CHAPITRE I
1271. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que le pain s'est encore distribué avec infiniment de facilité dans la Chaussée-d'Antin, et qu'il ne semble pas qu'il se soit élevé aucunes plaintes ou murmures à cet égard dans les autres quartiers de Paris.
La cherté des denrées accessoires et de première nécessité lasse furieusement le peuple, qui se laisse quelquefois aller à d'indiscrètes menaces contre les accapareurs, mais, naturellement bon, il finit par abjurer son juste ressentiment et par se retirer sans bruit.
Le Palais de l'Egalité est pour ainsi dire purgé de cette horde de vampires qui cherche à tuer l'esprit public; la chasse qu'on leur fait sans cesse les éloigne pour jamais de ce lieu.
Les heureux événements de Dunkerque ont remonté l'esprit public, et, sur la fin du jour, les différents groupes ne s'entretenaient que de nos succès. Le même esprit régnait dans beaucoup de lieux publics.
11 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 36883.
1272. — Rapport de l'observateur Béraud, déclarant avoir entendu dire à plusieurs officiers de la section armée du Temple que, toutes les nuits, il passait sur le boulevard des voitures de charbon, et que Ménilmonlant et Belleville devaient en avoir des magasins considérables.
Les marchands d'estampes, surtout ceux du boulevard, étalent des gravures représentant Marat avec son assassin et Le Peletier tombant sous le fer de Paris; les muscadins et les petites maîtresses les achètent pour se repaître les yeux des traits de Paris et de Corday, car, disentils, jamais femme ne fut si audacieuse, si intéressante, véritable héroïne, et Le Peletier est le Français le plus généreux.
Comme on lisait à la section du Temple un ouvrage ofi il était question de supprimer les fêtes et dimanches et de ne jamais croire aux serments des prêtres, les citoyennes, qui y étaient en grand nombre, ont hué l'orateur, il est facile de voir que la prêtraille joue en dessous sa marotte et corrompt la crédulité.
Les Comités de surveillance ne cessent de faire des captures aristocratiques; les assignats, à tête, se vendent sur les boulevards à 10 et 15 0/0 de bénéfice; il circule des assignats faux de 10 livres.
Les jeunes gens en réquisition disent que leur armée ne se lèvera pas aussi lestement qu'on le pense, que tant qu'on restera à Paris, tout ira bien, mais qu'au dehors, ce sera autre chose.
Toutes les denrées augmentent journellement, le vin, qui valait 12 sols la bouteille, en vaut 20 actuellement. Les ouvriers se plaignent de ce que très peu d'architectes ont l'entreprise des travaux de la République et qu'ils ne font travailler que leurs favoris, ils veulent présenter une pétition, pour qu'on emploie tous ceux des sections et que le nombre des architectes soit augmenté.
lî septembre 1793.
Original signé, A.N.,V 36883.
1273. — Lettre de l'observateur La Tour- La-Montagne au ministre de l'intérieur, appelant de nouveau son attention sur les maisons de jeu, qui se multiplient d'une manière effrayante, qui sont l'une des premières causes de la misère du peuple, comme aussi l'origine funeste de cet esprit d'apathie et d'insouciance pour les affaires publiques ; si les assemblées des sections sont désertées, c'est principalement aux jeux de hasard qu'il faut l'attribuer. Tout semble concourir à attiédir l'esprit public et à faire rétrograder la Révolution. Paris est inondé d'une foule de journaux inciviques, les uns portant le découragement dans les esprits, les autres cherchant à semer la division parmi les citoyens et à diminuer la confiance et le respect dus aux autorités constituées; parmi ces derniers, on dislingue celui du citoyen Leclerc, de Lyon, qui ne cesse, malgré l'improbation générale, de demander le renouvellement très prochain de la Convention nationale, et a formé le projet d'avilir toutes les autorités constituées. Un autre journal, fort dangereux par l'adresse et la perfidie avec laquelle il est rédigé, c'est YObftei~catcur, aussi est-il extrêmement recherché des aristocrates, on le distribuait, il y a
quelque temps, au Palais ci-devant Royal, chez deux libraires, Petit et Maret, connus par leur incivisme, mais la foule qui se portait cliez eux, leur ayant attiré de la part des patriotes plusieurs scènes désagréables, ils se sont vus forcés, quoiqu'à regret, d'abandonner cette branche lucrative de leur commerce anti-patriotique.
L'espèce de rage avec laquelle les malveillants courent après cette feuille prouve suffisamment dans quels principes elle est rédigée, elle tend ouvertement à la dissolution du corps politique.
La Tour-La-Montagne appelle ensuite la sollicitude du ministre sur les spectacles; il y aurait à supprimer au moins les trois quarts des théâtres de Paris ; à l'exception de deux ou trois, ils sont tous infectés par l'aristocratie et bien plus propres à pervertir qu'à former l'esprit public. L« Théâtre de la République n'est pas lui-même entièrement à l'abri de la contagion, comme il a pu s'en convaincre en assistant à la représentation de Mutius Scscvola et de Crispin médecin; la première de ces pièces, en raison du rôle de Porsenna, humain, généreux, qui par ses vertus force les Romains eux-mêmes à l'estime et à l'admiration, constitue un spectacle dangereux. La petite pièce, fort ancienne, est absolument défigurée par les comédiens, qui tournent en ridicule les expressions les plus chères à la Liberté et à l'Egalité, on s'y joue à chaque instant du nom sacré de citoyen. D'ailleurs la plu part des théâtres oflrent chaque jour des exemples d'un scandale aussi révoltant pour de véritables républicains.
Des pièces républicaines, au sentiment de La Tour-La-Montagne, devraient seules former le répertoire de nos théâtres: «Que les marquis cèdent la place aux patriotes, brûlons, s'il le faut, les chefs d'œuvre des Molière, des Regnard, les arts y perdront quelque chose, mais à coup sûr les mœurs y gagneront; cette disette, d'ailleurs, ne saurait être longue, le génie de la Liberté inspirera les Muses françaises, et les poètes républicains nous feront bientôt oublier les poètes courtisans. »
11 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 36883.
1274. — Rapport de l'observateur Roubaud, déclarant que le pain est abondant et qu'il n'y a presque de rassemblements que chez les boulangers qui en fournissent du plus blanc, probablement formés par des accapareurs pour le revendre. Le sieur Huard, commandant du bataillon de Saint-Roch, pérorant dans l'un des cafés des Tuileries, s'élevait contre le citoyen Rolland, ancien secrétaire de Gribeauval, directeur de l'Arsenal, au sujet de son artillerie.
On se plaignait très hautement dans les groupes de la conduite de Kellermann, au siège de Lyon, en raison de ce qu'il parlementait si souvent avec les rebelles, et qu'il était un traître. On se plaignait de même, aux Tuileries, de la perte de 0,000 hommes en Vendée, que l'on attribuait à la trahison du général Tuncq, favorisée par les représentants du peuple Goupilleau et Bourdon de l'Oise.
Roubaud signale un rassemblement d'aristocrates dans un club au - dessus du café de Foy, Palais-Egalité, et fait remarquer que des commissionnaires accaparent le pain pour le revendre avec bénéfice à ceux qui ne veulent pas courir le risque d'attendre à la porte des boulangers, que néanmoins on trouve encore du pain dans l'après-midi.
11 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688',
1275. — Rapport de l'observateur Rousseville, signalant le's faits suivants :
1° Le pain a été abondant comme les jours précédents.
2» Les habitués du Palais-Egalité étaient moins nombreux, sans doute à cause de la petite expédition de la veille et du numéro d'Hébert les concernant, mais on y vendait néanmoins de l'argent.
3° A 4 heures, il n'y avait presque au* cua rassemblement, ni sur les ponts, ni sur la place du Palais, ci-devant Marchand, et les petits groupes s'y trouvant ne s'occupaient que d'entendre des écrits patriotiques.
4" Sur la place de la Maison-Commune, un particulier de la 1" réquisition, parlant contre la loi qui lève les jeunes gens de
18 à 25 ans, fut d'abord assez écoulé, puis regardé comme un lâche et obligé de se retirer au plus vile.
S° D'après les renseignemenls recueillis dans le Faubourg Saint-Antoine, les braves Sans-culottes de ce quartier sont tranquilles et bien décidés à écraser les aristocrates; 6° Les ci-devanl nobles craignent d'être mis dans des maisons d'arrêt, non seulement à Paris, mais encore h dix lieues à la ronde.
7° La veille au soir, il se forma sous les arbres des Tuileries un groupe assez nombreux, qui chantait la Marseillaise de fort bon cœur, malgré les mauvaises nouvelles de la Vendée, débitées dans la journée.
8° Cette nuit, les mesures de sûreté générale ont continué à être mises en vigueur, et, ce malin, le pain ne manquait réellement pas , quoiqu'on voie encore quelques personnes aux portes des boulangers, qui vendent de la meilleure marchandise que les autres.
9° L'opinion publique demande l'armée révolutionnaire, Rousseville ajoute à ce sujet, que, de concert avec Desgrouas, député de l'Orne, il s'occupe de lui préparer des renforts à Mortagne, son lieu de naissance.
11 septembre 1793.
Original signé, A. N., F'' 3688'.
1276. — Rapport de l'observateur Soulet, signalant la présence à Paris, rue Croix-des- Petits-Champs, hôtel du Perron, du nommé Noël, chirurgien -major de l'armée des Alpes, destitué par les représentants du peuple, feuillant, qui a brissotiné les habitants de Chambéry el une partie de l'armée des Alpes, et qui, malgré sa destitution pour incivisme, a obtenu des certificats de civisme et demande àêtre employé ailleurs; son successeur Paye ne vaut guère mieux.
Soulet dénonce des tripots, l'un, au coin de la rue Favart, sur le boulevard, n° 339, un autre dans la Maison de l'Egalité, au premier, près les galeries de l)ois ; où il se rassemble un las d'aristocrates.
Le bruit court qu'on a mis en liberté la femme Roland, qui se trouverait maintenant
en Suisse.
11 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688'.
1277. — Observations du citoyen Rolin faisant connaître que les groupes des Tuileries, des Champs-Elysées et du jardin du Palais-Egalilé étaient assez bien composés, qu'il se vend sur la place en face du Palais de justice (ci-devant Palais Marchand), un livre intitulé : La monarchie vengée, contre les attentais de nos républicains modernes, imprimé en 1791 chez Cuchet, libraireimprimeur, rue Serpente, c'est une réfutation de celui intitulé: Les crimes desRoLs.
11 se vend aussi, sous le passage conduisant de la rue Saint-Honoré (en face de la rue Fromenleau) au Palais de l'Egalité, un journal intitulé : l'Observateur de l'Europe, très aristocratique, et qui est enlevé, quoiqu'il ne se vende jamais avant 9 heures du soir.
Du 12 septembre, 1 h. 1/2, l'observateur Rolin annonce qu'il a fait arrêter sur la section Révolutionnaire, ci-devant du Pont- Neuf, une voiture de charbon, et la femme qui la conduisait, laquelle voulait vendre un sac de charbon contenant tout au plus
12 boisseaux au lieu des 16 habituels, 10 livres et même 12 livres.
1 1 septembre 1793.
Original non signi'', A. N., F^ 3688'.
1278. — Arrêté du Comité de sûreté générale, décidant qu'il sera écrit aux administrateurs du département de Seine-el- Oise pour les inviter à se concerter avec le citoyen Franchet, membre du Comité de salut public du Département de Paris, qui a des éclaircissements importants à donner sur un dépôt de blé.
11 septembre 1793.
Extrait du regislre des arrêtés généraux du Comité de sûrelé générale, A. N., AF'il 286.
1279. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur les observations qui lui ont été présentées par le Comité de salut public du district de Versailles, considérant qu'il importe à la sûreté publique que la ville de Sainl-Germain-en-Laye ne soit pas plus longtemps privée d'un Comité de salut public, composé de patriotes, qui se dévouent à servir la "Révolution, en éclairant la conduite des suspects, ou en les faisant arrêter pour déjouer leurs funestes pro-
jets, chargeant spécialement le Comité du district de Versailles d'envoyer à Saint- Germain-en-Laye deux de ses membres pour y organiser et y mettre en activité un Comité de salut public, composé de patriotes purs et ardents, afin de multiplier les moyens de surveillance, qui peuvent assurer la tranquillité publique et mettre la liberté à couvert des atteintes que s'efforcent de lui porter les malveillants et les aristocrates.
1 1 septembre 1793.
Extrait du registre des arrêtés jçénéraux du Comité de sûreté générale, A. JV., AF'll 286.
1280. — Arrêté du Comité de siîrelé générale, transmettant au Comité de salut public de Versailles deux dénonciations très graves, à l'effet deprévenir les crimes qu'une troupe de scélérats doit commettre, requérant ce Comité de prendre sans délai les mesures les plus actives et les plus sftres pour déjouer celte horrible trame, en saisir, s'il est possible, les auteurs, et en aviser le Comité de sûreté générale.
1 1 seplembre 1793.
Extrait du rej^i>tre de^ arrêtes généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*ii 286.
public du Département de Paris : 1° donnant pouvoir au citoyen Lécrivain de demander au Comité des procès-verbaux de la Convention nationale l'expédition du décret relatif à l'arrestation des fonctionnaires publics, et au citoyen Franchet de se rendre au Comité de sûreté générale de la Convention pour lui demander l'autorisiition, soUiciléo par le Comité, d'aller dans les municipalités ne faisant pas partie du Déparlement de Paris, jusqu'à quatre lieues, pour y faire les visites et recherches nécessaires; 2° après examen des pièces relatives à l'affaire du citoyen Berton de Passy, dé^noncé comme très suspect, arrêtant l'envoi de ces pièces au ministre de la guerre, en lui observant qu'il serait dangereux de laisser à un individu très suspect la place de capitaine, poste de confiance dont il pourrait abuser contre les intérêts de la République, et que le ministre sera prié de faire rejoindre, de brigade en brigade, ledit Berton, qui a
T. IX
d'abord été engagé dans les dragons de la République, et le laissant à l'Abbaye jusqu'à la décision du ministre ; 3° chargeant les citoyens Chéry et Moi.ssard de réclamer au Directoire du Déparlement le résultai du rapport au sujet du compte du trésorier du Comité, et de demander également la somme de 15,000 livres pour les dépenses urgentes du Comité; 4° ordonnant la mise en liberté du ciloyen Ji)sset, détenu par son ordre à Sainte-Pélagie ; 5° décidant que l'on préviendra l'Assemblée générale de la section Poissonnière de l'évasion du ciloyen Lepecheux, confié à la garde et à la surveillance de son Comité, après la levée des scellés apposés chez lui, et qu'elle sera invitée à se faire rendre compte des mesures prises par ses commissaires pour s'assurer de la personne d'un homme coupable, qu'ils étaient spécialement chargés de représenter au Comité de salut public du Département; 6° recevant le dépôt d'un extrait du procès verbal de la Convention, du 9 septembre, qui porte qu'aucunes autorités chargées de veiller à la sûreté publique dans la commune de Paris ne pourront mettre en état d'arrestation aucun fonctionnaire public qu'après en avoir prévenu le Comité de sûrelé générale, qui prendra les mesures nécessaires pour que le service public ne soit point interrompu; 7" annonçant que le citoyen Franchet a rapporté du Comité de sûreté générale un pouvoir qui permet au Comité d'envoyer l'un de ses membres au département de Seine-el-Oise, à Versailles, pour se concerter avec lui relativement à un dépôt de blé à Ecouen ; 8° recevant les explications du sieur Pottin, commissaire de police de la section du Contrat-Social, et de quatre membres du Comité civil et de surveillance, au sujet des arrestations arbitraires imputées au citoyen Chéry, sans délibération préalable, dans la nuit du 6 au 7 août, et constatant qu'il a été véritablement pris une délibération verbale par le commissaire et des membres de ces Comités.
11 septembre 1793.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81* (ano' BB" 20), fol. 292-296.
force armée de Paris, aux termes duquel le Commandant général, en exécution d'un arrêté du Conseil général de la Commune du H septembre, ordonnant que la force armée continuera à faire des patrouilles pour dissiper et empêcher les rassemblements autour des boulangers, invite la force armée des sections à faire de fréquentes patrouilles, le jour et la nuit, à dissiper tous les rassemblements, et les chefs et adjudants généraux des légions à veiller à l'exécution de cet arrêté.
Le service s'est encore fait avec beaucoup d'exactitude et se continuera comme à l'ordinaire.
• 12 septembre 179,"?.
Copie conforme, signée de Clément, secrétaire de l'Etat-major général, A. N., BB^TC.
1283. — Rapport de l'observateur Rousseville, relatant les faits suivants :
1° Hier mardi, le pain a été abondant, comme il l'est depuis quelques jours, ce qui continue à produire un bon effet dans le peuple.
2° Les nouvelles sinistres d'une perte de 6,000 hommes dans la Vendée, qui s'étaient répandues la veille dans le public, n'y onl pas reparu ce jour.
3° Une visite de la manufacture et des ateliers Perier, à Chaillot, a permis à Rousseville de constater une grande activité, 3 canons venaient d'être fondus, d'autres étaient au forage; les ouvriers et leurs inspecteurs lui ont dit qu'ils en fournissaient plus de 20 par semaine, et sous peu en fourniraient bien davantage, ne manquant plus, comme au début, de châssis et de moules.
4° Au Palais Egalité, Rousseville n'a vu aucun groupe bien prononcé ; ceux des Tuileries écoutaient des motions patriotiques; sur les quais et les ports, il n'y avait que des ouvriers prenant leurs repas et quelques passants oisifs; point de placards ou affiches de quelque importance pour l'esprit public. A la place de la Maison Commune, un fabricateur de faux assignats s'est jeté au bas de l'échafaud, s'est blessé, a été repris presque mort et guillotiné de suite.
5" Rousseville mentionne la présence à Paris du substitut du procureur de la commune de Brest; trois autres membres des corps constitués de cette ville, qui devaient venir, ont dû rebrousser chemin ou ne sont pas sortis de chez eux.
6° Le même observateur dénonce comme un mauvais sujet un certain Lecomte, demeurant hôtel de France, rue Saint- Thomas-du-Louvre, qu'il avait présenté au ministre comme devant fournir des renseignements ; la section de la Croix- Rouge lui a saisi 15,000 livres de café.
12 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688'.
1284. — Second rapport de l'observateur Rousseville, signalant les faits suivants :
1° Un citoyen, de garde dans les Tuileries, s'étant avisé de dire qu'un homme de 26 à 30 ans pouvait aussi bien servir qu'un de 18 ans, et qu'il ne comprenait pas pourquoi la loi requérait les uns et laissait les autres dans les maisons, fut bâtonné d'importance par un individu pris de boisson.
2° Au Palais Egalité, entre midi et 1 heure, Il s'est formé une espèce de bourse ou de marché d'agioteurs et de vendeurs d'argent qui se parlaientà l'oreille; l'observateur, étant entré dans le café le plus voisin, où il y en avait un noyau de 80, chercha en vain à comprendre ce qu'ils disaient; ils s'éclipsèrent; les coquins qui s'assemblent ainsi seraient tous de bonne prise, mais il faudrait n'employer à cet effet que des hommes sans uniformes et sans armes, qui ne donneraient pas l'éveil aux espions de ces contrerévolutionnaires.
3° Les cafés des boulevards, dans lesquels il y a de la musique, étaient remplis de peuple, mais on n'y chantait que des airs patriotiques. Les petits groupes formés, soit à la porte Saint43enis, soit à la porte Saint-Martin, parlaient des nouvelles du jour, se consolaient de la perte éprouvée dans la Vendée par l'avantage remporté du côté de Dunkerque; on s'entretenait aussi des forces des armées avec l'appoint de la première réquisition, et
L'KSPRlT PUBLIC A PARIS DE JUILLET A SEPTEMBRE ilQi
beaucoup déjeunes gens du peuple disaient qu'ils ne demandaient pas mieux que de marcher, pourvu qu'on les délivrât des traîtres.
4» Le Faubourg Saint-Antoine paraît encore un peu travaillé, mais tout en recevant l'argent des aristocrates, cela ne l'empêchera pas de marcher contre eux à l'occasion; Rousseville y était la veille en gilet rouge et « en petite républicaine » ; ceux qu'il avait connus en diverses circonstances, surtout au 31 mai, lui ont dit qu'ils seraient toujours les amis des patriotes.
5° Rousseville déclare avoir remarqué, rue des Lombards, des groupes de garçons perruquiers et épiciers, qui parlaient bas, mais avec une telle animation, qu'il était facile de voir qu'il s'agissait de la prochaine levée; selon toute apparence, il y aura des rassemblements de Jeunes gens désireux de rester à Paris, qu'il sera bon de connaître, afin d'y mettre ordre.
6° D'après les déclarations d'un patriote, il y aurait, dans des maisons particulières du Faubourg Saint-Germain, plusieurs chapelles, fort richement ornées, notamment dans la rue Princesse et dans les maisons environnant le Luxembourg; ces chapelles n'étaient plus fréquentées depuis quinze jours, mais n'en existaient pas moins.
Rousseville, qui avait cherché à découvrir la chapelle de la rue Princesse, ne trouva que trois maîtresses couturières, fort dévotes, ayant des enfants chez elles, soit en pension, soit en apprentissage.
12, 13 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 36883.
1285. — Rapport de l'observateur Béraud, faisant Connaître : 1° que la veille, au Palais-Royal, des femmes, montrant une élégante, qui passait avec 2 bracelets en or à chaque bras, disaient qu'elle avait bien le moyen de se parer, quand il n'y avait qu'à fabriquer des assignats; il l'a vue entrer dans un café et a entendu dire qu'elle s'appelle Fanchette; 2° plusieurs jeunes gens des départements^ et en réquisition, arrivent à. Paris avec des passeports pour aller plus loin, quantité de ceux de Paris disparaissent avec des passeports; comme dans les sections on
ne délivre de certiticats qu'aux citoyens hors de réquisition, ou à ceux employés aux armées, il y a tout lieu de croire que ces passeports sont faux; 3» Béraud étant entré dans plusieurs cabarets du Faubourg Saint-Antoine, y a vu des maçons, des charpentiers étaler des portefeuilles bien garnis, et déclarer que, tant qu'ils auraient de quoi boire, ils ne quitteraient pas Paris, qu'ils ne se gênaient pas pour dépenser un assignat de 10 livres, qui était aussitôt remplacé, qu'ils connaissaient des marchands de la rue Saint-Denis, de bien braves gens, à leur dire, qui ne regardaient pas à un assignat de 100 livres pour faire boire le pauvre; i» à l'Assemblée générale de la section du Temple, il ne s'est présenté hier que .'iO et quelques citoyens pour participer à l'indemnité que la loi accorde à ceux qui viendront aux séances, les dimanches et jeudis.
12 septembre 1793.
Original signé, A. N., F'' 3688'.
1286. — Rapport de l'observateur Le Harivel, déclarant que : 1° le pain, quoique assez commun, est toujours un prétexte de troubles pour les malveillants, les portes de certains boulangers sont encore assiégées par un grand nombre de femmes qui, par leurs discours insidieux, fomentent de nouveaux troubles; 2" dans les rassemblements ou groupes sur les places publiques ou dans les cafés, il n'est question que du prix excessif de toutes les denrées, des accaparements de sucres et de cafés, de la vente forcée de ces objets, et des succès du général Houchard sur les Anglais; 3» le décret de la Convention relatif à la tenue des séances des sections a excité des réclamations à la section des Piques ; les Jacobins ont été accusés d'avoir provoqué ce décret et d'exercer la toute puissance dans Paris, mais l'auteur de cette absurde dénonciation a été hué et obligé de quitter la tribune sous l'improbation générale, on allait le cha.sser, s'il ne s'était à l'instant même fait reconnaître à la section, il se nomme Bertholef, attaché à la fabrication des assignats.
12 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688'.
1287. — Rapport de l'observateur Roubaud, donnant les renseignements suivants : 1° Le pain est abondant, malgré cela, l'attroupement est le même chez les boulangers, qui font le pain d'une qualité plus blanche ; le matin même, plusieurs femmes ont été fustigées chez un boulanger, près des Messageries, rue Montmartre; 2° un certain Ricliard, maison du passage Beaufort, près de la rue Quincampoix, fait un commerce de contrats d'assignats et d'argent avec les aristocrates, qui se réunissent au café Lamiral, rue des Petits-Champs, n" 31, et y tiennent des conversations inciviques, interrompues dès qu'entre un étranger ; 3° si le général Kellermann est destitué du commandement de l'armée des Alpes, les aristocrates, Brissolins et modérés, vont taire leur morgue, et son remplacement par Doppet, colonel des Allobroges, amènerait un grand changement en faveur de la République, parce que celui-ci, quoique ci-devant médecin, n'en est pas moins un chaud républicain ; 4» le désarmement des Parisiens, à l'effet d'armer la jeunesse en réquisition pour l'armée révolutionnaire, est à redouter, en raison du patriotisme très douteux chez tous les marchands et clercs de procureurs.
12 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688'.
1288. — Rapport de l'observateur Soulet : 1° dénonçant le nommé Dabelua, secrétaire de l'ambassadeur d'Espagne, demeurant hôtel de Beauvais, rue des Vieux- Augustins , comme couchant toutes les nuits chez une femme, hôtel de Varsovie, rue des Bons-Enfants, dans un petit entresol, de même un autre particulier, domicilié rue Neuve-de-l'Egalité, au coin de la rue Poissonnière, qui s'est engagé dans les dragons de la République, mais n'est jamais parti, quoique ayant reçu tout le fourniment, l'un des payeurs de l'armée des Alpes, Lacroix ou Sainte-Croix, aristocrate fieffé, dénoncé au général Carteaux; 2» constatant que des femmes se sont battues devantla ported'un boulanger, rue Saint-Jacques; 3° signalant laprésence, à Paris, du nommé Saint Charles, agent
secret et âme damnée de l'ex-ministre Lebrun, qui vient d'être destitué de sa place d'adjudant général de l'armée des Alpes par les représentants et sollicite un emploi dans la diplomatie ; 4° faisant connaître, au n" 148 de la Maison de l'Egalité, l'existence d'un club de contre-révolutionnaires, que fréquentaientDumouriez,Miaczynski, Saint-Georges, et qui est toujours le rendez-vous d'une foule d'aristocrates ; il s'y trouvait une correspondance secrète avec d'autres papiers apportés du château des Tuileries, qui fut enlevée et portée ailleurs. L'un des chefs de ce repaire est un nommé Petit, fournisseur des vivres pour les armées, demeurant rue Saiiit-Honoré.
De temps en temps, ces conspirateurs se réunissent, bien avant dans la nuit, tantôt à la campagne, tantôt dans l'un des faubourg de Paris, et tous les matins. Maison Egalité. Les hardes de Miaczynski étaient dans cet appaftement peu de jours avant son exécution, il est à présumer que c'est là que se distribuaient l'or de Pitt et les rôles qu'on fait jouer aux personnages soudoyés. Les gens de la police, n'étant pas tous très sûrs, ne peuvent être chargés indistinctement de la poursuite de cette affaire.
12 septembre 1793.
Original signé, A. JV., F' 36883.
1289. — Observations du citoyen Rolin, déclarant : 1° que, d'après l'assertion du citoyen Vidal, docteur en médecine, rue desFossés-Saint-Germain-des-Prés, le Conseil de santé de la rue Grange- Batelière aurait vendu pour IbO.OOO livres la place d'apothicaire en chef de l'armée du Nord ; que, la nuit dernière, fut arrêté, près de la Convention nationale, un jeune homme déguisé en femme, qui fut relâché par un officier du poste (que l'on croit être de la section du Panthéon-Français) sous prétexte qu'il avait voulu faire une farce ; 2° dénonçant trois prêtres insermentés, à Thiais, qui, tous les dimanches, viennent dire leurs messes dans des pensions de Picpus, tenues par Lottin et Vatrin, et entretiennent une correspondance avec les citoyennes Lebeau , anciennes institutrices, qui continuent à enseigner et
à avoir des pensionnaires, quoique ayant refusé le serment en 1790; ces prêtres sont connus pour excellents aristocrates et par leur langage incivique.
12 septembre 1793.
Original non signé, A. N., F' 3688'.
1290. — Arrêté du Comité de sûreté générale, sur la dénonciation faite par le Comité de la section Poissonnière, chargeant le Commandant général de la garde nationale de Paris de surveiller, de dissiper ou de faire enlever les hommes qui forment un rassemblement à Verrières, au-dessus de Sceaux, de faire saisir tous les papiers de ces suspects à leurs domiciles et d'en rendre compte au Comité.
12 septembre 1793.
Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*n 286.
1291. —Arrêté du Comité de sûreté générale, autorisant spécialement le Comité de salut public du district de Versailles à faire mettre en état d'arrestation les citoyens suspects de la ville de Saint-Germain-en-Laye, à leurs domiciles, et à faire transporter au lieu de leurs séances les papiers suspects qu'ils pourront trouver chez les personnes arrêtées.
12 septembre 1793.
Extrait du registre des arrêtés généraux du Comité de sûreté générale, A. N., AF*il 286.
1292. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1» à la suite de la venue des femmes de la section des Invalides pour obtenir la distribution d'ouvrage dans leur section, chargeant le citoyen Guignes de se rendre chez le ministre de la guerre pour lui demander quelles sont les mesures qu'il a prises afin de faire distribuer l'ouvrage dans chaque section ; 2" autorisant par écrit les administrateurs des Postes, en raison de la suspension de la Commission des Postes, à donner un libre cours à tous les journaux et lettres; 3° convoquant le sieur Perler, de Chaillot, afin de savoir s'il est question d'interrompre le cours et la circulation de ses eaux; 4° constatant la remise entre les mains du sieur Harny,
trésorier du Comité, par les citoyens Chéry et Moissard, de la somme de lu,000 livres, par eux reçue du sieur Baron, payeur des dépenses du Déparlement, pour être ladite somme employée aux dépenses du Comité de salut public du Déparlement; S» décidant que les sections seront invitées à faire visiter par le chirurgien-major de chaque section les militaires prétendus blessés, à l'efTet de constater si la blessure est grave et dispense le blessé de rejoindre; 6" décidant que le ministre de la guerre sera invité à nommer deux ou trois chirurgiens expérimentés et fidèles, qui visiteront, deux ou trois fois par semaine, les hôpitaux militaires, tant de Saint-Denis que de Paris, pour constater l'état des militaires malades et afin de couper court aux abus; 7° arrêtant qu'il sera écrit à la commune d'Asnières, dénoncée comme conservant encore des marques de féodalité, de les faire disparaître sur-le-champ ; à celle de La Villette de supprimer sur-le-champ les marques de royauté qui subsistent encore sur la croix qui se porte aux enterrements et sur d'autres ornements d'église ; à celle de Clamart, composée de fermiers, tous de la même famille, pour lui rappeler le décret qui exige que la municipalité ne soit pas composée de citoyens tous parents ; 8° décidant qu'il sera envoyé aux Comités de surveillance des sections une circulaire pour les inviter à exercer leur surveillance sur les attroupements de femmes aux portes des boulangers et à envoyer les plus entêtées à la maison de Sainte-Pélagie ; 9° arrêtant qu'il sera écrit au ministre de la justice pour l'aviser des plaintes que font les communes de ce que les lois ne leur parviennent pas, et que la plupart n'ont pas encore reçu la loi sur les accaparements, et aucune celle sur le maximum; 10» décidant qu'il sera écrit au ministre de l'intérieur pour lui transmettre les plaintes de plusieurs communes des environs de Paris au sujet de la non application, aux Halles de Paris, de la loi sur le maocimum, et pour l'inviter à remédier à cet abus, et qu'il en sera encore écrit au môme ministre pour lui rappeler la loi qui l'oblige à approvisionner Paris et leDépar-
tement comme place de guerre; H° décidant de présenter une pétition au nom des Comités de salut public des communes et des sections pour solliciter un décret qui rapporte celui des cautionnements, de sorte que ceux qui ne pourront pas sous-louer des terres seront cautionnés par la Nation, les communes et cantons, et que les patriotes auront leur tête pour caution ; 12° constatant que le citoyen Remy, demeurant rue de La Rochefoucault, n»19, mandé au Comité, y est venu et a promis de donner tous les renseignements possibles et précis au sujet du général Tuncq, qui prouveront sa vie scélérate et criminelle; 13° annonçant qu'il a été écrit au citoyen Beffrby, connu sous le nom du Cousin Jacques, que l'indisposition d'un des membres du Comité chargé d'examiner sa brochure intitulée : ConstitiUion dans la Lune, arrêtée par la Commission des postes, est cause qu'aucune décision n'a encore été prise, mais qu'un exemplaire sera remis à un autre commissaire, chargé d'en rendre compte lundi; 14° déclarant que la citoyenne Bâche, femme " d'un capitaine de compagnie franche, demeurant rue Etienne, sera invitée à fournir des renseignements sur le fils du gé-, néral Lagenetière, soupçonné d'avoir passé aux Espagnols, et qui serait à Paris; 15° décidant qu'à l'avenir le président et le secrétaire seuls signeront les lettres et extraits conformes.
12 septembre 1793, matin et soir.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Déparlement de Paris, A.N., I5B^ 81* (anc« 013'* 20), fol. 296-301.
1293. — Extrait de l'ordre du Jour de la force armée de Paris, d'après lequel il n'y aura pas d'exercice général des canonniers, dimanche prochain, et le Commandant général renouvelle aux capitaines des canonniers qu'ils sont responsables des effets des canonniers qui quittent le corps; il se déclaré très satisfait du service, qui est fait avec beaucoup d'exactitude, et en demande la continuation avec les mêmes réserves et la môme surveillance aux barrières.
Suivant les i-apports de la force armée,
l'officier commandant le poste du quai de l'Ecole observe qu'il manque d'alcali volatil et de tabac dans la boîte des secours pour ceux qui se noient.
13 septembre 1793.
Extraits conformes, signés de Clément, secrétaire de l'Etat-major général (2 pièces), A. N., AF'V 1470, DB^ 76.
raud, annonçant: 1° que dans deux guinguettes qu'on appelle les Deux-Moulins, au-dessus des marais du Faubourg du Temple, des individus, en habits de volontaires, viennent avec des filles y faire des repas de 100 et 150 livres et qu'on soupçonne les aubergistes de fabriquer avec eux des assignats; 2° que beaucoup de Flamands, et surtout de Flamandes, sont à Paris pour acheter l'or et l'argent, et que les Liégeois qui ont accepté la Constitution sont suspectés d'être des émissaires de la Prusse pour accaparer également l'or et l'argent.
13 septembre 1793.
Original signé, A. N.,F^ 36883.
1295. — Rapport de l'observateur Roubaud,déclarant que : l'ie pain est toujours abondant, mais que les femmes ne cessent d'assiéger les portes des boulangers et tiennent des propos inciviques, et que le gouvernement préviendrait peut-être les attroupements chez les boulangers, puisqu'il y a du pain toute la journée, en faisant marcher d'autorité les pompes dans les rues où il y a des attroupements; 2° sur la dénonciation d'accaparements de grains àlaportedeChaillot.l'observateurRoubaud s'y est transporté et a trouvé simplement chez un brasseur deux chambres pleines d'orge pour la fabrication de la bière ; 3° les brocanteurs du Palais Egalité, quoique pourchassés et ellrayés, vont toujours leur train; 4° les femmes publiques du Palais-hoyal ne contribuent pas peu par leur incivisme et d'autres vices à entretenir le foyer de corruption en tous genres de ce promenoir public, où l'on ne déviait jamais rencontrer que la bienfaisance nationale.
13 septembre 1793.
1296. — Rapport de l'observateur La Tour-La-Monlagne, annonçant que : 1» le calme le plus profond règne dans Paris, que les groupes ne sont plus aussi fréquents, ni aussi nombreux, que les portes des boulangers sont encore assiégées, quoique le pain ne manque pas et qu'on s'en procure aisément à toute heure du jour, et que ce léger reste d'inquiétude ne peut fitre attribué qu'aux manœuvres perfides des malintentionnés, qui ne s'accommodent point de la tranquillité du peuple; 2° Leclerc, de Lyon, suit toujours le système de diffamation qu'il a adopté contre la Convention ; cet écrivain s'est rallié aux aristocrates, dont il se vantait jadis d'être la terreur; on s'arrache son journal et il gagne beaucoup d'argent ; 3° les femmes se plaignent vivement et du défaut d'ouvrage et de la cherté excessive des denrées; les blanchisseuses, surtout, jettent les hauts cris, le savon est actuellement à un écu la livre; 4° des malveillants annonçaient qu'on avait dressé une guillotine à Bicêtre et que déjà plus de 600 personnes avaient été exécutées pendant la nuit, sans forme de procès; ce bruit absurde n'a causé aucune sensation ; S° on se plaint, depuis quelques jours, de la mauvaise qualité de la viande, et l'observateur lui-même fit arrêter, rue de la Planche-Mibray, près du pont Notre-Dame, une charrette sur laquelle on transportait, pour être débité dans une boucherie, un bœuf dont la chair présentait quelques indices de putréfaction ; 6" le service de la garde nationale se fait avec beaucoup de négligence et l'on rencontre peu de patrouilles pendant la nuit; 1° un ouvrage nouveau de Brissot est sous presse et va paraître au premier jour; c'est, dit-on, le testament politique de cet homme dangereux; le libraire Maret, au Palais-Royal, cour des Fontaines, s'est chargé de l'impression et de ladistribution de cet ouvrage, dont on attend sans doute un grand eU'et.
13 septembre 1793.
Original signé, A. N.,F'' 3688^
1297. — Rapport de l'observateur Le Harivel, donnant les renseignements suivants :
l" Le pain ne se distribue pas aussi facilement que de coutume dans la Chaussée-d'Antin, la porte des boulangers est de nouveau assiégée par des femmes, qui ne peuvent avoir que de mauvaises intentions, les boulangers étant suffisamment approvisionnés.
2' Dans la section des Piques, les Faubourgs Saint-Honoré, Saint-Germain et sur le boulevard du Temple, il ne s'est rien passé de contraire à l'ordre et à la tranquillité publique.
3° La malveillance, toujours active, cherche toujours h exercer son petit empire dans les cafés, les groupes et surtout au Palais de l'Egalité, mais le peuple, toujours en garde contre ses traits envenimés, les repousse avec horreur et mépris.
4° La cherté de toutes les denrées et les succès militaires occupentalternativement le peuple, il parle avec enthousiasme du deuxième objet et avec une sorte de respect du premier.
1298. — Observations du citoyen Rolin, qui dénonce deux habitants d'Ivry, accusés de tenir chez eux des conciliabules très anticiviques et d'avoir dit qu'il fallait écraser ou pendre tous ces gueux de Sansculottes, propos certifiés par le sieur Bellot, instituteur à Ivry, et rend compte de l'Assemblée générale de la section du Panthéon-Français, qui exclut les clubistes de la Sainte-Chapelle et de Montaigne, ainsi que les signataires des pétitions des 8,000 et des 20,000 ; on y a annoncé la prise de 8,600 Hessois avec leur trésor, et que le roi de Prusse demandait la paix à tout prix. Le Faubourg Saint-Germain, y compris le Luxembourg, a paru à l'observateur très tranquille.
13 septembre 1793.
Original signé, A. JV., F' 3688'.
1 299. — Rapport de l'observateur Soulet, annonçant qu'on recommence à s'attrouper devant la porte des boulangers, et que, non loin de là, il s'assemble des personnes des deux sexes qui ameutent, il est à présumer qu'elles sont soudoyées.
On a battu les marchands d'argent dans la Maison de l'Egalité.
13 septembre 1793.
Original signé, A. N., V 3C88'.
1300. — Délibération duComilé de salut public du Département de Paris : 1° sur la dénonciation de divers faits suspects, par quatre marchands d'urmes, à Vitrysur-Seine, notamment de la vente, par la municipalité, de l'argenterie de l'église, sans en rendre aucun compte, chargeant les citoyens Chéry et Dedouvres de se rendre à l'instant à Vilry pour y faire, dans toutes les maisons qui leur paraîtront suspectes, les perquisitions et arrestations nécessaires , en s'adjoignant 20 hommes de la force armée de Vitry, et invitant la municipalité à convoquer, le lendemain matin à 10 heures, l'Assemblée générale de la commune, à l'effet de recevoir les instructions fraternelles des membres du Comité (jui y seront envoyés ; 2° transmettant au Comité de salut public de la Convention une dénonciation du citoyen Picard, conducteur des diligences venant d'Angers, d'après laquelle les. généiaux ne font pas leur devoir, s'amusent avec des femmes et boivent du malin au soir; 3° annonçant qu'il a été écrit au ministre de l'intérieur pour l'aviser que plusieurs communes des environs de Paris se plaignent de ce que la loi sur le maximum est publiquement violée à la Halle de Paris, et pour le prier de prendre les mesures nécessaires à l'effet d'empêcher un pareil abus; 4° déclarant qu'il a été écrit aux Comités de surveillance des sections pour leur recommander de surveiller les attroupements qui peuvent encore se produire à la porte des boulangers et d'envoyer les femmes les plus obstinées à Sainte-Pélagie pour une quinzaine; qu'il a été de même écrit au maire et au procureur de la commune de Colombe pour les convoquer avec le boulanger de cette commune au Comité, qu'il a été égale ment écrit aux maire et ofliciers municipaux de Cliimart pour les convoquer à l'effet de savoir s'il est vrai que le pain s'y vend 30 sols les 4 livres; aux communes d'Asuières et de La Villetle pour faire
disparaître le plus promptement possible les marques de féodalité, notamment sur la croix des enterrements et les objets du culte, couverts de Heurs de lys ; 5» annonçant que le citoyen Perier, mandé au Comité à l'effet de savoir s'il est instruit qu'il y ait un projet d'interrompre la circulation des eaux de Paris, est venu et a dit qu'il pensait que le Département avait pris un arrêté à ce sujet, et a promis au Comité de lui faire passer un petit mémoire relativement à l'utilité et à la nécessité de conserver cet établissement, ainsi que d'autres notes sur les farines; 6° deux membres du Comité de surveillance de la commune de Sèvres étant venus demander au Comité de les instruire sur la marche à suivre relativement aux gens suspects, le Comité a satisfait à leur empressement à s'instruire pour pouvoir concourir de leur mieux à servir la République.
13 septembre 1793, malin.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Iléfiartcment de Paris, A. iV., BB3 81* (anc' OB'!* 20), fol. 301-304.
1301. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris: 1" donnant pouvoir aux citoyensHardy et Génois de se rendre, le lendemain, à Vitry pour converser fraternellement avec les habitants de cette commune, prendre connaissance des abus qui pourraient y régner et donner les avis qu'ils jugeraient utiles au bien de la République; 2° envoyant aux Madelonnettes le citoyen Teissier, négociant, rue Croix-des-PelitsChamps, n° 37, soupçonné de correspondre avec un émigré et de lui faire passer de l'argent; 3° convoquant le sieur Buisson, menuisier, rue ci-devant d'Artois, qui avait trouvé sur le Pont-Neuf une carte paraissant très mystérieuse, chargée d'un cachet portant quatre ancres, une croix et une couronne; 4* recevant la déclaration de la citoyeime Bâche au sujet du citoyen Lîigenetière fils, dont elle ignore le domicile, mais qu'elle a rencontré aux Tuileries; 5» donnant pouvoir aux citoyens Pelitpas et Bruiiet, membres du Gùniitc de la Halle au Blé, de faire perquisition en la maison du Séjour d'Hyyie, apparie-
liant au citoyen Sédillot, médecin, et d'examiner les papiers du citoyen Vielcastel, prévenu d'émigialion et d'être muni de faux certificats de résidence ; 6» portant qu'il a été écrit aux 48 sections et aux communes pour les avertir que l'on voit journellement se promener dans Paris des militaii-es qui, sous prétexte d'être estropiés, ne rejoignent pas leurs drapeaux, et pour les inviter à les faire arrêler, sans tenir compte des certificals de chirurgiens, pour la plupart mendiés ou faux, et les faire visiter par les cliirurpiens majors de leurs sections, qui attesteront la réalité de leurs blessures; 7° recevant le compte rendu de la mission confiée au sieur Franchet par le Comité de sûreté générale, à l'effet de visiter le château d'Ecouen, signalé comme renfermant un magasin assez considérable de grains, d'après lequel il n'a constaté aucun accaparement et a trouvé 12,700 livres de grains, reste de plus grande quantité.
13 septembre V7'J3, soir.
Extrait du registre des ilélibéralions (lu Comité de surveilhince du Oéparlemeni de Pans, A.N., BB» 81A (anc' I3B'* -10), fol. 301-306.
1302. — Extrait de l'ordre du jour de la force armée de Paris, par lequel est annoncé le départ de deux convois d'artillerie, l'un pour Gravelines, l'autre pour Douai.
Le Commandant général const.ile que le service s'est encore très bien fait, cette nuit, et invile ses frères d'armes à conserver la même vigilance et surveillance aux barrières pour empêcher la sortie du pain et des farines. Des patrouilles fréquentes empêcheront tout attroupement à la porte des boulangers, à la falirication des assignats, près de tous les établissements nationaux, et surveilleront les malveillants payés par les puissauces coalisées contre notre sainte Liberté.
Les réserves seront toujours de cent hommes.
14 septembre 1793.
Exlrait< conformes, signés de Clément, secrétaire de I Etat-majiir général (2 pièces), A. N., AF'v U70, BB3 7G.
1303. — Lettre de l'observateur Perrière au ministre de l'intérieur, déclarant
que le mauvais étal de sa santé ne lui permet pas de se conformer aux exigences du citoyen Franqueville, qui reçoit chez lui, tous les matins, à 7 heures, les comptes des commissaires observateurs et qu'il a l'habitude de consacrer un jour à l'observation des faits, et un autre jour à leur rédaction ; dans ces conditions, il croit, et c'est l'opinion du citoyen Franqueville, qu'il remplirait bien plus utilement sa mission en province qu'à Paris, et se met aux ordres du ministre.
Perrière fait suivre cette lettre de son rapport habituel.
La nouvelle des heureux succès remportés dans le Nord donne au peuple un nouveau courage, il exprime dans les groupes ses joies et ses espérances; les aristocrates se réjouissent plus haut que les bons citoyens eux-mêmes ; ces adroits reptiles, fidèles à leur plan de destruction et de haine contre les patriotes, siiisissent toutes les occasions de se venger de leur patriotisme et cherchent tous les moyens de les rendre suspects. On ne saurait trop surveiller l'adroite intrigue de ces gens-là, si l'on n'y prend garde, le patriotisme luimême sera dénoncé et immolé par l'aristocratie.
On répand avec éclat dans le public une grande conspiration de Marie-Antoinette, où tous ceux qui l'environnent sont accusés d'avoir favorisé sa correspondance avec les ennemis du dedans et du dehors. Michonis, l'administrateur de Police, s'est chargé pour elle d'un bouquet, qui renfermait un billet portant à peu près ces mots : « Soyez tranquille, j'ai de l'argent et des hommes tout prêts. » Les citoyens paraissent indignés de ce nouveau complot, et le moment est venu de presser le jugement de celte reine orgueilleuse et éternellement conspiratrice, qui ne cesse de mettre sa tête en balance avec celle de tous les Français.
Dans un quartier rempli d'aristocrates, autrefois le quartier de la robe, on proteste contre le décret qui défend la vente des contrats, qu'on affecte de considérer comme une banqueroute indirecte.
La difficulté d'avoir du pain recommence chez beaucoup de boulangers, et il
n'est même pas possible aux patrouilles les plus résolues de saisir toutes les personnes arrêtées à la porte de ces derniers ! Perrière cite l'exemple d'une femme qui» ayant trouvé vides les boutiques de 3 ou 4 boulangers, est venue se planter à la porte d'un autre qui venait de mettre au four, et fut bientôt suivie d'une foule nombreuse, on voulut l'arrêter, elle raconta ce qu'elle avait fait, le pain fut distribué, et plusieurs personnes ne purent en avoir; s'il y a une disette, au moins en apparence, c'est que plus d'un citoyen prend au delà de sa provision ordinaire.
Perrière dit à ce sujet : « C'est quand Antoinette conspire et que les citoyens préposés à sa garde se laissent corrompre, c'est quand les traîtres livrent à l'Anglais un port important, quand le fer de l'ennemi ne peut rien contre la France, son ordoity circuler pour augmenter le nombre des ennemis intérieurs, pour corrompre les magistrats et une partie du peuple lui-même. )>
Perrière dénonce une famille entière d'aristocrates fieffés, tous employés avec leurs domestiques dans l'artillerie ou les vivres, du nom de Biocbe, leur chef demeure rue Saint-André-des-Arts. Il signale au ministre les propos contrerévolutionnaires qu'il a entendus dans ses bureaux, on y parlait avec haine de la Convention comme n'ayant fait que du mal, on représentait Robespierre comme un ambitieux et un homme avide, qui ne cherche qu'à dominer et à s'enrichir; dans la discussion engagée à ce sujet, Perrière avait beau déclarer que c'était l'intérêt de la France de maintenir la Convention, que, si elle se retirait, elle provoquerait des propos et des soupçons injurieux, comme de se mettre à l'abri de l'orage après l'avoir attiré, on lui répondait imperturbablement que c'était la Convention qui avait fuit tout le mal, qu'il fallait la chasser. Ces mêmes hommes réclamaient une augmentation de récompenses pour les services qu'ils avaient rendus à la patrie. D'après leur conversation, Perrière estime que ces individus n'avaient servi la patrie que par circonstance et ne devaien ta l'avenir être employés qu'avec la plus grande circonspection.
Perrière dit avoir parcouru plusieurs ateliers dans le ^Faubourg Saint-Marceau, et constate que les efforts des aristocrates de tous genres sont vains, car le peuple aime bien sincèrement la Révolution, il l'aime avec autant d'ardeur que de constance, et Perrière ajoute que c'était une véritable jouissance pour un cœur patriote de voir l'amour du travail et celui de la patrie réunis.
14 septembre 1793.
Original signé, A. A'., F'" III, Seine, 27. Ed. Ad. Schmidt, Tableaux de la Révolution française, t. II, p. 116.
1304. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : i° décidant, après la visite des papiers du citoyen Vielcastel et l'examen des certificats de résidence à lui délivrés par la commune de Boulogne-sur-Mer, suspectés de faux, son arrestation aux Madelonneltes; 2° recevant le compte rendu de la mission des citoyens Chéry et Dedouvres, envoyés à Vitry, lesquels déclarent que le ci-devant prince de Salm s'est enfui peu avant leur arrivée et qu'ils ont saisi trois lettres en allemand, de même chez le sieur Petilval, au château de Vitry, deux chevaux de luxe qu'il cherchait à soustraire à laRépublique; 3° décidant qu'il sera écrit à la Convention pour l'inviter à décréter la défense à toute autorité constituée de retarder les commissaires aux accaparements dans leurs opérations; 4» sur la dénonciation, par la Société des Amis de la Liberté et de l'Egalité séante aux Jacobins, de l'existence dans la maison des Chartreux, rue d'Enfer, de farines cachées dans des tonneaux et destinées aux ennemis, autorisant les citoyens Franchet et Lécrivain à s'y transporter et à y faire visite partout où ils jugeront nécessaire, les autori.sant également à se transporter chez le citoyen Duchemin, secrétaire du ci-devant prince de Condé, à Montrouge, à visiter ses papiers et à procéder à l'arrestalion de Guillaume, ci-devant notaire et député à l'Assemblée nationale, dans le cas où ils le trouveraient chez Duchemin ; S" mandant au Comité le citoyen Saint-Venant, commissaire de police de la section de la Halle-
au-Blé, ainsi qu'un membre de chacHii des Comités civil et révolutionnaire de cette section, pour instruire le Comité des motifs qui ont pu les déterminer à lever les scellés apposés chez le citoyen Bruyère, rue Saint-Honoré, par ordre du Comité de salut public du Département.
14 septembre 1793, matin.
Extrait du registre des déliljé rations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. JV.,
1305. — Délibération du Comité de salut public du Département de Paris : 1° chargeant le citoyen Chcry de se transporter chez le citoyen Flotard, chirurgien-major, demeurant rue Neuve-Saint-François, hôlel des Envoyés, n" 152, pour y visiter ses papiers, et de l'amener au Comité ; 2' chargeant le citoyen Fournerot de se transporter chez le sieur Beaumarin, capitaine, rue des Blancs-Manteaux, pour l'inspection de ses papiers, et de l'amener au Comité avec ceux qui paraîtront suspects; 3° informant le ministre de la guerre que les officiers de santé, ayant leur bureau rue Grange- Batelière, à la ci-devant caserne des Suisses, délivrent des certificats à des volontaires qui prélexlent des maladies imaginaires, avec la protection du commis Sijas, et invitant le ministre à faire surveiller ces officiers de santé et à faire visiter de nouveau les militaires munis de certifiéats par des chirurgiens patriotes; 4° requérant le commissaire de police de la section de la Halle-au-Blé de s'assurer de la personne du citoyen Bruyère, et, constatant que, le frère de Bruyère ayant déclaré qu'il avait des payements à effectuer, le commissaire Saint-Venant s'est permis, sans en prévenir le Comilé, d'extraire de la caisse du sieur Bruyère une somme de 45,000 livres, qu'il a remise entre les mains de son frère ; en raison de ce délit et de la conduite antérieure du citoyen Saint-Venant, contre lequel il y a des dénonciations très graves à sa section, décidant que le Comilé de salut public de la Convention sera invité à donner l'ordre de mellre en état d'arrestation ledit Saint- Venant, et de faire examiner sa conduite, qui ne peut être que suspecte, puisqu'il a
sollicité un ordre étranger pour lever les scellés et qu'on doit croire qu'il avait un intérêt particulier à le faire, afin de soustraire des papiers importants; 5° constatant, d'après le rapport des citoyens Franchet et Lécrivain, chargés d'arrêter, à Montrouge, le sieur Guillaume, ex-constituant, que ce particulier a réussi à s'échapper, et, dans le cas où il serait revenu à Paris, donnant mandat au citoyen Guigues de se transporter à son domicile, rue de Bucy, n" 33; la femme dudit Guillaume ayant été ramenée à Paris par le citoyen Franchet.
14 septembre 1793, soir.
Extrait du registre des délibérations du Comité de surveillance du Département de Paris, A. N., BB3 81A (anc' BB" 20), fol. 310-313.
1306. — Rapport de l'observateur Le Ilarivel, donnant les indications suivantes :
1° La malveillance a réussi à persuader au peuple que le pain manque, de sorte qu'il se porte de nouveau en foule à la porte des boulangers, où l'on tient souvent des propos inciviques. -.
2° 11 s'est fait, rue des Mathurins, Chaussée-d'Antin, une vente à bas prix de vins qui n'avaient point été déclarés, vente qui a attiré un concours considérable, mais sans troubler la tranquillité publique.
3» Il y a eu dans le Faubourg Saint-Germain une petite rixe à propos des cocardes, les femmes du quartier s'opposant au passage de toutes celles qui n'en portaient pas, les poissardes ont étrillé les opposantes et leur ont promis le même traitement pour le lendemain.
4° Dans les groupes et lieux publics, on ne s'est occupé que de choses indifférentes à la Révolution.
5° On rencontre encore au Palais d'Egalité quelques marchands d'argent, mais beaucoup plus réservés que de coutume.
14 septembre 1793.
Original signé, A. N., F' 3688».
1307. — Rapport de l'observateur Roubaud, signalant les faits suivants :
1» Le pain est abondant chez tous les boulangers, et, malgré la défense, on continue à s'attrouper devant leurs portes, notamment devant un boulanger de la