CHAPITRE !•'. — JOURNÉES HISTORIQUES DE LA RÉVOLUTION
de la proclamation de la municipalité, Oorsas attaquait, en effet, avec une extrême violence Pelletier, « cet être vil, disait-il, que j'ai couvert d'une triple couche de fange, qui publie le libelle le plus infâme qui soit encore sorti de Fatelier de la scélératesse et du crime ». Ce libelle, intitulé : Vent, creator Sptri/ttô, montrait dans une estampe abominable, Louis XVI écrasé sous le poids de son trône, son sceptre et sa couronne brisés, et les membres de l'Assemblée représentés sous l'aspect de brigands, posant le diadème sur leur front. {Courrier de Paris, t. XII, n« XXIV, p. 373, 374.) Dans un numéro précédent (n° XX, p. 317), Oorsas avait parlé de Pelletier en ces termes : « Sans doute, cette ville (Caen), comme Paris, a ses Pelletiers, ses HIBOUX et autres animaux nocturnes et immondes , qui , cachés le jour dans leurs trous , crient dans l'ombre, etc. » ; il continua à déverser l'injure sur ce journaliste, l'abominable Pelletier, cet être putride, né dans un cloaque et nourri d'infamie (n<» du o juin 1790), qui avait osé porter plainte contre lui, conclure à réparation d'honneur et à mille écus de dommages-intérêts. « Je t'inonderai de boue, s'écriait Corsas, voilà la seule réparation d'honneur que tu aies à attendre de moi. » L'affaire de Pelletier contre Corsas fut plaidée au tribunal de police, le 7 jum. (V. CoKîTÎer de Paris, t. XIII, n^V, p. 74.)
1726. — Lettre de M. Bailly à M. Lajard, le priant d'envoyer un piquet de 50 cavaliers pour faire le service d'ordre avec les bataillons du quartier, lors de la procession du dimanche suivant dans le faubourg Saint-Antoine.
4 juin 1790.
Original signé, A. N., AF" 48, no 167.
1727. — Délibération du district de Sainte- Marguerite, arrêtant de procéder à une enquête sur les inculpations graves lancées par r Observateur contre le sieur Schatzel, prêtre habitué de la paroisse Sainte-Marguerite, connu par son patriotisme et sa bienveillance, afîn de déjouer les menées des ennemis du bien public à un moment où une détresse affreuse se fait sentir dans le faubourg.
4 juin 1790.
Extrait coUationné, A.N.,V> XXIX»» 6, n« 94.
1728. — Délibération du district des Enfants-Trouvés, adjoignant des commissaires à ceux des autres districts du faubourg Saint-Antoine, pour procéder à une enquête sur les propos incendiaires prêtés à Tabbé Bchatzel, qu'on accusait notamment d'avoir
engagé les maîtres-ébénistes du faubourg à ne plus occuper leurs ouvriers.
Extrait conforme, scellé, A, N.y D XXIX«» 6,
1729. — Déclaration des chefs d*aielier (le la manufacture Réveillon, au faubourg Saint-Antoine, relative à la visite faite par l'abbé Schatzel, afin d'inviter les ouvriers à la procession du Saint-Sacrement.
5 juin 1790.
Copie conforme, A. .Y., D XXIX»» 6, n° 94.
1730. — Procès-verbal des commissaires des districts du faubourg SaintrAntoine (Sainte-Marguerite, Popincourt et Enfants- Trouvés), chargés de procéder à une enquête sur les propos imputés à l'abbé Schatzel, prêtre habitué de Sainte-Marguerite, qui aurait engagé les chefs d'atelier à renvoyer leurs ouvriers.
7 juin 1790.
Copie conforme, A. .V., D XXIX*» 6, n» 94.
1731. — Information du commissaire Leroux au sujet de la capture de Jean Villedicu, prévenu d'avoir exposé, dans les rues de Paris, une pancarte injurieuse tendant à exciter le peuple contre un officier supérieur des gardes de l'Hôtel de Ville (le sieur
Hay).
8 juin 1790.
Minute, A. N., Y 14485.
1732. — Décision des commissaires des trois districts du faubourg Saint-Antoine, à Teffet de transmettre à l'Assemblée nationale leur procès-verbal relatif aux faits imputés à l'abbé Schatzel, avec prière de statuer dans cette affaire.
Copie conforme, A. N., D XX IX*» 6, n» 94.
1733. — Procès-verbal du commissaire Pierre, constatant les délit et dégât commis à l'ancienne halle aux blés par le peuple.
12 juin 1790.
Minute, A. A'., Y 15218.
Le Courrier de Paris, de Oorsas, t. XI1I,n<»IX, p. 121, et le Journal général de la Cour et de la Ville, n» LXXIII, p. 582, racontent ce meuve-
DÉPART DK LOUIS XVI POUH SAIXT-CLOLD (JUIN 1790)
mont populaire au sujet des échoppes construites sur remplacoment de l'ancienne halle aux blés, qui furent démolies par la foule ameutée, que Bailly et Lafayette eurent grand peine ix calmer.
1734. — Réclamation par les fermiers du terrain de Tancienne halle aux blés d'une indemnité de 240,463 livres pour le préjudice à eux causé par la destruction des échoppes élevées sur ce terrain, qui furent démolies le 2i mai, les 10 et 11 juillet 1790, par la populace ameutée.
Sans date (fm 1790).
Minute, A. A'., D VI 46, n» 708.
1735. — Plainte de Mirabeau au sujet d'un libelle diffamatoire dirigé contre lui, intitulé : Trahison drcottverle du conUo dr Mirabeau, libelle vendu au Palais-Ro.val ol
aux Tuileries, et information du commissaire
Defresne.
12 juillet 1790.
Minute, A. .Y., Y 12085.
Le titre complet de ce libelle, qu'on criait dans les rues lors des mouvements populaires de la fin de mai, est : Trahison découverte du comte de MirabeaUf signé par le rédac/ettr des Actes dot rnpucinSi en réponse aux Actes des apôtres. B. A'., D» '^ n» 3io5.
A la même époque parut : la Xouvelle Trahison de Riquetli Caîné, ci-devant dit Mirabeau, et des ministériels, par B AUX» 0, iî. A'., L*»'^n» 3456.
1736. — Adresse des habitants du faubourg Saint-Antoine à l'Assemblée nationale, pour détruire les bruits injurieux, répandus sur leur compte, les représentant comme auteurs ou fauteurs de troubles dans
In capitale.
9 septembre 1790.
Minute, A. .V., C 45, n» 413.
Féil. Archiros pnrl(*mentaire8y twsérie.t. XIX, p. 19.
§ 16. — Départ de Xiouis XVI pour Salnt-Oloud. — Affaire d'Kozler et Petlldean (Juin-JuiUet 1790).
1737. — Lettre de M. Bailly à M. de Lafayette, le priant de donner les ordres nécessaires pour le départ du détachement de la garde nationale destiné à la garde du Roi et de la famille royale pendant leur séjour à Saint-Cloud, et d'exprimer à la garde nationale toute la satisfaction du Roi pour le service qu'elle fait auprès de sa personne.
l"juin 1790.
Copie, B, N.f Mss., fonds français 11697, fol. 59 W" vo.
Ed. Moniteur universel^ n» du 4 juin 1 790, p.633.
1738. — Lettre de Louis XVI annonçant à l'Assemblée nationale qu'il va passer quelques jours à Saint-Cloud.
4 juin 1790.
Autographe, A. .Y., C V20-221, n" tCd.
1739. — Lettre de M. Bailly à M. de Lafayette, au sujet des bruits répandus par des gens malintentionnés, pour faire croire que la garde nationale a été traitée sans égards à Saint-Cloud, bruits dont le commandant général se chargera de faire jus-
tice, afm de combattre les motions incendiaires dont le voyage de Saint-Cloud devient
le prétexte.
7 juin 1790.
Original signô, A. iN'., W 397, n« 921, 2« partie.
Copie. B. N., Mss., fonds français 11697, fol. 61.
Ed. dans le Courrier de Paris, de Gorsas, t. XIII, n» Vn, p. 90.
V. au sujet des bruits qui circulaient dans le public, l'article des Révolutions de Paris (n<* 48, p. 536} intitulé : Voyage de Saint-Clotid,
1740. — Lettre de M. Vincent, major de la l**' division, à M. Clément de Sainte- Pallaye, commandant le bataillon de Saint- André-des-Arts, à l'effet de notifier la convocation, chez .M. Charton , des officiers, soldats et chasseurs /ormant la garde du Roi à Saint-Cloud.
7 juin 1790.
Minute, A. N.,W 397, n» 921, 2* partie.
1741. — Déclaration des officiers, soldats, volontaires et du centre dont se composait le détachement de garde à Saint-Cloud, affir-
<:HAP1THK r^ — JOl'RM'KS HISTOKIUIKS I)K LA HEVOLITION
niant que^ loin do se plaindre qu'on ail manqué aux égards auxquels ils s'attendaient, ils ont été aussi bien reçus que les circonstances pouvaient le permettre, et improuvant les motions incendiaires qui ont été faites à ce sujet.
8 juin 1790.
Minute signée, A. -V.. AV 307. n» 021, 2« parlic.
Un extrait de celle déclaration est inst^ré <lans lo Courrier de Pa7H8, de Gonsas, t. XIII, n*» VII, p. 00.
1742. — Lettre des ofliciers de la gardo nationale du détachement de Saint-Cloud, dénonçant la conduite répréhensible tenue parle sieur Cliarton et note justilicative de M.Gharton,chef delà l""» division delà garde nationale, au sujet de la dénonciation dont il a été l'objet dans l'affaire de Saint-Cloud.
• 17 juin 1790.
Minutes, A. .Y., W 397, n» 921, 2» partie.
V. la lettre adressée, lo 11 juin, par M. Charton, aux auteurs du Journal de Paris (n® 163, p. G5G), au sujet du prétendu mampie d'égards dont la garde nationale aurait été l'objet, rejjroduisant les termes de la déclaration du détachemont do Saint-Cloud, en date du (i juin.
1743. — Délibération du district des Carmes-Déchaussés, déclarant que la conduite ferme et patriotique de M. Ferai, capitaine des chasse urë du bataillon de Saint- Louis-en-l'lle, mérite les plus grands éloges.