FOREST
Député de Rhône- et-Loire.
141. — Lettre de M. Verne, juge au tribunal du district de Roanne, à M"" Forest, déclarant qu'il a été aussi affecté que surpris de l'arrestation de son mari, qu'il a toujours vu lutter contre les abus et contre les classes ci-devant privilégiées, mais que cette arrestation ne saurait être pour elle un sujet d'alarme, ayant probablement été
CHAPitllE 1*'. - JOUflNËËS ttJStOfiiOtJÈS DE LA RÊVOlUTlON
motivCé pdf rinsuirccliort de l.yoïi, qui touche à sa On, et par les senlimelits trop librement exprittiés pnr M. Forest, lecjuel aufa cédé à un prcfliior niouvemenl et n'aura pas lai'dé à reconnaître son erreur, njoutanl que la Convention saura reconnaître ses qualilés et eh tiendra cnmtite.
3 août 1793.
Original sigtio, A. N., V' 4709.
Ii2. — Lettre de Forest, député de niiône-el-Loire, Il ses collègues du Comité de sûreté générale, exposant, pour sa justification, qu'originaire de Roanne et non de Lyon, il a beaucoup contribué à y faire accepter la Constitution et à faire rejeter les sollicitations de la commission contre-révolutionnaire établie à Lyon, recohnaissant toutefois qu'au début il vit avec chagrin ce qui s'était passé lors des journées du 31 mai et du 2 juin, mais qu'il se garda bien, comme tant d'autres, de faire imprimer et publier ce qu'il pensait, et qu'il se borna aux confidences de l'amitié, que depuis, ayant vu les mouvements que les députés fugitifs excitaient dans les départements, il changea sur le champ d'opinion et de langage, affirmant qu'il n'a jamais eu aucune correspondance avec Lyon, où il ne connaît même personne, et qu'il n'a jamais eu de t'elalions arec Chasset, accusé, qui est de Vlllefranehe, et demandant un tdtmc à sa captivité qui dure depuis 3 mois.
30 septembre 1793.
Original .lignS, A. A'., t"' 170'J.
143. — Lettre de Fol-est, député de Rhône-et-Loire, au Comité do siireté générale, protestant contre sa détention, ajoutant, à cet effet, quelques observations aux moyens de justilicalion contenus dans la lettre par lui adressée au Comité le 30 septembre, déclarant notamment qu'on ne peut eh aUcune façon établir sa complicité avec les députés accusés, aU.^quels il n'a jamais parlé, reconnaissant avoir vu avec chagrin ce qui s'était passé les 31 mai, 1" et 2 juin, mais ne s'en être expliqué contldentlcllemont qu'à des amis.
(Sans date.) Ollgmal sighë, A. N., AA 53, n" 1491.
Hk — Observations de Forest, député à la Convention nationale par le départe^ ment de Rhône-et-Loire, sur le décret d'arrestation prononcé contre lui le 1 1 juillet ainsi que contre d'autres dé[nités de ce département, décret motivé par des lettres qu'il avait écrites à ses amis de Roanne, invoquant, si l'on veut lui faire un crime de ces lettres confidentielles, la Déclaration des Droits de lliomme qui donne à rha([ue citoyen le droit de manife.sler sa pensée, expliquant les ternies dont il s'est servi au sujet de la Constitution, « faite à coups de hache », déclarant enfin que si les membres de la Montagne veulent la République, une et indivisible, il la veut aussi, et que ce n'est que sur la route à suivre qu'il s'est trouvé en désaccord avec eux.
Sans date (fin 1793).
Original signé, A. A'., F' 4709.
fi:;. — Observations de Forest, député de Hhône-et-Loire, à ta Convention, sur son arrestation, exposaiit qu'il n'a jamais participé à aucun complot, que, sexagénaire et goutteux, il menait une vie très retirée, que s'il était très assidu à la Convention, il n'allait que là, qu'on l'a bien invité à signer la proteslalion dU mois de juin, qualifiée déclaration, qu'il s'y est refusé, n'ayant môme pas voulu la voir, rappelant que les fonctions de président du tribunal de son district, par lui exercées avant sa nomination de dé|iuté, justifient assez son civisme, insistant enfin pour que son arreslatlon prenne fin et qu'il soit rappelé an sein de la Convention.
(17 venlôse an II).
Original signe, A. N., V 4709.
lin. — Pétition de Forest, député de niiône-el-Loire, aux Comités de gouvernement, exposant que, dit 0 août 1793 an 24 brumaire an II, pat- suite d'une gt-ave attaque de goutte, le Comité de sftrelé généiale l'a auloiisé à rester rlie/. lui sous la gai'de de deux gendarmes, h. seS frais, et qu'il a debour.sc dOO livres pont- le payement de ces geiidarhies, à raison de 3 livles phr jour, et qu'il a même nourl'i CCS 2 gehdarlnes, quoiqu'il n'y fût pas
RÉCLAMATIONS ET JUSTIt^tCATION DES DËPUTÉS iNCAnCKRhîS
obligé, déclarant que dans l'intervalle du 24 brumaire an II, jour où il fut jeté pour la seconde fois dans la prison du Luxenibours, jusqu'au 2 brumaire an TU, jour de sa sortie, il a dû conserver son loyer à raison de 80 livres par mois, et payer 880 livres pour H mois, sollicitant le remboursement de ses dépenses, avec quittances à l'appui et arrêté des Comités réunis do salut public, de sûreté générale et de lé- ,?islation, décidant le payement de i,;j40 livres au citoyen Forest poui- les dépenses ([u'il a été obligé de faire pendant les m jours de sa détention.
12 fructidor an III.
Originaux signes et copie conforme (7 pièces), A. N., F^ 4701).
QARILHE,
Député de VArdèche.
117. — Ordre du Déparlement de Police au citoyen Leclerc, préposé, d'arrêter et de conduire à la Force le citoyen Carillie, député à la Convention nationale, domicilié rue de CaUmartin, n" 3013, avec réquisition au commissaire de police de la section d'apposer les scellés sur ses papiers.
9 octobre 1793.
Original, signé <le Gagnant, Michel et Ileussée, ailministrateurs au Département de Police, A. N., F' 4715.
148. — Arrêté du Comité de sûreté générale, portant que le citoyen Garillie, député à la Convention nationale, mis en état d'arrestation par décret du 3 octobre, sera sur-le-cbamp arrêté et conduit dans la maison de détention du Luxembourg, que les scellés seront apposés sur ses papiers et, qu'après perquisition, ceux de ces papiers qui paraîtront suspects seront apportés au Comité
3 vcnlùse-(3 germinal) an II.
Original, signé de V'oulland, Elie Lacoste, Lavicomterie, Duliarran et Louis (du Ba<i- Uliin) et copie conforme (2 p.), A. iV.,F''47l5.
149. — Lettre de Privat-Garillie au Comité de sûreté générale, déclarant que, (|Uoiqu'!iyant prolité de l'indulgence ou de l'oubli dont on a usé à l'égard des dé-
putés signataires de la déclaration du 6 juin, il n'a jamais eu l'intention de Se soustraire à la loi, mais que depuis 2 mois il est atteint d'une maladie grave qui exige un régime absolument incompatible avec celui des maisons d'arrêt, aUssi que l'envoyer en prison dans l'état où il se trouve, c'est pour ainsi dire l'envoyer ù la mort, et demandant que l'on mette les scellés sur ses papiers et qu'on lui donne un garde jusqu'à ce qu'il .soit en état de se rendre à la maison d'arrêt sans danger pour sa santé.
8 germinal an II.
Original .signé, A. N., AA 50, n" 1421.
\r,0. — Procès-verlial de transport au domicile du citoyen Garillie, ruedeBeaune, n" 029, du sieur Compagnie, membre du Comité révolutionnaire de la section de la Foiitaine-de-Grenelle, auquel la dame Uoiron, maîtresse de la maison dite Maison de France, a déclaré n'avoir pas vu le citoyen Garillie depuis le 16 novembre (v. st.), qu'il venait la voir de tehips en temps, mais que, depuis 12 jout-s, elle n'avait pas entendu farler de lui, qu'elle ne sait où il est, ni quelle est sa demeure, et qu'à ce sujet elle ne peut fournir aucun renseignement.
12 germinal an II.
Copie conforme, A. N., F^ 4715.
GÉRENTE-[OLlVtER],
Député de la Drôtric et de Vavcluse.
lai. — Lettre d'Olivier-Gérente, député, à ses collègues, recortnaissaiit avoir, le 6 juin, signé une déclaration telidttnt à désapphiUver les journées dtl 31 mal et du 2 juin, â prolester même contre ces journées, niais que l'el-rcul- dans l.liiuelle il est tombé pouvait s'expliquer et même se justifier, et que dès que l'acte constitutionnel fut soUinis à la discussiOtt, il S'y rallia complètement, et, dès lors, regat-da sa signature comiilc nulle et non avenue, m même toutes les démarches en vue de l'aneanlisseiiient de celle déclaration, invoquant d'ailleurs le téliiOigtlage de Ses co-dépulés et tlfe la Société populdire de sa
commune, fondée par lui, proteslant do ses sentiments à l'égard de la Convention nationale, s'étant toujours identifié avec la majorité et n'ayant cessé de gémir sur les divisions qui agitaient la représentation nationale.
5 octobre 1793.
Original signé, A. N., F' 47745«.
Un post-scriptum, daté du 8 octobre, de la main de la femme de Gérente, fdit connaître qu'au moment où son mari se disposait à envoyer cette lettre, le décret qui le met en arrestation a été exécuté, et qu'il a été transféré à la Force.
1">2. — Procès-veibal de transport de Jean-Baptiste Legangneur, commissaire de police de la section de l'Unité, rue Jacob, maison de Danemark, au domicile du citoyen Olivier-Gérente, et levée des scellés apposés dans son appartement ayant vue sur la rue Sainl-Renoît, examen des papiers trouvés dans un secrétaire, dans une malle et une armoire, d'où sont retirées .3 lettres, datées de Carpentras, des 10, 29 mai et 20 juillet 1793, qui sont remises au citoyen Dubarran, député, lequel s'en est chargé, en présence dudit Olivier-Gérente, qui est emmené à la Force par le gendarme Guénault, avec les 3 lettres en question, l'une d'elles rendant compte de l'état du district de Carpentras, où rien ne peut faire craindre la contre-révolution, où l'aristocratie est nulle et où le seul sentiment dangereux qui y gouverne le peuple est le fanatisme religieux.
G« jour de la 1" décade du 2« mois de l'an II (G brumaire an II).
Originaux signés (4 pièces), A. N., F'' 4774-''.
153. — Note de Martinel, député de la Drôme, transmettant à son collègue Guffroy, membre du Comité de sûreté générale, au nom de la citoyenne Olivier-Gérente, trois pièces à la décharge de son mari, détenu à la Force, avec prière de les mettre sous les yeux du Comité et de son rapporteur, lesdites pièces étant des extraits des délibérations dC la Société républicaine et du Conseil général de la commune de Pernes (Vaucluse), attestant qu'Olivier-Gérente a constamment manifesté son attachement à la Révolution et servi la cause de la Liberté, qu'il n'a
écliap[)é que par miracle au glaive assassin des prêtres fanatiques et des ci-devant nobles dent il était l'enuerai prononcé, avec une copie des lettres que leur' a écrites Olivier-Gérente.
(Sans date.)
Original signé et extraits conformes (4 pièces), A. N., FM774°'-
En tète de la note, se trouve cette mention : A remettre à Amar, pour son rapport.
154. — Pétition adressée de la maison d'arrêt des Bénédictins anglais au Comité de sûreté générale par Olivier-Gérente, député à la Convention nationale, à l'effet de protester contre l'arrestation depuis trois mois et l'incarcération à la maison d'arrêt des Anglaises, rue de Lourcine, de sa femme, dont la conduite civique et les senlimenls patriotiques sont attestés par la Société populaire, le Comité de surveillance et le Conseil général de la comnume de Pernes, lieu de sa résidence, qui ne s'est jamais laissée abattre par les outrages et les menaces de l'aristocratie et du fanatisme réunis, qui a tenu à le suivre à Paris pour veiller par elle-même à ce que trois de ses fils reçussent une éducation républicaine, dépeignant l'état malheureux où il se trouve, avec plusieurs enfants en bas âge abandonnés à eux-mêmes, privés de tout secours par leur détention respective, avec sa santé totalement délabrée.
9 thermidor an II.
Original signé, en double (2 pièces), A. A'., F' 4722.
135. — Réclamation par Olivier-Gérente des objels pris à sa femme lors de son incarcération aux .\nglaises, rue de Lourcine, par les commissaires de la Commune conspiratrice, savoir : de 124 livres en assignats, de couteau, ciseaux et canif, et d'une somme de 19 livres qu'elle fut obligée de payer pour la voiture qui l'amena à la maison d'arrêt, avec arrêté du Comité de sûreté générale, ordonnant la restitution des objets et des assignats saisis sur la personne de la citoyenne Olivier-Gérente, lors de son arrestation.
iii nivose an
Original signé et copie conforme (2 pièces'!, A. N., F'' 4715.
RÉCLAMATIONS ET JUSTIFICATION DES DÉPUTÉS INCARCÉRÉS
l!j6. — Arrêti' du Comité tic sùrelé généiale, décidant de proposer à la Convention nationale le représentant du peuple Olivier-Gérente, pour aller en mission dans les départements du Gard et de l'Hérault.
23 germinal an III.
Original, signé do Auguis, Delécloy, Guffroy, Uovère, Clauzel, Alex. Ysabeau,Sevestre, Courlois et Calés, et copie conforme (2 pièces), A. N., FT 4774^9.