‹ Répertoire général du théâtre françaisChapitre 270 sur 280 · CLÉON, CID ALISE · texte numérisé non relu

CLÉON, CID ALISE

Eh bien l vous le voyez , ma disgrâce est complète CiD ALI SE, brusquement.

Oh ! rien n’y manque.

CLÉON

Allons, il faut faire retraite î Quittons une maison où tout m’est odieux ,

Où tout exciteroit mes transports furieux...

Juste ciel ! ah ! sans vous, que je serois à plaindre , Madame !... A mon malheur rien ne sauroit atteindre ; Mais puisque vous m’aimez, mon sort me paroit doux, Et mon cœur est flatté de n’espérer qu’eu vous ,

D’avoir en vos bontés un glorieux asile ,

Et de pouvoir compter...

CiD alise, ^interrompant , d'un air froid et embarrassé.

Il seroit inutile

De vous tromper, Cléon. Je plains votre malheur ;

Mais je ne suis pas libre, et dépends d’un tuteur,

Qui, dès qu’il apprendroit vos disgrâces diverses,

Vous feroit essuyer les plus rudes traverses.

Nous attendrons la mort de ce tuteur fâcheux .

Et peut-être qu’alors...

CLÉON, l'interrompant.

Le trait est généreux :

Il m’ouvre votre cœur , et je sens ma folie Del avoir cru plus sûr que celui de Julie...

Je ne vois que des cœurs doubles, intéressés,

Perfides, séducteurs...

Cid alise, l'interrompant . d'un ton de hauteur.

Ah ! Cléon, finissez...

Le malheur vous aigrit, la hauteur m’importune,

Et l’on doit prendre un ton conforme à sa fortune.

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