AFFAIKKS LE COCO KT LE BLANC
9H. — Dénonciation par Francois-Rarnabé Tisset, employé au Comité de surveillance du Département de Paris, à l'accusateur public du Tribunal révolutionnaire, des propos anliciviques et antipatriotiques tenus par le citoyen Lecocq, domestique de l'ex ministre Roland, qui avait dit au sieur Jean-Rapliste I.amare, fourbisseur, rue Saint-Jacques, et à son frère, « que c'était un grand bonheur que Marat fût assassiné, que c'était un grand gueux de moins »,et tenu plusieurs autres propos semblables sur les Montagnards.
20 brumaire an II.
Original signé, A. N., W 381, n" 878.
912. — Interrogatoire subi devant Charles Harny, l'un des juges du Tribunal révolutionnaire, par Louis Le Cocq, âgé de 30 ans, potier déterre, entré au service de Roland, ex ministre, depuis aoi1H792, au sujet des propos par lui tenus, notamment sur ce que lui, qui se proclame bon républicain, s'était permis de dire, lors de l'assassinat de Marat, que c'était un scélérat de moins, avec d'autres mauvais propos contre d'autres députés, lequel a répondu qu'il est très faux qu'il ait jamais tenu ce propos contre Marat, attendu qu'il a été toute sa vie son plus zélé partisan, et n'a tenu aucun propos contre aucun député de la Montagne.
7 frimaire an II.
Original signé, A. A'., W 381, n° 878.
913. — Interrogatoire subi devantCharles Harny, l'un des juges du Tribunal révolutionnaire, par Pierre Leblanc, âgé de 37 ans, compagnon menuisier, accusé de propos contre-révolutionnaires, notamment, d'avoir dit : « Il faut un Roy, sans cela, cela n'ira jamais bien, les Jacobins ne tendent qu'à faire le mal et Marat est un homme très sanguinaire », propos (lu'il a formellement niés.
4 nivôse an II.
914. — Actes d'accusation d'Anloine- Quentin Fouquier-Tinville, accusateur public du Tribunal révolutionnaire, coiilre : 1° Louis Le Cocq, ci-devant domestique de
MEURTRE ET OBSÈQUES DE MARAT
Roland, ex ministre, lequel, fidèle imitn- Iftur dos exemples qu'il p<arait avoir reçu dans la maison du traître Roland, n'a cessé do tenir à tous les citoyens de son quartier des propos contre-révolutionnaires et de désigner comme scélérats tous les députés de la Montagne, en particulier ceux qui se sont sacrifiés pour la Révolution et ont perdu la vie par le fer des assassins, que Marat etRobespierre étaient de ce nombre, et qu'on était heureux d'être délivré du premier, que c'était un coquin de moins; 2° Pierre Le Blanc, âgé de 37 ans, compagnon menuisier, qui s'est aussi permis des déclamations infimes contre les meilleurs patriotes, en disant notamment que Marat, martyr de la Liberté, était un liomme trop sanguinaire, que c'étaient les Jacobins qui faisaient le mat, et que s'il ij avait un Roi, tout cela n'arriverait pas, avec jugement du Tribunal révolutionnaire, condamnant Le Cocq à la peine de mort et acquittant Le Blanc.
C, 19 prairial an II.
Originaux signés (2 pièces), A. N., W 381, n" 878.