‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 157 sur 269 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

Ç LÉO PAT RE

Sermons fallacieux,. salutaire contrainte Que m’imposa la force et qu’accepta ma crainte, Heureux déguisemensd’un immortel courroux ,

Vains fantômes d’Etat, évanouissez-vous :

Si d’un péril pressant la terreur vous fit naître ,

Avec ce péril même il vous faut disparoltre, Semblables a ces vœux dans l’orage formés ,

Qu’efface un prompt oubli quand les Ilots sont calmé/. Et vous, qu’avec tant d’art celte feinte a voilée, Recours des impuissans, haine dissimulée ,

Digne vertu des rois , uoblô secret de cour ,

Éclatez, il est temps, et voici nôtre jour :

Montrons-nous toutes deux, non plus-comme sujettes, Mais telle que je suis , et telle que vous etes.

Le Parthe est éloigné , nous pouvons tout oser :

Nous n’avons rien à craindre, et rien a déguiser j Je liais , je règne encor. Laissons d illustres mai ques En quittant, s’illefaut, ce hautrang. des monarques : Faisons-en avec gloire un départ éclatant,

Et rendons-le funeste à cçlle qui l’attend. ,

C’est encor, c’est encor cette même ennemie Qui cherchoit ses honneurs dedans mon infamie,

RODOGtTNE, ACTE ft, SCENE TJ. 23;' Dont la haine à son tour croit me faire la loi ? '

Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi 1 u m estimes bien lâche, imprudente rivale,

Si tu crois que mon cœur jusque-là se ravale Qu’il sou lire qu’un hymen qu’on t’a promis en vain Te mette ta vengeance et mon sceptre à la main.

\ ois jusqu’où m’emporta l’amour du diadème?

Vois quel sang il me coûte, et tremble pour toi-même : Iremble, te dis-je; et songe, en dépit du traité,

Que, pour t’en faire un don, je l’ai trop -acheté.

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