septembre
Original signé, A. N., F7 36883.
1312. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général invite ses frères d'armes les canonniers à passer au scrutin épuratoire ceux qui se présenteront; tout homme dont le civisme, les mœurs et la probité sont, ou peu connus, ou équivoques, ne peut être canonnier.
Les patrouilles de nuit prendront le nom des rues et le numéro des maisons dont les allées seront trouvées ouvertes, et en feront rapport à la Mairie et au Commandant général.
Les sections voisines du magasin de la maison de Saint-Lazare feront de fréquentes patrouilles autour de cet établissement.
La plus grande surveillance près les établissements publics et les barrières est recommandée ; les réserves de 100 hommes et les patrouilles fréquentes.
D'après les rapports de la force armée, l'inspecteur des réverbères n'a point passé au poste du Panthéon-Français, les réverbères étaient éteints de bonne heure dans la rue Galande et la place Cambrai.
15 septembre 1793.
Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF™ 1470, BB3 76.
1313. — Rapport de l'observateur Béraud, signalant les faits suivants :
1° On soupçonne très fort beaucoup de boulangers de mettre de la cendre dans le pain, d'abord pour le rendre plus lourd, ensuite pour lui donner un mauvais goût et une vilaine couleur, afin de faire crier le peuple contre l'Administration. Les soupçons visent principalement ceux des rues St-Antoine, du Faubourg du Temple et du quartier Saint-Sulpice.
2° Deux officiers de volontaires, à Paris en convalescence, disaient que Custine était pleuré par la moitié de son armée et qu'on verrait bientôt des choses surprenantes.
3° Tous les cafés souterrains du jardin de l'Egalité sont infestés de déserteurs du corps des dragons de la République, d'escrocs et de valets d'émigrés, qui vont dans ces repaires pour savoir ce qui se passe et ce qu'on dit, la plupart sans domicile.
4° La présence du nommé Ranchin, ex lieutenant-colonel du régiment de la Sarre, est signalée à Paris, où il demeure, tantôt dans le Faubourg Saint-Germain, tantôt dans la Chaussée-d'Antin, muni de papiers qui lui permettent de changer de nom tous les jours. L'observateur déclare l'avoir connu à la Rochelle, où il ne voulut pas qu'on mît au drapeau de son régiment les cravates tricolores.
5° On prétend que beaucoup de marchands des rues Saint-Denis et Saint- Martin cachent chez eux des émigrés, dont plusieurs se font passer pour leurs parents.
6° On soupçonne très fort la tenue d'assemblées nocturnes chez Beaumarchais, Béraud y a vu entrer, vers 10 ou 11 heures du soir, des gens qui lui ont paru suspects,
de même dans la maison de la ci-devan concierge de l'Hôpital sur le boulevard.
15 septembre 1793.
Original signé, A. N., F7 36883.
1314. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que, quoique le pain ne manque pas, il y a toujours beaucoup de monde à la porte des boulangers.
Dans la Chaussée d'Antin, sur le boulevard, dans le Faubourg Saint-Honoré et.
au Gros-Caillou, il ne s'est rien passé de contraire à la tranquillité publique. Au Faubourg Saint-Germain, il s'est élevé de petites contestations entre les femmes, relativement à la cocarde nationale, les unes veulent la faire porter aux autres, et d'autres la font ôter à celles qui l'ont prise ou qui la portaient avant l'arrêté de la Commune.
Le matin même, il y avait encore des marchands d'argent au ci-devant Palais- Boyal.
15 septembre 1793.
Original signé, A. N., F7 36883.
1315. — Rapport de l'observateur Soulet, déclarant qu'une infinité d'individus crient
* contre la levée des jeunes gens, qu'on a toujours de la peine à se procurer du pain, que les aristocrates s'assemblent dans les cafés et paraissent manœuvrer plus que jamais, enfin que la section des Tuileries a commencé à arrêter les gens suspects.
15 septembre 1793.
Original signé, A. N., F7 36883.
1316. — Rapport de l'observateur La Tour-La-Montagne au ministre de l'intérieur : 1° dénonçant les nombreux abus qui se glissent depuis quelque temps dans le service de la garde nationale, abus qui, dans certaines circonstances, pourraient exposer la chose publique aux plus grands dangers : le premier de tous est la non exécution de la loi qui n'accorde qu'aux fonctionnaires publics et aux sexagénaires le droit de se faire remplacer, ce qui fait qu'on ne voit dans les corps de garde que les mêmes ligures, celles d'individus qui, fatigués d'une suite ininterrompue de veilles, sont presque toujours étendus sur
les lits de camp, ou se retirent chez eux aussitôt après l'appel, laissant le poste qu'on a confié à leur surveillance dégarni ou sans force ; 2° signalant les manœuvres des prêtres assermentés pour fanatiser le peuple et le remettre sous le joug de la superstition, et citant une longue prédication faite le matin à Saint-Roch, sur les vertus du signe de la Croix, qu'il taxe de niaiserie ultramontaine, estimant qu'il serait peut-être à propos que de bons Sans-culottes fussent provisoirement élus par les sections pour occuper la chaire et y proclamer les principes sacrés qui constituent le véritable républicain; 3° faisant connaître également le bruit répandu par les malveillants, capable de troubler la tranquillité publique, d'après lequel le maire de Paris aurait confié au Comité de salut public des secrets de la plus haute importance, et aurait dit hautement ne pas répondre pour trois jours de la tranquillité de Paris; 4° racontant qu'on a célébré, ce jour, à Saint-Roch, une fête en l'honneur de Le Peletier et de Marat. A cette occasion, une femme est montée à la tribune et s'est élevée avec force contre toutes les autorités constituées, sans épargner la Convention nationale, mais son discours n'a pas produit tout l'effet qu'en attendaient ceux dont elle n'était que l'instrument aveugle. L'esprit public est généralement bon, mais on ne saurait surveiller avec trop de soin les malintentionnés, qui essayent à chaque instant de le pervertir.
Original signé. A. JV., F7 36883.
1317. — Rapport de l'observateur Roubaud, donnant les renseignements suivants :
i° Les plaintes ont augmenté au sujet de la difficulté de se procurer du pain et de sa mauvaise qualité, plusieurs boulangers, à la vérité, en fournissant de très mauvais et tenant, lorsqu'ils le délivrent, des propos très inciviques contre les administrations.
2° Un certain Vanhove, hollandais, employé par le pouvoir exécutif dans les villes évacuées de la Hollande, se plaint
amèrement d'avoir sacrifié sa fortune et son crédit pour procurer à Dumouriez, lors de son entrée à Bréda, 8,000 ilorins dont il ne peut obtenir le remboursement.
3° La maison de l'ex-marquise de Brunoy, Faubourg Saint-Honoré, ayant son entrée sur les Champs-Elysées, est ouverte au public, et le concierge dit hautement aux curieux que le local, quoique à une émigrée, ne se vendra pas, et que le Département a fait arracher les affiches de vente, ce qui fait tenir des propos très inciviques.
15 septembre 1793.
Original signé, A. N., F7 36883.
1318. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° après interrogatoire de la citoyenne Guillaume et du sieur Grisard, clerc, demeurant chez ledit Guillaume, considérant que l'évasion du citoyen Guillaume, au moment où les commissaires du Comité étaient chez lui, à Montrouge, doit le faire présumer coupable, décidant de maintenir les scellés dans son appartement à Paris, et ordonnant de mettre dans des armoires sous scellés les papiers se trouvant à Montrouge, qui seront laissés à la garde de la dame Guillaume; 2° recevant le rapport des citoyens Génois et Harny, chargés de remettre à Vitry des instructions demandées par plusieurs citoyens de cette commune, rapport d'après lequel leur présence a produit le meilleur effet, ils ont rétabli l'ordre et réchauffé le patriotisme des habitants, qui leur ont donné l'accolade fraternelle, ils ont fait assembler le peuple et ont tracé le plan d'établissement d'un Comité de surveillance, décrété par la Convention; 3° après interrogatoire du citoyen Jean-Pierre Flotard, chirurgien-major au premier bataillon, dit Républicain, dénoncé comme suspect et faisant des dépenses extraordinaires et hors de sa portée, ordonnant qu'il sera envoyé à l'Abbaye, comme n'ayant pas fait viser son prétendu congé du ministre ; 4° arrêtant, en outre, que le citoyen Beaumarin, capitaine au même bataillon, soupçonné d'être intimement lié avec ledit Flotard, et n'ayant pas de permission visée du ministre de la guerre, d'être sans cesse
400 CHAPITRE Ier. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION
dans des bombances, où il tient des propos très inciviques, se disant malade, quoique se portant très bien, sera aussi conduit à l'Abbaye ; 5° déclarant avoir reçu du ministre de la justice une réponse à la lettre où le Comité transmettait les plaintes des communes voisines de Paris, au sujet de la non réception des lois, et du ministre de la guerre une lettre, annonçant la destitution des préposés à l'administration des habillements, d'après les plaintes dont le Comilé a été l'organe.
15 septembre 1793, matin et soir.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc* BB™ 20), fol. 313-316.
1319. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, débutant par des ob jurgations du commandant général Hanriot : » Les méchants qui nous persécutent, mes camarades, ne sont pas dignes de notre vengeance, la loi les atteindra jusque dans leurs antres. Courage, républicains, serrons nos rangs et marchons unis devant les ennemis de la République. On a trouvé dernièrement, ajoute Hanriot, une quantité de pains dans des lieux d'aisance, sur cette infamie, il faut interroger les Pitt, les Cobourg, et tous les scélérats qui veulent enchaîner la justice, la raison et assassiner la philosophie. »
Les sections sont invitées à envoyer l'état des citoyens destinés à l'armée révolutionnaire.
Les patrouilles se feront avec la même exactitude, ainsi que le service des postes et barrières, les réserves seront toujours de 100 hommes.
Les rapports de la force armée annoncent l'arrestation, la veille, dans la section du Temple, d'une voiture de charbon, que l'on a conduite chez les commissaires aux accaparements.
16 septembre 1793.
Copies conformes, signées de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF1V 1470, BB3 76.
public du Département de Paris : 1° décidant que son trésorier dressera des comptes différents des sommes données au Comité par le Département et le Comité de salut
public de la Convention, que ce qui regarde l'indemnité des membres, les frais de bureau, d'impression, sera sur le compte du Département, et que lout ce qui concerne les recherches et les arrestations, sera sur le compte du Comité de salut public de la Convention; 2° désignant les citoyens Harny et Moissard pour se transporter à Sainte-Pélagie et autres prisons, s'ils le jugent convenable, afin de consulter les prisonniers sur leurs besoins et entendre leurs réclamations, s'ils en ont à faire; 3° chargeant le citoyen Guigues de réclamer au Comité civil de la section du Luxembourg les papiers enlevés chez l'abbé Debray, mort aux Carmes dans les journées des 2 et 3 septembre de l'année précédente, papiers appartenant au prince de Condé; 4° chargeant les citoyens Guigues et Génois de se transporter, sans délai, chez la baronne de Burmann, d'examiner ses papiers et de retirer tout ce qui leur paraîtra suspect ; 5° recevant la déclaration du citoyen Marchand, suivant laquelle, ces jours derniers, il a trouvé à sa porte 6 bouteilles d'eau-de-vie et 25 de vin dont il ne connaît pas la provenance, et que, trois jours auparavant, la comtesse de Lamyre lui a fait remettre une montre en or, qu'il a voulu rendre à la citoyenne Saint-Laurent, et, d'après cette déclaration, arrêtant que la montre sera vendue et le montant employé au profit des pauvres ; 6° chargeant le citoyen Fournerot de procéder à l'arrestation du citoyen Mendouze, employé aux Affaires étrangères, très suspect, agent de Lebrun et intimement lié avec l'infâme Pétion, et qui a envoyé plusieurs fois son fils en Angleterre, avec mission secrète ; 7° ordonnant l'arrestation, comme suspect, du sieur Loyauté, ancien capitaine d'artillerie ; 8° déclarant avoir reçu une lettre du ministre des affaires étrangères au sujet de la remise de lettres chiffrées et une autre lettre de la municipalité de La Villelte, qui annonce la destruction entière des marques de féodalité.
16 septembre 1793, matin et soir.
Extratdu registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc4 BB" 20), fol. 316-319.
1321. — Rapport d'un observateur :
1° Déclarant qu'il y a eu encore la veille des difficultés pour se procurer cl n pain, qu'il s'est formé des attroupements aux portes des boulangers dans les Faubourgs Saint-Germain et Saint- Honoré, que, pour sa part, il a vu, la veille au soir, dans la boutique d'un boulanger, rue de Lille (ci-devant Bourbon), plusieurs pains, point de foule et point d'acbeteurs.
2° Malgré les rumeurs répandues par les malveillants pour inquiéter sur les subsistances, malgré les réquisitions pour faire marcher tous les jeunes gens de 18 à 2"> ans, le Faubourg Saint-Germain est tranquille.
3° Au sujet de la loi relative aux accapa reurs, l'observateur fait remarquer au ministre qu'elle est trop générale, et qu'il est à craindre que les commerçants d'épiceries en gros, dégoûtés de leur commerce, ne suspendent leurs acbats, ce qui ferait manquer les approvisionnements de Paris; les commerçants se sont empressés de vendre aux détaillants leurs marchandises pour éviter les visites et réquisitions, mais très peu ont remplacé par de nouveaux achats ce qu'ils venaient de vendre, ce qui expose à manquer tout à fait d'ici à quelques mois, mais des mesures de rigueur ne feraient qu'en hâter le moment et accroître avec la défiance la pénurie des denrées.
4° On manquera particulièrement de savon, le public ne peut souffrir de le voir à très haut prix, en conséquence il le taxe fort au-dessous de ce qu'il coûte, le commerçant, rebuté, n'en fait plus venir. La cause de cette cherté du savon réside dans celle des matières premières, les huiles grasses et la soude, qu'on est obligé de tirer de l'étranger, et particulièrement des côtes d'Espagne et d'Italie, ce commerce étant interrompu, les fabriques de Marseille, privées de ces matières et ayant souffert des troubles de cette ville, chôment; la disette d'huile, d'une part, l'interruption du commerce de la Méditerranée, d'autre part, ne feront que hausser le prix du savon, qui sera inabordable.
16 septembre 1793.
Original non signé, A. N., F" 36883.
T. IX
1322. — Rapport de l'observateur Béraud, donnant connaissance des faits suivants :
1° Le Faubourg Saint-Antoine se plaint amèrement du décret qui restreint ses Assemblées générales à 2 par semaine, pour y suppléer, il voudrait former, tous les soirs, dans le lieu ordinaire des séances, d'autres assemblées, sous la dénomination de sociétés populaires.
2" Beaucoup de Comités de surveillance font crier contre eux, parce que la plupart des membres qui les composent se font adjuger par cabales les places, surtout celles salariées, et que très souvent, en occupant plusieurs, ils sont à la fois juges et parties.
3° Les malveillants, pour soustraire leurs chevaux à la réquisition, les vendent à des gens qui les emmènent hors Paris.
4° Au Calé de Foy, il se disait que les députés perfides envoyaient leurs dépêches à Bordeaux, où de prétendus corsaires les portent au bas de la rivière.
5° Le retard apporté au jugement des Brissotins fait dire au peuple que les députés s'entendent et cherchent à les sauver, on fait mourir le pauvre, et l'on veut pardonner au crime.
G° Deux ou trois fois par semaine, il se fait des rassemblements nocturnes à Chaillot, où l'on rencontre des femmes de ci-devant.
10 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 36883.
1323. — Observations du citoyen Rolin, d'après lesquelles les groupes recommencent aux portes des boulangers, et très souvent s'y trouvent des individus payés pour exciter le trouble, qui lâchent des imprécations contre l'administration et les administrateurs des Subsistances. Vers 9 heures du soir, un rassemblement considérable s'étant formé à la porte d'un petit limonadier, au coin du quai de la Vallée, rue du Hurepoix, à propos d'une scène violente causée par des consommateurs qui refusaient de payer, et avaient maltraité le limonadier et sa femme, Rolin courut chercher du secours au corps de garde de la rue Saint-Louis, ancienne sec-
tion du Pont-Neuf, il lui fut refusé par « ces bons citoyens », sous prétexte que ce n'était pas de leur section et qu'ils étaient de réserve; le corps de garde du Pont-Neuf envoya un détachement, qui fut devancé par celui de la section du Théâtre-Français.
La citoyenne Robert, auteur du journal l'Observateur, a été saisie ces jours derniers; une marchande libraire du Palais de l'Egalité a déclaré à Rolin que, 10 minutes plus tôt, l'on eût surpris les deux rédacteurs de ce journal en train d'écrire leurs notes, l'un d'eux est député à la Convention nationale, et l'autre de la Société des Amis de l'Egalité, aux Jacobins.
A la section du Panthéon-Français, l'Assemblée générale a été très nombreuse, on y a pris un arrêté relativement à l'indemnité accordée aux indigents.
16 septembre 1793.
1324. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :
1° La réunion de la jeunesse en réquisition se faisait, le matin, dans diverses sections; dans celles du Mail et des Amisde-la-Patrie, Rousseville n'a remarqué aucune fermentation, quoiqu'un bon tiers, composé de muscadins, ne marchât que contraint et forcé, les 2 autres tiers du peuple marchent de bon cœur et les feront aller, mais à condition de surveiller la formation de I'état-major de cette nouvelle levée.
2° Le Tribunal révolutionnaire jugeait, la veille, deux curés et autres particuliers, accusés d'avoir arraché et foulé aux pieds la cocarde nationale, la foule était si grande que Rousseville ne put entrer.
3° Aux Tuileries, il y a eu une petite fermentation causée par les plaintes vives et réitérées d'un brave cordonnier, furieux d'apprendre qu'on avait trompé le peuple sur Petion, et que ce conspirateur n'était réellement pas à l'Abbaye.
4° Les filles du ci-devant Palais-Royal et lieux environnants se plaignent beaucoup de la Révolution. A 11 heures 1/2, une patrouille fort nombreuse a fouillé les mai-
sons, au haut de la galerie, à main gauche, en entrant par la rue Saint-Honoré.
5° Quoique le pain ait été rare toute la journée, on n'en a réellement pas manqué.
6° D'après l'analyse que donne Rousseville de la réunion de la Société des Jacobins, la séance a été presque entièrement consacrée à entendre des dénonciations contre les femmes Jacobines révolutionnaires, surtout contre la nommée Lacombe et ses amis Le Clerc, Jacques Roux et Louvet. Il a été décidé que cette femme, très dangereuse, serait signalée sur-lechamp au Comité de sûreté générale, elle était présente et a voulu parler, ce qui a occasionné un tel tumulte que le président s'est couvert, l'arrêté a été porté, et quelques instants après des gendarmes sont venus s'emparer de cette particulière. Rousseville fait ensuite mention de la correspondance et analyse une lettre de Rossignol, d'un bataillon de l'Hérault, d'un officier de marine de Lorient, qui demande l'établissement d'une école de tactique navale, et de la Société populaire de Sedan.
7° A la date du 17 septembre, Rousseville signale des attroupements à la porte des boulangers, provoqués, la plupart du temps, par les boulangers eux-mêmes, quand le peuple s'assemble en foule à leurs portes, ils vendent la bonne et la mauvaise marchandise, sont payés comptant, peuvent accaparer de la monnaie, n'ont pas besoin d'envoyer du pain en ville, ni d'être scrupuleux sur le poids.
8° Le rapport de Rousseville est précédé de renseignements sur divers suspects de la section de la Fontaine-de-Grenelle, à lui fournis par un nommé Rigeot, rue de Grenelle, n° 373, notamment sur le sieur Dubreuil, perruquier, rue de Grenelle.