I. •'.ACTE II, SCENE II
Je tiens Sylla perdu , si vous laissez unie A ce puissant renfort votre Lusitanie.
Mais vous pouvez enfin dépendre d’un époux, ,
Et le seul Perpcnna peut m’assurer de vous. * • Voyez ce qu’il a fait : je lui dois tant , Madame, Qu’une juste prière en faveur de sa flamme....
VIRIATE
Si vous lui devez tant, ne me devez-vous rien?
Et lui faut-il payer vos dettes de mon bien ?
Après que ma couronne a garanti vos tètes , .*
. Ne mérité-je point de part en vos conquêtes?
Ne vous ai-je servi que pour servir toujours, •
Et m’assurer des fers par mon propre secours?
Ne vous y trompez pas : si Perpcnna m’épouse, - . Du pouvoir souverain je deviendrai jalouse, ; •
.. Et le rendrai moi-même assez entreprenant Pour ne vous pas laisser un roi pour lieutenant.
Jfe vous avoûrai plus. A qui que je me donne,
Je voudrai hautement soutenir ma couronne;
Et c’est ce qui me force à vous considérer,
De peur de perdre tout, s’il nous faut séparer.
• Je ne vois que vous seul qui des mers aux montagnes Sous un même étendard puisse unir nos Espagnes: Mais ce que je propose en est le seul moyeu ; * .
Et, quoi qu’ait fait pour vous ce cher concitoyen, S’il vous a secouru contre la tyrannie ,
>11 en est bien pavé d’avoir sauvé sa vie,
Les malheurs du parti l’accabloieut à tel point, Qu’il se voyoit perdu , s’il ne vous eût pas joint Et même, si j’en veux croire la renommée,
/Ses troupes, iftalgrê lui", grossirent votre arpiée.
. ‘ Sfr
0 '.l ■ SÏBTOTUTJS.
Borne* offre un grand secours, du moins on vous 1 dent ; Maïs s*armàt-elle toute en faveur d un prosci it Quand nous sommes aux bords d’une yleiue v icto , Quel besoin avons-nous d’en partager la gloire .
Encore une campagne, et nos seul escadrons
Aux aigles de Sylla font repasser les monts. \ ■ .
Et ces derniers venus auront droit de nous du e.
Qu’ils auront en ces lieux établi notre empire . ^ • Soyons d’un tel honneur l’un et l’autre jaloux; .
E^uand nous pouvons tout, ne devons rien tp! a nous.