‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 216 sur 269 · ACTE S CF. NE ITT · texte numérisé non relu

ACTE S CF. NE ITT

Parlez, et nettement, sur ce qu’il me propose.

• NICOMÈUE.

Eh -bien, s’il est besoin de répondre autre chose, Attalerdoit régner , Rome l’a résolu;

Et, puisrpi’elle a partout un pouvoir absolu ,

C’est au roi d’obéir alors qu’elle commande.

Attale a le cœur grand, l’esprit grand, l’ame grande, Et toutes les grandeurs dont se fait uh grand roi.

Mais c’est trop que d’en croire un romain sur sa foi; Par quelque grand effet voyons s’il eu est digne.

S’il a cette vertu, cette valeur insigne,

Donnez-lui votre arrnéê, et voyous ces grands çoups ; Qu’il en fasse pour lui ce que j’ai fait pour vous;

Qu’il règne avec éclat sur sa propre conquête ,

Et que de sa Victoire il courônue sa tête.

Je lui prête mon bras, et veux dès maintenant,

S il daigne s’en servir, être son lieutenant.

L exemple des Romains m’autorise à le faire;

Le fameux Scipion le fut bien de son frère;

Et lorsqu’Àntiochus fut par eux détrôné , ’v

Sous les lois du plus jeune on vit marcher l’aîné.

Les bords de l’Hellespont , ceux de la mer lîgée,

Lq reste de l’Asie à nos côtes rangée,

Offrent une matière à son ambition....

- y FL AMI n i u s.

Rome prend tout ce reste en sa protection;

El vous n’y pouvez plus élepdre vos conquêtes .

Sans attirer sur vous d’effroyables tempêtes. <

, v NICOMïUK.

J’ignore sur ce point les volontés du roi.

Mais peut-être qu’un jour je dépendrai de moi;

334 mcoMtDE'. - -

Et nous verront alors l’effet de ces menaces, yous pouvez cependant faire munir ces places, • - Préparer un obstacle à mes nouveaux desseins, Disposer de bonne heure un secours de romains;

Et si Flaminius en est le capitaine,

Nous pourrons lui trouver un lac de Trasimène. p au si as.

Prince, vous abusez trop tôt de ma bonté ;

Le rang d’ainba6sadeur doit être respecté ;

El l’honneur souverain qu’ici je vous défère...

NICOMEDE. 1

Ou laissez-moi parler, Sire, oufaites-moi taire.

Je ne sais point répondre autrement pour un roi A. qui dessus son trône on veut faire la loi.

Vous m’offensez moi-même en parlant de la sorte,

Et vous devez domter l’ardeur qui vous emporte. ^

, ’** NICOMÈDE

Quoi! je verrai, Seigneur, qu’on borne vos Etats, Qu’au milieu de ma course on m’arrête le bras^

Que de vous menacer on a même l'audace ,

Et je ne rendrai point menace pour menace!

Et je remercîrai qui me dit hautement Qu’il ne m’est plus permis de vaincre impunément! p r u s i a s , à Flaminius.

Seigneur, vous pardonnez aux chaleurs de son âge : Le temps et la raison pourront le rendre sage. MCOMÈOE.

La raison et le temps m’ouvrent assez les yeux : Et l’âge ne fera que ine les ouvrir mieux.

DigKized

. ACTE n, SCENE. FM;

Si j’avois jusqu’ici vécu, comme ce frère,

Avec une vertu qui fût imaginaire; - (Car je l’appelle ainsi quand elle est sans effets;

Et l’admiration de tant d’hommes parfaits Dont il a vu dans Rome éclater le mérite N’est pas grande vertu si l’on ne les imite;) '•

Si j’avois donc vécu dans ce même repos Qu’il a vécu dans Rome auprès de ses héros,

Elle me laisseroitla Bitliynie entière < . .

Telle que de tout temps l’aîné la tient d’un père, Et s’empresseroit moins à le faire régner,

Si vos armes sous moi n’av oient su rien gagner; Mais parce qu’elle voit avec la Bitliynie Par trois sceptres conquis trop de puissance unie, Il faut la diviser; et, dans ce beau projet, .

Ce prince est trop bien né pour vivre mon sujet? Puisqu’il peut la servir, à me faire descendre,

Il a plus de vertu que n’en eut Alexandre;

Et je lui dois quitter, pour le mettre en mon rang, Le bien de mes aïeux , oirle prix de mon sang. Grâces aux immortels , l’effort de mon courage Et ma grandeur future ont mis Rome en ombrage V ous pouv ez l’en guérir, Seigneur, et promptement Mais n’exigez d’un fils aucun consentement :

Le maître qui prit soin d’instruire ma jeunesse- Ne m’a jamais appris à faire une bassesse.

FLAM1KIUS,

A ce que je puis voir, vous avez combattu,

Prince, par intérêt, plutôt que par vertu.

Les plus rares exploits que vous ayez pu faire N’ont jeté qu’un dépôt sur la tête d’un père;

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