‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 192 sur 269 · R O DO G U NE · texte numérisé non relu

R O DO G U NE

Quoi! je vous suis suspecte !

ANTIOCHÜS. - ,

Je suislamant et fils, je vous aime et respecte!

Mais quoi que sur mon cœur puissentdes noms si doux,

A ces marques enfin je ne commis que vous.

As-tu bien entendu? dis-tu vrai, Timagèue?

timagène.

Avant qu en soupçonner la princesse ou la reine, i m °urrois mille fois ; mais enfin mon récit Contient, sans rien de plus, ce que le prince a dit.

* - . :* * ANTIOCHÜS.

D’un et d’autre côté l’action est si noire,

Que, n en pouvant douter, je n’ose eucor Iacroffe.- O quiconque des deux avez versé son Sang,

Ne vous préparez plus à me percer le flanc. ; .

Nous avons mal servi vos haines mutuelles,

Aux jours l’une de l’autre également cruelles j Mais si j’ai refusé ce détestable emploi,

Je yeux bien vous servir toutes deux contre moi:

Æi)tr . . r 4 f t^Pffr-.tn< )•■ > Jft * ;« ^ . ■

Qui que Vous soyez donc, recevez ané'yi^ ■' s» ^ Que déjà vos fureurs m'ont à demi ravie.

. j»> ■*' ■' \Il tire son épée, et veut se tuer.Jr

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Ali ! Seigneur , arrêtez. . »• >•. .. .* V; # *

Vqÿ , Seigneur, que faitfcs-vous ?

; * ANTiocnus. ™

Je sers ou l’une ou l’autre, et jeprévien&sçs coups.

CLEOPATRE. ^

*ftvez,' régnez heureux. " p, V

'• ANTiocnus.

Olez-m6i donc de doute ;

* Et montres-moi la main qu’il faut que je redoute f Qui pour m’assassiner ose me secourir,

me sauve de moi pour me faire périr. • .

t Jfuis-je vivre et traîner cette gêné éternelle, •

. *Gonfondrc l’innocente avec 1a criminelle, V . Vivref et ne pouvoir plus vous voir sans hi’alarmer, V ous craiudre toutes deux, toutes deux v ons aimer?

' Vivre avec ce tourment, c’est mourir à toute heure,

‘ Tirez-moi de ce trouble , ou souffrez que je meure,

Et que mon déplaisir,, par un coftp généi CTiX,

Epargne un parricide à l’une de v ous deux.

• • ® CLEOPATRE

Puisque le meme jour que ma main vous couronné Je perds un de meaüls, et l’autre me soupçonne, ■ Qu’au milieu de mes pleurs qu’il devroit essuyer Son peu d'àmo;ur me force à me. justifier ,

Si vous n’en pouvez mieux consoler une mere Qu’mj la traitant d’égale, avec une étrangère,

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