recherche des auteurs. »

Suivant cet ordre, le Commandant général passera, dimanche, à 7 heures du malin, la revue de la section armée de la Maison-Commune, sur le port au Blé. Les adjudants de sections apporteront, deux fois la semaine, les états des indemnités dues aux citoyens qui montent aux barrières, afin qu'ils en puissent jouir, du moment qu'ils ont rempli leur service.

Depuis deux jours il arrive une grande quantité de militaires à Paris, les postes et patrouilles sont invités à les arrêter, lorsqu'ils ne seront pas munis de missions des autorités constituées. Tous ceux qui voudront concourir aux places d'ad judants généraux et d'instructeurs de canonniers viendront se faire inscrire au Secrétariat général, sous l'arcade Saint-Jean, samedi et dimanche, depuis 9 heures du matin jusqu'à midi, passé ces deux jours, on ne recevra plus d'inscriptions.

Le Commandant général recommande toujours la plus grande surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain

et des farines de Paris, des patrouilles fréquentes et réserves complètes.

Les rapports de la force armée ne signalent que des attroupements, la nuit, aux portes des boulangers.

23 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 70.

1179. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° portant qu'il a été écrit au ministre de l'intérieur pour l'inviter à user de tous les moyens que lui donne la loi pour favoriser la rentrée des blés et farines, en raison de la réclamation d'un boulanger de la rue de Tournon, qui a essuyé de la part du maire et du procureur de la commune de Lardy un refus opiniâtre, qui ne lui a pas permis d'enlever les farines qu'il avait achetées; qu'il a été également écrit au maire et procureur de la commune de La Chapelle pour les inviter à se rendre au Comité à l'effet d'indiquer les motifs qui les ont déterminés à ne pas tenir l'assemblée annoncée au son de la caisse, et ce d'après la plainte faite au Comité par beaucoup de citoyens de La Cbapelle ; écrit également à la Société des Sansculottes Montagnards de Tonnerre pour les remercier des 3 imprimés contenant l'apothéose de Marat, envoyés au Comité ; qu'il a été aussi écrit au Comité de surveillance de la section de la Halle-au-Blé pour l'inviter à examiner les papiers de l'abbé de Villarceaux, ancien chanoine du Mans, demeurant hôtel de la Providence, rue d'Orléans, pour s'assurer s'il a prêté son serment, ou s'il ne l'a point prêté, et s'il y a dans ses papiers quelque chose de suspect, à le mettre en état d'arrestation et à le conduire au Comité ; 2" faisant connaître que le citoyen Delespine a écrit au Comité de législation pour l'informer que les commissaires aux accaparements des 48 sections viennent journellement signaler les difficultés que suscite la loi sur les accaparements, notamment l'article 10 qui laisse aux mauvais citoyens beaucoup de facilités pour l'éluder, et afin de demander une instruction interprétative, qui puisse

mettre les commissaires à même de l'exécuter; 3° décidant que le citoyen Dijon, capitaine de volontaires, sera conduit à l'Abbaye par mesure de sûreté et comme ne devant point être à Paris, n'en ayant pas la permission, et qu'avis en sera donné au ministre de la guerre; 4° arrêtant que le citoyen Jean Auffray, soi-disant grenadier au premier bataillon de Paris, ayant insulté et frappé un particulier paisible, membre du Comité de salut public du Département de Paris, sera conduit à IaForce pour y être détenu jusqu'à ce que le Tribunal de police correctionnelle ait statué sur son compte.

23 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81 A (anc« BB7t 20), fol. 227-230.

1180. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite tous les bons citoyens de service à surveiller avec la plus grande exactitude plusieurs malveillants, qui égarent le peuple par des insinuations perfides, qui lui conseillent le meurtre, le pillage et le mépris des autorités constituées. «Citoyens! ajoute Hanriot, Union! et la République est sauvée; Fraternité, Egalité, Indivisibilité! et les tyrans sont perdus. Confiance dans la Convention nationale, confiance dans la Commune de Paris, et vous verrez renaître parmi vous la joie et l'abondance. Citoyens! assurez-vous de ceux qui veulent désorganiser la société et prêchent l'anarchie, et ne souffrez jamais que les personnes et les propriétés soient violées, alors nous remplirons notre tâche et nous serons dignes d'être républicains. »

Outre la garde ordinaire des barrières, les sections voisines, et celles qui en ont dans leur arrondissement, y enverront de fréquentes patrouilles de grand matin. Les adjudants généraux veilleront spécialement à ce service si essentiel et y feront des tournées.

Les réserves, à dater d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, seront de 50 hommes par section, avec de fréquenles patrouilles, et l'on l'on redoublera de zèle pour em-

pêcher aux barrières la sortie du pain et des farines.

Les rapports de la force armée déclarent que les attroupements continuent toujours pendant la nuit autour des boutiques des boulangers.

24 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 7G.

1181. — Lettre de Paul Perrière, demeurant, rue du Faubourg-Saint-Honoré, petit hôtel de Poyanne, à Paré, ministre de l'intérieur," déclarant qu'il est commissaire observateur dans le Département de Paris, poste auquel il a été nommé par son prédécesseur, et faisant valoir les titres qu'il peut invoquer pour être conservé dans cette place, le civisme dont il a fait preuve dans ses écrits, ses discours et ses actions, la part qu'il a dans la rédaction de l'un des journaux les plus patriotes, la Feuille du salut public, et son étroite amitié avec le citoyen Rousselin, s'engageant à remplir ses fonctions avec toute l'intelligence et l'activité dont il est capable, dont on pourra, d'ailleurs, se rendre compte dans sa correspondance avec M. Garât, laquelle se trouvait entre les mains du citoyen Champagneux et est actuellement entre celles du citoyen Rousselin, et qui est numérotée.

24 août 1793.

Original non signé, A.N., F,c III, Seine, 27. Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 101.

1182. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° portant renvoi du citoyen Jean-Jacques- Théodore Debray, demeurant grande rue de Charonne, n°5t, amené, la veille au soir, par les ordres du Comité de surveillance révolutionnaire de la section des Gardes-Françaises, qui l'avait arrêté comme tenant des propos de nature à faire naître la confiance des Français envers les Anglais ; 2° convoquant les citoyens Ferat et Chopart, pour le lendemain, à 10 heures du matin, à l'effet d'aviser aux moyens de mettre en activité une fabrication d'armes; 3° donnant pouvoir aux citoyens Génois.

Guigues, Delespine et Dedouvres de s'adjoindre le citoyen Tisset à l'effet de se transporter en la maison appelée Séjour oVHygie et autres maisons adjacentes, toutes situées sur la municipalité de Vil— liers-la-Garenne, soupçonnées de recevoir des rassemblements, avec mandat d'y faire perquisitions, interpellations, arrestations et tout ce qui sera nécessaire ; 4° autorisant le citoyen Fontaine à mettre en état d'arrestation et à conduire au Comité le nommé Beauvoir, ci-devant comte et officier au régiment ci-devant du Boi, demeurant a l'hôtel d'Henry, rue de Louvois, et le sieur Lafond, ancien garde du corps, demeurant au Palais de l'Egalité, n" 36, sous les Galeries, et à apposer les scellés sur leurs papiers ; '.>" arrêtant que la liste des sections qui ont apporté leur adhésion à la pétition des femmes desdites sections pour faire distribuer l'ouvrage des troupes dans les sections, sera envoyée à la Commune parle citoyen Moissard ; 6"donnant mandat au citoyen Guigues d'extraire des dénonciations faites contre les administrateurs aux habillements les plaintes des citoyennes au sujet des vexations qu'elles ont éprouvées et des réflexions que ces vexations peuvent provoquer, pour en faire rapport au Comité, qui sur ce rapport rédigera une lettre au président de la Convention et mandera les administrateurs qu'il croira devoir faire appeler ; 7" arrêtant que le citoyen Villarceaux, ci-devant prêtre, prévenu d'avoir tenu des propos contre-révolutionnaires et d'entretenir avec une religieuse une correspondance fanatique, et à ces titres regardé comme suspect, sera conduit à Sainte-Pélagie et ses pièces envoyées au Tribunal correctionnel du Département ; 8" portant qu'il a été écrit au Comité de sûreté générale de la Convention pour lui demander audience à l'effet de lui rendre compte d'un voyage à Amiens fait par son ordre relativement à l'affaire de Saint-Laurent ; 9" à raison des plaintes adressées au Comité par un grand nombre de citoyens de la commune de LaChapelle, sur ce que le maire et les officiers municipaux, après avoir fait convoquer l'Assemblée à son de caisse, ne se trouvaient pas à ladite Assemblée et ne publiaient

3'iO

pas les arrêtés du Corps municipal, les maire et procureur de cette commune, mandés au Comité, s'y sont rendus et, d'après leurs raisons, il a été décidé qu'il serait écrit aux plaignants pour leur communiquer les motifs allégués par les maire et procureur de la commune.

24 août 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comilé de surveillance du Département de Paris, A. N-, BB3 81* (anc* BB" 20), fol. 230-234.

1183. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Crap.nl, imprimeur d'une quantité prodigieuse d'écrits, de pamphlets séditieux et d'ouvrages tendant à dépraver l'esprit public dans le cours de la Révolution, dénoncé tout récemment pour propos inciviques, sera mis en état d'arrestation dans la maison de sûreté dite de la Force, pour y être détenu par voie de police de sûreté générale, conformément à la loi relative à la détention des citoyens suspects.

24 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comilé de sûreté générale, A. N., AF*il 286.

1184. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant qu'il partira incessamment deux pièces de canon de 4 et deux caissons chargés pour le bataillon de Seine-et-Oise à la Vendée, et déclarant que les réserves seront toujours de 130 hommes, les patrouilles très fréquentes, surtout de grand matin aux barrières, pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

Les rapports de la force armée font connaître que les boutiques des boulangers continuent à être assiégées pendant la nuit.

25 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces). A. IV., AF'V 1470, BB3 7G.

118!i. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° portant qu'il sera envoyé à l'impression une lettre de convocation aux communes du Département et aux sections, au nombre de 1,200 exemplaires ; 2° décidant, en vertu

d'un arrêté du Comité de sûreté générale de la Convention, qui ordonne l'incarcération, à Sainte-Pélagie, de la citoyenne Saint-Laurent, par mesure de sûreté générale, comme notoirement suspecte d'incivisme et d'aristocratie, la mise à exécution de cet arrêté, et autorisant le citoyen Marchand à se transporter à Sainte-Pélagie, pour remettre à la citoyenne Saint- Laurent du linge, des habits et autres effets à elle appartenant; 2° ordonnant l'envoi au Comité de sûreté générale du citoyen Louis-Angélique Varlet, commissaire /national près le tribunal du district d'Amiens, puis à Sainte-Pélagie, par ordre de ce même Comité, pour avoir entretenu des liaisons criminelles avec la famille Lamyre, inculpée dans l'affaire Saint-Laurent ; 5° envoyant le citoyen Clémence au Comité de sûreté générale pour lui faire part de l'exécution de l'ordre ci-dessus, pour demander un mandat d'arrêt contre la cidevant comtesse Lamyre et le très dangereux abbé Fournier, surtout la translation de ce dernier à Paris, pour réclamer également l'arrestation du citoyen Saint- Ange, frère de Saint-Laurent, employé à l'armée de Meaux, intrigant de premier ordre, enfin à l'effet de solliciter l'autorisation pour le Comilé de faire conduire aux prisons de Vincennes les gens notoirement suspects ; 4" décidant l'envoi à la Mairie, conformément à la loi sur les suspects, du sieur Louis Roy, marié, trouvé dans une maison de débauche et sans passeport, arrêté par le Comité de surveillance de la section des Gardes-Françaises.

25 août 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc* BB" 20), fol. 234-237.

1180. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel le Commandant général recommande à ses concitoyens une surveillance extraordinaire.

k Malgré les méchants qui nous environnent, déclare Henriot, en restant calmes et unis, nous les confondrons, de vils satellites des puissances ennemies sèment parmi nous la discorde et la désorganisation, mais nous autres républicains, nous

savons être fermes et courageux, même au sein de l'infortune. »

Les commandants de sections fourniront sur-le-champ un homme par compagnie pour assurer la subsistance de la Ville et se transporter dans les campagnes où il y a du blé, le faire moudre et l'amener à Paris, il y aura indemnité.

« Des citoyens des campagnes voisines, observe Hanriot, se permettent des injures contre les Parisiens, qui oui fait des sacrifices et en feront encore, tant qu'il s'agira de défendre la Liberté, mais nos Irères des campagnes doivent se rappeler que nous avons tout fait pour eux et qu'ils doivent à leur tour faire quelque ebose pour nous. » Le Commandant général invite ses frères d'armes qui sont aux barrières à se servir de la voie dont tout républicain doit se servir pour entretenir la paix, l'union, l'indivisibilité.

Les réserves seront toujours de 30 hommes par section, les patrouilles fréquentes et silencieuses.

26 août 1703.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Elat-major général (2 pièces), A. JV., AFIV 1470, BB3 76.

1187. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1" après avoir entendu les justes réclamations des citoyennes ouvrières, qui depuis longtemps ne peuvent parvenir à se procurer des ouvrages, que les sacrifices par elles faits pour l'intérêt de la République devraient leur assurer incontestablement ; considérant que la distribution des ouvrages ne peut se faire plus longtemps, de la manière dont elle s'opère aujourd'hui, sans renouveler journellement les accidents; considérant enfin que la majorité des sections de Paris, convaincue que la distribution des ouvrages dans chacune des sections ramènerait la paix, la tranquillité et assurerait aux mères de famille, aux épouses et aux enfants des défenseurs de la patrie un travail continuel, ont émis leur vœu à ce sujet, et que ce vœu de la majorité doit être respecté; arrêtant à l'unanimité que deux de ses membres se transporteront à l'instant à la Commission

des marchés de la Convention nalionale ; qu'ils exprimeront le vœu de la majorité des sections de Paris ; qu'ils feront part à la Commission de l'adhésion des sections; enfin qu'ils inviteront au nom de l'humanité les représentants du peuple composant la Commission à demander un décret qui ordonne la réparlition des ouvrages dans chacune des seclions de Paris; 2°d'après les représentations faites au ('.limité par une députalion des forls de la lia Ile pour la partie des farines, que les forts de celte classe, se conformant au prix lixé par l'Administration, n'ont jamais exigé un payement plus fort, qu'en conséquence ils ne doivent pas être compris dans la dénonciation faite contre les forts de la Halle en général, ayant égard à leurs représentai ions, promettant de s'en occuper et délivrant acte de leur déclaration ; 3" décidant, après examen des papiers du citoyen René-Charles-François Baril, lieutenant au 0e régiment d'artillerie, arrêté comme suspect, dans la maison du citoyen Sédillot, dite Scjour d'Hyijie, que le sieur Baril sera mis en liberté, n'ayant rien vu de nature à le compromettre ni le faire soupçonner; 4" invitant le Directoire du Département et le district de Saint-Denis à faire parvenir la loi sur les accaparements aux officiers municipaux de La Chapelle; 3° envoyant le citoyen Génois chez le citoyen Clément, tailleur d'habits, rue du Colombier, n" 116, pour faire perquisition d'un magasin considérable de toiles et draps dans un grenier, visiter ses papiers et s'enquérir de l'acquisition qu'il aurait faite de 2 maisons de campagne, l'une de 100,000 livres, l'autre de 60,000, ce qui a paru d'autant plus surprenant que, suivant la dénonciation, il n'était pas à son aise, il y a 28 mois ; 6° sur la demande d'élargissement du citoyen Lecoq, détenu à Sainte- Pélagie, présentée par une députation des femmes révolutionnaires, passant à l'ordre du jour, motivé sur les principes de justice que tout coupable doit être puni ; 7° décidant que les citoyens Jean Fournot et Nicolas Villeutins, se disant boulangers de l'armée des Ardennes, amenés au Comité par celui de la section de la Halle-au-Blé, seront envoyés à l'Abbaye,pour avoir quitté

3S2 CHAPITRE Ie'. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

leur atelier sans permission, et que le ministre de la guerre sera invité à les faire rejoindre de brigade en brigade ; 8° renouvelant auprès du ministre de l'intérieur la demande d'un logement au Louvre.

26 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc4 BB™ 20), fol. 238-248.

1188. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ, le lendemain, pour Laon, de plusieurs pièces de canon et caissons chargés, et décidant, d'après un arrêté du Conseil général de la Commune, qu'il y aura toujours deux pièces de canon devant le perron de la Maison commune, et que les 5P et 6e légions fourniront les canons avec huit canonniers.

Les militaires, revenus de Mayence et de Valenciennes, se rendront à la caserne de la Courtille pour se faire enregistrer au bureau du citoyen Collet, commissaire des guerres, et ne pourront rester dans les sections sans une permission signée de lui. Les commandants des postes et patrouilles veilleront à l'exécution de cette mesure.

Toute personne, qui insultera les couleurs nationales, sera arrêtée sur-le-champ.

Les réserves seront tou jours de 50 hommes et les patrouilles fréquentes, surtout aux barrières, pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

27 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces1), A. A7., AF1V 1470, BB:i 76.

1189. — Lettre de l'observateur Perrière à Paré, ministre de l'intérieur, lui rappelant que l'objet de sa mission est de chercher à connaître et à diriger l'esprit public, et de mettre sous les yeux du ministre les faits qui constatent ce double emploi de son temps.

Perrière parle d'abord des individus qu'il a rencontrés dans les groupes des Tuileries, et qui cherchent, par différents moyens, à corrompre l'esprit public et à tuer le courage du peuple ; en discutant avec ces insinuants reptiles, il préconisait

les mesures prises à Cambrai contre les suspects et les aristocrates de tous genres, qui avaient déterminé la retraite de l'ennemi par suite de l'impossibilité de correspondre avec les traîtres du dedans, les modérés prétendaient à tort que si l'ennemi avait battu en retraite, c'est parce qu'il aurait eu de la peine à garder une place peu fortifiée. Un autre particulier, qui se disait nouvellemment arrivé de Valenciennes, ne voulait pas non plus que la prise de cette ville fût l'effet d'une trahison, Perrière démontra qu'il n'était qu'un aristocrate déguisé.Des traîtres d'un autre grain voudraient persuader au peuple de voler, pour ainsi dire nu, au combat, ou plutôt à la boucherie, Perrière s'élève contre cette prétention en disant qu'il ne voit pas pourquoi les enfants de la Liberté seraient moins bien armés que les satellites des despotes.

La difficulté d'avoir du pain s'accroît au lieu de diminuer, même à un point inquiétant, certains n'ont pu en obtenir qu'après une station de sept heures devant la porte d'un boulanger depuis 4 heures du matin, et, comme il se trouve que personne jusqu'ici n'a manqué de pain, c'est donc de la part du peuple une vaine terreur, excitée par la malveillance, il faudrait que les patrouilles eussent ordre d'arrêter quiconque, à heure indue, se trouverait être le premier d'un rassemblement formé à la porte d'un boulanger.

D'après la déclaration même de Garin, en plein Conseil général, et d'après la visite des magasins de la Commune, Paris ne se trouve approvisionné que jusqu'à la fin du mois, en vain les amis de la tranquillité répètent-ils au peuple que, d'ici à cette époque, on aura le temps de faire de nouveaux approvisionnements, le bruit qui court dans tout Paris, surtout dans les faubourgs, que l'on manquera de pain samedi, peut préparer pour cette journée des troubles qu'il est important de prévenir. On est généralement persuadé qu'il ne manque pas de blé, mais seulement de farine, ce qui montre la nécessité d'employer des moulins à bras.

L'esprit public s'élève fortement dans les groupes contre la mauvaise qualité du pain, en vain cric-t-on au peuple qu'on le

mange plus mauvais et plus cher dans les départements, il juge que le pain peut être grossier, mais non pas corrompu. Il pense que les administrateurs des Subsistances, couverts d'un faux masque de patriotisme et se jouant de la santé même du peuple, ne cherchent qu'à s'enrichir en achetant volontairement des farines corrompues, qu'ils font payer comme celles de la meilleure qualité; ce qui excite encore davantage sa fureur, c'est que, malgré la mauvaise qualité du pain, qui est notoire, les agents des administrateurs soutiennent obstinément que le pain est excellent et prennent le pitoyable détour d'accuser ceux qui se plaignent d'èlre dans leurs plaintes les agents de Pitt et de Cobourg.

Du reste, une dénonciation contre Garin, présentée par le sieur Marchand dans une Assemblée générale de la section des Sans- Culottes, paraît mettre en lumière les vices d'administration et les coupables manœuvres des administrateurs, qui ont causé jusqu'ici la rareté, la cherté ou la mauvaise qualité du pain. Afin de permettre au ministre de se rendre un compte exact des faits, Perrière analyse longuement celte dénonciation contre le sieur Garin, ou plutôt contre l'administration des Subsistances de Paris.

L'auteur de cette dénonciation fait d'abord un grief à Garin d'avoir par un arrêté de la Commune fermé au peuple l'entrée des magasins, ce qui a permis de mêler impunément des farines d'orge aux farines blanches, de dissimuler l'existence de farines gâtées, il lui reproche ensuite d'avoir, par ses manœuvres criminelles, fait hausser le prix du sac de farine, en prenant pour agents des boulangers et des meuniers, auxquels on a accordé une commission de 20 sols par sac de farine, quel que fût le prix d'achat. Lorsque la Commune de Paris arrêta que le prix de la livre de pain ne dépasserait pas 3 sols à Paris et qu'il serait accordé une indemnité aux boulangers entre ce taux et le prix effectif des farines, ils cessèrent alors d'être des commerçants, intéressés à se procurer des matières premières au meilleur prix possible, ils devinrent de simples T. IX.

manufacturiers, sans intérêt réel, sans émulation et totalement dépendants de l'Administration, n'ayant aucun intérêt cà acheter bon marché, sûrs d'être remboursés du prix complet de leurs achats, de sorte que le sac de farine, qui valait Go livres au mois de février, parvint à cent livres avant la loi du 4 mai qui fixa le maximum.

Celle du 5 juillet, qui autorisa les administrateurs des Subsistances à faire acheter chez les cultivateurs et les fermiers, aggrava encore la situation, tous les boulangers indistinctement ayant été admis à prendre de ces autorisations, avec promesse d'indemnité pour la différence entre le maximum et le prix effectif des achats, le sac de blé, de 90 livres, est monté à 140 et l.'iO livres.

L'auteur de la dénonciation montre qu'en substituant à une administration dilapidalrice et criminelle des hommes purs dont les opérations soient publiques, en ouvrant les magasins, en faisant connaître au peuple la mesure de ses subsistances, il saura se contenter, comme le soldat, de pain fait avec les farines à la grosse, il ne dédaignera pas le riz dont il ne veut pas maintenant, riz qui existe en assez grande quantité pour attendre de nouveaux approvisionnements, en réservant pour l'approvisionnement de Paris un quart des grains existant dans les départements voisins à 00 lieues, et bientôt l'on obtiendra une baisse considérable dans les prix et une abondance certaine.

L'arrivage ne s'est jamais élevé pendant les derniers jours à plus de 400 sacs, dans une ville où la consommation journalière est de 4,500 sacs, et s'il a été plus considérable, il a complètement manqué, les jours suivants.

27 août 1793.

Original non signé, A. N., Flc III, Seine, 27. Ëd. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 103.

1190. — Arrêté du Comité de sûreté générale, chargeant le Comité de salut public du Département de Paris de faire un inventaire exact des effets, meubles, linges, or, argent et assignats, et de tous objets qui se trouveront dans la maison du nom*

mé Saint-Laurent, demeurant rue Saint- Pierre du-Pont-aux-Choux, de déposer le numéraire, les assignais et bijoux à la Trésorerie, le linge et le mobilier au Garde- Meuble, et les titres provenant du ci-devant prince de Condé au Département de Paris, pour être brûlés en sa présence, après en avoir distrait ceux qui pourraient être utiles.

27 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 28G.

1191. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° décidant que,conformémentà l'ordre du Comité de salut public de la Convention, l'ex ministre La Tour-du-Pin et tous ceux qui sont arrêtés avec lui et déposés à la Mairie, seront conduits au Comité sous bonne et sûre garde, et chargeant le citoyen Colson de se rendre à la Mairie pour renouveler l'ordre en question; 2° ordonnant l'incarcération à Sainte-Pélagie des citoyens Romberg, fournisseur des armées de la Belgique, Vanberon et Van Roterdam, chez lesquels on a trouvé des passeports en blanc de la ville de Bruxelles, cachés derrière le trumeau d'une cheminée et sous le marbre d'un secrétaire, ce qui les rend à juste titre suspects ; 3° arrêtant qu'aucun "des membres du Comité ne pourra écrire aucune lettre relative au service, sans en avoir donné communication et obtenu l'assentiment du Comité ; 4° décidant la restitution des marchandises de la citoyenne Dugeat, saisies àPassy; S" chargeant le citoyen Franchet, avec l'adjonction de deux commissaires du Comité révolutionnaire de la section de la Cité, de perquisitionner chez le sieur Bardet, archiviste du palais du ci-devant prince de Condé, et de le conduire au Comité ; G" chargeant le citoyen Moissard de faire perquisitionner dans les papiers du nommé Beaufort, colonel de gendarmerie sous les ordres deDumouriez, fait adjudant général sous les mêmes ordres, puis de Cusline, suspect de correspondance ; 7° enregistrant le rapport du citoyen Colson, chargé de demander à la Mairie les pièces de l'affaire de La Tourdu-Pin, ex ministre, et de l'amener au

Comité, d'après lequel les pièces consistant en un procès-verbal ont été envoyées au Comité de salut public de la Convention, les hommes en arrestation incarcérés aux Madelonneltes et les femmes à Sainte- Pélagie.

27 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81* (anc4 BB7t 20), fol. 242-245.

1192. — Billet de Hanriot, général de la force armée de Paris, à ses camarades du Comité de salut public du Département de Paris, au collège des Quatre-Nations, les priant de remettre un pouvoir aux citoyens, porteurs du présent, pour une visite nécessaire à la tranquillité publique, avec réponse au-dessous du citoyen Marchand, déclarant qu'il leur est impossible de donner un pouvoir général, et demandant des explications sur l'objet de la visile, afin de pouvoir délivrer des pouvoirs exacts et détaillés, à quoi Hanriot répond qu'il s'agit d'une visite de maison garnie, à Paris, où il existe plusieurs contre-révolutionnaires.

27 août 1793.

Original signé, A. N., BB3 76.

Ed. Daudan, La Démagogie en 1793 à Paris, p. 352.

1193. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ pour Tours, le jour même, d'un convoi de canons et de caissons ; déclarant que les citoyens en réquisition pou ries subsistances recevront 40 sols par jour d'indemnité, lorsqu'ils marcheront ; ils ne seront pas habillés, et chaque section pourvoira à l'habillement des siens ; rappelant que le Commandant général a déjà écrit plusieurs fois aux administrateurs des Travaux publics au sujet des corps de garde des barrières, dans l'espoir qu'ils feront tous leurs efforts pour les garnir et mettre leurs concitoyens à l'abri des injures de l'air.

Plusieurs petits enfants s'amusent à grimper contre les murs des fossés de l'Arsenal et y plantent même des clous pour monter plus facilement, comme cela peut tirer à des conséquences dangereuses, les citoyens de garde à ce poste arrêteront

tous ceux qu'ils prendront sur le fait et les enverront sur-le-champ chez le commissaire de police le plus proche.

Les détachements demandés pour les charbons, bois, farines et autres objets, se porteront sur-le-champ aux endroits indiqués, cette mesure est instante pour assurer les propriétés, le bon ordre et la tranquillité publique.

Les réserves seront toujours de 50 hommes, les patrouilles fréquentes et silencieuses, et la plus grande surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

28 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB:i 76.

public du Département de Paris: 1° chargeant, en vertu des ordres du Comité de sûreté générale, les citoyens Marchand et Franchet de se rendre à Meaux et d'y procéder à l'arrestation du sieur Saint- Ange, et le sieur Génois, à Saint-CIoud pour arrêter le sieur d'Aiguillac, suspecté d'être contre-révolutionnaire; 2° décidant qu'il ne sera donné aucun pouvoir à un citoyen non membre du Comité, s'il ne présente un certificat du Comité de surveillance de sa section, qui atteste ses vertus civiques; 3° constatant le payement par Harny, trésorier du Comité, au citoyen Tisset, d'un mémoire de 83 livres 19 sols pour les frais faits afin de faire entourer la maison du citoyen Sédillot, dite Séjour d'Hygie, où l'on soupçonnait un rassemblement ; 4° arrêtant qu'il sera écrit au ministre de la guerre, à l'effet de faire venir à Paris pour quelques jours le gendarme Houdan, détaché cà Chartres, pour la connaissance d'une affaire importante, intéressant le salut public; o° notant qu'il a été écrit au concierge des Madelonnettes de garder au secret le nommé LaTour-du- Pin, ainsi que les autres particuliers amenés avec lui, et de ne le laisser parler à qui que ce soit, sans un ordre du Comité du Déparlement, cette affaire lui ayant été renvoyée par le Comité de salut public de la Convention; 6° chargeant le citoyen Delespine de demander au Comité de salut

public les pièces de l'affaire La Tour-du- Pin ; 7° donnant pouvoir au citoyen Lécrivain à l'effet de perquisitionner dans les papiers du citoyen Lorimier d'Etoge, rue Basse- du-Rempart, chaussée d'Antin.

BB3 81A (anc1 BBU 20), fol. 256-249.

1195. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ de l'Arsenal : 1° de 4,000 boulels pour Orléans; 2° de 4,000 chausse-trappes et 1,300 boulets de 4, 8 et 12 pour Saint-Quentin, faisant connaître qu'un coup de fusil tiré, la veille, sur le Port au Blé a manqué de blesser, de l'autre côté de l'eau, des citoyens chez eux, la balle a brisé des meubles ; pour prévenir de pareilles imprudences, les adjudants et chefs des postes feront l'inspection des fusils sur le terrain avant le départ pour les postes.

Les commandants de postes et patrouilles arrêteront tous les gendarmes, qui sont à Paris sans permission, et les enverront chez le citoyen Roch Louvet, commissaire des guerres.

Le Commandant général invite itérativement ses frères d'armes, en réquisition pour les subsistances et autres denrées nécessaires à la vie, à faire leur service très exactement, c'est le seul moyen de rétablir le calme et l'espérance dans une ville qui a tout fait pour la patrie.

Les réserves seront de 50 hommes et les patrouilles fréquentes, surtout aux barrières qui exigent la plus grande surveillance.

D'après les rapports de la force armée, on a posé, cette nuit, une garde au magasin de l'habillement à l'abbaye Saint-Antoine, la porte n'en ayant pas été fermée par la négligence des gardes magasins.

La section des Amis-de-la-Patrie s'est emparée , cette nuit , d'une voiture de charbon, venant de Saint-Denis, sans lettres de voiture, elle avait d'abord été arrêtée par une patrouille de la section de Bonne-Nouvelle.

29 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

1196. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que Gusman, espagnol de naissance et actuellement à Paris, sera conduit sans délai au lieu ordinaire de ses séances pour être entendu sur des faits importants.

29 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1197. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° chargeant les citoyens Guigues et Lécrivain d'aller au Comité des marchés communiquer, conjointement avec les femmes des sections, leur rapport sur la distribution des ouvrages dans chaque section; 2° sur la proposition de la suppression des administrations municipales des Subsistances, faite par l'un des membres, arrêtant que cette demande sera formulée d'après le vœu des communes qui en traiteront entr'elles; 3° sur la demande d'un autre membre, tendant à ce que la loi du maximum soitexécutéeavecrigueur,décidantque cette demande sera faite également d'après le vœu qui sera manifesté, que l'on demandera aussi que le recensement des grains de toute la République soit effectué, que les 48 sections et les communes du Département émettront leur vœu sur les 3 demandes ci-dessus pour ensuite porter leur pétition à la Convention sur ces objets; 4° sur le rapport présenté par les citoyens Marcband et Franchet de leur mission à Meaux, d'après lequel ils n'ont rien trouvé de suspect dans les papiers du citoyen Saint-Ange, adjudant général, mais ont constaté l'existence de quantité d'argenterie avec des marques de féodalité, décidant que le citoyen Marchand fera son rapport au Comité de salut public de la Convention, saisi de l'affaire, et que le citoyen Saint-Ange y sera aussi conduit ; 5" constatant que le citoyen Moissard, chargé d'arrêter le citoyen Beaufort, chef de brigade, dénoncé comme ayant eu connaissance de la mort de Marat et comme ayant écrit à sa femme de sortir de Paris, parce qu'il devait y avoir de grands coups, l'a amené au Comité, lequel, après examen des papiers et de la conduite du citoyen Reaufort, a cru devoir le mettre en liberté,

les faits allégués contre lui étant faux ; 6° chargeant le citoyen Chéry de se transporter, rue de Marivaux, n° 2, au domicile de Jacques-François-Etienne d'Aiguillac, ancien officier, que l'on avait dit habiter Saint-Cloud, à l'effet de procéder à son arrestation, dont avaient été chargés les citoyens Génois et Chéry ; 7° recevant le compte rendu de la mission dont avaient été chargés, le matin, les citoyens Guigues et Lécrivain au Comité des marchés, relativement aux babillements à confectionner par les femmes de chaque section, lesquels ont dit avoir été favorablement écoutés et que le plan dont ils ont donné connaissance a paru convenable aux membres de ce Comité.

29 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81* (anc1 BB" 20), fol. 249-252.

1198. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général déclare avoir appris avec peine qu'on avait allumé du feu devant le corps de garde de la Bastille et qu'on ne s'y était pas opposé, et qu'il est de la plus grande importance que pareil abus ne se renouvelle, vu que cela compromet les magasins de la République.

L'ordre du jour annonce le départ d'un convoi d'artillerie pour l'armée du Nord, et de plusieurs objets d'artillerie pour Meulan; il annonce également que, dimancbe prochain, 1er septembre, à 5heures du matin, il y aura exercice à feu de canons, la première légion le fera auprès de l'Hôpital, les 3° et 4e au Champ-de-Mars, et les 2e, 5e et 6e aux Champs-Elysées.

Les candidats pour les places d'adjudants et instructeurs des canonniers auront encore jusqu'à lundi soir, 2 septembre, pour se faire enregistrer au Secrétariat général, ils y prendront connaissance du programme proposé par les compagnies de canonniers.

Les réserves seront toujours de 50 hommes, les patrouilles fréquentes et la plus grande surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

D'après les rapports de la force armée,

l'on avait détaché pendant la nuit, au pont de la Tournelle, sans que la garde s'en fût aperçue, un bateau chargé de marchandises, que l'on avait fait descendre la rivière.

30 août 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

1199. — Arrêté du Comité de sûreté générale, par lequel, considérant qu'étant par sa nature établi pour découvrir, frapper et briser tous les complots tramés contre la sûreté publique, considérant qu'il ne peut s'acquitter de cette fonction importante sans être environné du peuple, sans entendre la voix qui les dénonce, considérant que l'entrée en doit être libre et ouverte à tous les citoyens, surtout pendant que les membres s'y occupent, souvent fort avant dans la nuit, du salut de la patrie, il renouvelle l'ordre à la force armée, étant au poste de l'hôtel ci-devant de Brionne,d'en laisser l'accès libre et les portes ouvertes, pendant tout le temps qu'il y aura quelque membre au Comité, et que le présent ordre sera affiché dans le corps de garde du lieu des séances.

30 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

1200. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° annonçant la réception d'une lettre du Directoire du Département relative à l'affaire de la saisie de marchandises à Passy sur la citoyenne Dugeat, comme accaparement, lettre qui exprime la surprise du Directoire de ce que le Comité ait renvoyé directement cette affaire à la Convention, la connaissance des accaparements étant dévolue aux corps administratifs ; 2° arrêtant que les citoyens Guigues et Fournerot se transporteront au Comité de l'examen des marchés et chez le ministre de la guerre pour communiquer le rapport fait au Comité de salut public du Département sur la distribution des ouvrages d'habillement aux femmes des sections ; 3° renvoyant à la section des Sans-Culottes le citoyen Sainval, directeur des voilures, mandé au

Comité pour s'expliquer sur les motifs qui l'avaient déterminé à faire entrer dans sa voiture publique 2 individus non enregistrés, malgré les réclamations du citoyen Antoine Chenaut, commissaire de l'une des assemblées primaires de la Nièvre, la section des Sans-Culottes étant dé jà saisie de cette affaire ; 3° décidant que la Commission des postes est supprimée et cessera ses fonctions le lendemain soir, que néanmoins deux de ses membres continueront à rester à la Poste pour y examiner les journaux et arrêter ceux qui exprimeraient des principes dangereux, chargeant la Commission de prendre les mesures qu'elle jugera à propos pour que le service se fasse exactement; 4° arrêtant que la ci-devant comtesse de Lamyre, suspectée d'être en relations avec Saint-Laurent et renvoyée au Comité par celui de sûreté générale de la Convention, sera par mesure de sûreté générale gardée à Sainte-Pélagie jusqu'à nouvel ordre, et l'autorisant à conserver sa femme de chambre.

30 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité

force armée de Paris, par lequel le Commandant général invite ses concitoyens en état de réquisition à ne pas s'éloigner de leurs asiles, d'un moment à l'autre leur présence pouvant être nécessaire pour assurer le transport des blés et des farines destinés à l'approvisionnement de Paris.

Le Commandant général annonce avoir reçu une lettre consolante des citoyens Renard et Collonge, qui ont trouvé des blés en abondance et de la première qualité pour Paris; ainsi l'on peut se tranquilliser au sujet des subsistances, sous peu on sera très bien approvisionné, et les bons patriotes conviendront encore une fois que la Convention nationale et la Commune de Paris savent se sacrifier, quand il s'agit de sauver leurs concitoyens.

Le Commandant général renouvelle l'ordre d'arrêter tous les militaires à Paris sans permission et de les faire conduire à

la caserne de la Courlille. Il recommande aussi à ses concitoyens de quitter, le moins qu'il leur sera possible, le corps de garde, lorsqu'ils seront de service, et de ne souffrir nullement avec eux les citoyens qui n'en seront pas. Celte précaution est indispensable, surtout depuis que des brigands, sous prétexte d'être sans asile, viennent loger la nuit dans les endroits où là garde est de service. Veillez, mes amis, ajoute Hanriot, cette observation est nécessaire à la conservation de notre existence.

Les patrouilles se feront avec ordre et silence, afin d'examiner attentivement les figures d'individus arrivés depuis peu dans nos murs pour y prêcher la guerre civile.

Les canonniers se tiendront prêts à marcher au premier ordre, afin de coopérer, comme nos autres frères d'armes, à la tranquillité publique.

Le Commandant général renouvelle l'ordre déjà donné de n'admettre aucun remplaçant dans les postes de la Convention, de la Mairie, de la réserve et surtout du Temple.

Les réserves seront de 50 hommes, les patrouilles fréquentes, surtout aux barrières.

D'après les rapports, l'éclairage a fait défaut dans les sections de Reaurepaire et du Panthéon-Français, surtout dans les nie Saint-Jean-de-Reauvais et Rordet.

31 août 1703.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BU3 76.

1202. ■ — Arrêté du Comité de sûreté générale, après avoir pris communication de divers procès-verbaux qui constatent que les assemblées de la section de la Croix- Rouge sont troublées par des malveillants, considérant qu'il importe d'assurer la tranquillité des délibérations et de protéger les patriotes qui s'y trouvent, chargeant les administrateurs du Département de Police de mettre en état d'arrestation plusieurs particuliers, notamment un notaire, un chirurgien, un homme de loi, un marchand de bois et 2 prêtres réfractaires.

31 août 1703.

Extrait du registre des arrêtés 'généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*JI 286.

1203. — Arrêté du Comité de sûreté générale, invitant le général de l'armée parisienne à se faire rendre compte d'un mouvement excité dans la section de la Croix-Rouge par les citoyens Kulfer, Leroux, Cadet, Durnolier et David, canonniers, et le requérant d'employer toute son autorité pour faire rentrer dans l'ordre ces citoyens insubordonnés, qui paraissent avoir formé entre eux une association contraire à la discipline et au bien du service.

31 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1204. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que le citoyen André- Marie Gusman, né en Espagne et naturalisé français depuis 1781, sera gardé à vue dans son domicile par un gendarme, par voie de police de sûreté générale.

31 août 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'lI 280.

1203. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° sur la réclamation du Comité de surveillance de la section des Gardes-Françaises relativement aux indemnités accordées aux Sansculottes qui ont porté les armes les 31 mai, 1er et 2 juin, renvoyant au Corps municipal, qui est chargé de payer cette indemnité; 2° adressant au ministre de la guerre le rapport fait par le citoyen Guigues sur la distribution des ouvrages par les seclions, et un exemplaire au Comité des marchés ; 3° arrêtant que chacun des membres du Comilé s'occupera, en tant qu'il sera en lui, de surveiller les voitures publiques parlant de Paris; 4° décidant d'écrire au Comité de salut public de la commune de Saint-Cloud que le citoyen d'Aiguillac est arrêté, et que le Comité l'engage à surveiller avec zèle les malveillants qui abondent à Saint-Cloud; 5° conslalant la venue de la Commission d'inspection des postes, qui dépose son procès-verbal sur le bureau et lait part au Comité de la manière qui lui a paru la plus propre à remplir les vues du Comité

et les siennes à la suite de la cessation de ses travaux.

31 août 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A . JV., BB3 81* (anc4 BBn 20), fol. 256-259.

120G. — Extrait de Tordre du jour de la force armée de Paris, portant que les réserves seront toujours de ;i0 hommes et les patrouilles fréquentes, surtout aux barrières, pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

D'après les rapports de la force armée, un batelier étant venu au poste de la Conférence avertir que l'on venait de jeter 200 livres de porc dans l'eau, la garde a couru sur-le-champ pour pouvoir arrêter les particuliers, mais il était trop tard.

1er septembre 1793.

Extrait, signé de Clément, secrétaire de l'Etatmajor général, A. JV., AFIV 1470.

1207. — Rapport de l'observateur Rousseville, déclarant que le pain a été beaucoup plus abondant chez les boulangers du Faubourg Saint-Germain que les jours précédents, qu'au Palais-Egalité, où il a passé cinq fois, les muscadins et vendeurs d'argent lui ont paru fondus, qu'à la place de la Maison commune, les groupes étaient peu nombreux et leurs propos dénuésd'inlérèl, et au Jardin national, dans de nombreux groupes, on continuait, comme la veille, à s'entretenir des subsistances, de la punition des traîtres et de l'état des armées, et on se plaignait beaucoup d'avoir été induit en erreur au sujet de Petion, qu'on disait à tort incarcéré, de la Vendée, où il ne restait plus que 6,000 ennemis, de Lyon, qu'on disait à moitié brûlé, des approvisionnements de Paris, toujours peu abondants, malgré les promesses faites.

Le jugement par lequel les jurés du Tribunal révolutionnaire ont renvoyé absous un marchand de charbon accapareur, malgré les réclamations du peuple présent, a produit un mauvais effet, parce qu'il augmente l'espoir de ceux qui ont intérêt à frauder la taxe et fait craindre au peuple qu'elle ne soit pas assez bien exécutée. Le même Tribunal juge en ce moment cinq

recruleurs pour l'armée de la Vendée, qui ont rendu, moyennant finance, à des parents riches leurs enfants enrôlés.

1er septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

public du Département de Paris: 1° déclarant, après avoir pris connaissance du contenu au journal intitulé : Feuille de Paris, n° 75. n'ayant rien trouvé que de très conforme aux principes, qu'il pourra être mis en circulation ; 2° ordonnant la mise en liberté du sieur Varlet, fils, commissaire national près le tribunal du district d'Amiens, compromis dans l'affaire Saint- Laurent et détenu à Sainte-Pélagie, n'ayant rien vu qui pût l'inculper et n'ayant aucune pièce contre lui; 3° faisant réponse à une députation de colons, qui est venue dénoncer le n° 36 du journal, dit le Créole patriote, rédigé parMilcent, créole, en date du 29 août 1793, qu'il prendrait soin de l'examiner ; 4° décidant, sur le rapport de Lécrivain, d'envoyer à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire les pièces contre Berton, détenu à l'Abbaye comme prévenu de propos contre-révolutionnaires; 5° convoquant le citoyen Hanriot, ce soir, au Comité, pour se concerter avec lui sur la manière de faire arrêter les militaires qui n'ont point leurs certificats en règle et de faire entourer le Palais de l'Egalité ; 6° annonçant qu'il a été répondu sur le champ au Comité de sûreté générale de Sèvres, qui demande au Comité de l'éclairer sur ses fonctions et de lui donner des avis révolutionnaires; 7° chargeant le citoyen Marchand d'examiner les interrogatoires et pièces des détenus à Sainte-Pélagie dans l'affaire Saint-Laurent et d'en faire son rapport au Comité ; 8° chargeant le citoyen Génois de se concerter avec un graveur ou dessinateur pour lui présenter un modèle de carte devant servir à faire connaître le caractère des membres du Comité; 9° annonçant que le citoyen Hanriot, commandant de la garde de Paris, convoqué ce malin pour se concerter sur les mesures à prendre, afin d'entourer le Palais de l'Egalité, s'est rendu à l'invitation, et il a été arrêté que toutes les mesures

300 CHAPITRE l". —

seraient prises secrètement et qu'avant d'ordonner cette expédition, il serait fait des démarches tendant à prendre de plus amples éclaircissements; 10° arrêtant, après avoir entendu le rapport du citoyen Marchand sur l'affaire Saint-Laurent, qu'on demandera au Comité de sûreté générale l'approbation de l'élargissement des citoyens Husson, Varlet et Bertrand, celui de la citoyenne Saint-Laurent, victime innocente de cette affaire, la confirmation de l'arrestation de la citoyenne Lamyre etde son fils, avec ordre exprès de faire arrêter l'abbé Tournier, et information préalable sur le compte de l'abbé Josset avant son élargissement; 11° invitant le ministère de la guerre à répondre aux différentes lettres qui lui ont été écrites, et le priant de donner ordre que l'on réponde exactement aux lettres du Comité; 12° chargeant les citoyens Guigues et Fournerot de porter au Comité de sûreté générale de la Convention le rapport du citoyen Marchand dans l'affaire Saint-Laurent.

1er septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc* BB™ 20), fol. 259-262.

1209. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, enregistrant un arrêté du Corps municipal du 29 août, qui enjoint aux administrateurs des Travaux publics de prendre, dans les 24 heures, un parti sur les moyens de pourvoir les corps de garde des barrières des objets nécessaires, à charge par les commandants de ces postes de justifier, tous les jours, à ceux qui les relèveront, de l'existence de ces effets, dont l'état sera affiché dans chaque corps de garde ; annonçant le départ d'un convoi d'artillerie, en canons et en caissons, pour Arras.

Le Commandant général invite tous ses concitoyens à prendre des leçons d'escrime militaire, afin de se mettre à même de résister à l'oppression. Il indiquera, demain ou après demain, à l'ordre, le lieu où se fera l'examen des adjudants et instructeurs des canonniers. Il renouvelle aussi aux canonniers l'ordre de ne recevoir parmi eux que des citoyens bien con-

nus par leurs mœurs et par leur civisme, et munis d'attestations.

Le Commandant général engage aussi les commandants de sections à presser l'exécution de l'arrêté de la Commune et du décret de la Convention nationale relatifs aux jeunes citoyens en état de réquisition; ceux qui, par hasard, seraient en détachement pour l'approvisionnement de la Ville, rentreront sur-le-champ dans le chef-lieu de leur canton, sitôt après leur remplacement par des citoyens hors de la réquisition.

Les patrouilles seront fréquentes, les postes bien complets, les réserves seront toujours de 50 hommes et la plus grande surveillance sera exercée aux barrières.

D'après les rapports de la force armée, une patrouille du Panthéon-Français a arrêté deux chevaux marqués sur l'épaule et la cuisse gauche des lettres W. B. A., que l'on disait conduire à Bercy, et les a fait mener de postes en postes au dépôt des chevaux pour l'artillerie nationale.

2 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N. AFIV 1470, BB3 70.

1210. — Rapport de l'observateur Rolin, dénonçant la ci-devant communauté des Frères tailleurs, rue Jean-Lantier, au coin de celle des Orfèvres, où, depuis sa suppression, il est resté sept ou huit des plus fanatiques, dangereux par leur aristocratie, qu'on soupçonne véhémentement d'entretenir une correspondance avec les cidevant, tant dans la robe que dans la noblesse, pour lesquels ils travaillaient, une perquisition domiciliaire serait à coup sûr très fructueuse. D'autre part, le citoyen Hû, juge de paix de la section du Panthéon-Français, a été dénoncé, dans une assemblée fraternelle, par le citoyen Garnier, son greffier, qui était son ami intime, comme un intrigant et un homme dangereux.

Dans un autre rapport, le même observateur signale l'existence, à Choisy, de plusieurs magasins de ebarbons, deux, notamment, contenant à peu près 2, 000 sacs, appartenant au citoyen Ferret, marchand

L'ESPRIT PUBLIC A PAlilS DE JUILLET A SEPTEMBRE 1793

de bois; au bout de la grande avenue, à Vitry, existent également divers magasins de charbons.

A Paris, les citoyens s'attroupent de nouveau aux portes des boulangers. L'un d'eux a déclaré que, ne pouvant plus s'approvisionner hors Paris, lorsqu'ils n'auraient plus chez eux de farine réquisitionnée à la campagne, ils seraient obligés de retrancher des fournées de pain, vu le peu de farine que la Ville leur accorde.

2 septembre 1793.

Minutes (2 pièces), A. N., F7 36883.

1211. — Délibération du Comité de salut public du département de Paris : 1° convoquant le sieur Leroux, cultivateur à Bondy, dénoncé comme enlevant des grains, sans lettre de voiture, ainsi que le maire et un officier municipal de cette commune comme favorisant le dit Leroux; 2° notant qu'il a été écrit au Comité de salut public de la commune de Saint-Cloud que l'on n'a pu arrêter jusqu'à présent le citoyen Devaux, ancien colonel, à raison de son absence de Paris, avec invitation de le faire surveiller bien exactement, de l'arrêter et d'en aviser le Comité ; 3° autorisant le citoyen Chéry à se rendre chez le citoyen Aubert Pelithouart, frère de l'ancien gouverneur de Saumur, demeurant rue Tirechappe, à compulser ses papiers et, s'il le trouve nécessaire, à y apposer les scellés.

2 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. A'., BB3 81A (anc' BB74 2 0), fol. 263, 264.

1212. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, déclarant que des méchants font tous leurs efforts pour assurer le peuple qu'il manque de subsistances, tandis que les magistrats qu'il a choisis emploient tout leur temps à lui en procurer. Oui ! mes camarades, ajoute H.inriot, ayez confiance en eux, ils sont incapables de vous tromper, et si les eaux eussent été moins basses, vous auriez vu l'abondance arriver dans nos murs et les calomniateurs réduits au silence.

Le Commandant général prescrit les patrouilles à l'ordinaire, ainsi que les ré-

serves, toujours la même activité aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris.

3 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'v 1470, BB3 76.

1213. — Arrêté du Comité de sûreté générale, requérant les citoyens Ulrich et Lanusse, aides de camp du général Hanriot, de se transporter sans délai, à Puteaux, au domicile du citoyen Parent, ancien curé de la paroisse de Saint-Nicolas-des-Champs, assistés de l'un des administrateurs de la Police, à l'effet de procéder à une exacte perquisition dans tous les papiers et effets dudit Parent et au triage de tous ceux qui pourraient paraître suspects.

3 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, .4. N., AF* il 286.

1214. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° après comparution du maire, d'un officier municipal de Bondy et du citoyen Leroux, cultivateur, pour rendre compte de la conduite par eux tenue à l'égard d'une voilure saisie,- sortant de chez ledit Leroux sans laissez-passer, renvoyant cette affaire à la municipalité de Bondy pour en prendre une plus ample connaissance et en décider conformément à la loi; 2° arrêtant qu'il sera écrit à deux sociétaires du Théâtre -Français de se rendre au Comité avec la pièce de Vaméla, jouée la veille, et qui a occasionné du bruit, relativement à trois vers, qui sont contraires aux principes et qui ont été dénoncés hautement par un officier, au moment où ils étaient déclamés, ce qui a fait traduire cet officier devant de prétendus juges, qui l'ont interrogé' ; 3° constatant la venue d'une dépulation de la section de l'Homme-Armé, qui a fait part au Comité de ses inquiétudes sur les farines, attendu qu'une infinité de citoyens se sont retirés de chez les boulangers sans avoir pu avoir de pain, le Comité lui a répondu qu'il allait écrire à ce sujet au citoyen Pache pour l'inviter à remédier à cette pénurie, ce qui a été fait

362 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

à l'instant par le citoyen Delespine ; 4° après interrogatoire de la veuve Fournier, relativement à l'affaire de Saint-Laurent, décidant que cette citoyenne sera renvoyée chez elle sous la surveillance très exacte de son gardien, qui, sous aucun prétexte, ne la laissera communiquer avec personne, et ne la laissera point sortir, que ce gardien sera payé à raison de 2 livres par jour et sera nourri aux frais de la veuve Fournier; après examen des pièces du citoyen Richard, invitant la municipalité de Créteil à prendre, relativement aux subsistances sur lesquelles elle a apposé les scellés, toutes les mesures de prudence qu'elle croira nécessaires, l'invitant, en outre, à sévir contre ceux qui se sont portés à des menaces et à des gestes violents contre la garde, et à faire en sorte qu'une pareille infraction à la loi ne se renouvelle plus ; 6° après réception d'une députation d'ouvriers du fer de la section de Bonne-Nouvelle qui est venue faire part au Comité de leur projet d'établir surle-champ des forges, et a demandé qu'on leur accorde l'emplacement de la Courdes Miracles ou le Marché aux Veaux comme étant convenable, chargeant le citoyen Nicolas de porter leur pétition au ministre de la guerre et de solliciter la prompte expédition de ses ordres à cet égard; 7° enregistrant la réponse des comédiens du Théâtre-Français, invités à se rendre au Comité pour répondre sur l'incident arrivé la veille, à leur théâtre, à la représentation de la pièce de Paméla, réponse remise au Comité par le gendarme porteur de l'invitation, regrettant de ne pouvoir s'y rendre, parce qu'ils sont détenus à Sainte-Pélagie et aux Madelonnettes; 8° déclarant avoir écrit au Comité de salut public de la Convention pour l'informer des ordres que le Comité a donnés, ce matin, aux directeurs du spectacle en question de se transporter dans son sein pour rendre compte de ce qui s'était passé la veille à la représentation de Paméla, et pour lui faire part d^s mesures que le Comité se proposait de prendre; 9° déléguant les citoyens Fournerot, Delespine et Cuigues, en qualité de commissaires, pour lever les scellés apposés sur

les effets du citoyen Saint-Laurent, en faire l'inventaire, déposer tous ces effets dans des caisses spéciales, avec l'adjonction du juge de paix de la section de Popineourt; 10° sur la notification, par le citoyen Marchand, d'un arrêté pris, le 31 août, par la section du Mont-Blanc, qui déclare que Pache, malgré ses calomniateurs, a su mériter la confiance de ses concitoyens, arrêtant à l'unanimité que cet arrêté sera imprimé, affiché au nombre de 500 exemplaires et envoyé aux 47 autres sections, avec invitation d'y adhérer; 11° décidant que le citoyen Nicolas fera exécuter le plan d'une carte qui doit servir aux membres du Comité pour faire connaître leur caractère civil; 12° annonçant avoir écrit au citoyen Antoine, officier de marine, rue de l'Echelle, hôtel Gaillarbois, pour l'inviter à se rendre au Comité, afin de lui demander pourquoi il n'est pas à son poste; 13° notant avoir écrit au citoyen Nicolas Lulier, place de l'Ecole, de se rendre au Comité, pour répondre à la dénonciation verbale faite contre lui, sur ce qu'il tient des propos iiii i\ iques dans les cafés.

3 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A . N. , BL>3 81A (anc4 BB74 20), fol. 265-269.

1215. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ d'un convoi d'artillerie pour Arras,et reproduisant la teneur d'une proclamation du Commandant général à ses concitoyens, conçue en ces termes :

« Mes camarades, les méchants voudraient nous égarer. L'or des puissances étrangères circule dans nos murs, et des républicains infidèles sont assez lâches pour le recevoir. Mes amis, étendez de nouveau votre surveillance, aidez-moi à démasquer les conspirateurs et la patrie sera encore une fois sauvée. Des êtres méprisables ont voulu calomnier les intentions du plus pur des magistrats, tandis qu'il passait les nuits à adoucir- le sort de ses concitoyens, sous peu vous connaîtrez vos vrais amis et vous saurez auquel des deux partis appartient justice.

« Les canonniers de la section Popincourt ont très bien faille service à l'Arsenal, ils ont maintenu entre eux cette bonne discipline, si nécessaire à des républicains de leur trempe ; leur poste a toujours été garni, et la consigne a été remplie avec beaucoup de sévérité. Je suis charmé de cette exactitude, j'en remercie mes frères, les canonniers, et les invite à continuer.

« J'annonce à mes concitoyens qu'une carte d'entrée à l'Arsenal ne peut servir pour deux, et quiconque s'immiscera à l'avenir de vouloir entrer semblablement, les citoyens de service sont autorisés à le traduire devant la Commune de Paris et les autres autorités qui en doivent connaître. Quelques fonctionnaires veulent s'arroger le droit d'entrer dans certains lieux publics, sans montrer leur carte, ils se trompent, la loi est pour tous, elle ne connaît point d'exception. Que les fonctionnaires publics prennent pour exemple nos députés de la Convention, ils montrent leur carte pour y entrer, et nos magistrats de la Commune en font de même pour entrer au Conseil. Tous les fonctionnaires publics, ceux qui aiment et qui sont les dépositaires des lois, en doivent être les premiers esclaves. »

La Commune de Paris et le Commandant général invitent leurs concitoyens à tenir les corps de garde toujours complets, ainsi que le service des barrières.

Les réserves et patrouilles à l'ordinaire, et toujours la plus grande surveillance aux barrières.

D'après les rapports de la force armée, à 5 heures du matin, dans la section du Théâtre-Français, l'on a posé une garde à la porte des boulangers pour y maintenir la tranquillité publique, un garçon boulanger ayant voulu la troubler, a été arrêté et conduit à la Mairie.

Les réverbères étaient éteints avant 3 heures du matin dans les rues des Fossés, des Poulies, Bailleul, du Roule, des Mauvaises-Paroles et de Seine.

A 1 heure 1/4 une patrouille a arrêté un citoyen, qui a déclaré que le nommé Bourdonnais, boulanger, venait de l'éveiller pour lui délivrer du pain, la garde s'est portée chez ce boulanger et y a trouvé une

douzaine de personnes à qui il en vendait, le commandant lui ayant fait des représentations sur sa conduite, il n'y a répondu que par les invectives les plus grossières.

A 1 heure du malin, une patrouille de la seclion du Temple a arrêté deux hommes, qui en la voyant paraître ont crié : Sauvons-nous, voilà des brigands qui marchent sur nous; amenés au corps de garde, l'un d'eux a dit se nommer Delaune, marchand de vin, il avait une carte civique, l'autre, qui paraissait être son garçon de cuisine, n'en avait point et n'a jamais voulu dire son nom. Renfermés au violon, ils ont voulu briser la porte, ont tenu les propos les plus inciviques et traité les citoyens de garde de lâches, de polissons, de scélérats. Le garçon surtout a paru très suspect. On a encore arrêté, une demiheure après, un autre citoyen sans carte, lequel a tenu la même conduite que les précédents.

La garde de l'Ile-Louviers a arrêté un particulier portant un sac dans lequel il y avait 127 louis en or et en écu de 6 livres, il a été conduit à la Mairie et de là ramené au Coiuité de la section de l'Arsenal, ou il n'y avait personne.

4 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFW 1470, BB^ 76.

1216. — Arrêtés du Comité de sûreté générale : 1° ordonnant la mise en liberté du citoyen Belmonl, attaché au Théâtre de la Nation, dont les bons sentiments dans la Révolution sont bien connus ; 2° ordonnant la mise en liberté du citoyen Molé, attaché au Théâtre de la Nation, détenu aux Madelonnettes, qui s'est montré, dès les principes de la Révolution, l'un des plus zélés partisans de la Liberté et de l'Egalité, dont le patriotisme est notoire, et qui ne saurait être confondu avec les artistes malintentionnés, qui ont voulu faire servir le spectacle à la dégradation de l'esprit public; 3° sur le compte rendu, au Comité, de la situation de la citoyenne Comtat cadette, dont la grossesse est très avancée, et qui a besoin de secours qu'il lui est impossible de se procurer dans le

lieu où elle se trouve actuellement détenue, décidant qu'elle sera conduite dans l'appartement occupé par sa sœur, dont les soins lui sont nécessaires, et où elles seront gardées l'une et l'autre, aux termes du dernier arrêté qui les concerne.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1217. — Arrêté du Comité de sûreté générale, désireux de rétablir l'ordre dans les ateliers de fabrication d'assignats appartenant à la République, ordonnant l'arrestation des citoyens Duno, Megrin, Roger, Léonard, Debray et Amable.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1218. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que les citoyens Desaunays, Barthélémy neveu et Chamfort (de la Bibliothèque nationale), actuellement aux Madelonnettes, seront reconduits dans leurs domiciles, où ils resteront, chacun sous la garde d'un gendarme, jusqu'à nouvel ordre.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

4219. — Arrêté du Comité de sûreté générale, justement indigné de la manière indécente avec laquelle le nommé Bois s'est présenté et des propos insultants qu'il s'est permis envers ses membres, décidant qu'il sera conduit à la prison de l'Abbaye pour y être détenu jusqu'à nouvel ordre.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, N. N., AF*II 286.

1220. — Arrêté du Comité de sûreté générale, informé que, dans une assemblée des députés des différentes sections réunis aux Jacobins, on vient de découvrir deux particuliers suspects, chargeant le brigadier de la gendarmerie nationale au poste du Comité de se transporter, avec deux gendarmes, à l'Assemblée des commissaires des sections, de s'assurer des deux particuliers, qui lui seront indiqués

par le président au nom de l'Assemblée, et de les conduire au lieu qui sera déterminé par les commissaires des sections.

4 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*li 286.

1221. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° décidant que la Commission d'inspection des postes laissera partir librement les ncB 378 et 379 de la Feuille de Paris, en ayant soin de spécifier les motifs qui la détermine à arrêter une feuille et les articles qui lui paraissent suspects; 2° portant que le citoyen Antoine, officier de marine, mandé au Comité pour indiquer les motifs qui le reliennent à Paris dans un moment où il devrait être à son poste, s'est présenté et a fait part au Comilé que son départ devait avoir lieu, le lendemain, pour Toulon, son poste, le Comité l'a engagé, après avoir vu ses papiers, à ne rien négliger pour se rendre où le devoir l'appelle ; 3° revenant sur son arrêté de la veille, qui déclarait que Pache, maire de Paris, avait su mériter la confiance de ses concitoyens, et ordonnait d'imprimer à S0O exemplaires une adhésion à l'arrêté de la section du Mont-Blanc du 31 août, et décidant qu'il sera écrit au citoyen Nicolas de suspendre l'impression de l'adhésion; 4° annonçant qu'il a été écrit au Comité de salut public de la Convention, afin de le prier de prendre les mesures nécessaires pour faire cesser la disette factice des subsistances et les rassemblements aux portes des boulangers.

4 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A.N., BB3 81 A (anc1 BB74 20), fol. 270-273.

1222. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, en vertu duquel le Commandant général invile ses concitoyens à faire de fréquentes patrouilles, à la porte des boulangers, pour y empêcher les attroupements. D'après un arrêté de la Commune, il est défendu à tout bon citoyen de se rendre aux portes desdits boulangers, avant 6 heures du matin, les sections enverront, chacune, dans leur ar-

l'esprit public a Paris dê juillet a septembre 1793

rôndissement, une force imposante à la porte de chaque boulanger, pour y maintenir le bon ordre et faciliter la distribution aux bons républicains, qui aiment les lois, leurs magistrats et leur pays.

« Courage, braves républicains, s'écrie Hanriot, courage et persévérance dans la crise présente qui nous afflige. Hier, j'ai vu avec douleur des citoyens demander, en riant, du pain à la Commune, rit-on quand on a faim? rit-on quand on manque des premiers aliments de la vie? ceux-là seuls me semblent recevoir l'or et l'argent des puissances étrangères. Braves camarades! lorsque vous êtes de service, soit en patrouilles, soit au corps de garde, ces êtres semblent insulter à nos malheurs.

Eh bien! qu'ils sachent que nous savons être grands dans de telles circonstances, que nous savons être justes et que nous voulons que la loi, qui protège l'innocent, punisse aussi le coupable. »

Les réserves, à dater d'aujourd'hui et jusqu'à nouvel ordre, seront de cent hommes dans chaque section; les patrouilles à l'ordinaire et toujours la môme surveillance aux barrières.

Les rapports de la force armée signalent l'arrestation, à 3 heures du matin, dans la section des Gardes-Françaises, d'une voiture de charbon, que l'on a conduite au corps de garde et vendue à différents citoyens.

5 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF" 1470, BB3 76.

Ed. Dauban, La Démagogie en H93 à Paris, p. 373.

1223. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° arrêtant que les communes seront invitées à apporter, jeudi prochain, une note écrite de leur état, particulièrement en ce qui concerne les hommes suspects ; 2u décidant que la Commission inspectante des postes fera la visite des lettres du bureau des rebuts, que celles adressées au citoyen Westermann seront apportées au Comité, et qu'aucune lettre de ce bureau ne pourra être délivrée à qui que ce soit, avant que la Commission ait terminé son inspection; 3° portant qu'il a été écrit au citoyen Ma-

rino, administrateur de Police, pour l'inviter à lever, le lendemain, les scellés chez le citoyen La Tour-du-Pin, et dans le cas où il ne pourrait pas, lui assigner un autre jour; 4° enregistrant le rapport par les citoyens Chéry et Nicolas, de l'examen des comptes du citoyen Harny, trésorier du Comité, d'après lequel la recette est de 14,851 livres 16 sols et la dépense de 14,857 livres 8 sols 6 deniers, d'où il résulte qu'il est dû au trésorier 5 livres 12 sols 6 deniers, qu'il portera en dépense au premier compte, lesdits comptes approuvés par les membres du Comité, Franchet, Chéry, Marchand et Génois, qui les ont signés.

5 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BBJ 81 A (anc* BB'* 20), fol. 273, 274.

1224. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, déclarant que, d'après le décret de l'armée révolutionnaire, tous les bons citoyens, animés du plus pur patriotisme, iront se faire inscrire au Comité de leur section. Les commissaires des sections sont invités à en dresser, tous les jours, deux listes, et à les envoyer à la Mairie et au Commandant général, pour passer à la censure de ceux de la Commune et du Département ; il faut choisir les hommes honnêtes et capables de ramener la paix et l'abondance dans Paris.

Les canonniers seront payés comme l'armée révolutionnaire et n'admettront parmi eux que des hommes dignes de la Liberté, le Commandant général prévient ses frères de l'armée révolutionnaire qu'ils seront armés, équipés, habillés, et qu'ils auront tout le nécessaire.

L'ordre du jour annonce le départ, le jour même, de trois convois d'artillerie, l'un pour Metz, le second pour Laon et le troisième pour Arras.

Aux termes d'une lettre adressée au Commandant général par les administrateurs de Melun, ils se félicitent beaucoup du détachement qui leur a été envoyé de Paris et en font le plus grand éloge.

Les réserves seront de 200 hommes et indemnisées, les patrouilles fréquentes et la même surveillance aux barrières.

Suivant les rapports de la force armée, l'adjudant de ronde de la2e légion faitobserver qu'il est presque impossible de mettre à exécution l'ordre duCommandantgenéral d'empêcher, avant 6 heures du matin, les rassemblements aux portes des boulangers, sans s'exposer beaucoup, même à des insurrections. Un administrateur de Police et un officier de paix, accompagnés d'une patrouille, ont failli en être les victimes.

6 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général ('2 pièces), A. N., AF1V 1470, BB3 76.

122a. — Rapport de l'observateur Béraud, touchant les subsistances, annonçant que les inquiétudes à ce sujet gagnent beaucoup de citoyens, surtout dans le Faubourg Saint - Antoine , que dans divers groupes devant les portes Saint-Martin et Saint-Denis, plusieurs individus, revêtus de l'honorable costume de Sans-culotte, faisaient l'effrayant tableau d'une prétendue pénurie de subsistances et excitaient le peuple à se porter de nouveau à la Convention et surtout à la Mairie, attaquant vivement le citoyen Pache. Des femmes mêlées parmi eux blasphémaient contre la majorité des représentants du peuple, mais ont été bientôt expulsées par de bons citoyens. En général, le Faubourg Saint-Antoine était calme, mais n'est pas disposé à se dessaisir de ses armes pour les jeunes républicains en réquisition, dans la crainte qu'une fois désarmé, une horde d'ilotes jusqu'à présent ignorée, ne l'asservisse et ne se porte vers la Convention.

En ce qui concerne les accaparements, on prétend que certains marchands de vins ont des marchandises en quantité dans les caves du ci-devant Roi, à Sèvres, et dans les carrières du Grand-Montrouge. Il serait également instant de faire une visite scrupuleuse dans différents magasins se trouvant dans un passage qui donne sur la rue du Petit-Carreau, n° 6 ; ils renfermeraient, paraît-il, quantité de denrées coloniales, le peuple aurait voulu s'y porter, mais on avait trouvé le moyen de l'en détourner.

6 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1226. — Rapport de l'observateur Rousseville, annonçant qu'il se tient dans le jardin et la maison de la ci-devant Bourbon, donnant sur les Champs-Elysées, un club ou rassemblement de prêtres contrerévolutionnaires, assermentés et même insermentés, parmi lesquels figurent beaucoup d'évèques, ils seront dénoncés dans le Journal républicain.

Deux représentants du peuple devaient arriver à Rennes, Carrier, qui s'y trouve depuis vendredi, avait écrit au Comité de salut public pour demander un troisième représentant; plusieurs auxquels l'on en a parlé ont refusé cette mission; si l'on substitue à l'adjoint représentant du peuple un commissaire du pouvoir exécutif, l'observateur Rousseville s'offre, avec la certitude d'être bien vu des patriotes de Rennes, d'être utile aux représentants qui y sont et de servir la République avec succès.

6 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1227. — Arrêté du Comité de sûreté générale, après avoir entendu plusieurs rapports au sujet du citoyen Gonchon, d'après lesquels ce citoyen se transporterait dans divers endroits du Faubourg Saint-Antoine pour y exciter des rassemblements, qui ne peuvent avoir que des intentions criminelles, décidant que le citoyen Gonchon, ainsi que ses gens, seront mis en état d'arrestation par mesure de sûreté générale.

6 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté généraie, A. N., AF* II 286.

1228. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur les renseignements qui lui ont été fournis au sujet des agiotages et monopoles qu'exerce le citoyen Grenus, banquier, boulevard Montmartre, vis-à-vis la maison Montmorency, tendant à faire baisser le change et à discréditer les assignats en jetant dans la circulation des papiers factices qu'il négocie jusqu'à 3 0/0 par mois, et, à la faveur de cet intérêt monstrueux, paralysant les papiers monnaie de la République, ou les resserrant dans ses coffres pour faire baisser les

changes à son gré, décidant que les scellés seront sur-le-champ apposés sur tous les papiers et bureaux du citoyen Grenus, qui demeurera en état d'arrestation chez lui, sous la surveillance de deux gendarmes, sans pouvoir sortir de son domicile, ni communiquer avec personne, si ce n'est avec sa famille.

6 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*il 286.

1229.— Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° ordonnant d'amener de la prison des Madelonnettes au Comité, pour être interrogés, Nicolas Olivier, François Wollf, Jean- Pierre Texier et Melchior Laroche, domestiques attachés à la maison La Tourdu-Pin; 2" après avoir pris connaissance du procès-verbal de la séance extraordinaire de la Société des Jacobins, réunie aux commissaires des 48 sections; considérant que Jacques Roux, amené au Comité par le Comité révolutionnaire de la section des Gravilliers, déjà suspect dans l'opinion publique, est très suspect auprès de tous ceux qui ont suivi ses manœuvres, et que le jugement unanime de la Société des Jacobins, sur son compte, est une preuve irrésistible contre lui, décidant que Jacques Roux sera conduit provisoirement à Sainte- Pélagie, conformément à la loi sur les hommes suspects et par mesure de sûreté générale, de plus que le présent arrêté sera envoyé à la Société des Jacobins, avec invitation de faire passer au Comité les différentes inculpations qu'elle aurait à produire contre lui, pour prendre, d'après ces renseignements, des mesures ultérieures ; 3° donnant ordre au concierge des Madelon nettes de faire amener au Comité les personnes de Gouvernet-La Tour-du-Pin et du Petit- La-Tour-du-Pin, pour être interrogées; 4° envoyant aux Madelonnettes Jean Denizot, déporté de la Martinique, accusé d'avoir chanté en plein café des chansons royalistes et tenu les propos les plus inciviques, avec ordre de le mettre au secret; 5° donnant pouvoir aux citoyens Génois et Lécrivain d'arrêter le citoyen Comparet, inspecteur général

des Postes, dénoncé comme recevant parmi ses employés des volontaires de la garnison de Valcnciennes.

6 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BBa 81* (anc* BB14 20), fol. 275-277.

1230. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, d'après lequel, en conséquence d'un arrêté municipal du 6 de ce mois, les commandants de patrouilles et postes aux barrières n'auront aucun égard aux cartes pour laisser sortir du pain de la Ville, de quelques personnes qu'elles viennent.

Le Commandant général renouvelle l'invitation de n'admettre dans l'armée révolutionnaire que des citoyens d'un civisme épuré, et aux commandants de sections de s'entendre avec les membres des Comités, pour lui faire passer, ainsi qu'à la Mairie, tous les jours, la liste des inscrits, afin de la soumettre à la censure.

Tous les canonniers de Paris font partie de l'armée révolutionnaire et seront payés comme la gendarmerie, ils se tiendront toujours prêts à marcher à la première réquisition des autorités constituées.

Les réserves seront encore les mêmes, les patrouilles fréquentes, les barrières garnies avec beaucoup d'exactitude pour empêcher la sortie du pain et des farines de Paris, enfin une surveillance générale sera exercée sur les ennemis de la chose publique.

7 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

1231. — Rapport de l'observateur Béraud rendant compte d'une pièce jouée sur le Théâtre du Boulevard, par le citoyen Nazaretb, pièce en 1 acte et en vaudevilles, intitulée La noblesse au village, qui est un tissu d'aristocratie, caché sous un léger voile de patriotisme, on y laisse entendre que tous les deniers provenant des impositions sont dissipés par nos sages législateurs.

Le Faubourg Saint-Antoine est calme, les jeunes citoyens requis veulent partir, mais

ceux qui ne le sont pas, balancent encore pour savoir s'ils donneront leurs armes, ce faubourg est travaillé en sens contraires.

Tout le quartier de la Courtille, dès H heures du soir, était plein de femmes de Belleville, qui attendaient du pain à la porte des boulangers, sur 300, c'est à peine s'il y avait 20 citoyennes de Paris, elles ont assuré que Belleville avait des farines, mais que les boulangers ne cuisaient pas, ce qui est faux, si elles viennent chercher du pain à Paris, c'est qu'il est plus beau que celui de leur municipalité.

7 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 36883.

1232. — Rapport de l'observateurBéraud, concernant spéciatement les subsistances, faisant connaître que le pain, dans toute la section du Temple, le quartier Saint- Antoine, la Courtille, s'est distribué sans difficulté, et qu'il en restait encore, ce soir, chez les boulangers.

Dans les guinguettes et cabarets, certains volontaires, qui sont à Paris par congé, ou après avoir déserté leurs bataillons, répandent le bruit que, dans toutes les armées, l'on meurt de faim, que le dénuement y est complet.

L'armée révolutionnaire fatigue furieusement l'imagination des aristocrates, qui cherchent à s'opposer à sa formation, sous prétexte qu'elle ne sera composée que de brigands, qui égorgeront les patriotes.

Les fédéralistes ont un point de ralliement, ils se reconnaissent à leurs rubans de souliers, si on les approche avec des boucles, ils vous rientau nez ets'échappent.

7 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 36883. •

1233. — Rapport de l'observateur Rousseville, annonçant l'arrivée à Paris du maire, du procureur syndic du district, des procureur et substitut du procureur de la commune de Brest, fédéralistes décidés, qui se proposent de se présenter à la barre de la Convention, où un décret les appelle depuis longtemps; Roussevillc a l'intention de les accuser, le lendemain, à la So-

ciété des Jacobins, comme s'étant, avec incivisme et une insigne mauvaise foi, insurgés contre laConvention, comme s'étant opposés à toutes les instructions qu'on a voulu donner à leurs administrés sur le 31 mai, comme ayant fait imprimer en français et en breton le discours contrerévolutionnaire de Salle, comme ayant refusé d'accepter la Constitution et ayant empêché les citoyens et l'armée de Brest de l'accepter, enfin comme royalistes avérés et ayant projeté de livrer leur ville et leur port aux Anglais.

En conséquence d'un arrêté de la Commune du 6, le peuple ne s'est trouvé aux portes des boulangers qu'entre 4 heures et 4 heures et demie du malin, et le tumulte a été moins grand que de coutume.

Le Palais-Royal continue à être le repaire des agioteurs de la Bourse et des vendeurs d'argent du perron, les motions y étaient, ce soir, en faveur du guillotiné de ce matin. Rousseville dit les avoir attaqués de front en exposant la vie, les mœurs et le caractère de folie du condamné, aidé en cela par son défenseur officieux ; les martyrs, ajoute Rousseville, font les fanatiques, et il ne faut pas qu'on croie que la monarchie a des martyrs sous la République.

La section de la Butte-des-Moulins a nommé, ce soir, des commissaires pour aller demander à la Convention l'expulsion des nobles de leurs emplois civils et militaires.

L'arrestation d'un certain Damiens qu'explique l'observateur Rousseville, est due à la présence, dans ses papiers, de trente certificats de civisme, alors qu'il n'en fallait qu'un, c'est ce qui l'a fait considérer comme suspect.

Les placards qui attirent le plus l'attention sont : 1" l'adresse du peuple de Paris à la Convention, prononcée par Chaumette ; 2° la proclamation du Département de Paris; 3° l'adresse de Dunouy sur les principes de la culture et de la propriété des terres; enfin celle des administrateurs des Subsistances au peuple.

7 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1234. — Rapport de l'observateur Soulet, d'après lequel : 1° le peuple témoigne toujours des inquiétudes au sujet du pain ; plusieurs fermiers ou propriétaires des environs de Paris n'ont pas encore commencé de battre leurs grains.

2° La Maison de l'Egalité est toujours remplie de contre-révolutionnaires ou d'agitateurs soudoyés, qui, tout en paraissant aimer la République, tâchent de suggérer au peuple de Paris des sentiments contraires à cette même République, en s'appuyant toujours sur la disette des subsistances et sur la force des ennemis, tant intérieurs qu'extérieurs.

3° Le décret de ce jour, qui confisque au profit de la Nation les biens des étrangers, nés dans les pays avec lesquels on est en guerre, fait beaucoup de plaisir au peuple, et la proposition de mettre en état d'arrestation les banquiers est aussi assez de son goût.

7 septembre 1 793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., F1 36883.

1235. — Déclaration du citoyen Pontard, évêque de la République au département de la Dordogne, logé dans la maison de la citoyenne Bourbon, Faubourg Saint-Honoré, n" 66, par laquelle, instruit, d'après un article du journal intitulé le Républicain, qu'il se serait tenu une assemblée de prêtres dans cette maison, il atteste n'en avoir eu aucune connaissance, que s'il y a lieu de rechercher l'origine d'un pareil bruit, c'est qu'il projette de se marier avec la fille du citoyen Caininade, excellent patriote, capitaine de la 4e compagnie de la section des Champs-Elysées, à moins que ce ne soit l'ordination d'un prêtre à la Sans culotte qu'il fit la veille dans la chapelle, ou encore la visite d'un de ses curés, actuellement à Paris, qui est venu le prier de seconder son mariage. Du reste, Pontard déclare être un patriote si franc du collier qu'il ne demande qu'à être instruit de la vérité pour embrasser sans aucune considération la voie révolutionnaire, il signe sa déclaration et promet de la soutenir en tout temps par ses écrits et par sa conduite, et offre deux numéros de son

T. IX

journal, qu'il vient de faire imprimer à Paris, pour qu'on y voie ses principes.

A la suite de cette déclaration se trouve le programme de la séance des Jacobins, du 6 septembre, donné par Rousseville.

1236. — Extrait d'un rapport de l'observateur Rolin, faisant connaître que, suivant le témoignage d'un canonnierde la section du Panthéon-Français, envoyé à Melun pour protéger les subsistances, il existe à Melun et à Brie-Comte-Robert d'immenses magasins de blé et même de farines, et ce canonnier a mission de demander des sacs afin de faire parvenir à Paris ces farines.

7 septembre 1793.

Extrait, A. N., F7 36883.

1237. — Délibération du Comité desalut public du Département de Paris : 1° décidant, après l'interrogatoire du citoyen Comparet, inspecteur général des Postes, arrêté cette nuit, qu'il retournera libre à ses fonctions, à charge par lui de faire parvenir de suite l'ordre du directoire, en vertu duquel il a agi ; 2° donnant acte au Comité révolutionnaire de la section du Contrat Social, représenté par une députation, qui est venue se plaindre des recherches et visites domiciliaires du citoyen Chéry chez des suspects, et déclarant qu'il a agi arbitrairement, sans être autorisé par aucune délibération, quoiqu'il ait signé les procès-verbaux d'arrestation avec la qualification de secrétaire du Comité de surveillance et membre du Comité de salut public du Déparlement de Paris; 3° d'après une dénonciation du procureur de la commune de laCourneuve contre le sieur Louis Courtier, fermier et meunier à Morville, qui refusait de vendre aux habitants de la commune le superflu de sa consommation, sous prétexte que ses grains étaient en réquisition par le district de Saint-Denis, et qui a laissé pourrir des foins entassés depuis 4 ou 5 ans plutôt que de les vendre, décidant qu'il sera conduit aux Madelonnettes et mis au secret jusqu'à nouvel ordre, et chargeant les citoyens Lécrivain

et Moissard de faire dans la ferme de Morville une exacte perquisition.

7 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc1 BB™ 20), fol. 279-281.

■1238. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant que les commissaires de la section du Luxembourg ont apporté, les premiers, à l'Etat-major général la liste des inscrits pour l'armée révolutionnaire, et invitant les autres sections à suivre cet exemple.

D'après le décret de la Convention nationale, nos jeunes frères d'armes, en réquisition, ne pourront s'enrôler dans l'armée révolutionnaire, mais ils n'en marcheront pas moins sur le même rang contre les ennemis de la République.

Les réserves ne seront que de 100 hommes, bien complètes, ainsi que la garde des barrières et les patrouilles fréquentes.

Les rapports de la force armée signalent l'arrestation, à 1 heure du matin, par les Elèves de la Patrie, d'un individu qui portait dans un sac 2 pains de 4 livres, qu'il avait achetés chez le citoyen Roze, boulanger, vis-à-vis l'hôtel d'Uzès, les pains ont été retenus et les délinquants traduits devant le commissaire de police de la section du Mail. Un autre particulier a été conduit, par les Elèves de la Patrie, au Comité de la même section pour avoir insulté leur factionnaire et chanté qu'il s'était engagé pour le Roi.

8 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. iV., AFIV 1470, BB3 76.

1239. — Lettre de l'observateur Perrière à Paré, ministre de l'intérieur, annonçant qu'à défaut d'observations de détail, depuis quelques jours, il a consacré son temps à étudier les tableaux et les spectacles, ainsi que ceux qui les visitent. Quoiqu'au premier abord, un Salon de peinture soit un champ assez stérile pour le genre d'observations qui l'occupe, cependant, comme plusieurs des tableaux représentent des traits d'héroïsme et de liberté, il est bon d'observer l'effet qu'ils produisent sur les

spectateurs, ou d'exciter cet effet, quand il ne se produit pas.

Quant aux spectacles, leur étude lui fournit nombre d'observations qui peuvent concourir au bien public et dont l'objet est la connaissance des dispositions de ceux qui les fréquentent et du mérite révolutionnaire des pièces et des acteurs.

Perrière a pu remarquer que les petits spectacles, fréquentés par la classe la moins aisée des citoyens, présentent dans les spectateurs et ceux qui les amusent un ensemble de patriotisme bien llatteur pour le vrai républicain, tandis que ceux, fréquentés surtout par les riches, ne reçoivent dans leur sein que les ennemis de la Liberté, ou ceux qu'elle trouve indifférents. Dans les grands spectacles il faut excepter celui de la République, qui mérite véritablement son nom. C'est là qu'accourent les plus ardents patriotes, là qu'ils relèvent avec transport l'allusion la plus éloignée, favorable au républicanisme, les acteurs etlesauteurs sontdignes en tout de ceux qui les écoutent et semblent s'être formés depuis le despotisme. Perrière cite une pièce bien connue qu'on y représentait la veille, Bobert, chef de brigands, à son sens, il n'en existe point dont l'esprit soit plus conforme à la situation politique actuelle, elle respire la vertu, mais une vertu vraiment révolutionnaire et digne des fondateurs de Rome.

Perrière analyse longuement deux passages de cette pièce, dont l'un peut être saisi par les aristocrates et l'a été en effet par un ou deux qui se trouvaient mêlés à cet auditoire patriote, et l'autre a paru exciter les scrupules et balancer l'opinion des patriotes.

Si le Théâtre de la République forme une exception bien glorieuse à la règle générale, posée par Perrière pour les grands théâtres, celui de la rue Feydeau, qui n'eut pas dû perdre son nom de Monsieur, en est une confirmation bien amère. Perrière n'y était entouré que d'impudents ennemis, non seulement des dernières révolutions, mais de toute espèce de Révolution. Le ton léger et railleur des acteurs, toutes les fois qu'ils rasaient quelqu'idée révolutionnaire, ne donnait pas meilleure

opinion d'eux que des spectateurs; le titre glorieux et sacré de citoyen ne leur servait qu'à renforcer le comique d'une situation, au lieu d'employer cette dénomination à élever l'âme des spectateurs, les acteurs ne cherchaient qu'à l'avilir à leurs yeux.

Pour se résumer, Perrière déclare qu'il y a des théâtres utiles et d'autres nuisibles. Il faut traiter les uns à l'égal de l'aristocratie et encourager les autres, comme on encourage le patriotisme. Au reste, il est un reproche commun à tous les spectacles, c'est qu'il n'en est presque point où il ne se joue des pièces qui offrent la dégoûtante peinture de la corruption et de la légèreté enfantées par le despotisme ; ainsi Perrière proposerait que toute pièce, qui doit être présentée au peuple, fût soumise à la censure d'un certain nombre de patriotes purs, éclairés et fermes surtout.

Perrière rapporte avoir entendu des aristocrates se réjouir beaucoup de la taxation du bois et du charbon. Cette mesure serait-elle en effet dangereuse ? ou l'aristocratie affecte- 1- elle de s'en réjouir, afin que le gouvernement, effrayé de leur joie, se presse de retirer le bien qu'il avait fait.

Perrière cite l'exclamation extraordinaire entendue dans la bouche d'un enfant de 4 à 5 ans, qui criait : « Vive les tyrans! on a du pain son content », et qui, interrogé de qui il avait appris cette parole, répondit que c'étaitd'un homme mené àlaguillotine.

Un effronté scélérat, que l'on conduisait la veille au supplice, resté contre-révolutionnaire jusqu'au bout, comme il passait devant un de ces rassemblements qu'une crainte mal fondée forme tous les jours, au milieu de l'abondance, à la porte des boulangers, « les lâches, dit-il, les imbéciles, ils veulent la République et ils n'ont pas de pain, mais, c'est moi qui vous le dis, avant six semaines, vous aurez un roi, et il vous le faut ». Le peuple, étonné un instant de son audace et de son insensibilité, ne lui a répondu que par les cris de « Vive la Nation ! Vive la République ! A bas le scélérat! » Perrière donne l'explication de ces paroles d'un furieux à qui la rage aristocratique et une crainte mal dissimulée de la mort ont fait perdre la tête.

D'après une lettre d'un volontaire en garnison à Gravelines, cette place était bien armée, mais mal approvisionnée, Perrière s'écrie à ce propos : « Quoi ! c'est toujours faute de pain que périront nos soldats! Quelle honte pour des approvisionneurs français et quelle coupable négligence de la Convention ! » Le même ajoute que deux officiers et un aide de camp ayant laissé leur camp de Cassel pour venir se divertir à Gravelines, furent renvoyés à leur poste par les canonniers de cette place. C'est de semblables désertions, observe Perrière, que sont venus les revers de nos armées dans les dernières affaires.

8 septembre 1793.

Original non signé, A. N., Flc III, Seine, 27.

Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 109; Dauban, La Démagogie à Paris en 1193, p. 379

1240. ■ — Rapport de l'observateur La- Tour-La-Montagne au ministre de l'intérieur, déclarant qu'il a souvent dénoncé à son prédécesseur, comme il lui dénonce, l'un des mille abus dont Paris est infesté, ce sont les jeux de hasard connus sous le nom de loto, établis dans la plupart des maisons publiques situées sur les boulevards, c'est là que les fripons lèvent chaque jour un impôt onéreux sur la classe la plus indigente du peuple, c'est dans ces affreux repaires que se passent les scènes les plus affligeantes, que décrit La-Tour- La Montagne. La politique commande tout aussi impérieusement que l'humanité la fermeture de ces lieux, qui servent d'asile aux malveillants et aux contre-révolutionnaires, aussi bien qu'aux fripons. Les sections, les Sociétés populaires offrent aux citoyens des délassements plus utiles et en même temps plus honnêtes, ce sont là les jeux qui conviennent à de véritables républicains.

8 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 114; Dauban, La Démagogie a Paris en 1103, p. 376.

1241. — Rapport de l'observateur Rous* seville, déclarant qu'il n'y a presque plus d'attroupements ni de tumultes aux portes

372 CHAPITRE I«r. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

des boulangers, et beaucoup plus de facilité à se procurer du pain, signalant la joie du peuple à la suite de l'arrestation de Pétion et de son envoi à l'Abbaye, l'arrestation, opérée de nuit par le Comité révolutionnaire de la section de l'Unité, de 24 suspects, dont 6 ci-devant nobles et 1 ecclésiastique, le reste banquiers, notaires et accapareurs , qui ont été enfermés dans l'ancien réfectoire des moines, et non dans la prison de l'Abbaye; au dire du citoyen Philippe, président de ce Comité, ils craignent beaucoup le renouvellement des journées de septembre.

Quoique le Tribunal révolutionnaire ne siégeât point, il y avait beaucoup de groupes animés de très bon esprit, surtout en ce qui concerne l'armée révolutionnaire.

Les groupes des Tuileries écoutaient le Père Duchène avec attention et applaudissaient, quand il tonnait contre les muscadins et les nobles de la Marine.

Le Palais-Royal avait, ce matin, quelques douzaines de petits coquins vivant de jeux et d'escroqueries, mais on n'y voyait point de ces hommes occupés à vendre de l'argent et à décrier la République ; ce soir, il n'y a que des promeneurs, et les cafés même sont vides, sans doute à cause de la fête de Saint-CIoud.

Plusieurs sections, comme celles des Piques, des Arcis, des Sans-Culottes, du Panthéon-Français, ont déjà commencé le recensement des jeunes gens de 18 à 25 ans.

Rousseville donne ensuite le compte rendu de la séance des Jacobins, dénonciation contre Kellermann, contre le Comité de sûreté générale, comme usé, contre le Comité des marchés; offre parPrudhomme de son ouvrage sur les crimes des empereurs d'Allemagne, l'envoyé à l'auteur avec invitation d'imprimer les crimes des écrivains patriotes, ou prétendus patriotes, gagnés par l'or des empereurs et des ministres; compte rendu par Maure, en mission dans Seine-et-Marne et le Loiret, relativement aux subsistances de Paris et à l'esprit public à Coulommiers.

françoire, t. IJ, p. 114.

1242. — Rapport de l'observateur LeHarivel, déclarant que tout le quartier du Gros-Caillou a été fort tranquille. Tous les lieux publics étaient remplis de citoyens, qui jouaient, buvaient et chantaient des chansons patriotiques ainsi que des hymnes en l'honneur de la République, de la Liberté et de l'Egalité.

Le Palais de l'Egalité, les Tuileries et les Champs-Elysées ont été constamment dégagés, on n'y a vu aucuns groupes, aucuns rassemblements.

8 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 115.

1243. — Observations du citoyen Rolin, commissaire du pouvoir exécutif pour la ville et le département de Paris.

Quelques fermentations s'étant produites au sujet des subsistances, la section de l'Observatoire avait pris un arrêté, par lequel elle déclarait en quelque sorte que le maire Pache avait perdu sa confiance, arrêté qui, ayant été colporté dans les sections, fut adopté par certaines d'entre elles, notamment celle du Panthéon, qui à l'instigation du citoyen Plaisant avait pris un arrêté analogue contre Pache et les administrateurs des Subsistances, lequel arrêté fut rapporté le lendemain et remplacé par un autre arrêté, proclamant que le citoyen Pache avait bien mérité de la Commune, et excluant Plaisant des Assemblées de la section jusqu'après la guerre. La même section du Panthéon eut à s'occuper d'un cerlain Julian de Carentan, dénoncé comme intrigant et comme ayant tenu des propos indécents contre les citoyens de la section, par lui traités de mâchoires, et attendu que ce particulier se donnait le titre de secrétaire général du Comité de salut public, l'Assemblée de la section du Panthéon le signala au Comité, comme ayant perdu sa confiance, et envoya 2 commissaires au Club des Cordeliers, désireux d'être renseigné sur le compte de Julian de Carentan.

L'observateur Rolin propose d'utiliser pour l'entretien des grands chemins les condamnés aux fers pour crimes, qui seraient logés dans la maison de force.

D'après Rolin, l'esprit public est excellent à Paris, la disette factice que l'on a éprouvé a fait fermenter quelques têtes, et des femmes se sont permis des imprécations contre les commissaires civils des sections, mais depuis l'arrêté sage de la Commune, qui défend de s'attrouper aux portes des boulangers avant 5 heures du matin, il paraît que tout rentre dans l'ordre.

Le Eaubourg Saint-Germain semble assez tranquille, le café de la République (rue de Buci) et celui du Protecteur de la garde nationale (rue Taranne) ont paru à l'observateur Rolin assez bien composés, dans le second quelques jeunes gens parlaient du recrutement avec assez de circonspection.

Le même Rolin s'est approché, quai de la Mégisserie, d'un groupe où un volontaire parlait de Valenciennes et de Condé, et attribuait la reddition de ces deux places à la trahison des chefs des armées, il ajouta que celui de Valenciennes, actuellement à l'Abbaye, lui avait toujours paru un bon patriote, et, lors de la capitulation, n'avait rien fait sans consulter les soldats. Rolin a remarqué que tous les citoyens de ce groupe paraissaient de très bons patriotes. Au sermon de la paroisse Sainte- Geneviève, le prédicateur lui avait paru bon patriote.

L'Assemblée fraternelle de la section du Panthéon-Français commence à s'organiser, l'Assemblée générale de la même section va s'occuper sérieusement de la levée en masse des jeunes gens, mais ne recevra point ceux qui sont actuellement en réquisition. Le Comité révolutionnaire est en pleine activité et arrête des suspects avec célérité.

8 septembre 1793.

Minute, A. N., F7 3688a.

Ed. Dauban, La démagogie en 1193 à Paris, p. 378.

1244. — Rapport d'un observateur anonyme, annonçant que, le 8 septembre, à 11 heures du matin, le peuple a découvert un magasin d'accaparement de sel, de sucre et autres denrées de première nécessité, sis rue Saint- Victor , presque en face la Pitié, les denrées ont été vendues

au peuple, par le Comité de la section, à un prix très bas, par exemple le sel à 1 sol la livre, le marchand a beaucoup réclamé, ayant fait, disait-il, sa déclaration.

Des arrivages de subsistances sont tout prêts, notamment dans le département de l'Eure, il ne manque que de l'eau.

Des citoyens, par malveillance, s'obstinaient à rester, rue Saint-André-des-Arts, à la porte d'un boulanger, tandis qu'il y avait du pain exposé chez un boulanger voisin.

Le recrutement sera moins difficile et s'organise assez bien, la trahison des Toulonnais va le servir plus efficacement qu'on ne le pense.

Beaucoup de journaux ont été arrêtés à la Poste par le Comité de salut public du Département, mais, observe-t-on, il faut être très avare d'une pareille mesure, la suspension des journaux inquiète et peut occasionner des malheurs dans les départements. Il faudrait, par exemple, engager les journalistes, qui font précéder leurs feuilles de sommaires, de les supprimer, car les sommaires sont quelquefois très alarmants et ne répondent pas au récit des faits, tels qu'ils se trouvent dans le journal même. Ces sommaires sont nuisibles, ils jettent la frayeur chez les citoyens,qui ne lisent que les sommaires ou qui les entendent seulement crier dans les rues.

L'observateur ajoute, au sujet des maisons de jeux: Ceci est bien immoral, mais il faut sauver la patrie par toutes sortes de moyens. Il serait peut-être très utile que le ministre confiât le soin à un vrai patriote d'établir une maison de jeux. L'observateur se charge d'indiquer un homme patriote, capable de monter cette maison, d'y attirer et d'y faire amener Ja haute aristocratie, de savoir leurs complots et d'en instruire le ministre ; cela ne coûterait qu'une avance, et l'argent employé rentrerait même promplement.

Minute non signée, A. N., F7 36883.

1245. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant que le citoyen Gonchon sera gardé à vue par un gendarme, jusqu'à

ce que le Comité ail. obtenu sur son compte les renseignements dont il a besoin.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 28G.

1246. — Arrêté du Comité de sûreté générale, autorisant le Comité de salut public du Département de Paris à envoyer des commissaires dans les communes qui avoisinent Paris à 3 ou 4 lieues à la ronde, même dans celles qui ne sont pas du Département, pour y prendre des renseignements relatifs à une multitude de dénonciations qui lui sont adressées, et en prendre aussi relativement aux affaires politiques de ce pays.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1247. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Michonis, officier municipal, actuellement détenu à la Conciergerie, sera transféré sans délai à l'Abbaye, pour y être détenu jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1248. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur le compte qui lui a été rendu des raisons de la résidence actuelle d'Etienne Moutte, natif de Rome, dans la commune de Paris, déclarant qu'il est à sa connaissance que ce Moutte est né d'un Français qui s'était établi à Rome, qu'il a été en France, que, son éducation consommée, il y a fait encore plusieurs voyages, qu'il parait avoir toujours beaucoup aimé nos mœurs, nos usages, nos habitudes, et qu'à Rome il accueillait parfaitement tous les Français, que, ces derniers temps surtout, il s'est montré partisan fort zélé des principes qui nous régénèrent, ce qui l'a rendu suspect à son gouvernement, qu'enfin, Basseville, notre ambassadeur, qui logeait chez lui, ayant été assassiné, il a pris le parti de se soustraire à des persécutions inévitables, et s'est embarqué avec la veuve Basseville qu'il

a accompagnée à Paris, et que, d'ailleurs, le Pape n'étant point en guerre avec la France, il en résulte que la loi sur les étrangers ainsi que celle sur les gens suspects ne lui sont pas applicables.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1249. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant qu'il sera envoyé au Comité révolutionnaire de la section de 1792 copie de deux dénonciations qui paraissent de la plus grande importance, et invitant ce Comité à faire sans délai, rue Vivienne, n° 26, la perquisition la plus exacte, saisir et arrêter tout ce qui lui paraîtra suspect, soit en dépôt ou accaparement, et tout ce qui tiendra à quelques trames contre le salut de la patrie, et à faire part au Comité du résultat de ses opérations.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A.N., AF'll 286.

1250. — Arrêté du Comité de sûreté générale, chargeant les citoyens Azur et Perrier de lever les scellés apposés sur les papiers de François de Neufchàteau, d'apporter au Comité ceux qui pourront leur paraître suspects et de se transporter à son domicile, rue d'Enfer-Saint-Michel, n° 60, assistés du commissaire de police de la section Beaurepaire.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF'll 286.

1251. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : arrêtant, d'après la dénonciation au Comité de surveillance de la section de l'Arsenal, de l'existence, à Ecouen, d'un magasin considérable de grains, que copie en sera envoyée au Comité de sûreté générale de la Convention à l'effet d'obtenir un ordre pour prendre des mesures, vu qu'Ecouen n'est pas du Département, et chargeant de cette mission le citoyen Franchet.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB:! 81* (anc4 BB" 20), fol. 282.

nérale, bien informé des manœuvres qui se pratiquent dans les communes qui environnent la ville de Paris, pour en affamer les habitants par les entraves que l'on met à l'arrivage des denrées, et pour les agiter en sens contraire de la Révolution, chargeant le citoyen Philippe-Humbert Desvoyo, dont le patriotisme et les talents lui sont connus, de recueillir dans les districts de Saint-Denis et du Bourg-l'Egalité, ainsi que dans les départements de Seineet-Marne et de Seine-et-Oise, dans tous les environs de Paris et dans Paris même, tous les renseignements qu'il pourra sur les auteurs de ces machinations liberticides, lui donnant pouvoir de les faire arrêter, aussitôt qu'ils lui seront connus, de faire toutes perquisitions dans leurs meubles, papiers et effets, avec triage de tous ceux qui pourront lui paraître suspecls, et d'agir en tout et sur les lieux comme officier de police de sûreté générale, en prenant toutes les mesures qu'il jugera convenables pour les contraindre, à charge d'en référer sans délai au Comité de sûreté générale.

8 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*II 286.

1253. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite tous ses frères d'armes, lorsqu'ils sont de service, soit en patrouille, soit au corps de garde, à se conduire avec décence, comme des républicains doivent le faire. « Un citoyen de service, observe Hanriot, n'est plus à lui, il est à la chose publique, il est pour maintenir la sûreté des personnes et des propriétés, il est à la réquisition des magistrats du peuple, il est hors de chez lui pour surveiller tous les méchants qui voudraient troubler la société. Quant on est de service, il faut de l'accord, de la prudence, de l'union, de la fraternité, de l'amour pour le bon ordre et de l'attachement pour sa patrie. »

L'ordre du jour annonce le départ, le jour même, de deux convois d'artillerie, l'un pour Saumur et l'autre pour Strasbourg.

Toutes les réserves seront de 100 hommes par section et très complètes, le service des barrières à l'ordinaire, jeudi, exercice général des canonniers.

9 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général {2 pièces), A . N., AF'\T 1470, BB3 76.

1254. — Arrêté au Comité de sûreté générale, sur les réclamations sans nombre qui lui viennent de toutes parts pour obtenir des permissions de voir dans les maisons d'arrêt les citoyens qui y sont renfermés comme suspects, voulant allier les principes d'une forte justice avec les lois de l'humanité, enjoignant aux concierges des différentes maisons de détention de Paris, de laisser entrer toute personne qui se présentera avec un permis du Comité, à la charge par lui et sous sa responsabilité de ne laisser entrer que 10 personnes à la fois et de leur permettre de ne rester qu'une demie heure au plus avec ceux que les citoyens ou citoyennes viennent visiter, et décidant d'envoyer une expédition du présent ordre à tous les concierges des maisons d'arrêt pour avoir à s'y conformer littéralement.

9 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

nérale, après avoir délibéré sur les renseignements qui lui ont été donnés par le général Hanriot, commandant général de la force armée de Paris, décidant, comme mesure de sûreté générale, que le citoyen Monnin, aide de camp, est autorisé à se transporter sans délai à Nogent-sur-Marne et dans les environs pour y arrêter le citoyen Duperreux, membre de l'état-major de Custine, ainsi que les particuliers qui sembleront lui être associés, à perquisitionner dans ses papiers et à apporter ceux qui lui paraîtront suspects.

9 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*JI 286.

1256. — Rapport de l'observateur Le Harivel, faisant connaître que depuis 2 jours

376 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE UA RÉVOLUTION

l'on a du pain assez facilement dans la Chaussée d'Antin et dans plusieurs autres quartiers de Paris ; qu'il y a toujours des marchands d'or et d'argent sur le perron du Palais de l'Egalité.

Dans les divers groupes des Tuileries et de quelques autres places publiques le peuple s'entretenait des voitures d'or et d'argent arrivées aujourd'hui au Trésor national, des événements de Toulon, de la submersion des environs de Dunkerque, et se plaignait assez vivement de la cherté de toutes les denrées de première nécessité.

Tout a été parfaitement tranquille au Gros-Caillou, les tabagies et autres lieux publics ont constamment retenti des cris de : Vive la Nation ! Vive la République, une et indivisible !

9 septembre 1 793.

Original signé, A. N., F1 36883.

1257. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant les renseignements suivants :

1° Le rendez-vous des acheteurs d'argent est toujours sous les colonnes du jardin de l'Egalité devant le spectacle de la citoyenne Montansier.

2° Un certain Baron, ancien officier de la marine, du port de Rochefort, émigré vers la fin de 1791, se trouvait il y a quelque temps à Paris.

3° Ce matin, devant la Trésorerie nationale, des quidams bien vêtus, regardant les charrettes d'argent qui venaient d'arriver, disaient : << Bon, voici de quoi faire d'autres Sans-culottes, j'espère que nous en ferons comme les autres, que nous les escamoterons. » Ces mêmes parlaient des prisonniers transférés celte nuit de la Force à Bicêtre, et disaient assez haut : « Us ne souffriront pas longtemps, le bon sens, la raison ordonnent qu'on les délivre. »

4° Le pain, dans la section du Temple et aux environs, s'est distribué sans tumulte et chacun en a eu librement sa part.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N,, F' 36883.

1258. — Rapport de l'observateur Roubaud, signalant les faits suivants :

1° Les limonadiers, boulangers et vendeurs de comestibles au détail reçoivent assez communément des gros sols en métal pour appoint et rendent en échange des bons en carton imprimé d'un ou plusieurs sols, ce qui leur permet d'accaparer toute la masse des gros sols métal, qui sont très rares, tant à Paris que dans les départements, sans compter que les fripons peuvent contrefaire ces bons.

2° 11 est arrivé au jourd'hui cinq ou six voitures d'or et d'argent de Lille, provenant de l'argenterie des églises de Belgique, échappée au traître Dumouriez; il conviendrait peut-être d'éclairer le peuple sur ce point.

3° Les agioteurs de la ci-devant Bourse sont atterrés et retirent leurs fonds, excepté ceux qui font valoir chez les prêteurs à la petite semaine. La licence de celte usure est à un tel point, que le prêteur tire 200 0/0 d'intérêt, avec les mains nanties, la caisse des pauvres, le Mont-de-Piété doit en souffrir.

4° Les administrations des armées fourmillent d'employés jeunes et ignorants, de prêtres réfractaires, d'émigrés elde nobles.

5° On se plaint de la disette des grains et farines, depuis que Ton est en révolution et que l'on a des administrateurs des Subsistances. Les boulangers et greneliers nous servaient avant avec abondance et gagnaient avec nous ce que MM. les administrateurs gagnent aujourd'hui ; les boulangers font bien de ne pas vouloir partager le gâteau avec ces Messieurs, qui n'ont que la peine de ramasser leurs prolits.

6° Si le général de Kellermanti est vrai républicain, une partie de son état-major ne l'est pas, et encore moins son fils, à qui j'ai souvent entendu tenir des propos inciviques.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 36883.

1259. — Rapport de l'observateur Rolin donnant les indications suivantes :

1° Plusieurs sections ne s'acquittant pas envers les volontaires partis pour la Vendée de leurs promesses de haule paye et de

pensions à leurs mères, femmes et enfants, en reçoivent journellement des lettres où ils les menacent d'abandonner leurs drapeaux, et plusieurs sont revenus.

2u Des agitateurs se glissent dans les groupes et attendent les ouvriers revenant de leurs travaux pour les exciter à se porter vers la Commune, afin de la forcer, d'après le décret, de taxer le bois et le charbon; ils se mettront, disent-ils, à leur têle pour se porter en masse à la Convention et l'obliger les armes à la main à taxer tous les comestibles. Le bois le plus commun se vend presque aussi cher que se vendait jadis le bois de première qualité, le charbon vaut 20 sols le boisseau, tandis que de tout temps il n'en a valu que 9.

3° Les bouchers vexent horriblement le peuple, ils mettent plusieurs prix à leur viande, vendent la première qualité 24 à 26 sols, la seconde 20 à 22 sols, encore vous injurient-ils, si vous leur faites quelques représentations, c'est à prendre ou à laisser.

4° Les savons, les huiles, la chandelle augmentent de jour en jour, le savon vaut 3 1. 10 s. chez les épiciers, l'huile 2 1. 10 s., la chandelle 2 1. 4 s. Tous ces objets inquiètent, agitent le peuple.

5° Les traiteurs et restaurateurs accaparent,de nuit, le charbon, la veille àlOh. 1/2, une vingtaine de femmes en ont arrêté une charrette devant le calé Goddet sur le boulevard du Temple, une émeute a eu lieu, car elles ne voulaient écouter personne, pas même la garde.

G° Les habitants de Suresnes viennent chercher leur pain à Paris, la municipalité, paraît-il, garde ses subsistances pour l'hiver prochain, cependant, malgré cela, le pain abonde.

7° La proclamation de la loi réquisiloriale pour la levée de la première classe s'est faite, la veille, dans toute la section du Temple, le peuple restait muet. Il y a de grandes mesures à prendre pour la formation des bataillons de la première classe, quantité de jeunes clercs d'avoués, commis, employés, disent qu'ils iront de l'autre côté, dès qu'ils trouveront jour, on fera bien de ne pas les faire camper.

8° Hier, vers les 9 heures du soir, un jeune homme, passant sur les boulevards, se plaignait à un autre d'avoir perdu sa carte de sûreté, celui-ci lui répondit : « Viens au Palais-Royal, je t'en ferai avoir une, la boutique est toujours ouverte. »

9 septembre 1793.

Original non signé, A. JV., F7 3688-1.

1260. — Tableau de la situation de Paris, par l'observateur Rousseville :

1° Durant la nuit, plusieurs visites et arrestations domiciliaires se sont faites sans bruit, ni résistance, à la grande joie de ceux du peuple qui revenaient des guinguettes, en voyant les nombreuses patrouilles qui faisaient ces petites expéditions patriotiques, le millionnaire Bidermann est parmi les détenus. L'on a transporté également un grand nombre de prisonniers de la Force à Bicêtre, à l'aide de 130 fiacres.

2" Le pain était abondant ce matin chez les boulangers, ce qui a fourni à Rousseville l'occasion de dire dans les groupes pendant la journée que l'on s'apercevait déjà que les aristocrates avaient peur.

3° Sur les midi, le Palais d'Egalité s'est, comme à l'ordinaire, rempli de quantité d'agioteurs, de marchands d'argent et de petits freluquets à rosettes et à petits souliers; on se proposait de leur tomber dessus, mais des employés de la Police ayant dit qu'il ne fallait pas les inquiéter mal à propos, parce qu'on méditait contre eux une expédition générale sous peu de jours, l'affaire fut ajournée, ce qui n'empêcha pas une vingtaine de jeunes patriotes de gratifier plusieurs marchands d'argent de coups de bâton.

4° Les fédéralistes et autres ennemis du bien public travaillent fortement le FaubourgSaint-Antoine, et l'indisposent contre Léonard Bourdon, qu'ils accusent d'avoir mal parlé des Vainqueurs de la Bastille; ces agitateurs, non contents de verser leurs poisons dans les ateliers et maisons particulières, osent se montrer dans les sections.

5° Les sections continuent le recensement de la première classe et poursuivent les

jeunes gens qui passent d'une section à une autre pour s'y soustraire.

G0 Rousseville énumère les diverses motions et dénonciations faites aux Jacobins, notamment contre Lecointre, de Versailles, et la belle-mère de Pétion.

7° Le même observateur signale comme étant à surveiller le café au carrefour et dans le haut de la rue Saint-Renoît, à l'enseigne de Louis XV I, protecteur de la \tarde nationale parisienne, les habitués sont des marchands de sucre et d'autres d'aussi mauvais aloi, quand Rousseville y entre, il se fait un petit sifflement et un grand silence. Il regarde aussi comme suspecte la maison dite le Petit-Luxembourg, au bout des Champs-Elysées, qui est inhabitée et où entrent beaucoup de Messieurs, elle a un jardin qui serait aussi propre aux complots politiques qu'aux secrets de l'amour.

9 septembre 1793.

Original signé, A, N., F1 3G883.

1261. — Rapport de l'observateur Soulet, signalant les faits suivants :

1° Il y a dans les environs de Paris, notamment à Saint-Denis et au Rourg-l'Egalité, des individus qui entravent l'arrivage des provisions.

2° Sur les 2 heures, il y avait, dans la Maison de l'Egalité, une infinité d'agioteurs, qui ont été chassés et frappés par des patriotes. Plusieurs suspects ont été arrêtés dans le jardin des Tuileries.

3° Le pain n'a pas manqué aujourd'hui, le peuple a paru assez tranquillisé sur les subsistances, et revient beaucoup sur la conduite du maire de Paris.

4° On prétend qu'il y a dans la maison des Filles-Saint-Thomas des ballots remplis d'effets, destinés aux ennemis.

5° On dénonce le nommé D'Ardeville, père, rueMercière,n°10, qui sortde chez lui tous les matins, entre 6 et 7 heures, avec un registre sous son bras, et va chez un ancien évêque ou archevêque, rue Coquillière, il tient souvent des propos aristocratiques. Il y a des rassemblements d'aristocrates chez l'apothicaire du ci-devant Monsieur, place des Piques. Au-dessus du

café de Foy, Maison de l'Egalité, il y a un club d'aristocrates.

G" Le bruit court que dans le département du Gers se fomente un complot contrerévolutionnaire.

9 septembre 1793.

Original signé, A. N., F' 3G883.

1262. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° sur la demande d'un individu, qui s'est dit se nommer Debar, ex capitaine aux gardesfrançaises, puis brigadier des armées du Roi, à l'effet d'être autorisé à voir, aux Madelonnettes, l'ex ministre La Tour-du- Pin, sa mise ayant paru affectée, dans la crainte qu'il ne soit très suspect, décidant son renvoi par devant le Comité révolutionnaire de la section de la Montagne, qui reste chargé de visiter ses papiers, d'en rendre compte au Comité, ainsi que de l'opinion qu'il a sur son compte, pour prendre ensuite des mesures ultérieures; 2° chargeant les citoyens Chéry et Dedouvres de se rendre au Directoire du Département, d'y présenter le compte de l'emploi de la somme de 14,851 livres 16 sols, donnée au Comité par le Département, le 17 juin précédent, et de demander la somme de 1!>,000 livres pour les dépenses urgentes déjà faites et à venir; 3° décidant l'envoi à l'Assemblée générale de la section des Gravilliers du procès-verbal de la séance extraordinaire des Jacobins, réunis aux commissaires des 48 sections ; 4° chargeant le citoyen Marchand de rédiger une adresse à la Convention, tendant à demander que les cautions exigées de ceux qui obtiennent des places soient supprimées, en se basant sur ce que cette mesure tend à exclure des places les véritables Sans-culottes et qu'elles ne sont accessibles qu'aux riches, qui ont la faculté de cautionner pécuniairement.

9 septembre 1793, matin.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc. BB™ 20), fol. 283-285.

1263. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° annonçant qu'une députation de la section Molière et La Fontaine est venue faire part

Ï/ESPMT PIULIC A PARIS DE JUILLET A SEPTEMBRE 1793

au Comité de ses inquiétudes relativement aux arrestations opérées depuis quelques jours, et a dit que l'administration de Police renvoyait trop légèrement des individus, sans prendre le temps d'approfondir l'examen de leurs affaires, et a demandé l'avis du Comité, lequel a déclaré ne rien pouvoir slaluer, et invité la section et même tout citoyen, qui aurait une certitude de ces faits, de les dénoncer par écrit, et qu'ensuite il prendrait les mesures convenables ; 2° à la suite de l'interrogatoire du citoyen Debar et de la citoyenne Fresque, femme du sieur Debar, capitaine de vaisseau,sa parente, d'après le rapport du Comité de surveillance de la section de la Montagne, qui dit que ce citoyen est notoirement suspecté d'incivisme, qu'il en a imposé à la Commune, lorsqu'il a déclaré avoir perdu sa croix de Saint-Louis et ses titres, cette croix ayant été retrouvée chez lui, arrêtant que, vu les circonstances et l'opinion de sa section, il sera incarcéré aux Madelonnettes, considérant encore que toutes les réponses de la citoyenne Debar sont très spécieuses et contradictoires, qu'une femme aussi artificieuse ne peut avoir que des principes contre-révolutionnaires et doit conséquemnient être mise au rang des gens très suspects, arrêtant qu'elle sera conduite à Sainte-Pélagie; 3° agréant l'hommage, par le citoyen Prudhomme, d'une brochure intitulée :

les Crimes des empereurs d'Allemagne, et chargeant le citoyen Harny d'en faire un rapport.

9 septembre 1793, soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81 A (anc4 BB7* 20), fol. 285-287.

1264. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, annonçant le départ, ce jour, d'un convoi d'artillerie pour Arras, et que l'exercice général des canonniers n'aura lieu que dimanche prochain.

Le Commandant général invite l'officier de la garde des prisonniers du Luxembourg à ne pas laisser entrer de force armée auprès des prisonniers, sans s'assurer si leur mission est signée des autorités constituées. L'avant-veille, un brigadier

le da gendarmerie des tribunaux, avec 4 gendarmes, s'est permis d'entrer auprès des détenus, sans avoir exhibé son ordre à l'officier de garde ; cette manière de se comporter est très incivique, et le Commandant général est bien aise de rappeler aux militaires soldés, qui ne respectent pas la garde bourgeoise et non soldée, qu'elle a des droits sur eux comme sur tous les autres citoyens, lorsqu'ils manquent à la société, dont ils sont, pendant leur service, les soutiens et les défenseurs.

Les réserves toujours de 200 hommes, les patrouilles fréquentes et la même surveillance aux barrières,

D'après les rapports de la force armée, une femme, blessée et sans connaissance, au coin des rues du Théâtre-Français et de Saint-André-des-Arts, a été conduite par la garde à l'Hôtel-Dieu, par ordre du commissaire de la section du Théâtre-Français. L'auteur du délit s'est sauvé.

Les mêmes rapports signalent l'arrestation, à la Maison d'Egalité, d'un citoyen déguisé, ayant 2 cartes civiques et une perruque sur ses cheveux, qui a été conduit à la Force.

10 septembre 1793.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

1265. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que l'on a pourchassé les marchands d'or et d'argent du Palais ci-devant Royal, et qu'on leur a promis de les houspiller demain, s'ils y remontrent leur nez; que le pain s'est très facilement distribué dans le quartier de la Chausséed'Anlin, et qu'on n'a même entendu aucune réclamation ou plainte à cet égard, dans d'autres quartiers; ajoutant que la tranquillité n'a point été altérée dans le Faubourg Saint-Denis, non plus que sur les boulevards, depuis la porte Saint-Honoré jusqu'à leur extrémité, que les cafés et buvettes ont été également tranquilles.

10 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1266. — Observations du citoyen Rolin, dans lesquelles il signale la présence, à

380 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION

Paris, du citoyen Demayer, ex lieutenant au 103e régiment, actuellement capitaine> qui passe son temps dans l'oisiveté, il dé. nonce un Anglais, pensionnaire à l'hospice de Saint- Maurice -Charenton (ci-de* vant la Charité), en relations avec des individus de Paris, également un nommé Grobert, ci-devant de Grober, à la tête d'une manufacture de canons à Meulan ; il mentionne l'arrestation d'un accapareur de charbon, qu'il vendait 12 livres le sac, après l'avoir acheté à Choisy à 5 livres 15; ce charbon a été vendu 6 livres le sac par le Comité de la section Beaurepaire, au profit de ses membres, qui ont presque tout acheté.

D'après Rolin, plusieurs groupes se plaignaient de la cherté des denrées de première nécessité, les marchands sont accusés d'être pour la plupart des brigands, souvent ce qui vaut 5 sols à raidi, se vend 10 sols à 2 heures, Rolin indique le prix de ces denrées : le veau se vend de 24 à 28 sols, le sucre 5 1. 10 s., le café 4 1. 10 s. et 5, les haricots secs 1 1. le litron, les lentilles 1 1.4 s., les œufs 2 1. 10 s. le quarteron, la chandelle 2 1. 10 s. la livre, l'huile (passable) 3 1. la livre, le tabac 48 s., 3 1. et 4 1. la livre, le cuir hors de prix, et souvent il se vend des prix fous chez les débitants.

10 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F7 36883.

1267. — Rapport de l'observateur Soulet, faisant connaître les bruits en circulation, d'après lesquels on aurait été battu par les brigands de la Vendée ; le bruit court également que l'armée révolutionnaire, aussitôt organisée, désarmera tous les citoyens indistinctement et se portera ensuite aux prisons pour juger et expédier les prisonniers. Ce prétendu désarmement fait murmurer une infinité de citoyens, qui disent que leurs armes leur appartiennent et qu'ils ne les remettront pas.

Entre une et 2 heures du matin, les agioteurs ont été surpris dans la Maison de l'Egalité, quelques-uns frappés et une vingtaine arrêtés.

Le commerce d'argent, principalement

avec les gens de la campagne, se fait secrètement par une femme, rue du Rempart, vis-à-vis le Théâtre de la République.

Le peuple murmurait au Tribunal révolutionnaire de ce que l'on ne jugeait pas Brissot et Cie, mais il est tranquille sur les subsistances.

Les patrouilles se succèdent, ce jour, dans Paris, notamment dans la Maison de l'Egalité et rue Saint-Martin.

Le café Lamiral, rue Neuve-des-Petits- Champs, est rempli d'aristocrates; tous les soirs, on y lit l'infâme journal : l'Observateur de l'Europe, journal qui se vend publiquement sur les 8 heures du soir, au perron et dans la Maison de l'Egalité ; le bureau d'abonnement est rue des Boucheries-Saint-Honoré, n° 20.

L'observateur a aperçu, dans les Tuileries, plusieurs individus qui lui ont paru soudoyés par les ennemis publics, l'un d'eux, âgé d'environ 45 ans, vêtu d'un habit rouge, ayant la tournure d'un domestique; ces individus jouent un rôle suivant les circonstances.

10 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1268. — Arrêté du Comité de sûreté générale, considérant qu'il existe, à Paris, une foule de gens suspects et d'émigrés, qui, après avoir porté les armes contre leur patrie, y sont rentrés pour exciter des troubles et dissensions, que ces hommes coupables ont pour complices de leurs attentats la classe des marchands d'argent, des agioteurs et des accapareurs, considérant qu'il est indispensable pour la sûreté publique de poursuivre et de saisir ces hommes criminels, ainsi que les officiers et déserteurs, qui ont lâchement abandonné leurs drapeaux, pour venir exciter des troubles dans l'intérieur de la République, autorisant le citoyen Boy à arrêter les émigrés, les agioteurs, les accapareurs, les marchands d'argent, ainsi que les officiers qui sont à Paris contre le vœu de la loi et sans congé du ministre de la guerre, et les déserteurs des différents régiments, et le chargeant expressément de se faire assister d'un commissaire de police ou d'un juge de paix,

lorsqu'il sera obligé d'entrer dans quelque maison pour procéder à quelque arrestation.

10 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A.N., AF*H 286.

1269. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° instruit que la supérieure ou générale de la maison de charité, située rue du Faubourg-Saint-Denis, en face de la maison de Saint-Lazare, est très aristocratique, qu'elle corrompt l'esprit des autres sœurs de ladite maison, décidant que le Comité de surveillance de la section du Faubourgdu-Nord examinera les papiers de cette supérieure, apposera les scellés, s'il y a lieu, la mettra en état d'arrestation, s'il le juge nécessaire, et, dans le cas contraire, en instruira le Comité avant de lui rendre la liberté ; ordonnant que le Comité de surveillance de ladite section fera la même perquisition chez les autres femmes qui sont à la tète de ladite maison, et se conduira à leur égard, ainsi qu'il vient d'être dit, en ayant soin cependant de se conduire de manière que le service des malades n'en souffre point ; 2° décidant que le Comité de surveillance de la section de Popincourt fera la perquisition la plus scrupuleuse dans les papiers du citoyen Dupolet, tenant une maison d'éducation, en statuant ce qu'il croira nécessaire, et, dans le cas où cette maison ne serait pas située dans la section de Popincourt, l'invitant à renvoyer le présent arrêté à la section dans l'arrondissement de laquelle se trouvera cette maison ; 3° arrêtant que la Commission inspectante des Postes sera, ce jour, totalement supprimée ; 4° recevant le rapport des citoyens Lécrivain et Moissard, chargés de faire une visite dans la maison du citoyen Courtier, laboureur et fermier de Morville, près la Courneuve, soupçonné de laisser gâter du foin et de refuser de vendre le superflu du grain qu'il a récolté; un autre rapport des mêmes commissaires sur la pétition du citoyen Pin, qui a établi une manufacture d'armes dans la commune de la Courneuve, à l'effet d'obtenir de la Commission des armes des ouvriers qui

sont à la caserne des Marseillais, et envoyant copie de cette pétition au Comité de salut public de la Convention, au ministre de la guerre et au citoyen Dupin, chef de ses bureaux ; 5° déclarant que, surchargé d'affaires et ne pouvant donner toute son attention à des arrestations, dont surtout les procès-verbaux ne sont pas motivés, et que, quoiqu'il soit bien convaincu que le citoyen Malaret, arrêté par le Comité de surveillance de la section de Bon-Conseil, ne l'a été que parce qu'il était réellement suspect, invitant ce Comité à interroger de nouveau le citoyen Malaret et à envoyer un procès-verbal d'interrogatoire mieux motivé que celui adressé au Comité ; 6° voulant conserver sa confiance au citoyen Chéry, l'un de ses membres, s'il l'a méritée, mais aussi voulant se convaincre qu'il est coupable, s'il y a des preuves, décidant que le Comité de surveillance et civil, le commissaire de police de la section du Contrat-Social se rendront, demain matin, au Comité, qu'ils nommeront entre eux, deux citoyens pour parler successivement contre et en faveur dudit Chéry, et après les avoir contradictoirement entendus, le Comité fixera son jugement sur ledit Chéry.

10 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 8lA (anc* BB74 2 0), fol. 288-291.

1270. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite les sections à délivrer, d'après la loi, des certificats de civisme aux canonniers ; il invite également ses concitoyens à conserver la même activité, et constate que le service général, celui des barrières et des patrouilles, s'est fait avec beaucoup d'exactitude. Le Commandant général prie aussi ses frères des Comités des sections de lui envoyer la liste des citoyens destinés à l'armée révolutionnaire.

Les réserves et patrouilles toujours les mêmes, et toujours la même surveillance.

1 1 septembre 1793.

Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFIV 1470, BB3 76.

1271. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que le pain s'est encore distribué avec infiniment de facilité dans la Chaussée-d'Antin, et qu'il ne semble pas qu'il se soit élevé aucunes plaintes ou murmures à cet égard dans les autres quartiers de Paris.

La cherté des denrées accessoires et de première nécessité lasse furieusement le peuple, qui se laisse quelquefois aller à d'indiscrètes menaces contre les accapareurs, mais, naturellement bon, il finit par abjurer son juste ressentiment et par se retirer sans bruit.

• Le Palais de l'Egalité est pour ainsi dire purgé de cette horde de vampires qui cherche à tuer l'esprit public; la chasse qu'on leur fait sans cesse les éloigne pour jamais de ce lieu.

Les heureux événements de Runkerque ont remonté l'esprit public, et, sur la fin du jour, les différents groupes ne s'entretenaient que de nos succès. Le même esprit régnait dans beaucoup de lieux publics.

11 septembre 1793 Original signé, A. N., F1 36883.

1272. — Rapport de l'observateur Béraud, déclarant avoir entendu dire à plusieurs officiers de la section armée du Temple que, toutes les nuits, il passait sur le boulevard des voitures de charbon, et que Menilmontant et Belleville devaient en avoir des magasins considérables.

Les marchands d'estampes, surtout ceux du boulevard, étalent des gravures représentant Marat avec son assassin et Le Peletier tombant sous le fer de Paris; les muscadins et les petites maîtresses les achètent pour se repaître les yeux des traits de Paris et de Corday, car, disentils, jamais femme ne fut si audacieuse, si intéressante, véritable héroïne, et Le Peletier est le Français le plus généreux.

Comme on lisait à la section du Temple un ouvrage où il était question de supprimer les fêtes et dimanches et de ne jamais croire aux serments des prêtres, les citoyennes, qui y étaient en grand nombre, ont hué l'orateur, il est facile de voir que la prêtraille joue en dessous sa marotte et corrompt la crédulité.

Les Comités de surveillance ne cessent de faire des captures aristocratiques; les assignats, à tête, se vendent sur les boulevards à 10 et 13 0/0 de bénéfice; il circule des assignats faux de 10 livres.

Les jeunes gens en réquisition disent que leur armée ne se lèvera pas aussi lestement qu'on le pense, que tant qu'on restera à Paris, tout ira bien, mais qu'au dehors, ce sera autre chose.

Toutes les denrées augmentent journellement, le vin, qui valait 12 sols la bouteille, en vaut 20 actuellement. Les ouvriers se plaignent de ce que très peu d'architectes ont l'entreprise des travaux de la République et qu'ils ne font travailler que leurs favoris, ils veulent présenter une pétition, pour qu'on emploie tous ceux des sections et que le nombre des architectes soit augmenté.

1 { septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1273. — Lettre de l'observateur La Tour- La-Montagne au ministre de l'intérieur, appelant de nouveau son attention sur les maisons de jeu, qui se multiplient d'une manière effrayante, qui sont l'une des premières causes de la misère du peuple, comme aussi l'origine funeste de cet esprit d'apathie et d'insouciance pour les affaires publiques ; si les assemblées des sections sont désertées, c'est principalement aux jeux de hasard qu'il faut l'attribuer. Tout semble concourir à attiédir l'esprit public et à faire rétrograder la Révolution. Paris est inondé d'une foule de journaux inciviques, les uns portant le découragement dans les esprits, les autres cherchant à semer la division parmi les citoyens et à diminuer la confiance et le respect dus aux autorités constituées; parmi ces derniers, on distingue celui du citoyen Leclerc, de Lyon, qui ne cesse, malgré l'improbation générale, de demander le renouvellement très prochain de la Convention nationale, et a formé le projet d'avilir toutes les autorités constituées. Un autre journal, fort dangereux par l'adresse et la perfidie avec laquelle il est rédigé, c'est YObservateur, aussi est-il extrêmement recherché des aristocrates, on le distribuait, il y a

L'ESPRIT PUlîIJC A PARIS DE JUILLET A SEPTEMBRE 1703

quelque temps, au Palais ci-devant Royal, chez deux libraires, Petit el Maret, connus par leur incivisme, mais la foule qui se portait chez eux, leur ayant attiré de la part des patriotes plusieurs scènes désagréables, ils se sont vus forcés, quoiqu'à regret, d'abandonner cette branche lucrative de leur commerce anti-patriotique.

L'espèce de rage avec laquelle les malveillanls courent après cette feuille prouve suffisamment dans quels principes elle est rédigée, elle tend ouvertement à la dissolution du corps politique.

La Tour-La-Montagne appelle ensuite la sollicitude du ministre sur les spectacles; il y aurait à supprimer au moins les trois quarts des théâtres de Paris; à l'exception de deux ou trois, ils sont tous infectés par l'aristocratie et bien plus propres à pervertir qu'à former l'esprit public. Le Théâtre de la République n'est pas lui-même entièrement à l'abri de la contagion, comme il a pu s'en convaincre en assistant à la représentation de Mutins Scxvola et de Crispin médecin ; la première de ces pièces, en raison du rôle de Porsenna, humain, généreux, qui par ses vertus force les Romains eux-mêmes à l'estime et à l'admiration, constitue un spectacle dangereux. La petite pièce, fort ancienne, est absolument défigurée par les comédiens, qui tournent en ridicule les expressions les plus chères à la Liberté et à l'Egalité, on s'y joue à chaque instant du nom sacré de citoyen. D'ailleurs la plupart des théâtres oflrent chaque jour des exemples d'un scandale aussi révoltant pour de véritables républicains.

Des pièces républicaines, au sentiment de La Tour-La-Montagne, devraient seules former le répertoire de nos théâtres : « Que les marquis cèdent la place aux patriotes, bridons, s'il le faut, les chefs d'oeuvre des Molière, des Regnard, les arts y perdront quelque chose, mais à coup sûr les mœurs y gagneront; cette disette, d'ailleurs, ne saurait être longue, le génie de la Liberté inspirera les Muses françaises, et les poètes républicains nous feront bientôt oublier les poètes courtisans. »

11 septembre 1793.

Original signé, A. N., ¥'• 3688».

1274. — Rapport de l'observateur Roubaud, déclarant que le pain est abondant et qu'il n'y a presque de rassemblements que chez les boulangers qui en fournissent du plus blanc, probablement formés par des accapareurs pour le revendre. Le sieur Huard, commandant du bataillon de Saint-Roch, pérorant dans l'un des cafés des Tuileries, s'élevait contre le citoyen Rolland, ancien secrétaire de Gribeauval, directeur de l'Arsenal, au sujet de son artillerie.

On se plaignait très hautement dans les groupes de la conduite de Kellermann, au siège de Lyon, en raison de ce qu'il parlementait si souvent avec les rebelles, et qu'il était un traître. On se plaignait de même, aux Tuileries, de la perte de 0,000 hommes en Vendée, que l'on attribuait à la trahison du général Tuncq, favorisée par les représentants du peuple Goupilleau et Rourdon de l'Oise.

Roubaud signale un rassemblement d'aristocrates dans un club au-dessus du café de Foy, Palais-Egalité, et fait remarquer que des commissionnaires accaparent le pain pour le revendre avec bénéfice à ceux qui ne veulent pas courir le risque d'attendre à la porte des boulangers, que néanmoins on trouve encore du pain dans l'après-midi.

1 1 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 3688:!.

127o. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :

1° Le pain a été abondant comme les jours précédents.

2° Les habitués du Palais-Egalité étaient moins nombreux, sans doute à cause de la petite expédition de la veille et du numéro d'Hébert les concernant, mais on y vendait néanmoins de l'argent.

3" A 4 heures, il n'y avait presque aucun rassemblement, ni sur les ponts, ni sur la place du Palais, ci-devant Marchand, et les petits groupes s'y trouvant ne s'occupaient que d'entendre des écrits patriotiques.

4° Sur la place de la Maison-Commune, un particulier de la lre réquisition, parlant contre la loi qui lève les jeunes gens de

18 à 25 ans, fut d'abord assez écouté, puis regardé comme un lâche et obligé de se retirer au plus vite.

5° D'après les renseignements recueillis dans le Faubourg Saint-Antoine, les braves Sans-culottes de ce quartier sont tranquilles et bien décidés à écraser les aristocrates;

6° Les ci-devant nobles craignent d'être mis dans des maisons d'arrêt, non seulement à Paris, mais encore à dix lieues à la ronde.

7° La veille au soir, il se forma sous les arbres des Tuileries un groupe assez nombreux, qui chantait la Marseillaise de fort bon cœur, malgré les mauvaises nouvelles de la Vendée, débitées dans la journée.

8° Cette nuit, les mesures de sûreté générale ont continué à être mises en vigueur, et, ce matin, le pain ne manquait réellement pas , quoiqu'on voie encore quelques personnes aux portes des boulangers, qui vendent de la meilleure marchandise que les autres.

9° L'opinion publique demande l'armée révolutionnaire, Rousseville ajoute à ce sujet, que, de concert avec Desgrouas, député de l'Orne, il s'occupe de lui préparer des renforts à Mortagne, son lieu de naissance.

1 1 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1276. — Rapport de l'observateur Soulet, signalantla présence à Paris, rue Croix-des- Petits-Champs, hôtel du Perron, du nommé Noël, chirurgien -major de l'armée des Alpes, destitué par les représentants du peuple, feuillant, qui a brissotiné les habitants de Chambéry et une partie de l'armée des Alpes, et qui, malgré sa destitution pour incivisme, a obtenu des certificats de civisme et demande à être employé ailleurs; son successeur Faye ne vaut guère mieux.

Soulet dénonce des tripots, l'un, au coin de la rue Favart, sur le boulevard, n° 339, un autre dans la Maison de l'Egalité, au premier, près les galeries de bois ; où il se rassemble un tas d'aristocrates.

Le bruit court qu'on a mis en liberté la femme Roland, qui se trouverait maintenant en Suisse.

1 1 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1277. — Observations du citoyen Rolin faisant connaître que les groupes des Tuileries, des Champs-Elysées et du jardin du Palais-Egalité étaient assez bien composés, qu'il se vend sur la place en face du Palais de justice (ci-devant Palais Marchand), un livre intitulé : La monarchie vengée contre les attentais de nos républicains modernes, imprimé en 1791 chez Cuchet, libraireimprimeur, rue Serpente, c'est une réfutation de celui intitulé: Les crimes des Rois.

11 se vend aussi, sous le passage conduisant de la rue Saint-Honoré (en face de la rue Fromenteau) au Palais de l'Egalité, un journal intitulé : l'Observateur de l'Europe, très aristocratique, et qui est enlevé, quoiqu'il ne se vende jamais avant 9 heures du soir.

Du 12 septembre, 1 h. 1/2, l'observateur Rolin annonce qu'il a fait arrêter sur la section Révolutionnaire, ci-devant du Pont- Neuf, une voiture de charbon, et la femme qui la conduisait, laquelle voulait vendre un sac de charbon contenant tout au plus

12 boisseaux au lieu des 16 habituels, 10 livres et même 12 livres.

11 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F7 36883.

1278. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant qu'il sera écrit aux administrateurs du département de Seine-et- Oise pour les inviter à se concerter avec le citoyen Franchet, membre du Comité de salut public du Département de Paris, qui a des éclaircissements importants à donner sur un dépôt de blé.

11 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*il 286.

1279. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur les observations qui lui ont été présentées par le Comité de salut public du district de Versailles, considérant qu'il importe à la sûreté publique que la ville de Saint-Germain-en-Laye ne soit pas plus longtemps privée d'un Comité de salut public, composé de patriotes, qui se dévouent à servir la Révolution, en éclairant la conduite des suspects, ou en les faisant arrêter pour déjouer leurs funestes pro-

jets, chargeant spécialement le Comité du district de Versailles d'envoyer à Saint- Germain-en-Laye deux de ses membres pour y organiser et y mettre en activité un Comité de salut public, composé de patriotes purs et ardents, afin de multiplier les moyens de surveillance, qui peuvent assurer la tranquillité publique et mettre la liberté à couvert des atteintes que s'efforcent de lui porter les malveillants et les aristocrates.

1 1 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. A7., ÀF*n 286.

1280. — Arrêté du Comité de sûreté générale, transmettant au Comité de salut public de Versailles deux dénonciations très graves, à l'effet de prévenir les crimes qu'une troupe de scélérats doit commettre, requérant ce Comité de prendre sans délai les mesures les plus actives et les plus sûres pour déjouer celte horrible trame, en saisir, s'il est possible, les auteurs, et en aviser le Comité de sûreté générale.

1 1 septembre 1793.

Extrait du rentre de* arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. A\, AF'n 286.

public du Département de Paris : 1° donnant pouvoir au citoyen Lécrivain de demander au Comité des procès-verbaux de la Convention nationale l'expédition du décret relatif à l'arrestation des fonctionnaires publics, et au citoyen Franchet de se rendre au Comité de sûreté générale de la Convention pour lui demander l'autorisation, sollicitée par le Comité, d'aller dans les municipalités ne faisant pas partie du Département de Paris, jusqu'à quatre lieues, pour y faire les visites et recherches nécessaires ; 2° après examen des pièces relatives à l'affaire du citoyen Berlon de Passy, dénoncé comme très suspect, arrêtant l'envoi de ces pièces au ministre de la guerre, en lui observant qu'il serait dangereux de laisser à un individu très suspect la place de capitaine, poste de confiance dont il pourrait abuser contre les intérêts de la République, et que le ministre sera prié de faire rejoindre, de brigade en brigade, ledit Berton, qui a

T. IX

d'abord été engagé dans les dragons de la République, et le laissant à l'Abbaye jusqu'à la décision du ministre ; 3° chargeant les citoyens Chéry et Moissard de réclamer au Directoire du Département le résultat du rapport au sujet du compte du trésorier du Comité, et de demander également la somme de 15,000 livres pour les dépenses urgentes du Comité ; 4° ordonnant la mise en liberté du citoyen Josset, détenu par son ordre à Sainle-Pélagie ; 5° décidant que l'on préviendra l'Assemblée générale de la section Poissonnière de l'évasion du citoyen Lepecheux, confié à la garde et à la surveillance de son Comité, après la levée des scellés apposés chez lui, et qu'elle sera invitée à se faire rendre compte des mesures prises par ses commissaires pour s'assurer de la personne d'un homme coupable, qu'ils étaient spécialement chargés de représenter au Comité de salut public du Déparlement; 6° recevant le dépôt d'un extrait du procès verbal de la Convention, du 9 septembre, qui porte qu'aucunes autorités chargées de veiller à la sûreté publique dans la commune de Paris ne pourront mettre en état d'arrestation aucun fonctionnaire public qu'après en avoir prévenu le Comité de sûreté générale, qui prendra les mesures nécessaires pour que le service public ne soit point interrompu; 7" annonçant que le citoyen Franchet a rapporté du Comité de sûreté générale un pouvoir qui permet au Comité d'envoyer l'un de ses membres au département de Seine-et-Oise, à Versailles, pour se concerter avec lui relativement à un dépôt de blé à Ecouen ; 8° recevant les explications du sieur Pollin, commissaire de police de la section du Contrat-Social, et de quatre membres du Comité civil et de surveillance, au sujet des arrestations arbitraires imputées au citoyen Chéry, sans délibération préalable, dans la nuit du 6 au 7 août, et constatant qu'il a été véritablement pris une délibération verbale par le commissaire et des membres de ces Comités.

1 1 septembre 1793.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. A7., BB3 81A (anc* BB" 20), fol. 292-296.

force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général, en exécution d'un arrêté du Conseil général de la Commune du 11 septembre, ordonnant que la force armée continuera à faire des patrouilles pour dissiper et empêcher les rassemblements autour des boulangers, invite la force armée des sections à faire de fréquentes patrouilles, le jour et la nuit, à dissiper tous les rassemblements, et les chefs et adjudants généraux des légions à veiller à l'exécution de cet arrêté.

Le service s'est encore fait avec beaucoup d'exactitude et se continuera comme à l'ordinaire.

12 septembre 1793.

Copie conforme, signée de Clément, secrétaire de l' Etat-major général, A. N., BB3 76.

1283. — Rapport de l'observateur Rousseville, relatant les faits suivants :

1° Hier mardi, le pain a été abondant, comme il l'est depuis quelques jours, ce qui continue à produire un bon effet dans le peuple.

2° Les nouvelles sinistres d'une perte de 6,000 hommes dans la Vendée, qui s'étaient répandues la veille dans le public, n'y ont pas reparu ce jour.

3° Une visite de la manufacture et des ateliers Perier, à Chaillot, a permis à Rousseville de constater une grande activité, 3 canons venaient d'être fondus, d'autres étaient au forage; les ouvriers et leurs inspecteurs lui ont dit qu'ils en fournissaient plus de 20 par semaine, et sous peu en fourniraient bien davantage, ne manquant plus, comme au début, de châssis et de moules.

4° Au Palais Egalité, Rousseville n'a vu aucun groupe bien prononcé ; ceux des Tuileries écoutaient des motions patriotiques; sur les quais et les ports, il n'y avait que des ouvriers prenant leurs repas et quelques passants oisifs; point de placards ou affiches de quelque importance pour l'esprit public. A la place de la Maison Commune, un fabricateur de faux assignats s'est jeté au bas de l'échafaud, s'est blessé, a été repris presque mort et guillotiné de suite.

5° Rousseville mentionne la présence à Paris du substitut du procureur de la commune de Brest; trois autres membres des corps constitués de cette ville, qui devaient venir, ont dû rebrousser chemin ou ne sont pas sortis de chez eux.

6° Le même observateur dénonce comme un mauvais sujet un certain Lecomte, demeurant' hôtel de France, rue Saint- Thomas-du-Louvre, qu'il avait présenté au ministre comme devant fournir des renseignements ; la section de la Croix- Rouge lui a saisi 15,000 livres de café.

12 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1284. — Second rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :

1° Un citoyen, de garde dans les Tuileries, s'étant avisé de dire qu'un homme de 26 à 30 ans pouvait aussi bien servir qu'un de 18 ans, et qu'il ne comprenait pas pourquoi la loi requérait les uns et laissait les autres dans les maisons, fut bâtonné d'importance par un individu pris de boisson.

2° Au Palais Egalité, entre midi et 1 heure, 11 s'est formé une espèce de bourse ou de marché d'agioteurs et de vendeurs d'argent qui se parlaient à l'oreille; l'observateur, étant entré dans le café le plus voisin, où il y en avait un noyau de 50, chercha en vain à comprendre ce qu'ils disaient; ils s'éclipsèrent; les coquins qui s'assemblent ainsi seraient tous de bonne prise, mais il faudrait n'employer à cet effet que des hommes sans uniformes et sans armes, qui ne donneraient pas l'éveil aux espions de ces contrerévolutionnaires.

3° Les cafés des boulevards, dans lesquels il y a de la musique, étaient remplis de peuple, mais on n'y chantait que des airs patriotiques. Les petits groupes formés, soit à la porte Saint-Denis, soit à la porte Saint-Martin, parlaient des nouvelles du jour, se consolaient de la perte éprouvée dans la Vendée par l'avantage remporté du côté de Dunkerque; on s'entretenait aussi des forces des armées avec l'appoint de la première réquisition, et

beaucoup dé jeunes gens du peuple disaient qu'ils ne demandaient pas mieux que de marcher, pourvu qu'on les délivrât des traîtres.

4° Le Faubourg Saint-Antoine paraît encore un peu travaillé, mais tout en recevant l'argent des aristocrates, cela ne l'empêchera pas de marcher contre eux à l'occasion; Rousseville y était la veilleen gilet rouge et «en petite républicaine»; ceux qu'il avait connus en diverses circonstances, surtout au 31 mai, lui ont dit qu'ils seraient toujours les amis des patriotes.

5° Rousseville déclore avoir remarqué, rue des Lombards, des groupes de garçons perruquiers et épiciers, qui parlaient bas, mais avec une telle animation, qu'il était facile de voir qu'il s'agissait de la prochaine levée; selon toute apparence, il y aura des rassemblements de jeunes gens désireux de rester à Paris, qu'il sera bon de connaître, afin d'y mettre ordre.

6° D'après les déclarations d'un patriote, il y aurait, dans des maisons particulières du Faubourg Saint-Germain, plusieurs chapelles, fort richement ornées, notamment dans la rue Princesse et dans les maisons environnant le Luxembourg; ces chapelles n'étaient plus fréquentées depuis quinze jours, mais n'en existaient pas moins.

Rousseville, qui avait cherché à découvrir la chapelle de la rue Princesse, ne trouva que trois maîtresses couturières, fort dévotes, ayant des enfants chez elles, soit en pension, soit en apprentissage.

12, 13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

128.Ï. — Rapport de l'observateur Béraud, faisant connaître : 1° que la veille, au Palais-Royal, des femmes, montrant une élégante, qui passait avec 2 bracelets en or à chaque bras , disaient qu'elle avait bien le moyen de se parer, quand il n'y avait qu'à fabriquer des assignats; il l'a vue entrer dans un café et a entendu dire qu'elle s'appelle Fanchette; 2° plusieurs jeunes gens des départements, et en réquisition, arrivent à Paris avec des passeports pour aller plus loin, quantité de ceux de Paris disparaissent avec des passeports; comme dans les sections on

ne délivre de certificats qu'aux citoyens hors de réquisition, ou à ceux employés aux armées, il y a tout lieu de croire que ces passeports sont faux; 3° Béraud étant entré dans plusieurs cabarets du Faubourg Saint-Antoine, y a vu des maçons, des charpentiers étaler des portefeuilles bien garnis, et déclarer que, tant qu'ils auraient de quoi boire, ils ne quitteraient pas Paris, qu'ils ne se gênaient pas pour dépenser un assignat de 10 livres, qui était aussitôt remplacé, qu'ils connaissaient des marchands de la rue Saint-Denis, de bien braves gens, à leur dire, qui ne regardaient pas à un assignat de 100 livres pour faire boire le pauvre; i° à l'Assemblée générale de la section du Temple, il ne s'est présenté hier que 50 et quelques citoyens pour participer à l'indemnité que la loi accorde à ceux qui viendront aux séances, les dimanches et jeudis.

12 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 36883.

1286. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que : 1° le pain, quoique assez commun, est toujours un prétexte de troubles pour les malveillants, les portes de certains boulangers sont encore assiégées par un grand nombre de femmes qui, par leurs discours insidieux, fomentent de nouveaux troubles; 2° dans les rassemblements ou groupes sur les places publiques ou dans les cafés, il n'est question que du prix excessif de toutes les denrées, des accaparements de sucres et de cafés, de la vente forcée de ces objets, et des succès du général Houchard sur les Anglais; 3° le décret de la Convention relatif à la tenue des séances des sections a excité des réclamations à la section des Piques ; les Jacobins ont été accusés d'avoir provoqué ce décret et d'exercer ia toute puissance dans Paris, mais l'auteur de cette absurde dénonciation a été hué et obligé de quitter la tribune sous l'improbation générale, on allait le chasser, s'il ne s'était à l'instant même fait reconnaître à la section, il se nomme Bertholet, attaché à la fabrication des assignats.

12 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1287. — Rapport de l'observateur Roubaud, donnant les renseignements suivants : 1° Le pain est abondant, malgré cela, l'attroupement est le même chez les boulangers, qui font le pain d'une qualité plus blanche ; le matin même, plusieurs femmes ont été fustigées chez un boulanger, près des Messageries, rue Montmartre ; 2° un certain Richard, maison du passage Beaufort, près de la rue Quincampoix, fait un commerce de contrats d'assignats et d'argent avec les aristocrates, qui se réunissent au café Lamiral, rue des Petits-Champs, n° 31, et y tiennent des conversations inciviques, interrompues dès qu'entre un étranger ; 3° si le général Kellermann est destitué du commandement de l'armée des Alpes, les aristocrates, Brissotins et modérés, vont taire leur morgue, et son remplacement par Doppet, colonel des Allobroges, amènerait un grand changement en faveur de la République, parce que celui-ci, quoique ci-devant médecin, n'en est pas moins un chaud républicain ; 4° le désarmement des Parisiens, à l'effet d'armer la jeunesse en réquisition pour l'armée révolutionnaire, est à redouter, en raison du patriotisme très douteux chez tous les marchands et clercs de procureurs.

12 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1288. — Rapport de l'observateur Soulet : 1° dénonçant le nommé Dabelua, secrétaire de l'ambassadeur d'Espagne, demeurant hôtel de Beauvais, rue des Vieux- Augustins , comme couchant toutes les nuits chez une femme, hôtel de Varsovie, rue des Bons-Enfants, dans un petit entresol, de même un autre particulier, domicilié rue Neuve-de-l'Egalité, au coin de la rue Poissonnière, qui s'est engagé dans les dragons de la République, mais n'est jamais parti, quoique ayant reçu tout le fourniment, l'un des payeurs de l'armée des Alpes, Lacroix ou Sainte-Croix, aristocrate fieffé, dénoncé au général Carteaux; 2° constatant que des femmes se sont battues devant la porte d'un boulanger, rue Saint-Jacques; 3° signalant la présence, à Paris, du nommé Saint Charles, agent

secret et âme damnée de l'ex-ministre Lebrun, qui vient d'être destitué de sa place d'adjudant général de l'armée des Alpes par les représentants et sollicite un emploi dans la diplomatie ; 4° faisant connaître, au n° 148 de la Maison de l'Egalité, l'existence d'un club de contre-révolutionnaires, que fréquentaientDumouriez, Miaczynski, Saint-Georges, et qui est toujours le rendez-vous d'une foule d'aristocrates ; il s'y trouvait une correspondance secrète avec d'autres papiers apportés du château des Tuileries, qui fut enlevée et portée ailleurs. L'un des chefs de ce repaire est un nommé Petit, fournisseur des vivres pour les armées, demeurant rue Saint-Honoré.

De temps en temps, ces conspirateurs se réunissent, bien avant dans la nuit, tantôt à la campagne, tantôt dans l'un des faubourg de Paris, et tous les matins, Maison Egalité. Les hardes de Miaczynski étaient dans cet appartement peu de jours avant son exécution, il est à présumer que c'est là que se distribuaient l'or de Pitt et les rôles qu'on fait jouer aux personnages soudoyés. Les gens de la police, n'étant pas tous très sûrs, ne peuvent être chargés indistinctement de la poursuite de cette affaire.

12 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1289. — Observations du citoyen Rolin, déclarant : 1° que, d'après l'assertion du citoyen Vidal, docteur en médecine, rue desFossés-Saint-Germain-des-Prés, le Conseil de santé de la rue Grange-Batelière aurait vendu pour 150,000 livres la place d'apothicaire en chef de l'armée du Nord ; que, la nuit dernière, fut arrêté, près de la Convention nationale, un jeune homme déguisé en femme, qui fut relâché par un officier du poste (que l'on croit être de la section du Panthéon-Français) sous prétexte qu'il avait voulu faire une farce ; 2" dénonçant trois prêtres insermentés, à Thiais, qui, tous les dimanches, viennent dire leurs messes dans des pensions de Picpus, tenues par Lottin et Vatrin, et entretiennent une correspondance avec les citoyennes Lebeau, anciennes institutrices, qui continuent à enseigner et

à avoir des pensionnaires, quoique ayant refusé le serment en 1790; ces prêtres sont connus pour excellents aristocrates et par leur langage incivique.

12 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F7 36883.

1290. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur la dénonciation faite par le Comité de la section Poissonnière, chargeant le Commandant général de la garde nationale de Paris de surveiller, de dissiper ou de faire enlever les hommes qui forment un rassemblement à Verrières, au-dessus de Sceaux, de faire saisir tous les papiers de ces suspects à leurs domiciles et d'en rendre compte au Comité.

12 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.

1291. — Arrêté du Comité de sûreté générale, autorisant spécialement le Comité de salut public du district de Versailles à faire mettre en état d'arrestation les citoyens suspects de la ville de Saint-Germain-en-Laye, à leurs domiciles, et à faire transporter au lieu de leurs séances les papiers suspects qu'ils pourront trouver chez les personnes arrêtées.

12 septembre 1793.

Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*JI 286.

1292. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris : 1° à la suite de la venue des femmes de la section des Invalides pour obtenir la distribution d'ouvrage dans leur secLion, chargeant le citoyen Guigues de se rendre chez le ministre de la guerre pour lui demander quelles sont les mesures qu'il a prises afin de faire distribuer l'ouvrage dans chaque section ; 2° autorisant par écrit les administrateurs des Postes, en raison de la suspension de la Commission des Postes, à donner un libre cours à tous les journaux et lettres; 3° convoquant le sieur Perier, de Chaillot, afin de savoir s'il est question d'interrompre le cours et la circulation de ses eaux ; 4° constatant la remise entre les mains du sieur Harny,

trésorier du Comité, par les citoyens Chéry et Moissard, de la somme de 15,000 livres, par eux reçue du sieur Baron, payeur des dépenses du Déparlement, pour être ladite somme employée aux dépenses du Comité de salut public du Département; 5° décidant que les sections seront invitées à faire visiter par le chirurgien-major de chaque section les militaires prétendus blessés, à l'effet de constater si la blessure est grave et dispense le blessé de rejoindre; 6° décidant que le ministre de la guerre sera invité à nommer deux ou trois chirurgiens expérimentés et fidèles, qui visiteront, deux ou trois fois par semaine, les hôpitaux militaires, tant de Saint-Denis que de Paris, pour constater l'état des militaires malades et afin de couper court aux abus; 7° arrêtant qu'il sera écrit à la commune d'Asnières, dénoncée comme conservant encore des marques de féodalité, de les faire disparaître sur-le-champ ; à celle de La Villette de supprimer sur-le-champ les marques de royauté qui subsistent encore sur la croix qui se porte aux enterrements et sur d'autres ornements d'église ; à celle de Clamart, composée de fermiers, tous de la même famille, pour lui rappeler le décret qui exige que la municipalité ne soit pas composée de citoyens tous parents ; 8° décidant qu'il sera envoyé aux Comités de surveillance des sections une circulaire pour les inviter à exercer leur surveillance sur les attroupements de femmes aux portes des boulangers et à envoyer les plus entêtées à la maison de Sainte-Pélagie ; 9° arrêtant qu'il sera écrit au ministre de la justice pour l'aviser des plaintes que font les communes de ce que les lois ne leur parviennent pas, et que la plupart n'ont pas encore reçu la loi sur les accaparements, et aucune celle sur le maximum; 10° décidant qu'il sera écrit au ministre de l'intérieur pour lui transmettre les plaintes de plusieurs communes des environs de Paris au sujet de la non application, aux Halles de Paris, de la loi sur le maximum, et pour l'inviter à remédier à cet abus, et qu'il en sera encore écrit au même ministre pour lui rappeler la loi qui l'oblige à approvisionner Paris et leDépar-

tement comme place de guerre; 11° décidant de présenter une pétition au nom des Comités de salut public des communes et des sections pour solliciter un décret qui rapporte celui des cautionnements, de sorte que ceux qui ne pourront pas sous-louer des terres seront cautionnés par la Nation, les communes et cantons, et que les patriotes auront leur tête pour caution ; 12° constatant que le citoyen Remy, demeurant rue de La Rochefoucault, n° 19, mandé au Comité, y est venu et a promis de donner tous les renseignements possibles et précis au sujet du général Tuncq, qui prouveront sa vie scélérate et criminelle; 13° annonçant qu'il a été écrit au citoyen Beffroy, connu sous le nom du Cousin Jacques, que l'indisposition d'un des membres du Comité chargé d'examiner sa brochure intitulée : Constitution dans la Lune, arrêtée par la Commission des postes, est cause qu'aucune décision n'a encore été prise, mais qu'un exemplaire «era remis à un autre commissaire, chargé d'en rendre compte lundi; 14° déclarant que la citoyenne Rache, femme d'un capitaine de compagnie franche, demeurant rue Etienne, sera invitée à fournir des renseignements sur le fils du général Lagenetière, soupçonné d'avoir passé aux Espagnols, et qui serait à Paris; 15° décidant qu'à l'avenir le président et le secrétaire seuls signeront les lettres et extraits conformes.

12 septembre 1793, matin et soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc1 BB74 20), fol. 296-301.

1293. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, d'après lequel il n'y aura pas d'exercice général des canonniers, dimanche prochain, et le Commandant général renouvelle aux capitaines des canonniers qu'ils sont responsables des effets des canonniers qui quittent le corps; il se déclare très satisfait du service, qui est fait avec beaucoup d'exactitude, et en demande la continuation avec les mêmes réserves et la même surveillance aux barrières.

Suivant les rapports de la force armée,

l'officier commandant le poste du quai de l'Ecole observe qu'il manque d'alcali volatil et de tabac dans la boîte des secours pour ceux qui se noient.

Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'v 1470, BB3 70.

1294. — Rapport de l'observateur Réraud, annonçant: 1° que dans deux guinguettes qu'on appelle les Deux-Moulins, au-dessus des marais du Eaubourg du Temple, des individus, en habits de volontaires, viennent avec des filles y faire des repas de 100 et 150 livres et qu'on soupçonne les aubergistes de fabriquer avec eux des assignats; 2° que beaucoup de Flamands, et surtout de Flamandes, sont à Paris pour acheter l'or et l'argent, et que les Liégeois qui ont accepté la Constitution sont suspectés d'être des émissaires de la Prusse pour accaparer également l'or et l'argent.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1295. — Rapport de l'observateur Roubaud, déclarant que : l°le pain est toujours abondant, mais que les femmes ne cessent d'assiéger les portes des boulangers et tiennent des propos inciviques, et que le gouvernement préviendrait peut-être les attroupements chez les boulangers, puisqu'il y a du pain toute la journée, en faisant marcher d'autorité les pompes dans les rues où il y a des attroupements ; 2° sur la dénonciation d'accaparements de grains à la porte de Chaillot, l'observateur Roubaud s'y est transporté et a trouvé simplement chez un brasseur deux chambres pleines d'orge pour la fabrication de la bière ; 3° les brocanteurs du Palais Egalité, quoique pourchassés et effrayés, vont toujours leur train; 4° les femmes publiques du Palais-Royal ne contribuent pas peu par leur incivisme et d'autres vices à entretenir le foyer de corruption en tous genres de ce promenoir public, où l'on ne devrait jamais rencontrer que la bienfaisance nationale.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 368S3,

129G. — Rapport de l'observateur La Tour-La-Montagne, annonçant que : 1° le calme le plus profond règne dans Paris, que les groupes ne sont plus aussi fréquents, ni aussi nombreux, que les portes des boulangers sont encore assiégées, quoique le pain ne manque pas et qu'on s'en procure aisément à toute heure du jour, et que ce léger reste d'inquiétude ne peut être attribué qu'aux manœuvres perfides des malintentionnés, qui ne s'accommodent point de la tranquillité du peuple; 2° Leclerc, de Lyon, suit toujours le système de diffamation qu'il a adopté contre la Convenlion; cet écrivain s'est rallié aux aristocrates, dont il se vantait jadis d'être la terreur; on s'arrache son journal et il gagne beaucoup d'argent ; 3° les femmes se plaignent vivement et du défaut d'ouvrage et de la cherté excessive des denrées; les blanchisseuses, surtout, jettent les hauts cris, le savon est actuellement à un écu la livre; 4° des malveillants annonçaient qu'on avait dressé une guillotine à Bicêtre et que déjà plus de G00 personnes avaient été exécutées pendant la nuit, sans forme de procès; ce bruit absurde n'a causé aucune sensation ; b° on se plaint, depuis quelques jours, de la mauvaise qualité de la viande, et l'observateur lui-même fit arrêter, rue de la Planche-Mibray, près du pont Notre-Dame, une charrette sur laquelle on transportait, pour être débité dans une boucherie, un bœuf dont la chair présentait quelques indices de putréfaction ; 6° le service de la garde nationale se fait avec beaucoup de négligence et l'on rencontre peu de patrouilles pendant la nuit; 7° un ouvrage nouveau de Brissot est sous presse et va paraître au premier jour; c'est, dit-on, le testament politique de cet homme dangereux; le libraire Maret, au Palais-Royal, cour des Fontaines, s'est chargé de l'impression etdeladistribution de cetouvrage, dont on attend sans doute un grand effet.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 3688:î.

1297. — Rapport de l'observateur Le Harivel, donnant les renseignements suivants :

i° Le pain ne se distribue pas aussi facilement que de coutume dans la Chaussée-d'Antin, la porte des boulangers est de nouveau assiégée par des femmes, qui ne peuvent avoir que de mauvaises intentions, les boulangers étant suffisamment approvisionnés.

2° Dans la section des Piques, les Faubourgs Saint-Honoré, Saint-Germain et sur le boulevard du Temple, il ne s'est rien passé de contraire à l'ordre et à la tranquillité publique.

3° La malveillance, toujours active, cherche toujours à exercer son petit empire dans les cafés, les groupes et surtout au Palais de l'Egalité, mais le peuple, toujours en garde contre ses traits envenimés, les repousse avec horreur et mépris.

4° La cherté de toutes les denrées et les succès militaires occupent alternativement le peuple, il parle avec enthousiasme du deuxième objet et avec une sorte de respect du premier.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N. , F7 36883.

1298. — Observations du citoyen Rolin, qui dénonce deux habitants d'Ivry, accusés de tenir chez eux des conciliabules très anticiviques et d'avoir dit qu'il fallait écraser ou pendre tous ces gueux de Sansculottes, propos certifiés par le sieur Bellot, instituteur à Ivry, et rend compte de l'Assemblée générale de la section du Panthéon-Français, qui exclut les clubistes de la Sainte-Chapelle et de Montaigne, ainsi que les signataires des pétitions des 8,000 et des 20,000 ; on y a annoncé la prise de 8,600 Hessois avec leur trésor, et que le roi de Prusse demandait là paix à tout prix. Le Faubourg Saint-Germain, y compris le Luxembourg, a paru à l'observateur très tranquille.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F7 36883.

1299. — Rapportde l'observateur Soulet, annonçant qu'on recommence à s'attrouper devant la porte des boulangers, et que, non loin de là, il s'assemble des personnes des deux sexes qui ameutent, il est à présumer qu'elles sont soudoyées.

On a battu les marchands d'argent dans la Maison de l'Egalité.

13 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 3U883.

1300. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° sur la dénonciation de divers faits suspects, par quatre marchands d'armes, à Vitrysur-Seine, notamment de la vente, par la municipalité, de l'argenterie de l'église, sans en rendre aucun compte, chargeant les citoyens Chéry et Dedouvres de se rendre à l'instant à Vilry pour y faire, dans toutes les maisons qui leur paraîtront suspectes, les perquisitions et arrestations nécessaires, en s'adjoignant 20 hommes de la force armée de Vitry, et invitant la municipalité à convoquer, le lendemain malin à 10 heures, l'Assemblée générale de la commune, à l'effet de recevoir les instructions fraternelles des membres du Comité qui y seront envoyés ; 2° transmettant au Comité de salut public de la Convention une dénonciation du citoyen Picard, conducteur des diligences venant d'Angers, d'après laquelle les généraux ne font pas leur devoir, s'amusent avec des femmes et boivent du matin au soir; 3° annonçant qu'il a été écrit au ministre de l'intérieur pour l'aviser que plusieurs communes des environs de Paris se plaignent de ce que la loi sur le maximum est publiquement violée à la Halle de Paris, et pour le prier de prendre les mesures nécessaires à l'effet d'empêcher un pareil abus ; 4° déclarant qu'il a été écrit aux Comités de surveillance des sections pour leur recommander de surveiller les attroupements qui peuvent encore se produire à la porte des boulangers et d'envoyer les femmes les plus obstinées à Sainte-Pélagie pour une quinzaine; qu'il a été de même écrit au maire et au procureur de la commune de Colombe pour les convoquer avec le boulanger de cette commune au Comité, qu'il a été égale ment écrit aux maire et officiers municipaux de Clam u t pour les convoquer à l'effet de savoir s'il est vrai que le pain s'y vend 30 sols les 4 livres; aux communes d'Asnières et de La Villetle pour faire

disparaître le plus promptement possible les marques de féodalité, notamment sur la croix des enterrements et les objets du culte, couverts de Heurs de lys ; 5° annonçant que le citoyen Perier, mandé au Comité à l'effet de savoir s'il est instruit qu'il y ait un projet d'interrompre la circulation des eaux de Paris, est venu et a dit qu'il pensait que le Département avait pris un arrêté à ce sujet, et a promis au Comité de lui faire passer un petit mémoire relativement à l'utilité et à la nécessité de conserver cet établissement, ainsi que d'autres notes sur les farines; 6° deux membres du Comité de surveillance de la commune de Sèvres étant venus demander au Comité de les instruire sur la marche à suivre relativement aux gens suspects, le Comité a satisfait à leur empressement à s'instruire pour pouvoir concourir de leur mieux à servir la République.

13 septembre 1793, matin.

Extrait du registre des délibérations du Comilé de surveillance du I département de Paris, A. N., BB3 81* (anc* BB" 20), fol. 301-304.

1301. — Délibération du Comité de salut public du Déparlement de Paris: lu donnant pouvoir aux citoyens Hardy et Génois de se rendre, le lendemain, à Vitry pour converser fraternellement avec les habitants de cette commune, prendre connaissance des abus qui pourraient y régner et donner les avis qu'ils jugeraient utiles au bien de la République; 2° envoyant aux Madelonnettes le citoyen Teissier, négociant, rue Croix-des-Petits-Champs, n" 37, soupçonné de correspondre avec un émigré et de lui faire passer de l'argent; 3° convoquant le sieur Buisson, menuisier, rue ci-devant d'Artois, qui avait trouvé sur le Pont-Neuf une carie paraissant très mystérieuse, chargée d'un cachet portant quatre ancres, une croix et une couronne; 4° recevant la déclaration de la citoyenne Bâche au sujet du citoyen Lagenelière fils, dont elle ignore le domicile, mais qu'elle a rencontré aux Tuileries; 5° donnant pouvoir aux citoyens Petitpas et Brunet, membres du Comité de la Halle au Blé, de faire perquisition en la maison du Séjour dCHijgic, apparie-

nant au citoyen Sédillot, médecin, et d'examiner les papiers du citoyen Vielcastel, prévenu d'émigration et d'être muni de faux certificats de résidence ; 6° portant qu'il a été écrit aux 48 sections et aux communes pour les avertir que l'on voit journellement se promener dans Paris des militaires qui, sous prétexte d'être estropiés, ne rejoignent pas leurs drapeaux, et pour les inviter à les faire arrêter, sans tenir compte des certificats de chirurgiens, pour la plupart mendiés ou faux, et les faire visiter par les chirurgiens majors de leurs sections, qui attesteront la réalité de leurs blessures; 7° recevant le compte rendu de la mission confiée au sieur Franchet par le Comité de sûreté générale, à l'effet de visiter le château d'Ecouen, signalé comme renfermant un magasin assez considérable de grains, d'après lequel il n'a constaté aucun accaparement et a trouvé 12,700 livres de grains, reste de plus grande quantité.

13 septembre 1793, soir.

Extrait du registre des délibérai ions du Comité de surveillance du Département de Pans, A . N., BW 81A (anc1 BB'4 -20), fol. 304-306.

1302. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel est annoncé le départ de deux convois d'artillerie, l'un pour Gravelines, l'autre pour Douai.

Le Commandant général constate que le service s'est encore Irès bien fait, cette nuit, et invile ses frères d'armes à conserver la même vigilance et surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines. Des patrouilles fréquentes empêcheront tout attroupement à la porte des boulangers, à la fabrication des assignats, près de tous les établissements nationaux, et surveilleront les malveillants payés par les puissances coalisées contre notre sainte Liberté.

Les réserves seront toujours de cent hommes.

14 septembre 1793.

Extrait* conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AFlv 1470, BB3 76.

1303. — Lettre de l'observateur Perrière au ministre de l'intérieur, déclarant

que le mauvais état de sa santé ne lui permet pas de se conformer aux exigences du citoyen Franqueville, qui reçoit chez lui, tous les matins, a 7 heures, les comptes des commissaires observateurs et qu'il a l'habitude de consacrer un jour à l'observation des faits, et un autre jour à leur rédaction ; dans ces conditions, il croit, et c'est l'opinion du citoyen Franqueville, qu'il remplirait bien plus utilement sa mission en province qu'à Paris, et se met aux ordres du ministre.

Perrière fait suivre cette letlre de son rapport habituel.

La nouvelle des heureux succès remportés dans le Nord donne au peuple un nouveau courage, il exprime dans les groupes ses joies et ses espérances ; les aristocrates se réjouissent plus haut que les bons citoyens eux-mêmes ; ces adroits reptiles, fidèles à leur plan de destruction et de haine contre les patriotes, saisissent toutes les occasions de se venger de leur patriotisme et cherchent tous les moyens de les rendre suspects. On ne saurait Irop surveiller l'adroite intrigue de ces gens-là, si l'on n'y prend garde, le patriotisme luimême sera dénoncé et immolé par l'aristocratie.

On répand avec éclat dans le public une grande conspiration de Marie-Antoinette, où tous ceux qui l'environnent sont accusés d'avoir favorisé sa correspondance avec les ennemis du dedans et du dehors. Michonis, l'administrateur de Police, s'est chargé pour elle d'un bouquet, qui renfermait un billet portant à peu près ces mots : « Soyez tranquille, j'ai de l'argent et des hommes tout prêts. » Les citoyens paraissent indignés de ce nouveau complot, et le moment est venu de presser le jugement de cette reine orgueilleuse et éternellement conspiratrice, qui ne cesse de mettre sa lête en balance avec celle de tous les Français.

Dans un quartier rempli d'aristocrates, autrefois le quartier de la robe, on proteste contre le décret qui défend la vente des contrats, qu'on affecte de considérer comme une banqueroute indirecte.

La difficulté d'avoir du pain recommence chez beaucoup de boulangers, et il

n'est même pas possible aux patrouilles les plus résolues de saisir toutes les personnes arrêtées à la porte de ces derniers ; Perrière cite l'exemple d'une femme qui' ayant trouvé vides les boutiques de 3 ou 4 boulangers, est venue se planter à la porte d'un autre qui venait de mettre au four, et fut bientôt suivie d'une foule nombreuse, on voulut l'arrêter, elle raconta ce qu'elle avait fait, le pain fut distribué, et plusieurs personnes ne purent en avoir ; s'il y a une disette, au moins en apparence, c'est que plus d'un citoyen prend au delà de sa provision ordinaire.

Perrière dit à ce sujet :<« C'est quand Antoinette conspire et que les citoyens préposés à sa garde se laissent corrompre, c'est quand les traîtres livrent à l'Anglais un port important, quand le fer de l'ennemi ne peut rien contre la France, son ordoity circuler pour augmenter le nombre des ennemis intérieurs, pour corrompre les magistrats et une partie du peuple lui-même. »

Perrière dénonce une famille entière d'aristocrates fieffés, tous employés avec leurs domestiques dans l'artillerie ou les vivres, du nom de Bioche, leur chef demeure rue Saint-André-des-Arts. Il signale au ministre les propos contrerévolutionnaires qu'il a entendus dans ses bureaux, on y parlait avec haine de la Convention comme n'ayant fait que du mal, on représentait Robespierre comme un ambitieux et un homme avide, qui ne cherche qu'à dominer et à s'enrichir ; dans la discussion engagée à ce sujet, Perrière avait beau déclarer que c'était l'intérêt de la France de maintenir la Convention, que, si elle se retirait, elle provoquerait des propos et des soupçons injurieux, comme de se mettre à l'abri de l'orage après l'avoir attiré, on lui répondait imperturbablement que c'était la Convention qui avait fait tout le mal, qu'il fallait la chasser. Ces mêmes hommes réclamaient une augmentation de récompenses pour les services qu'ils avaient rendus à la patrie. D'après leur conversation, Perrière estime que ces individus n'avaient servi la patrie que par circonstance et nedevaientà l'avenir être employés qu'avec la plus grande circonspection.

Perrière dit avoir parcouru plusieurs ateliers dans le Faubourg Saint-Marceau, et constate que les efforts des aristocrates de tous genres sont vains, car le peuple aime bien sincèrement la Révolution, il l'aime avec autant d'ardeur que de constance, et Perrière ajoute que c'était une véritable jouissance pour un cœur patriote de voir l'amour du travail et celui de la patrie réunis.

14 septembre 1793.

Original signé, A. N., ¥u III, Seine, 27. française, t. II, p. 116.

public du Département de Paris : 1° décidant, après la visite des papiers du citoyen Vielcastel et l'examen des certificats de résidence à lui délivrés par la commune de Boulogne-sur-Mer, suspectés de faux, son arrestation aux Madelonnettes; 2° recevant le compte rendu de la mission des citoyens Chéry et Dedouvres, envoyés à Vitry, lesquels déclarent que le ci-devant prince de Salm s'est enfui peu avant leur arrivée et qu'ils ont saisi trois lettres en allemand, de même chez le sieur Petitval, au château de Vitry, deux chevaux de luxe qu'il cherchait à soustraire à laRépublique; 3° décidant qu'il sera écrit à la Convention pour l'inviter à décréter la défense à toute autorité constituée de retarder les commissaires aux accaparements dans leurs opérations; 4° sur la dénonciation, par la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité séante aux Jacobins, de l'existence dans la maison des Chartreux, rue d'Enfer, de farines cachées dans des tonneaux et destinées aux ennemis, autorisant les citoyens Franchet et Lécrivain à s'y transporter et à y faire visite partout où ils jugeront nécessaire, les autorisant également à se transporter chez le citoyen Duchemin, secrétaire du ci-devant prince de Condé, à Montrouge, à visiter ses papiers et à procéder à l'arrestation de Guillaume, ci-devant notaire et député à l'Assemblée nationale, dans le cas où ils le trouveraient chez Duchemin ; 5° mandant au Comité le citoyen Saint-Venant, commissaire de police de la section de la Halle-

au-Blé, ainsi qu'un membre de chacun des Comités civil et révolutionnaire de cette section, pour instruire le Comité des motifs qui ont pu les déterminer à lever les scellés apposés chez le citoyen Bruyère, rue Saint-Honoré, par ordre du Comité de salut public du Département.

14 septembre 1793, matin.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A . N., BB3 81A (anc* BB74 20), fol. 307-309.

1305. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° chargeant le citoyen Chéry de se transporter chez le citoyen Flolard, chirurgien-major, demeurant rue Neuve-Saint-François, hôtel des Envoyés, n° 152, pour y visiter ses papiers, et de l'amener au Comité ; 2- chargeant le citoyen Fournerot de se transporter chez le sieur Beaumarin, capitaine, rue des Blancs-Manteaux, pour l'inspection de ses papiers, et de l'amener au Comité avec ceux qui paraîtront suspects; 3° informant le ministre de la guerre que les officiers de santé, ayant leur bureau rue Grange- Batelière^ la ci-devant caserne des Suisses, délivrent des certificats à des volontaires qui prétextent des maladies imaginaires, avec la protection du commis Sijas, et invitant le ministre à faire surveiller ces officiers de santé et à faire visiter de nouveau les militaires munis de certificats par des chirurgiens patriotes; 4° requérant le commissaire de police de la section de la Halle-au-Blé de s'assurer de la personne du citoyen Bruyère, et, constatant que, le frère de Bruyère ayant déclaré qu'il avait des payements à effectuer, le commissaire Saint-Venant s'est permis, sans en prévenir le Comité, d'extraire de la caisse du sieur Bruyère une somme de 45,000 livres, qu'il a remise entre les mains de son frère ; en raison de ce délit et de la conduite antérieure du citoyen Saint-Venant, contre lequel il y a des dénonciations très graves à sa section, décidant que le Comité de salut public de la Convention sera invité à donner l'ordre de mettre en état d'arrestation ledit Saint- Venant, et de faire examiner sa conduite, qui ne peut être que suspecte, puisqu'il a

sollicité un ordre étranger pour lever les scellés et qu'on doit croire qu'il avait un intérêt particulier à le faire, afin de soustraire des papiers importants; 5° constatant, d'après le rapport des citoyens Franchet et Lécrivain, chargés d'arrêter, à Montrouge, le sieur Guillaume, ex-constituant, que ce particulier a réussi à s'échapper, et, dans le cas où il serait revenu à Paris, donnant mandat au citoyen G uigues de se transporter h son domicile, rue de Bucy, n° 33 ; la femme dudit Guillaume ayant été ramenée à Paris par le citoyen Franchet.

14 septembre 1793, soir.

Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anctfiB" 20), fol. 310-313.

1306. — Rapport de l'observateur Le Harivel, donnant les indications suivantes :

1° La malveillance a réussi à persuader au peuple que le pain manque, de sorte qu'il se porte de nouveau en foule à la porte des boulangers, où l'on tient souvent des propos inciviques.

2° Il s'est fait, rue des Mathurins, Chaussée-d'Antin, une vente à bas prix de vins qui n'avaient point été déclarés, vente qui a attiré un concours considérable, mais sans troubler la tranquillité publique.

3° Il y a eu dans le Faubourg Saint-Germain une petite rixe à propos des cocardes, les femmes du quartier s'opposant au passage de toutes celles qui n'en portaient pas, les poissardes ont étrillé les opposantes et leur ont promis le même traitement pour le lendemain.

4° Dans les groupes et lieux publics, on ne s'est occupé que de choses indifférentes à la Révolution.

5° On rencontre encore au Palais d'Egalité quelques marchands d'argent, mais beaucoup plus réservés que de coutume.

14 septembre 1793.

Original signé, A. JV., F7 3688"3.

1307. — Rapport de l'observateur Roubaud, signalant les faits suivants :

1° Le pain est abondant chez tous les boulangers, et, malgré la défense, on continue à s'attrouper devant leurs portes, notamment devant un boulanger de la

rue des Blancs-Manteaux, qui, non content de garder ses portes closes, ne cesse de tenir des propos très inciviques, en présence du commissaire de la section et et de la garde, qui s'en amusent. Certains boulangers font deux sortes de pains, qu'ils séparent sur une table, et ne délivrent le beau qu'à leurs pratiques ou à ceux dont l'opinion leur plaît.

2" Roubaud signale à l'attention le neveu du représentant Pressavin , un certain Teillard, ancien greffier de la commune de Lyon, réfugié à Paris, et qui ne cesse de tenir des propos inciviques.

3" Le républicain Chaumette, procureur syndic de la Commune, a tonné à l'Assemblée générale contre les Comités de la Convention, surtout celui des marchés, au sujet de la fabrication des habits d'hiver pour les volontaires, et a déclaré que la porlion du Marais qui siège encore à la Convention corrompt les Comités, et que cela existera, tant qu'il y aura des nobles et des prêtres.

4° Les groupes des Tuileries se plaignaient avec énergie de l'arislocralie de tous les marchands de comestibles, qu'il fallait assommer, puisque la Convention ne pouvait y remédier.

5° L'ancien hôtel de Livry, rue Neuvedes-Petits-Champs, recèle un jeu de 31, qui se donne dans la nuit, après le souper servi par un restaurateur de la même maison, on y perd des sommes considérables et on y entre avec des billets d'invitation, distribués par les maîtres du tripot.

6° Les préposés de la Police, observe Roubaud, devraient s'acquitter de leurs lonctions avec moins d'appareil ou de scandale, surtout dans les promenoirs publics, ils frappaient hier sur les tables d'un café, près du Théâtre de la Montansier, pour se faire servir, et causaient un rassemblement.

14 septembre 1793.

Originaux signés (2 pièces), A. N., F73688;!.

1308. — Observations du citoyen Rolin, aux termes desquelles il donne les renseignements qu'il a pu recueillir sur le jeune Anglais qui réside comme pensionnaire à

la ci-devant Charité de Saint-Maurice, où il aurait été placé par ses parents comme dissipateur; cet Anglais serait non-seulement en relations avec l'Angleterre, mais même avec la Cour de ce pays; Rolin renvoie, pour plus amples renseignements, au sieur Montaulieu, charpentier aux Carrières de Charenton, et dit qu'il serait essentiel de se saisir nuitamment de cet Anglais et de mettre les scellés sur ses papiers.

Les ci-devant Frères de la Charité, grâce aux profits de la maison de Saint- Maurice, où ils ont beaucoup de pensionnaires, ont fait l'acquisition d'une superbe maison à Villejuif.

Rolin dénonce encore un agent du Pape, très aristocrate, qui aurait fait transporter dans une maison bourgeoise du pays, où il vient de temps à autre, une quantité prodigieuse de papiers dont on ignore la nature.

Il signale l'engorgement de la rivière par des monticules de sable, depuis la Râpée jusqu'au pont de Charenton, et trouve qu'on devrait profiter des basses eaux pour y mettre 100 ou 150 ouvriers à l'effet de dégager le lit de la rivière, de crainte d'accidents.

14 septembre 1793.

Original non signé, A. N., F1 36883.

1309. — Rapport de l'observateur Soulet, signalant un certain Mouras, ex-médecin de l'armée des Alpes, destitué par les représentants du peuple, demeurant actuellement quai Voltaire, n° 10, qui, paraît-il, avait été chargé par Roland de distribuer des assignats aux citoyens de Chambéry pour les Rolandiser, et a été dénoncé par Albitte aux Jacobins.

L'on a toujours beaucoup de peine à se procurer du pain ; les marchands d'argent ne s'étant pas présentés à la Maison d'Egalité, les muscadins y ont été froltés.

Un ex-député de l'Isère à l'Assemblée législative, Danthon, l'un des plus mauvais de cette Assemblée, s'étant sauvé de Vienne, son pays, est venu se réfugier à Neuilly et vient de temps en temps à Paris.

14 septembre 1793.

Original signé, A. N., F1 36883.

1310. — Rapport de l'observateur Rousseville : faisant connaître qu'au Bourget les citoyens Charlemagne, père et fils, épiciers et marchands de fers, ont déclaré à la municipalité la nature de leurs marchandises, sans en marquer la quantité, ont refusé de mettre sur leurs portes l'affiche exigée par la loi, et ont trop d'influence dans le village, pour que la municipalité ose exécuter cette loi contre eux ; 2° rendant compte de la séance des Jacobins, où a eu lieu une discussion intéressante sur le décret du 7, qui déclare acquises à la Nation les richesses possédées par les étrangers en France, et, à l'occasion de la pétition que doit faire la Société pour le maintien de ce décret, qui a été rapporté par l'intrigue des agents de change et de quelques députés gagnés à leurs intérêts, c'est en vain que Chabot a voulu justifier le retrait du décret par les intérêts du commerce de la France avec l'Angleterre et la crainte de représailles.

14 septembre 1793.

Original non signé, A. IV., F1 3G883.

1311. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :

1° La difficulté de se procurer du pain n'a excité aucuns murmures dans le peuple contre la Révolution, on disait seulement que c'était encore une manœuvre des riches pour empêcher le rétablissement du décret du 7.

2° La pétition des Jacobins a été faite par Lullier, à 1 heure après midi, aux applaudissements universels, et a reçu un accueil favorable du président.

3° D'après plusieurs patriotes dignes de foi, l'on avait découvert, au Palais de l'Egalité, trois caves remplies de gros sols à face royale, qu'on devrait convertir en canons.

4° Les groupes des Tuileries, assez nombreux malgré le mauvais temps, s'échauffaient en discutant sur un prétendu désarmement général des citoyens. Rousseville rappelle à ce su jet ce qu'il avait dit lors de la formation de l'armée révolutionnaire : qu'il espérait bien qu'on continuerait à désarmer les mauvais citoyens au profit des

amis de la Révolution ; les motionnaires ont ensuite parlé de nos victoires.

5° Au Palais ci-devant Marchand, le Tribunal révolutionnaire s'est occupé d'un commissaire du pouvoir exécutif, officier de paix à Paris, qui, envoyé dans le département de l'Eure, y a tenu le langage des fédéralistes, même dans des écrits qu'il a rendus publics à son retour à Paris ;

6° La place de la Maison-Commune, les ponts et les quais n'offraient rien d'intéressant, rien qui pût compromettre l'ordre public.

7° Ce matin, 15, le pain est encore rare à la porte des boulangers, et la foule s'y porte plus que la veille.

8° Les conducteurs des voitures publiques pour Saint-Cloud se disputent avec les charretiers au sujet du passage le long du mur du jardin des Tuileries; on vient de convenir que les chariots passeraient le long du mur qui borde la rivière, mais des rixes sont à prévoir.

9° Rousseville parle de la recherche qu'il a faite d'un bon prêtre, ironiquement parlant, semblable à ceux qui forcent les enfants à égorger leurs pères dans la Vendée, dont il n'a pu découvrir la retraite.

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