‹ Repertoire general du theatre francais P. Corneille 2Chapitre 94 sur 269 · LE MENTEUR · texte numérisé non relu

LE MENTEUR

Il voit porter des plats, entend quelque musique,. A ce que l’on m’a dit , assez mélancolique.

Mais cessez d’en avoir l’esprit inquiété,

Car enfin le carrosse avoit été prêté :

L’avis se trouve faux, et ces deux autres beHes Avoient en plein repos passé la nuit chez elles.

ALCIPPE. ' v

Quel malheur est le mien! ainsi donc sans sujet J’ai fait ce grand vacarme à ce charmant objet! philiste. •

Je ferai votre paix ; mais sachez autre chose. Celui qui de ce trouble est la seconde cause, Dorante, qui tantôt nous en a tant conté De son festin superbe èt sur l’heure apprêté ,

Lui qui , depuis un mois nous cachant sa venue, La nuit, incognitp, visite une inconnue,

Il vintluerdePoitiers;et,sansfaireaucunbruit . Chez lui paisiblement a dormi toute nuit r

ALCIPPE

Quoi ! sa collation... •

PHILISTE

N’est rien qu’Un pur mensonge; Ou bien , s’il l’a donnée , il l’a donnée en songe.

ALCIPPE

Dorante, en ce combat si peu prémédité , - '

M’a fait Yoir trop de cœur pour tant de lâcheté, La valeur n’apprend point la fourbe en son école , Tput homme de courage est homme dp parole :

A des vices si bas il ne peut consentir ,

Et fuit plus que la mort la honte de mentir, - Ceda^u’eàt point;

PHILISTE

Page 1