‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 193 sur 269 · ACTE V,- SCENE I.JV · texte numérisé non relu

ACTE V,- SCENE I.JV

Je Vous dirai, Seigneur (car ce n’est plus h'-moi A npminer autrement et mon juge et mon roi %

Que vous voyez, l’effet de cette vfeille haine - * .. Qu’en dépit de la paix me garde l’inhumaine, • '!<<* Qu’en son cœur du passé soutient le souvenir,'*';* . Et que j’avois raison de vouloir prévenir. ^

Elle a soif de mon sang , elle a voulud’épandrç^ ’ » J’ai prévu d’assez loin ce que j’en viens d’appreifdrc Mais je vous ai laissé désarmer mon courroux.

; {A Rodogune.) ’L

Sur la foi de ses pleurs je n’ai rien craint.de vouii^ Madame; mais, ô dieux! quelle ragé est la vôtre! Quand je vous donne un (ils, vous assassinez l’autre, Et m’enviez soudain l’unique et foible appui Qü’une mère opprimée eut pu trouver eu lui !

Quand vous m’accablerez où sera mon refuge? ..

Si je m’en plains au roi, vous possédez mon j uge ; 1 4 Et s’il m’ose écouter, peut-être, hélas! eu vain .

Il voudra se garder de cette même main.

Enfin je suis leur mère , cl vous leur ennemie ;

J’ai recherché leur gloire , et vous leur infamie ;

Et si je a’eùsse aimé. ces fils que vous m’Ôtez, ? r "Votre abord en ces lieux les eût déshérités. . .

C’est à lui maintenant en cette concurrence ç A régler ses soupçons sur cette différence ,

A voir de qui des deux il doit se défier.

Si vous n’-avez un charme à vous justifier. ,' K

* ' ‘rodogune, à Cléopâtre .

Je me défendrai mal : l’innocence étonnée

Ne peut s’imaginer qu’elle soit soupçonnée;

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«jryï , HonOGTNE.

Et n’ayantrien prévu d’un attentat si grand,

Qui l’en veut accuser saus peine la surprend.

Je ne m’étonne point de voir que votre haine Pour me faire coupable a quitté Timagène.

Au moindre jour ouvert de tout jeter sur moi,

Son récit s’est trouvé digne de votre l’oi.^- (y ♦

• V&us l'accusiez pourtaut, quand votre aine alarmée 'Craignoit qu’en expirant ce fils vous eût nommée :

Mais de S'es derniers mots voyaut le sens douteux-, Vous avez pris soudain le crime entre nous deux. Cfertes, si vous voulez passer pour véritable-’

Que l’une de nous deux de sa mort soit coupable,

Je veux bien par respect ne vous imputer j-ien :

Mais votre bras au crime est plus fait que le mien j ,

• Et qui sur un époux fit son apprentissage- A bien pu sur un fils achever son ouvrage,

Je ne dénîrai point, puisque vous les savez, q De justes senlimeus dans mon ame élevés :

Vous demandiez mon sang, j’ai demandé. le vôtre $

Le roisait quels motifs ont poussp l’une et l’autre j Comme par sa prudence il a tout adouci, î II vous connoît peut-être, et me çouuoît àussi.

**■ ( A Antiochus. ) -T*

Seigneur, c’est un moyen de vous être bien chère Que pour don nuptial vous immoler .un frère:

On fait plus, ou m’impute un coup si plein d’horreur, Pour me faire un passage h vous percer le cœur.

( A Cléopâtre.) ■ •

Où fuirois-je de yous après tant de furie,

Madame? et que feroit toute votre Syrie,

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