ACTE V, SCÈNE VIL
FINETTE
Si je vous le révèle
Je m’en vais vous causer une douleur mortelle. Vous aimez trop Cléon, vous devez trop l’aimer Pour soutenir ee choc.
CIDALISE
Achève... Il faut s’armer De courage... Quel coup va l’accabler encore?
FINETTE
Il peut le supporter, parce qu’il vous adore,
Et qu’il retrouve en vous le généreux appui D’un bon cœur, déjà prêt à s’immoler pour lui.
Que feroit-il sans vous? son oncle l’abandonne.
Cléon, à C idalise «
.A h ! ne le croyez pas ; je sais qu’il me pardonne.
FINETTE
Non, il vous a trompe', pour se venger de vous ;
Et ses feintes douceurs vous cachoient son courroux. CLEON.
Quoi donc?
finette , d’un air affligé.
Le méchant oncle !... Ah ! quelle âme traîtresse l Quel fourbe I il assassine au moment qu’il caresse...
Oui, monsieur, dans l’instant que cet oncle malin Vous disoit cent douceurs d’un air tendre et bénin,
Il venoit de. signer votre mine entière,
En vous déshéritant d’une indigne manière ;
Car il vous ôte tout, et même a fait serment De ne jamais changer un mot au testament.
Votre disgrâce est pleine, infaillible, authentique,
Et Julie est, monsieur, sa légataire unique,
T,E DISSIPATEUR
CLÉ O K
Julie?... A-t-elle pu pousser l’indignité?. . finette;. C interrompant , en prenant un ton furieux. Rien ne peut échapper à son avidité. . .
Et votre terre aussi , que vous avez vendue..
CidAlise, l’interrompant > d’un ton d’&.onnemenl. Il a vendu sa terre?
finette, d'un ton pleureur.
Et même il l’a perdue. . .
Je veux dire le prix qu’il eu avoit touché...
( À Cléon.)
Mais si vous saviez tout, que vous seriez fâché , Monsieur, et que pour vous l’aventure est piquante !... Ma maîtresse...
cléon.
Poursuis.
finette, hésitant enéore.
Sous le nom de Dorante...
CLÉON
Üi bien ?
FINETTE
A fait sous main cette acquisition.
Totre terre est, monsieur, en sa possession.
CLÉON
ï.a perfide, au moment qu’elle m’en fait reproche,
Et que, pour l’apaiser....
finette, l’interrompant , en soupirant .
Ah ! c’est un cœur de roche :
Elle convoite tout et Sait tout obtenir.
Elle a vos biens présents et vos biens h venir.
C’est sou bonheur outré qui vous rend misérable ,
Et qui vient d’accomplir votre sort déplorable.